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leur permettrait de voir à distance ou à travers leschoses opaques.
— REK). On a dit que ce mot était dû à Fort-Royal ; il est beaucoup plus ancien.
— HIST. xvi* s. Ce n’est pas par discours ou parnostre entendement que nous avons receu nostrereligion, c’est par auctorité et par commandementestrangier; la foiblesse de nostre jugement nous yayde plus que la force, et nostre aveuglement plusque nostre clairvoyance; c’est par l’entremise denostre ignorance plus que de nostre science quenous sommes sçavants de ce divin sçavoir, mont,d, 226.
CLAIRVOYANT, ANTE (klêr-vo-ian, ian-t’; plu-sieurs disent klêr-voi-ian, ian-t’), adj. || 1° Qui voitclair; dont la vue est bonne. || Substantivement. C’estun clairvoyant qui est directeur de l’Institution desaveugles. Là dame à qui nous venons de parler estune clairvoyante. || 2° Fig. Qui voit clair dans lesaffaires. Un homme, un esprit clairvoyant. Cetteruine fait entendre aux moins clairvoyants l’accom-plissement de la prophétie, boss. Hist. il, 4. Et,afin que cette suite du peuple de Dieu fût claire auxmoins clairvoyants, Dieu la rend sensible et palpa-ble par des faits que personne ne peut ignorer, id.ib. il, 13. La princesse palatine croyait voir par-tout dans ses actions un amour profane déguisé envertu; plus elle était clairvoyante, plus elle étaittourmentée, in. Anne de Gong. Les efforts que vousferiez pour l’empêcher, ne serviraient qu’à faire con-naître aux moins clairvoyants que vous avez eu peur,pasc. Prov. 15. Les mystères du cœur sont souventsi cachés Que les plus clairvoyants y sont bien em-pêchés, corn. Nicom. ni, 4 . Si le ciel s’est ouvert,si ton œil clairvoyant Peut voir ce qui n’est pas etlit dans le néant, brébeuf, Phars. v.
— HIST. xiii* s. Et qui serait bien cler veans,Il verrait que maus est neans, Car ainsinc le ditl’Escripture, la Ilose, «320. || xvi* s. Or avez vousl’esprit si clervoyant, Que nul destour, tant soit ilfourvoyant, Vos pas certains pourrait tromper....du bellat, vn, si, recto. Selon le jugement desplus clairs voyans et plus advisez, condé, Mémoires,p. 658. Dirons nous pas que ces simples gents là sesont laissez piper aprez le vulgaire, pour n’estrepas clairvoyants comme nous? mont, i, 203.
— ÊTYM . Clair, et voir; bourguig. clarvoyan.
f CLAMABLE (kla-ma-bl’), adj. Terme de cou-tume. Bien clamable, bien sujet à l’exercice d’unretrait.
+ CLAMANT (kla-man), s. m. Terme de coutume.Le demandeur, le saisissant, le retrayant.
— ÊTYM . L’anc. franc, clamer, réclamer, du la-tin clamare, appeler.
j- CLAMEAUX (kla-mô), s. m. plur. Clous oucrampons à deuxpointes coudées pour des construc-tions provisoires.
— ÊTYM . Sans doute dérivé de clamp (voy. cemot).
