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voir, choisir, qui & la vérité aurait plutôt produitchoiser, mais qui a l’avantage d’avoir la significa-tion de voir. Cette signification est, dans l’anciennelangue, la principale, elle dure jusque dans le xvi*siècle, et ne se perd qu’avec le xvu* siècle.
t CIIOISISSABLE (choi-zi-sa-bl’), adj. Qui peut,qui doit être choisi.
CHOIX (chol ; l’a se lie : un chot-z heureux), s. w.|| l« Action de choisir, faculté de choisir. Un choixéclairé. Faire son choix. Remettre la chose au choixd’un autre. Le choix du sénat a été approuvé. C’estle choix de la nation qui mit d’ahord le sceptre entreles mains de vos ancêtres, mass. Pet. car. Écueils.Le choii d’elle et de vous [entre elle et vous] est as-sez inégal, mol. Uél. i, 6. Il est un heureux choixde mots harmonieux ; Fuyez des mauvais sons leconcours odieux, boil. Art p. i. Un si beau choixfut sans doute une inspiration d’en haut, patru,dans bouhours, lŸouu. rem. Mon choix sera suivi,c’est un point résolu, mol. F. sav. v, 3. || 2* Préfé-rence accordée à une personne ou à une chose. Quandje ne saurais autre chose de vous, sinon que vousêtes le choix de ce grand génie [le cardinal de Ri-chelieu] qui n’a fait que des miracles, corn. Disc,de réception à VAcad. fr. Parmi tant d’amis, ilfaut faire un choix prudent, boss. Polit. Mon pèrea consenti que je suive mon choix, corn, le Ment.i t. Nous l’allons voir ici faire choix d’un époux,id. D. San. i, I. Et criblant mes raisons pour enfaire un bon choix, Régnier, Sat. xiv. Hippocratene fait Choix de ses mots, la font. Abb. mal. 11veut bien donner ce qui vient de son choix,sëv. 467. De quelque heureux époux que l’on dûtfaire choix, rac. Iph. i, 3. Cet honneur vous re-garde et j’ai fait choix de vous, id. Mithr. in, 1. Mahaine avait le choix, corn. Pomp. iv, 4. Tout est icitellement changé que je ne vois plus guère de choixentre le séjourdeMunsteretcelui de Paris , voit. Lett.190. Dans ce dur et triste choix de se perdre ou de per-dre les siens, st-évrem. ii, 10. Celle-ci fit un choixqu’on n’aurait jamais cru, Se trouvant à la fin touteaise et toute heureuse De rencontrer un malotru,la font. Fabl . vi, 6. Je confie à vos soins Les plan-tes que par choix cultivait ma tendresse, bêla v.Paria, ni, l. || Sans choii, c’est-à-dire sans discer-nement,sans distinction. Une érudition entassée sanschoix. Ces volumes sans choix à la tête jetés, boil.Lutr. v. Il mangeait de toutes choses sans choii,boss. Bern. l. Vous avais-je sans choix Confondujusqu’ici dans la foule des rois? rac. Bêrin. iu, l.Ronsard est dur, sans goût, sans choix, Arrangeantmal ses mots, gâtant par son françois Des Grecs etdes Latins les grâces infinies, rac. Lett. 113, LaFontaine à Racine. || A son choix, à sa volonté. Ques’il était au choix de notre âme insensée De languirtoujours en ces lieux [la terre], Nous traînerionsnos maux sans aucune pensée De régner jamais dansles cieux, corn. lmit. i, 22 . Avoir à répondre ouiet non & son choix, pasc. Proc. 6. Chacun peut àson choix disposer de son âme, rac. Andr. ni, 2 .Et de ses ennemis se défaire à son choix, volt.Triumv. n, 2 . || N’avoir pas le choix, être réduità une extrémité qui ne laisse pas d’alternative.|| 3“ Ce qui a été particulièrement choisi, élite. On ymonte [à une galerie] par un escalier dérobé, et lemaître du logis la pourrait appeler sa bibliothèque,s’il voulait donner au choix le nom qui se donne à lamultitude, balz . Socrate chrét. Disc, il. Tu vois toutela pourpre et tout le choix de Rome Se ranger ài’envi sous les lois d’un seul homme, brëbeuf,Phars. ii. 11 est fort peu d’endroits Dont il n’aitle rebut aussi bien que le choix, corn, le Ment, i, 4.|| 4“ Terme de blason. Armes de choix, armoiriesqu’un particulier compose à sa fantaisie, et sans lesavoir acquises. On dit aussi armes arbitraires.
