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Tome premier. A - C.
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clerjal. Le vieux français clergil vient d’un cleri-cilis.

CLÉRICALEMENT (klé-ri-ka-le-man), adv. D’unemanière cléricale. Si les clercs cessent de vivre clé-ricalement, ils sont déchus de leurs privilèges.

— ÉTYM . Cléricale, et le suffixe ment.

t CLÉRICAT.(klé-ri-ka), s. m. Office de clerc dela chambre apostolique.

CLÉRICATÜRE (klé-ri-ka-tu-r’), s. f. L’état, lacondition du clerc ecclésiastique. Lettres de clérica-ture. Après quatre ans de théologie faits comme ilspeuvent l’être par obéissance, il quitta la clérica-ture. et par piété et par amour pour les mathéma-tiques, fonten. Oxanam.

— HIST. xvi* s. Le roy peut justicier ses officiersclercs, pour quelque faute que ce soit commise enl’exercice de leurs charges, nonobstant le privilègede clericature, p. pithou, 38.

— étym. Bas-lat. clericatura, de clericatus, clergé

(VOy. CLERGÉ).

t CLÉRODENDRON (klé-ro-din-dron) , s. m.Terme de botanique. Genre de la famille des verbé-nacées, dont les espèces sont des plantes d’orne-ment.

— ÉTYM . KWjpoç, lot, choix, et ôsvBpov, arbre.

f CLÉROMANCIE (klé-ro-man-sie), s. f. Art pré-tendu, chez les anciens, de deviner ou de dire labonne aventure, en jetant le dé ou en tirant les lots.

— ÉTYM . KXrjpoç, sort (voy. clerc), et le suffixemande.

j CLÉROMANCIEN (klé-ro-man-siin), s. m. Celuiqui pratique la cléromancie.

f CLÉRONOMIE (klé-ro-no-mie), s. f. Termed’histoire ancienne. Partage de biens par le sort.

— ÉTYM . KXripovoïKa, de xXîjpo;, sort, et VÔJ.O;,loi.

CLICHAGE (kli-cha-j’), s. m. Terme de typogra-phie. Art ou action de clicher.

— étym. Clicher.

CLICHÉ, ÉE (kli-ché, chée), part, passé. Feuillesclichées. || S. m. Planche en relief obtenue par leclichage. || Terme de sculpteur. Empreinte d’un coinde médaille qu’on fait dans de l’étain en fusion, etpar laquelle on juge jusqu’à quel point le travail estavancé.

CLICHER (kli-ché), v. a. Terme de typographie.Couler de la matière fondue dans l’empreinte qu’ona prise d’une page composée en caractères mobiles ;ce qui donne par le refroidissement un bloc pré-sentant le même relief que les lettres mêmes; blocqui, employé pour l’impression au même usageque les caractères, permet de tirer, s’il y a lieu,un très-grand nombre d’épreuves sans faire unenouvelle composition. Clicher un ouvrage classique.On dit aussi clicher un fleuron, une vignette. || Ab-solument. Cet ouvrier cliché bien. || Se clicher, v.ré/l. Être cliché. Cet ouvrage se clichera-t-il ?

— hist. xv* s. Et en ce faisant fut la noise ouïe dela ville, dont les gens, tout esmus, en grand nombrevinrent au chastel et tirèrent le pont qui n’estoit nicliqué ni verrouillé, monstrel. ii , 12.

— ÉTYM . Clicher parait être le même, prononcédifféremment, que cliquer, dans le sens de fixer,assujettir,'qui se rattache à l’hllemand Klinlte , lo-quet (voy. clenche). Dans le wallon , cliché signifieun loquet.

CLICHEUR (kli-cheur), s. m. Celui dont la pro-fession est de clicher.

— ÉTYM . Clicher.

t CLIDOMANCIE (kli-do-man-sie), s. f. Divina-tion avec une clef qui, attachée par un fil à uneBible , donnait, tournant ou ne tournant pas, unprésage.

— étym. KXelc, xXeiSàç, clef, et le suffixe mande.

