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— ÊTYM. Bourguig. cloiche; picard et Berry,cloque; provenç. cloca, clos; piémontais , cioca;bas-lat. clocca, cloca, dans des textes du vui* siècle ;anglo-sax. clucge, ix*siècle; anc. h. allem. clocca,ix" siècle, ordinairement avec un g, glocca; anc.Scandinave, klucka; allem. mod. Gïocke; kymri ,cloch; irl. elog; bas-bret. cloc’h. Ce mot est d’ori-gine obscure ; car on ne sait pas précisément s’il estallé des langues romanes dans les langues germa-niques et celtiques, ou s’il a suivi le chemin inverse.Dans le premier cas, on le rattacherait à clocher,boiter, à cause du mouvement d’oscillation et, pourainsi dire, de claudication de la cloche en branle. Dansle second cas on le rattacherait & l’ancien haut-alle-mand klochôn, battre, frapper, bienplutôt qu’à l’an-glo-saxon cloccan, anglais cluck, glousser, dont lasignification ne peut convenir. Clocher est proba-ble; V. clocher la cloiche, à cio cher' 2 . Par assimilationune chapea été dite-clocheoucloque, en anglaisdoak.
CLOCHEMENT (klo-che-man), s, m, Action declocher, de boiter.
— étym. Clocher 2 .
CLOCHE-PIED (A) (klo-che-pié), loc. adv. Surun seul pied. Sauter à cloche-pied. D’autres allaienttoujours à cloche-pied, volt. Bababec. || S. m. Lecloche-pied, sorte de jeu gymnastique. || Espèced’organsin qui n’a que trois brins de soie, dont deuxsont moulinés ensemble séparément et puis mouli-nés avec le troisième.
t. CLOCHER (klo-ché; IV ne se lie jamais; aupluriel IV se lie : des clochers élevés, dites: klo-shé-z élevés), s. m. || 1° Bâtiment élevé qui fait par-tie d’une église et dans lequel on suspend les clo-ches. La Nuit baisse la vue et du haut du clocherObserve les guerriers, les regarde marcher, boil.Lutr. m. C’est ainsi que du sein des vastes métro-poles On voit un riche amas d’édifices épars S’élan-cer en clochers, s’arrondir en coupoles, Ou s’éten-dre et s’enfuir en immenses remparts, masson,Ilelv. ri. || Fig. Placer le clecher au milieu de la pa-roisse, mettre â la portée de chacun ce qui doitservir à tous. || Fig. N’avoir vu que son clocher, quele clocher de son village, n’avoir point quitté sonpays, être sans expérience du monde. || Se battreavec les pierres du clocher, se dit d’un bénéficierqui jouit par provision d’un bénéfice qu’on lui con-teste, et, en général, de tout homme qui se sertcontre ses adversaires de l’objet en litige. Voyonsle court détail de cette affaire, dont la cabale [con-tre le duc de Bourgogne ] se battit, comme on dit,avec les pierres du clocher, st-sim. 2 ) 3, ) 26. || Courseau clocher, course à cheval, qui, comme si elle avaitpour but un clocher vu de loin, va à travers champset franchit haies et fossés. || Des rivalités de clocher,des jalousies de village à village ou de petite ville àpetite ville; et de même : cela n’a pas d’intérêt gé-néral, c’est une question de clocher. || 2° Paroisse,église. 11 y a tant de clochers en France . || Pro-verbes. Un curé n’a besoin d’autre titre que de sonclocher pour demander ses dîmes, c’est-à-dire lachose dont il s’agit est de droit commun et n’a besoind’être appuyée d’aucun titre. || Tirer du clocher,employer la dernière ressource qui reste.
— hist. xii* s. Ainz que sainz Thomas fust ocisel saint mustier, Grant processiun vit aler lez le clo-chier, Th. lemart. )64. Li bacon [jambons] ardent,sichieent [tombent] li lardié ; Et li sainz [la graisse]fait le grant feu esforcier, Fiert soi es tors et elmaistre cloichier, Raoul de C. 80 . || xm e s. Tant [ils]vont que de Paris ont maint clocher veü, Berte,cxxxvii. [La tour] haute est amont comme clokier,Fl. et Bl. 18)7. || xvi* s. Il est feste en sa paroisse,on carillonne en son clocher, leroux de lincy, Prov.
