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et en remuant & peine les lèvres. Il ne convient pasde chuchoter en société. || 2° V. a. Prononcer à voixbasse. Chuchoter quelques mots à l’oreille.
— REM. Dans Furetière et Richelet, il n’y a quechucheter, comme dans le xvi* siècle.
— HIST. xvi* s. Les deux tiers de Paris commen-cèrent à chucheter en l’oreille, à admirer, à louer,et puis à s’esjouir des prosperitez du Roi, d’aub.Jlist. il, 255. Furent veus les princes et princesseschucheter en l’oreille l’un de l’autre, Sat. Mén. p. 96.Messieurs.... qui chuchottent là vers la cheminée auxoreilles les uns des autres, sülly, Mém. t. i, p. 405,dans lacurne.
— ÉTYM . Onomatopée. Bourguig. suchenotai ;wallon , sussiné.
CHUCHOTERIE (chu-cho-te-rie), s. f. Affectationde chuchoter, et aussi, simplement, action de chu-choter. Je tremblai qu’on ne cherchât du mystèreà cette chuchoterie, J. i. rouss. Hél. i, 33.
CIIUCHOTEUR, EUSE ( chu-cho-teur, teû-z’), s.m. et f. Celui, celle qui a l’habitude, qui affecte dechuchoter.
— étym. Chuchoter.
f CHUGUETTE ( chu-ghè-t’), s. f. Un des nomsvulgaires de la mâche.
t CHUINTANT, ANTE (chuin-tan, tan-t’), adj.Terme de grammaire. Consonnes chuintantes, con-sonnes qui se prononcent avec un sifflement parti-culier et différent de l’s; telles sont le j et le ch desFrançais, le ci des Italiens, le sh des Anglais , Yschdes Allemands. Un son chuintant.
f CHUINTER (chuin-té), U. n. Se dit du cri de lachouette. La chouette chuinte. || Terme de grammaire.Donner à des lettres un son chuintant, et aussi, enparlant de la lettre même, avoir un son chuintant.
— étym. Onomatopée.
f CHURLEAU (chur-lô), s. m. Un des noms vul-gaires du panais sauvage.
CHUT (chut’), interj. Mot dont on se sert pouravertir de faire silence. Chut! me dit-on, c’est unvrai sage, Qui dans les cours a fait naufrage, bé-rang. Deo gratias. Après que la reine eut dit chut,Chacun prit un siège et se tut, scarron , Yirg. tra-vesti, n.
CHUTE (chu-t’), s. f. || 1° Action de choir, detomber. La chute d’une tour. Débile et mal remisencor de la faiblesse Où ma perte de sang et machute me laisse, rotr. Vencesl. iv, 2. Cette alléenous a fait souvenir de la chute que vous y fîtes unjour, sév. 70.... la chute du ciel ne pourrait l’ébran-ler [ma fidélité], corn. Cinna, v, 3. || Terme dephysique. Chute des corps, mouvement des corpsvers la terre, qui est déterminé par l’action de lapesanteur, et qui a pour caractères essentiels de s’ef-fectuer selon la ligne verticale et d’être accéléré.|| La chute des feuilles, séparation des feuilles d’avecl’arbre; saison où elles s’en détachent. Ce poitri-naire mourra à la chute des feuilles. Je comptais àpeine dix-sept chutes de feuilles, lorsque.... cha-teaub. Atala, 2 <<. || Séparation de certaines partiesd’avec le corps. Chute des cheveux, des dents, desongles, des eschares, des croûtes sèches. || 2° Chuted’eau, masse d’eau qui tombe d’une certaine hau-teur. C’est une chute d’eau puissante qui fait mou-voir ce moulin. || Cataracte. La chute du Niagara.Si vous voulez nous suivre, nous campons au bordde la chute, chateaubr. Atala, 317. || 3“ Terme deponts et chaussées. Différence de hauteur entre lesniveaux de deux biefs consécutifs d’un canal oud’une rivière. || Mur de chute, mur construit enaval des portes d’amont d’une écluse à sas, pourracheter la différence de niveau. || Terme d’horticul-ture. Raccordement, qui