CLIENT (kli-an), s. m. || l°ARome, plébéien qui

était sous le patronage d’un patricien. Que veulentles consuls avec la suite immense D’affranchis, declients vendus à leur puissance? m. j. chén. Grac-ques, i, 2. || 2° En général, toute personne qui semet sous une protection. Mon char est salué d’unpeuple de clients, v. hugo, Odes , iv, 8. Non loinde ce palais où je rends mes oracles, Est un vasteséjour des mortels révéré Et de clients soumis à touteheure entouré, boil. Lutrin, vi. ||Fig. Moi, je meplus toujours, client de la nature. Avoir son opulenceet bienfaisante et pure, a. chénier, 225. |j 3° Client,cliente, s. m. et f. Toute personne qui confie sesintérêts à un homme d’affaires. Cet avocat a beau-coup de clients. Le nom d’un pareil avocat fera biende l’honneur à son client, volt. Lett. d’Argentai,

juin 1766 Nul ange n’a jamais eu, depuis le dé-mon de Socrate , un si importun client : tantôt tra-gédies, tantôt farces, volt. Lett. d’Argentai, 1 4 août

1763. || Il se dit aussi des parties à l’égard de leursjuges. || Celui, celle qui use habituellement dessoins d’un médecin ; celui, celle qui fréquente uneboutique ou un établissement ouvert au public. Mais cenéologisme n’est pas bon : un médecin a des malades ;un marchand a des pratiques et non des clients. C’està tort que de clientèle on a conclu à client.

— HIST. xvi* s. [Avocats ] Assez vous aurez d’autretemps Pour d’avarice Faire exercice Sur les clients,i. le houx, vii. Les procureurs et gens de langue enfournissant quelques procès seront tenus de fourniren mesme temps une procuration en forme de leursmaistres ou cliens, Nouv. coustum. génér. t. i, p.942.

— ÉTYM . Lat. cliens. On le rattache au latin cluere,entendre; grec, xXûetv; goth.kliuth, oulejkymri,clyw, et bas-bret. kléô, ouïe ; sanscr. sera, entendre.

CLIENTÈLE (kli-an-tè-T), s. f. || 1 “ Terme d’anti-quité romaine. Tous les clients d’un patron. || Laprotection que le patron devait à ses clients. Il étaitsous la clientèle de Scipion. || La relation de client àpatron. || 2° L’ensemble des personnes usant habituel-lement des services d’un homme de loi. 11 a peude clientèle. Grande clientèle. Quelqu’un disait queRoch, pour la première fois, Venait d’être attaquéd’une goutte cruelle : Pour la première fois! vousme la baillez belle, Reprit son procureur, hommedes plus matois : Depuis plus de dix ans que j’aisa clientèle, Roch m’a bien fait sentir qu’il a lagoutte aux doigts, Bertrand, Épigr. dans richelet.|| L’ensemble des malades d’un médecin, considéréalors comme une sorte de patron de ses malades.|| Par extension, l’ensemble des pratiques, des cha-lands, en parlant de ceux qui fréquentent un maga-sin, une boutique, un établissement ouvert au pu-blic. Une nombreuse clientèle.

— hist. xvi* s. Clientelie, cotgrave.

— ÉTYM . Le latin clientela, de cliens, client.

CLIFOIRE (kli-foi-r’), s. f. Jouet que les enfants

se font avec une tige de sureau pour lancer de l’eaucomme avec une seringue.

— ÉTYM . Sans doute un radical clif ou claf ouclap, qui se trouve dans clapet.

CLIGNÉ, ÉE (kli-gné, gnée), part, passé. Tenirles yeux clignés.

CLIGNEMENT (kli-gne-man), s. m. Mouvementpar lequel on rapproche les paupières Tune de l’autre,de manière à ne laisser que très-peu d’intervalleentre elles, soit pour garantir l’œil d’une tropvive lumière, soit pour apercevoir plus facilementdes objets éloignés, soit pour faire à quelqu’un dessigne» d’intelligence.