— REM. Choix a un double sens actif ou passif :actif, le choix de cet homme, c’est-à-dire le choixqu’a fait cet homme; passif, c’est-à-dire le choixqui a été fait de cet homme.
— SYN. choix, élite. Des hommes de choix sontdes hommes choisis pour un objet quelconque; lesgrenadiers sont des hommes de choix, puisqu’ils sontchoisis à cause de leur taille ; des hommes d’élitesont des hommes qui excellent au-dessus des autres;à l’armée les compagnies d’élite sont des compa-gnies qui ont une prééminence; des compagnies dechoix seraient des compagnies choisies entre plu-sieurs. Mais, à part cet emploi, choix et élite seconfondent : le choix de Rome , dans Brébeuf, c’estl’élite de Rome , et on ne peut distinguer entre : lechoix de ces tableaux a été acheté par les Anglais ,et 1 élite de ces tableaux.
— hist. xu* s. [Il] Vit la raison qui n’est mie àson chois, Ronc. p. 26. Car faisons une chose, se il vousvient à chois, Sax. xxxm. Ainsi pourons aler as bois,Abres [arbres] tranchier et prendre à chois, wace,Rou, 6976-0074. || xiu* s. Mais ce que distes, sevos plest, S’irés demain en la forest, Quel vie volrésdemener, Enbos u en rivierealer; Se vos volés aleren bois, Et ce vos plaise en vostre cois.... Parto-nop. v. 1 779. Avoir et grans richesses [ils] orent tout àleur chois, Berte, lxi. Il est au quois de le [la] feme,quant ses barons est mors, de laissier tous les mue-bles et toutes les dettes as hoirs, beaum. xm, 9.|| xiv* s. Or fay le quel que tu vouldras, Et y pensetout à loisir; Quant à chois es, tu pues choisir,bruyant, dans Ménagier , t. H, p. 27. || xvi* s. Usne voyent pas de chois entre mémoire et entende-ment, mont, i, 33.
fCIIOLAGOGUË (ko-la-go-gh’), adj. Terme demédecine. Qui purge la bile, qui agit sur l’appareilbiliaire. || S. m. Les cholagogues. Le purger parcholagogues, mol. Pourc. i, II.
— HIST. xvi* s. L’évacuation se fera par la phlé-botomie et par medicamens cholagogues, paré,v, 12 .
ÉTYM . XoXayieYèç, de y.oX<|, bile et Syeiv, chasser(voy. agir).
CHOLÉDOLOGIE (ko-lé-do-lo-jie), s. f. Mot quedonne le Dictionnaire de l’Académie, que les méde-cins ne connaissent pas, et qui, en tout cas, doitêtre supprimé, étant absolument barbare, puisqu’iln’y ,a point en grec de mot x°Xt|8oî. Le mot devraitêtre iïiolélogie ou cholologie, traité sur la bile.
CHOLÉDOQUE (ko-lé-do-k’), adj. Terme d’ana-tomie. Conduit ou canal cholédoque, conduit formépar la réunion des conduits hépatique et cystique,et versant la bile dans le duodénum.
— HIST. xvi 6 s. L’autre portion de la bile est en-voyée dans l’intestin duodénum par les conduits cho-lédoques, pare, xx, 19. L’obstruction du conduitcholidoque, id. xx bis, 26.
— ÉTYM . Xo).7)86yoî, de ypH , bile (voy. colère) ,et Séyecêai, recevoir.
f CHOLÉLITHE (ko-lé-li-f), s. m. Terme de mé-decine. Calcul biliaire.