se fait par des perrons oupar des gazons en glacis, de deux terrains qui ne sontpas de niveau. || 4° Au théâtre, la chute du rideau,la toile qui descend; et aussi, la fin du spectacle.Nous partîmes avant la chute du rideau. || 5° Termede médecine. Déplacement qui porte un organe au-dessous de sa position normale. La chute de la luette,de l’utérus. || 6° La ehute des reins, le bas du dos.T a duchesse de Bourgogne revint, les épaules, lesbras, le sein découverts, la chute des reins bienmarquée, st-sim. 2 , 236. || En termes d’architecture,chute de festons et d’ornements, bouquets pen-dants de fleurs ou de fruits. Chute d’un toit, penteou égout. || Terme de marine. Hauteur verticaled’une voile quand elle est tendue. || Terme de pêche.La hauteur d’un filet quand il est tendu. || 7° Lachute du jour, le moment où le jour diminue.|| 8” Baisse considérable du cours des rentes, desactions, des effets publics, etc. La chute de la
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rente. Comment vous trouvez-vous des trois vingtiè-mes et de la chute des actions sur les fermes ? vol-taire, Lettres , Mme de Fontaine, 5 novembre 1769.|| 9° Fig. Disgrâce qui fait tomber une personne ouune institution.'Quand il [le ciel] élève un trône, ilen venge la chute, corn. Cinna, m, 4. Vous eus-siez pu tomber, mais tout couvert de gloire, Votrechute eût valu la plus haute victoire, m. Pompée ,iii, 2 . En vous qui de sa chute êtes l’unique au-teur, id. Nicom. iv, 6. Il te peut en tombant écra-ser sous sa chute, m. Cinna, i, i. Et tout le peu-ple même avec dérision De ma chute certaine entirait le présage, racine, Esther, m, l. La chutedésormais ne peut être qu’horrible, m. ih. Cet es-prit d’imprudence et d’erreur, De la chute des roisfuneste avant-coureur, id. Ath . i, 2 . Par une bellechute il faut me signaler, id. Baj. rv, 7. Je vousprie de considérer avec une attention plus particu-lière la chute des Juifs dont toutes les circonstancesrendent témoignage à l’Évangile, boss. Hist. il, 8.Insensible à sa chute et grand dans ses misères,volt. Zaïre , il, <. Biron.... Un trépas si fameux,une chute si belle Rendait [eût rendu] de ta vertula mémoire immortelle, volt. Henr. vin. Et tombentavec eux d’une chute commune Tous ceux que leurfortune Faisait leurs serviteurs, malh. i, 3. J’avaisprévu ma chute en montant sur le faîte, la font.Fabl . x, 10 . Il marque les différentes erreurs quis’étaient élevées, et le temps de leur chute aux piedsde la foi, l’abbé houteville, dans desfontaines. Lanouvelle Bàbylone, orgueilleuse de ses trois centstriomphes, tombe d’une chute immense, id. ib. Quim’anime moi-même à la chute de Troie, lamotte,ib. || 10° Mauvais succès d’une pièce de théâtre.[Laharpe ] Tout meurtri des faux pas de sa muse tra-gique Tomba de chute en chute au trône académi-que, gilb. Apologie. J’ai soixante et six ans, et jene veux plus mourir de la chute d’une pièce dethéâtre, volt. Lett. d’Argental, H janv. <760. Ily a force tragédies, force comédies; vous aurez leplaisir de voir des succès et des chutes, id. Lett.d’Argental, 10 déc. <762. || 11° Terme de théologie.Faute entratnant la perte des mérites devant Dieu .La chute des anges. La chute du premier homme.Le crime d’être un sujet de chute à ses frères, mass.Petit Car. Vices. Le coup encore frais de ma chutepassée Me doit avoir appris à me tenir debout, malh.i, 