1.1, p. 8.
— ÉTYM . Cloche; bourguig. quiochey ; normand,cliocher; picard, clokier.
2. CLOCHER (klo-ché), v. n. || 1° Boiter en mar-chant. Clocher du pied droit. Qu’as-tu à clocher?es-tu boiteux aussi bien qu’aveugle? d’ablancourt,
Lucien, Timon ou le misanthrope . C’est grand’
honte Qu’il faille voir ainsi clocher ce jeune fils,la font. Fabl . ni, ). || Fig. Jusques à quand cloche-rez-vous de deux côtés? Nul ne peut servir deuxmaîtres, fén. xvm, 66. || 2° Être défectueux, péchercontre quelque règle. Ce raisonnement cloche. Cevers cloche, il n’a pas la mesure. Et que ceux quiveulent gloser doivent bien regarder chez eux s’il n’ya rien qui cloche, mol. Fourb. n, 1. |l Proverbe . 11ne faut pas clocher devant les boiteux, il ne fautfaire devant les gens rien qui leur reproche quelquedéfaut naturel, et, en général, rien qui leur rappellequelque souvenir pénible.
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— hist. xii* s. Li fil estrange mentirent à mei,li fil estrange sunt enviegi [en route], et clocerentde lur sentes, Liber psalm. p. 2 ). ||xni* s. Car depoine [elle] clochoit, com cheval qu’on encloue,Berte, xxxm. Et Renart d’autre part rebroche Lebon destrier, qui pas ne cloche, Ren. 27)80. Atantes vos un pelerin Qui vint clochant tôt le chemin,ib. )2946. Il leva sus en solevant, Le pié tent avantdont il cloche, ib. 7303. Bien voi de quel pié vousclochiés, la Rose, 9380. Puisque justice cloce, etdrois pent et encline, Et vérités cancelle, et loiau-tés décliné, ruteb. 233. La beasse qui cloche Lacloiche dou cloichier Fist devant li venir, qui laveïst clochier, id. 182. Il ot en sa compaigne dantHungier l’allemant, Et Rogier de Rosoi, qui un poiva clochant, Ch. d'Ant. iv, 9. Et Robers del Rosoiqui cloce del talon, ib. xi, 368. ||xv*s. On ne pou-voit à présent clocher devant les seigneurs et leursconsaulx; car ils y veoient trop clair, froiss. ii, ii,
) 00 . Et s’amans vont faisant les lours, Tantost con-gnoistray leur deffault; Jà devant moy clochier nefault, ch. d’orl. Rond. || xvi* s. Le plus habile d’euxne se pourra jamais absoudre qu’il ne cloche desdeux oostés ; or Dieu a déclaré par son prophètequ’on ne lui fera jamais trouver une telle clochurebonne, Calvin , 225. 11 vaut mieux clocher en lavoie que courir legerement hors de la voye, id. In-stit. 605. Jusques à ce que vous vous soyez rendustels devant qui vous n’osiez clocher, et jusqu’à ceque vous ayez honte et respect de vous mesmes,presentez-vous tousjours en l’imagination Caton,Phocion et Aristides.... mont, i, 284. Les mariagesde ce paîs-Ià [Italie ] clochent en cecy: leur cous-tume donne communément la loy si rude auxfemmes et si serve.... id. iii, 367.
— ÉTYM . Picard, cloker; provenç. clopchar. Il ya deux étymologies proposées : )° par Ménage, clau-dicare, boiter; 2°parDiez, cloppicare, mot dérivédu bas-latin cloppus, boiteux (voy. clopin). La formeprovençale clopchar paraît décider la question enfaveur de la seconde étymologie.
f 3. CLOCHER (klo-ché), v. a. Terme d’horticul-ture. Couvrir de cloches. Avoir deux cents pieds demelons clochés, la quintinye, Jardins, t. i, dansrichelet.