— ÉTYM . XoM), bile, et X(6o;, pierre.
f CHOLÉLOGIE (ko-lé-lo-jie), t. f. Terme de phy-siologie. Traité sur la bile.
— ÉTYM . XoXr), bile, et Xôyoç, traité.
f CHO LÉPOEÈSE (ko-lé-pè-ê-z’), s. f. Terme dephysiologie. Élaboration par laquelle le corps vi-vant fait la bile.
— ÉTYM . Xoa^, bile, et TtoGiciç, action de faire.
OIOLÉRA-MORBUS (ko-lé-ra-mor-bus’) ou, sim-plement, CHOLÉRA, s. m. Terme de médecine.|| 1° Maladie endémique et sporadique caractériséepar des évacuations abondantes du haut et du bas,une grande faiblesse et du refroidissement. || 2° Ma-ladie épidémique, dite aussi choléra asiatique, néedans l’Inde en 1817, offrant des symptômes analo-gues à ceux du choléra endémique, mais avec beau-coup plus d’intensité, et caractérisée par une ma-tière semblable à de l’eau de riz qui est dans lesselles.
— ÉTYM . XoXépa, choléra, et proprement gout-tière (la maladie ayant été ainsi nommée, à causeque les matières Huent comme par une gouttière),et le latin morbus , maladie (voy. morbide). Voy.cholérique à l’étymologie.
f CHOLÉRIFORME (ko-lé-ri-for-m’), adj. Termede médecine. Qui a l’apparence du choléra. Entéritecholériforme.
— ÉTYM . Latin hypothétique choleriformis , dechoiera, et forma, forme.
f CHOLÉRINE (ko-lé-ri-n’), s. f. Terme de méde-cine. Affection qui règne souvent pendant le choléraépidémique, qui est caractérisée par une diarrhéeordinairement indolente, et qu’il ne faut jamais né-gliger.
— étym. Diminutif de choléra.
CHOLÉRIQUE (ko-lé-ri-k’), adj. Terme de mé-decine. || 1* Qui tient de la bile. Tempérament cho-lérique. || 2° Qui appartient au choléra. Accidentscholériques. || Substantivement, celui, celle qui estatteint du choléra. Un cholérique. Une cholérique.
— hist. xiu* s. Cil qui sera colorikes [bilieux],caus [chaud] et ses et magres.... àlebrant, f” 17.
— ÉTYM . Cholericus, signifiant en latin bilieux etqui tient du choléra, par une confusion de yoXi^,bile, et yoXéps, choléra; du grec xoXepixàç, qui si-gnifie uniquement relatif au choléra, et qui vientde xoXépa, choléra.
t CIIOLESTÉRATE (ko-lè-sté-ra-C), î. m. Terme
CHÔ
de chimie. Genre de sels formés par l’acide cho-lestérique.
f CHOLESTÉRINE (ko-lè-sté-ri-n’), et non CHO-LESTÉAllINE, s. f. Terme de chimie. SubstancecristaUisée des calculs biliaires humains, décritepar Fourcroy sous le nom d’adipocire.
— ÉTYM . XoXr), bile, et (rrepoç, solide.
f CHOLESTÉRIQUE (ko-lè-sté-ri-k’), adj. Termede chimie. Acide formé par la réaction de l’acideazotique sur la cholestérine.
f CHOLIAMBE (ko-li-an-b’), s. m. Sorte de verslambique grec ou latin qui a un ïambe au 6* piedet un spondée au 6*.
— ÉTYM . X(i>Xixp.€oç, de y/oib '. boiteux, et ïap,-6<k, ïambe. 11 a été nommé boiteux parce que levers ïambique régulier avait un ïambe au sixièmepied
f CHOLIAMBIQUE (ko-li-an-bi-k’), adj. Qui ap-partient au choliambe. Vers choliambiques.
t CHOLIHÉMIE (ko-li-é-mie), s. f. Terme de mé-decine. Pénétration de la hile dans le sang.
— ÉTYM . XoXr), bile, et alpa, sang.