4. Tremblez, âmes réconciliées, qui renoncez sisouvent à la grâce de la pénitence, tremblez, puis-que chaque chute creuse sous vos pas de nouveauxabîmes, boss. Anne de Gong. || Par extension, ac-tion repréhensible. Dans le crime il suffit qu’unefois on débute ; Une chute toujours attire une autrechute, boil. Sat. x. || 12° Terme de rhétorique. Letrait, la pensée qui termine une pièce de vers. Lachute en est jolie, amoureuse, admirable, mol. Mis.i, 2 . Vous daignez employer dans les chutes desstrophes les trois petits vers de trois pieds, volt.Roi de Prusse, 87. Les mêmes nombres et les mê-mes chutes mettent de l’ennui dans un long poème,montesq. Goût, variété. Si bien que, comme l’au-diteur prévoit d’ordinaire cette chute qui doit arri-ver, il va au-devant de celui qui parle, et le pré-vient, marquant, comme en une danse, la chuteavant qu’elle arrive, boil. Longin, 33. On auraitbeau montrer ses vers tournés sans art, Seuls etjetés par ligne exactement pareille, De leur chuteuniforme importunant l’oreille, Gilbert, xviii' siè-cle. || La chute d’une période, le dernier membre.|| Terme de musique. Terminaison d’une pensée mu-sicale. || 13°Termed’astrologie. Signe où une planètea moins de vertu et d’influence. || 14° Terme d’hor-logerie. Petit arc que parcourt la roue quand unede ses ailes quitte le pignon sur lequel elle engrène,et qu’une autre aile tombe sur la suivante. || Pro-verbe. De grande montée, grande chute, c’est-à-dire plus on est dans Hne position élevée, plus lachute est profonde.
— HIST. xiii° s. Mèsles gelines s’en effroient, Quil’ont oï à sa cheoite; Chascune de foîr s’esploite,Ben. <323. || xv’ s. Et se tenoit pour le temps le sirede Coucy en Avignon , car bien quinze semaines yfut au lit d’une chute de cheval, froiss. ii, ii, 225.|| xvi* s. Monsieur estoit campé sur un petit ruis-seau , dans lequel un estang faisoit sa cheutte, d’aub.Hist. i, 287. C’est un malplaisant discours à celuiqui aime et honnore son pays et sa nation, d’envouloir preannoncer les cheutes, lanode, 2 .
— ÉTYM . Saintonge, chéte; bourguig. cheute;provenç. caguta; catal. cagguda; espagn. caida;portug . cahida; ital. caduta. Cheute, aujourd’huichute, est le féminin du participe cheüt, aujourd’huichu; cheoite n’y déroge pas, car, au lieu de cheüt,
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on a dit aussi dans l’ancien français cheoit. La plu-part des autres langues romanes ont usé semblable-ment de ce participe passé.
f <. CHUTER (chu-té), V. n. Terme très-familier.Tomber, en parlant d’une pièce de théâtre. Cettepièce a chuté.
f 2 . CHUTER, v. a. Crier chut. Chuter un acteur.|| Absolument. Les uns applaudissaient, les autreschutaient.
— étym. Chut.
f CHYLAIRE (chi-lê-r’) , adj. Voy. chyleux.
CHYLE (chi-1’) , s. m. Terme de physiologie.Fluide qui, dans les intestins grêles, est séparé desaliments pendant l’acte de la digestion, et que lesvaisseaux dits chylifères pompent à la surface del’intestin, et portent dans le sang pour servir à saformation. Les aliments se confondent tous en uneliqueur douce, qui devient une espèce de lait,nommé chyle, fén. Exist. 35. Il en résulte que lesparties du chyle sont plus propres à être appliquéessur les fibres et à les nourrir, montesq. Esp. xiv, 2 .Ce sang dépend de la formation du chyle, volt.Oreilles, 7. Le potage et le bouillon de viande leurfont un meilleur chyle, j. j. rouss. Ém. i.