CLAMEUR (kla-meur), s. f. || 1* Ensemble de cristumultueux, souvent de mécontentement, de répro-bation. Une bruyante clameur. Il s’éleva une cla-meur universelle. Une montagne en mal d’enfantJetait une clameur si haute Que chacun au bruitaccourant Crut qu’elle accoucherait sans fauteD’une cité plus grosse que Paris, la font. Fabl .v, to. Les bons papes trouveront l’Église en cla-meurs, pasc. P. Jés. 4. Partout où il a passéç’aétédes clameurs [cris de douleur], sév. 244. Justice quifait semblant d’être vigoureuse, à cause qu’elle ré-siste aux tentations médiocres et peut-être aux cla-meurs d’un peuple irrité, boss. le Tellier. J’entendsde tous côtés les clameurs des soldats, volt. Ade-Imde, i, i. Les clameurs des soldats par la crainteétouffées, delav. Paria, 1 , i. || 2° Réclamation àhaute voix. Les dieux plus pitoyables X nos justesclameurs se rendent exorables, corn. Médée , v, 4.La forte clameur que vous poussez pour eux versle trône de votre fils, mass. Pass. 2 . Les grenouilles,se lassant De l’état démocratique, Par leurs cla-meurs firent tant Que Jupin les soumit au pouvoirmonarchique, la font. Fabl . m, 4 . || La clameurpublique, l’indignation publique. || Clameur de haro,terme de pratique, qui se disait autrefois, en Nor-mandie , de la sommation de comparaître sur-le-champ devant le juge. Voy. haro. || 3° Criaillerie.Braver les clameurs des sots. 11 a trop craint les cla-meurs de la cabale. Osant braver les clameurs deleur sexe, j. j. rouss. Ém. 1 . A ces vaines cla-meurs on ne répondait pas, volt. Œdipe, v, I.
— SYN. cri, clameur. Cri est le mot général;
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clameur le particularise. Le cri est la voix pousséeavec effort, mais sans être nécessairement articulée.Un homme qui souffre beaucoup peut jeter des cris,mais non des clameurs; la clameur suppose tou-jours un sens et des paroles ; elle emporte l’idée deplainte, de demande, d’accusation, de réclamation.
— HIST. xi* s. Cent solz al clamur por la teste,Lois de Guill. 4. || xn* s. Les meies paroles 0 tesoreilles receis, sire; entent la meie clamur, Psau-tier, dans Missions scientifiques, t. v, p. 146. Unen doit faire clamour, Coud, m. Ne jà certes [je]n’en feîsse clamor, Se j’eüsse de,moi venger puis-sance, ib. xvi. || xiii* s. Grains [attristé] et màrriz,[il] fist tant par sa maistrise [adresse], Que à sadame en un destour A fait sa plainte et sa clamour,audefr. le bast. Romancero, p. 6. Li mestre ma-rischaus a la joustice de tous les forfais apartenansà leur mestiers, et de toutes les clameurs qu’il i fontli uns seur l’autre, Liv. des mét. 46. Je vous ains[aime], dit-il, par amors; Si en ai fait maintes cla-mors, Ren. 410. Comment, par le conseil d’Amours,L’amant vint faire ses clamours X ami, à qui toutcompta, la Rose, 3)20. Quant le [la] clameurs estd’aucun cas qui touque à l’eritage de son seigneur,beaum. 30. Et se il est requérant, qu’il die le plusbrief qu’il pora ; car en brieve clamor a deus prou-fiz; l’un est que la court retient et recorde mieusle court que le lonc, Ass. de Jér. 46. || xvi' s. Petitsplaisirs, longues clamours, Or taschons à trouverla chose Que je cherche au temple d’Amours, marot,1 , 4 94. Et alors se leva une clameur de joye que lepeuple jetta si baulte, qu’elle fut entendue jusquesen la mer, amyot, Flamin. 20 .
— ÊTYM . Provenç. et espagn. clamor; ital. cla-more; du latin clamorem, cri.
f CLAMEUX, EUSE (kla-meû,meû-z’), adj. Termede vénerie. Chasse clameuse, chasse qui se fait avecgrand bruit, pour effrayer le gibier. || Par extension.Les hirondelles de mer, dans les temps de nichée,sont plus inquiètes et plus clameuses que jamais,buffon, dans le Dict. de poitevin. || S. m. Nomd’un oiseau, le bruyant, qui a la voix forte.
— ÊTYM . Le latin clamosus, criard, de clamare,crier (voy. clameur).
f CLAMP (klan), s. m. Terme de marine. Piècede bois, qui, étant appuyée contre un màt ou unpilier, sert à le soutenir et à le fortifier.