— hist. xvi*s. Clignement d’œil, œil d’hypocrite,paré, xv, 6.

— étym. Cligner.

CLIGNE-MUSETTE (kli-gne-mu-zè-t’), s. f. Jeud’enfants où plusieurs se cachent, tandis qu’un seulcherche. Jouer à cligne-musette.

— hist. xiv* s. Mais viez pechiez et vielles debtesFont à Dieu compter à clignettes, C’est à dire qu’iln’i voit goûte, machault , p. 4 4 5. || xv* s. M’avez-vousfait jouer à cligne-musette pour me faire ce des-plaisir? louis xi, Nouv. lxxxvu. || xiv* s. Il jouoit àcline-mucette, rab. Garg. i, 22 .

— ÉTYM . Bourguig. clemisôtte; norm. climuchette;de cligner, fermer l’œil, et mussette, cachette, demusser : ferme l’œil, et mussons-nous. Musette estune altération pour mussette ou mucette.

CLIGNER (kli-gné), v. a. Faire un 'clignement.Cligner les yeux ou l’œil. Tout ce qu’il y a dans lemonde d’effroyable et de terrible, n’est pas capablede lui faire cligner un œil, balz. les Romains. || Ab-solument. Cligner de l’œil.

— hist. xii* s. Moult li a ris et moult clignié, Etmaint semblant fait d’amistié, Roman du Brut,ms. f* 65, dans lacurne. || un" s. Adonc [il] clochaforment d’un pié, L’un oel ouvert, l’autre clingnié,La teste basse et les reins haut, Bl. et Jeh. 3634. Acest mot s’en est retornez En la poudrière au sou-leil, Et commença à cliner l’oil ; Ne doute que gor-pil [renard] s’i mete, Ren. 4 524. Qar les chapons [il]voit au soleil, Et Chantecler [le coq] qui cline l’ueil,ib. 4989. Li cox [lecoq] respunt : sidei-ge faire, Mau-dire l’ueil qui vieut cligner, Alors qu’il devreitveil-lier, marie, Fab. 61 . ||xiv* s. Ivorine, labele, li vade l’oiel clignant, Qu’il se rendist briefment au po-ple mescreant, Baud. de Seb. xiii, 385. || xv* s. S’ilseussent remandé leurs gens, onleseust, pu excuser;mais nennil, ainçois clignerent-ils les yeux et lesouffrirent, froiss. Tl, ii, 61. Enterre clinoie mesyeuls, id. Épinette amoureuse. Mes yeulx cligniezet mon oreille close, ch. d’orl. Songe en complainte.Chascun parle de divers gieuxjouer, De cliner l’oeil,

de porter male honte, e. uesch. Poésies mss. f* 225,dans lacurne. Je suis content de cligner l’œiltant que Ton voudra, mais que guarison s’ensuive,LOUIS XI , NOUV . LXXXVU.

— ÉTYM . Génev. cliner, cligner; provenç. dinar,courber, baisser; ital. chinare, incliner; du latin cli-nare, baisser, incliner. Cliner, très-usité dans l’an-cienne langue, veut dire proprement baisser, puisbaisser la paupière, c’est-à-dire cligner. Les deuxformes cliner, cligner, même cluigner, se confon-dent pour signifier tantôt cligner, tantôt incliner.

CLIGNOTANT, ANTE (kli-gno-tan, tan-t’), adj.Qui clignote. Yeux clignotants. Un homme eni-vré.... Dont la clignotante et débile paupière Luilaisse encore à peine entrevoir la lumière, volt.Disc. 2. || Terme de zoologie. Membrane clignotante,membrane demi-transparente qui, chez les oiseaux,placée à l’angle interne de l’œil, entre le globe ocu-laire et les paupières, est tirée à volonté par l’animalcomme un rideau pour se garantir de l’impressiande la lumière.

CLIGNOTEMENT (kli-gno-te-man), s. m. Cligne-ment prompt et répété, mouvement involontairepar lequel les paupières se referment et s’ouvrentcontinuellement et avec rapidité.

— ÉTYM . Clignoter.