— HIST. xvi* s. Les veines mezaraïques, par les-quelles le chyle se porte au foye, pour estre faitsang, paré, xv, 52.
— ÉTYM . XuXèç, suc, de xôeiv, radical de xevsiv,verser.
f CHYLEUX, EUSE (dii-leu, leû-z’), adj. Termede physiologie. Qui appartient au chyle, qui a del’analogie avec le chyle.
CHYLIFÈRE (chi-li-fê-r’), adj. Qui porte le chyle.Vaisseaux chylifères, ou, substantivement, les chy-lifères ,'ou veines lactées, les vaisseaux lymphatiquesdes intestins, ceux qui, s’emparant du chyle pen-dant l’acte de la digestion, le conduisent au canalthoracique.
— ÉTYM . Chyle, et ferre, porter.
CHYLIFICATION (chi-li-fi-ca-sion), s. f. Terme
de physiologie. || 1° Élaboration qu’éprouve le chymedans l’intestin grêle et qui le rend apte à fournir lechyle. || 2° Action par laquelle la graisse du chymearrive dans les vaisseaux chylifères et qui a pourrésultat la formation du chyle; action dite aussichylose.
— ÉTYM . Chyle, et facere, faire.
f CHYLIFIER (chi-li-fi-é), v. a. Transformer enchyle. || Sechylifier, v.réfl. Être transformé en chyle.
f CHYLOLOGIE (chi-lo-lo-jie) , s. f. Terme dephysiologie. Histoire du chyle.
— ÉTYM . Chyle, etXôyo;, traité (voy. logique).
f CHYLOPOEÈSE (ki-lo-pé-è-z’), s. f. Synonyme
inusité de chylification.
— ÉTYM . XuXèç, chyle, etuoieïv, faire.
t CHYLOSE (chi-lô-z’) , s. f. Terme de physiolo-gie. Voy. CHYLIFICATION.
f CHYLURIE (chi-lu-rie), s. f. Terme de méde-cine. Altération consistant en la présence de lagraisse en émulsion dans l’urine.
— ÉTYM . Chyle, et oîpov, urine.
f CHYME (chi-m’), s. m. Terme de physiologie.Masse alimentaire élaborée par la digestion stoma-cale et descendant dans le duodénum et l’iléon pourfournir le chyle
— ÉTYM. Xugôç, suc.
f CHYMIE (chi-mie), s. f. Voy. chimie.
f CHYMIFICATION (chi-mi-ft-ka-sion), s. f. Termede physiologie. Conversion des substances alimen-taires en chyme ; digestion stomacale.
f CHYMIFIER (chi-mi-fi-é), v. a. Transformeren chyme. || Se chymifier, v. réfl. Être transforméen chyme.
— ÉTYM . Chyme, et facere, faire.
CI (si), adv. de lieu. || i’Ici, en parlant du lieuoù on est, par opposition à là. Venez-ci. Vous trou-verez-ci un de vos bons amis. Ci est particulièrementusité dans cette formule funéraire : Ci-gît un tel.|| 2° Dans les comptes de commerce il se met avantla somme qu’il annonce. Deux mètres de drap à26 fr. ci.... 60 fr. || 3°Il se joint aux noms précédésde ce . cette, ces, et aux adjectifs démonstratifstels que celui, celle, pour exprimer une idée d’ac-tualité et de proximité. X cette heure-ci. Cethomme-ci. Celui-ci, celle-ci. Cette vie-ci n’estqu’un songe. De cet exemple-ci ressouvenez-vousbien, Et quand vous verriez tout, ne croyez ja-mais rien, mol. Sgan. sc. 24. Point froid et pointjaloux : notez ces deux points-ci, la font. Fabl . vu,6. Quoique je n’aie pas accoutumé de trouver fort