— étym. Cloche.
f CLOCHETEUR (klo-che-teur), s. m. Ancienne-ment, homme qui précédait les convois funèbrestenant à la main une clochette qu’il faisait sonnerde temps en temps. Le clocheteur des trépassés.
f CLOCHETON (klo-che-ton), s. m. Terme d’ar-chitecture. Petit clocher. || Ornement, en forme declocheton, qu’on ajoute quelquefois aux angles d’unclocher.
— ÉTYM . Diminutif de cloche : le clocheton, petitecloche, s’est dit, par métonymie, pour le petit clo-cher qui renferme la petite cloche.
CLOCHETTE (klo-chè-t’), s. f. || 1" Petite clochequ’on peut tenir à la main. La clochette du prési-dent. La clochette des troupeaux. La pagode de na-cre au toit rose et changeant, La tour de porcelaineaux clochettes dorées, v. hugo, Bail. )5. || 2°Lesclochettes, sorte de jeu dans les orgues. || Sorte decarillon diatonique dans les orchestres. || 3° Fleur enforme de cloche. Clochette des bois, le narcissepseudo-narcisse. Clochette des blés, le liseron deschamps. Clochette des murs, la campanule à feuillesrondes. || 4° Terme d’architecture. Sorte d’ornement,qu’on nomme aussi goutte, et qui est de forme co-nique et taillé dans l’architrave de l’ordre dorique.
— HIST. xiii* s. Là establi on que une clokete fustportée avec corpus Domini, car on ne i portoit point,Chr. de Rains, p. 88. Madame Musique aus clo-chetes, Et si clerc plein de chansonnettes, Bat. des7 arts. || xiv* s. Son jaque [jaquette], qui estoit declochettes garnis, [il lui] Fist tantost despoillier,...Guescl. )9360. Maistre Jehan Bernard, charpentier,pour faire un petit clocher en la grand chapelle[du Louvre] à pendre la clochette à sonner la messe,de laborde, Emaux , p. 2 ) 6 . Une clochette d’or dontle tenon est d’une fleur de lis, et poise, à tout le bâ-tant, un marc une once, id. ib. Cordelle où il y aitau bout une cloquette, Modus, f° lxxv. || xv* s. Criésoit à la clochete Par les rues, sus et jus : Fredet,on ne le voit plus; Est-il mis en oubliete? ch. d’orl.Rond. Ceste clochette est faicte des biens de l’hotelDieu, pour les habitans de la ville de Pois , et mefondit Andrieu Munier, )582, de laborde, Émaux,p. 2)7. Il est de la petite clochette [il est huguenot],n. est. Apologie d'Hérod. p. 6)), dans lacurnh,
— étym. Diminutif de cloche; bourguig. clochote;picard, clokette.
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CLOISON (kloi-zon), s. f. || 1“Séparation qui sufait dans un appartement, dans une maison, à l’aidede quelque maçonnerie ou charpenterie. Cloison enbriques. Mur de cloison. Un vieux mur entr’ouveroséparait leurs maisons; Le temps avait miné leursantiques cloisons, la font. Filles de Minée. || Petitesmurailles en briques dans l’intérieur d’un poêle.|| 2° Terme de botanique. Membrane ou partie mincequi divise en compartiments certaines cavités. Lescloisons des loges à graines. La rose et Damalis [unejeune fille] de leur jeune prison Ont ensemble percélajalouse cloison, a. chén. 62. || Demi-cloison, cloi-son d’un fruit qui n’atteint pas jusqu’à l’axe de ce-lui-ci, et laisse un vide au centre. || Terme d’anato-mie. Partie servant de séparation à deux cavités. Lacloison des fosses nasales. || 3° Espèce de boite mincequi renferme la garniture d’une serrure.