CLIGNOTER (kli-gno-té), v. n. Cligner continuel-lement. Il ne fait que clignoter. Clignoter des yeux.|| II se conjugue avec l’auxiliaire avoir.

— hist. xm* s. Celui qui clingnete de l’eil, Ilist.occid. des croisades, t. n, p. 682 . || xvi* s. Leursyeuxclinettent tousjours, paré, xiih, 46.

— ÉTYM . Fréquentatif de cligner; bourguig. clei-gnoté.

CLIMAT (kli-ma; le t se lie; au pluriel l’s se lie:des kli-ma-z heureux; climats rime avec appas, at-tentats, etc.), s. m. || 1“ L’espace compris, sur lamappemonde et les cartes géographiques, entre deuxcercles parallèles à l’équateur terrestre. || 2* Par ex-tension, une étendue de pays dans laquelle la tem-pérature et les autres conditions de l’atmosphèresont partout à peu près identiques. Les climats sedivisent : en chauds, de l’équateur au 30 * ou 35 * de-gré de latitude ; tempérés, du 30 * ou 35 * degré au 50*ou 66 *; froids, du 60 * ou 65 * au pôle. Des climatsdifférents la nature est diverse ; La Grèce a des ver-tus qu’on ne voitpointen Perse , corn. Agésil. v, 2 . Sile climat avait tant de puissance, la Grèce porteraitencore des Platon et des Anacréon , volt. Lett. So-marokof, 26 février 4 769 . Dans leurs climats brû-lants les Africains domptés, rac. Baj. n, 4. Les cli-mats font souvent les diverses humeurs, boil. Artp. m. Je n’ai jamais conçu qu’on ait abandonné leplus beau climat de la terre [la Louisiane ] dont onpeut tirer du tabac, de la soie.... volt. Lett.d’Argentai, 4 *' nov. 4 760 . Comme on distingue lesclimats par les degrés de latitude, on pourrait lesdistinguer, pour ainsi dire, par les degrés de sen-sibilité : j’ai vu les opéras d’Angleterre et d’Italie ;ce sont les mêmes pièces et les mêmes acteurs ;mais la même musique produit des effets si différentssur ces deux nations, l’une est si calme et l’autre sitransportée, que cela paraît inconcevable, montesq.Esp. xiv, 2 . La culture des terres est le plus grandtravail des hommes ; plus le climat -les porte à fuirce travail, plus la religion et les lois doivent y exci-ter, id. ib. xiv, 6. Ce sont les différents besoins,dans les différents climats, qui ont formé les diffé-rentes manières de vivre; et ces différentes ma-nières de vivre ont formé les diverses sortes de lois,id. ib. xiv, 4 0. || 3* Pays, région. J’ose dire, sei-gneur, que par tous les climats Ne sont pas bienreçus toutes sortes d’États, corn. Cinna, il, 4. Dé-livrez nos climats de cette vagabonde, id. Sertor.ii, 4. Pour en donner l’exemple à oent climats di-vers, id. Sertor. il, 4. Et jamais ces climats n’ontvu pompes si belles, id. Suréna, i, 4. Il avait assezvécu dans une cour, et, quelques agréments qu’unphilosophe y puisse avoir, il ne peut s’empêcherde sentir qu’il est dans un climat étranger, font.Hartsoeker. Tel est le sort de l’Inde et de ces beauxclimats, Où jamais leshivers n’ont porté les frimas,st.-Lambert, Saisons, hiver. || En Bourgogne ,nom de certains territoires propres à la culture dela vigne. Ce propriétaire a des vignes dans lesmeilleurs climats.,

— HIST. xiv* s. En chaus climas, H. de monde-ville, f* 86. ||xvi* s.Le siecle auquel nous vivons,au moins pour nostre climat, est que, je ne dis pasl’execution, mais l’imagination mesme de la vertuen est à dire, mont, i, 263. Au dit comté et bailiaged’Auxerre il y a plusieurs climats et territoires no-toirement allodiaux, Coustum. génér. 1. 1 , p. 226 .