CHÔMABLE (chô-ma-bl’), adj. Qu’on doit chô-mer. Fête, jour chômable.
— HIST. xvi* s. Jour chômable, monet, Dict.
— étym. Chômer.
CHOMAGE (chô-ma-j’), s. m. ||1“ Aotionde chô-mer; suspension des travaux. Toute industrie estexposée aux chômages. On ne paye pas aux ouvriersles jours de chômage. Le chômage des fêtes et di-manches. || 2° Par extension. Le chômage d’uncanal, d’un moulin, d’une usine. || Fig. Mme deRicheiieu me parut abattue ; les fatiguas de la couront rabaissé son caquet; son moulin me paruten chômage [Mme de Sévigné écrivait chaumage],sév. no.
— HIST. xvi* s. Nous avons entendu que nostremonnoye de Tournax est en chômage, du cange,chomare.
CHÔMÉ, ÉE (chô-mé, mée), p art. passé. Fêtechômée, fête pendant laquelle on chôme, c’est-à-dire pendant laquelle les travaux mercenaires et lesventes publiques sont interrompus.
f CHOMÉLIE (cho-mé-lie), s. f. Terme de bota-nique. Genre de plantes de la famille des rubia-cées.
—ÉTYM. Chomel, médecin français du xviii* siècle.
CHOMER (chô-mé), v. n. || 1° Ne pas travaillerparce qu’on solennise une fête. Les dimanches onchôme. Profitons, s’il se peut, d’un si fameuxexemple; Chômons; c’est faire assez qu’aller dotemple en temple, Rendre à chaque immortel lesvœux qui lui sont dus, la font. Filles de Minée.|| 2° Ne pas travailler par manque d’ouvrage. Un bonouvrier chôme rarement. Les ouvriers chôment biensouvent dans les saisons rigoureuses, dans les crisesindustrielles. || Ne pas travailler pour une raisonquelconque. Nous suons, nous peinons comme bêtesde somme; Et pour qui? pour lui seul: nous n’enprofitons pas; Notre soin n’aboutit qu’à fournir sesrepas; Chômons, c’est un métier qu’il veut nousfaire apprendre, la font. Fabl . ni, 2 . Ne t’attendspas que je t’aide un seul brin, Ni que par moi tonlabeur se consomme; Je t’ai jà dit que j’étais gentil-homme, Né pour chômer et pour ne rien savoir, id.Papef. || 3° Par extension. Ce moulin, ce canalchôme, ils ne travaillent pas. La monnaie chôme,les ateliers de monnayage ne travaillent pas. Laterre chôme, elle est en jachère. L’argent chôme, ilne produit pas d’intérêt. || 4“ Chômer de, manquerde. Chômer de besogne. N’épargnez pas le bois, onne vous en laissera point chômer. Partez, vous nechômerez pas d’argent pour votre voyage. || 5° 7. a.Solenniser par la cessation du travail. Constantinétablit que l’on chômerait le dimanche, montesq.Espr. xxiv, 23. Au lieu de chômer les saints et defaire pénitence, p. l. cour, i, 211. Qu’on me ré-vère et qu’on chôme ma fête, la font. Diable. Maisà quoi sert Bacchus qu’à causer des querelles?... Etnous irons chômer la peste des humains! id. Fillesde Minée. Vierge n’était, martyr et confesseur Qu’ilne chômât, id. Cal. Tous les voisins chômèrent ladéfaite De ce démon, id. Papef. || Proverbes. Il nefaut point chômer les fêtes avant qu’eUes ne soientvenues, il est imprudent de se réjouir de ce quiest à venir, et aussi il ne faut pas s’affliger d’un malqui n’est pas encore venu et qui peut-être ne vien-dra pas. Laissons venir la fête, avant que la chômer,mol. le Dép. i, 1 . || C’est un saint qu’on ne chômeplus, se dit d’un homme qui a perdu crédit, pou-voir, réputation. L’honneur est un vieux saint quel’on ne chôme plus, régnifr, Sat. xm.