— ÊTYM . Wallon, clamm, crampon; norm. oc-clamper, cramponner; de lanoen Scandinaveklampi; allemand moderne, KU mmt *, crampon.
f CLAMPE (klan-p’), s. f. Tel me de charpentier.Sorte de crampon ou d’embolture.
•f CLAMPIN (klan-pin), s. m. Terme militaire.Soldat retardataire, traînard, écloppé. || Populaire-ment, clampin, clampine, un fainéant, une fai-néante. || Boiteux. Le duc du Maine , tout clampinqu’il est, Lett. gai. dans Leroux, Dict. com.
f CLAMPONNIER (klan-po-nié), s. m. Terme demanège. Cheval long et jointé, ou qui a les patu-rons longs, effilés et trop pliants. || Adj. Chevalclamponnier.
I. CLAN (klan), s. m. En Écosse et en Irlande ,parmi les Gaëls, tribu formée d’un certain nombrede familles, régie par des coutumes déterminées,et ayant un chef appartenant à une famille émi-nente qui le fournit héréditairement. Un clan demontagnards. Chef de clan.
— ÊTYM . Gaélique, clann, enfant, descendant.
| 2 . CLAN (klan), s. m. Terme de marine. Mor-taise dans les murailles, au bout des vergues, aupied des mâts de hune, etc.
— ÊTYM . Autre forme de clamp.
f 3. CLAN ou CLAND (klan), s. m. Instrumentde parcheminier.
f CLANCULAIRE ( klan-ku-lê-ri ), s. m. Nomd’une secte d’anabaptistes, qui s’assemblent secrè-tement pour les exercices de leur croyance, dansl’opinion qu’ils n’ont point de compte à rendre deleur foi au public.
— ÊTYM . Le latin clancularius, clandestin, declam, en cachette.
CLANDESTIN, INE (klan-dè-stin, sti-n’), adj.|| 1° Qui se fait en cachette. Un écrit clandestin. Uneréunion clandestine. Un mariage clandestin, lafont. Fab. iv, 4. Un hymen clandestin mit ceprince en son lit, rac. Iph. îv, 4. Un rapport clan-destin n’est pas d’un honnête homme; Quand j’ac-cuse quelqu’un, je le dois et me nomme, gresset,Méchant , v, 4. || 2“ Par extension, caché. Il ne serenferme point dans les lieux clandestins de sa dé-bauche , dider. Éloge de Richardson. 11 m’est très-im-portant que Genève , qui n’est qu’à une lieue de mon
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séjour, ne passe point pour un magasin clandestind’éditions furtives, volt. Lett. Damilaville , 2 févr.4761.
— hist. xiv* s. Par clandestine aliance, ber-cheure, f° 62 , verso. || xvi* s. Et si ses clandestinset secrets rapports poignans en derrière n’engen-drent pas soudainement un ulcéré, amyot , Commentdise, le flatt. 42. [La honte et la crainte] sorties dumaudit et clandestin mariage de l’esprit humainavec la persuasion diabolique, charron, Sagesse,I, 34.
— ÊTYM . Le latin clandestinus, de clam, en ca-chette.
CLANDESTINE (klan-dè-sti-n’), s. f. Terme debotanique. Plante ainsi nommée parce que ses tigescroissent dans la terre ou sous la mousse ; dite aussiherbe cachée, herbe à la matrice, et madrate (la-thræa clandestina, L.).
CLANDESTINEMENT (klan-dè-sti-ne-man), adv.D’une manière clandestine. Assemblés clandestine-ment. Ils se sont mariés clandestinement. Le sortdes accusateurs et des accusés, balancé clandesti-nement dans l’intérieur du palais, ne dépendra plusdes intérêts d’un petit nombre de gens en faveur,dider. Essai sur Claude. Doté sur vos journauxd’une rente d’injures, Ou clandestinement diffamépar brochures, gilb. Apologie.