— hist. xii* s. Les fossez [ils] virent, la cloisonQu’il aveient fait d’environ, benoit, ii, 3465. || xm* s.Li rosier d’une haie furent Clos environ, si cum ildurent ; Mès ge passasse la cloison Moult volentiers...la Rose, 2793. Et la cloison de mur quarré, ib. 5)4.Trop est fols qui la [oraison] pert par petite ochoi-son; Car tous les biens du ciel puet mettre en sacloison, J. de meung. Test. )450. || xvi* s. Ce ba-taillon estoit si bien remparé d’une cloison de pic-ques, que.... amyot, P. Æm. 33. Ilz chassèrent lesPerses fuyans, jusques dedans le pourpris qu’ilzavoient remparé et fortifié de cloison de bois, id.Arist. 45. Les sacrées cloisons [les cloîtres], d’aub.Conf. ii, 8. Ce mot de cloison sentirait la prison,id. ib . X faute de mettre un pau [pieu] en une cloison ,une vigne se dissipera, o. de serres, 63. Et puisque tout leur revient à mesme compte [aux femmestraitées avec une extrême jalousie ], elles ont lechois bien aysé : et, ont-elles brisé ces cloisons,croyez qu’elles font feu, mont, iii, 367.
— étym. Provenç. clausio; du latin claudere,fermer (voy. clore).
CLOISONNAGE (kloi-zo-na-j’), s. m. Terme d’ar-chitecture. Tout ouvrage de cloison. Ces chambresne sont séparées que par du cloisonnage. || Cloisorde charpente.
CLOISONNÉ, ÉE (kloi-zo-né, née), adj. Termed’histoire naturelle. Qui est divisé en compartiments.|| Email cloisonné, voy. émail.
CLOÎTRE (klot-tr’), s. m. || l°Dans un monastère,galerie intérieure couverte, et formant un carré,au milieu duquel est ordinairement un petit jardin.Les processions des religieux se font autour de leurscloîtres. || On dit, en architecture, qu’une maison estbâtie en cloître, quand il y a des bâtiments sur lesquatre côtés de la cour. || 2" Le monastère même.Se retirer, s’ensevelir dans un cloître. Qu’en un cloî-tre sacré je pleure incessamment.. ..corn. Cid, v, 7.La perfection n’est pas de se jeter dans un cloître,boss. ii, Yêtur. 2 . Cruels et lâches persécuteurs,faut-il donc que les cloîtres les plus retirés ne soien tpas des asiles contre vos calomnies? pasc. Prov. )«.Les cloîtres renfermaient plus de cinq cent mille per-sonnes, volt. Mœurs, 139. Trop resserré dans lesbornes d’un cloître, Un tel mérite au loin se fitconnoître [connaître], gresset, Ver-vert, ii. || 3° Lavie monastique. Elle est par l’indigence au cloîtrecondamnée, m. j. chén. Fénel . iv, 4. ||4“ Enceintede maisons où logeaient les chanoines des églisescathédrales et collégiales. Le cloître Notre-Dame .
|| 8* Terme de jardinage. Grand carré entouré d’al-lées taillées en arcades, imitant un cloître. || 6° Termede construction. Voûte en arc de cloître, sorte devoûte formée de plusieurs portions de voûte qui s’ap-puient sur des murs, et se coupent de manière àformer entre elles des angles rentrants.
— SYN. CLOITRE , COUVENT, MONASTÈRE. Le cloître
est une clôture - le couvent est un lieu où l’on seréunit pour vivre en commun; le monastère est unlieu de retraite ou de solitude. Voilà l’étymologie.L’usage a attaché pr mitivement à cloître le sens degalerie intérieure dan» un couvent ; c’est pour celaqu’on ne dit pas, d’une manière déterminée et enlaissant au mot l’idée commune de résidence demoines : établir, détruire des cloîtres. Cloître etcouvent s’emploient l’un et l’autre pour désigner lavie monacale: on se jette dans le cloître; on metune fille au couvent; dans ces phrases on ne se ser-virait pas de monastère; le monastère ne se disantpas, d’une façon générale, comme le cloître ou lecouvent.
— HIST. xii* s. As altres chambres ont une chambreajustée, Par unt la veieesteital cloistre plus privée,Mais à cele ure esteit à un grant loc fermée, Th. le ,