— hist. xvi* s. X ce qu’ils n’eussent plus à
lire clandestinement de nuyet, rab. Pant. 11 , 4 7. Ily en a qui disent que Helpicine n’habitoit pointclandestinement, ains publiquement avec son frereCimon, comme sa femme légitimement espousée,amyot, Cimon, 8.
— ÊTYM . Clandestine, et le suffixe ment.
CLANDESTINITÉ (klan-dè-sti-ni-té), s. f. || 1” Ca-ractère de ce qui est clandestin. C’est pour cette rai-son que Cranmer n’osa jamais déclarer son mariagedurant la vie de Henri VIII , et il lui fallut ajouterà un mariage défendu la honte delà clandestinité,boss. Var . 7. Qu’on a eu tort de leur reprocherla clandestinité de leurs assemblées, id. ib. 4 6.Il 2° Terme de droit. Vice d’une chose faite en se-cret, contrairement à la loi, comme en matière depossession, de mariage. || Clandestinité des hypo-thèques, se dit sous un système hypothécaire qui n’enordonne pas l’inscription pour les rendre publiques.
f CLANGUEUR (klan-gheur), s. f. Terme de zoo-logie. Cri aigu et retentissant de certains animauxcomme le son de la trompette.
— ÊTYM . Le latin clangor; grec, x>âyYü>, crierbruyamment.
CLAPET (kla-pè), s. m. || 1° Soupape qui se lèveet qui se ferme en forme de couvercle. || 2° Espècede soupape pratiquée dans une écluse de manière às’ouvrir et à se fermer par la seule action des eaux.
— ÊTYM . Allem. Klappe, de klappen; angl. toclap, faire du bruit en frappant.
CLAPI, IE (kla-pi, pie), part, passé, de clapir. Unlapin clapi dans son trou.
CLAPIER (kla-pié ; au pluriel l’s se lie : des clapierset.... dites: kla-pié-z-et....), s. m. [| 1” Ensemble detrous où les lapins se retirent dans une garenne. Unclapier bien peuplé. Le roi Charles IX s’amusant àchasser des lapins dans un clapier, volt. Mœurs,4 71 . || 2° Réduit où l’on élève des lapins. Prends-moidans ce clapier trois lapins de garenne, Et chez monprocureur porte-les ce matin, rac. Plaid. 1, 6.|| Unlapin de clapier, ou, simplement, un clapier. Enlapins de garenne ériger nos clapiers, boil. Sat. 111 .|| 3° Fig. Par le seigneur lui-même, père des bellesfilles et mari de Babeau, cette terre fut nommée unclapier de p..., p. L. cour. Gazette du village, n*4.|| Anciennement, clapier tout seul signifiait un lieude prostitution. Elles [les femmes publiques] avaientdans chacune de ces rues un ciapier qu’elles tâ-chaient à l’envi de rendre propre, agréable et com-mode, saint-foix, Essais sur Paris , Œuvres, t.m,p. 73, dans pougens. || 4° Terme dechirûrgie. Sinus oufoyer qui se forme plus ou moins profondément dansdes abcès étendus, sur le trajet des fistules.
— HIST. xvi* s. Ogier aiant pendu un bazelaire [poi-gnard] à sa ceinture et un planchon à sa main, disantqu’il estoit temps que la clapoire [lieu de prostitu-tion] feust effondrée, du cange, claperius. ||xv* s.Les supplians misrent le corps d’icelluy brigant soubzun clappier et monceau depierres, id. ib. Clappieretbordel publique, id. ib. S’une fois vous trouvez enmue, C’est assavoir en leur clapier, Fussiez-vouscent fois esprevier, Ils vous feront devenir grue, Leblason des faulces amours, p. 236, dans lacurne.|| xvi* s. Se retirèrent tous comme connins [lapins]