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Tome premier. A - C.
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648 CI.O

Phocion, 8. Quand se vint à la nuict close, que l’onne voyoit desjà plus goutte, in. César, 4t. Jusquesà ce que les ennemis vindrent à monter sur lesremparts qui clouoient son camp, id. ib. 60. Fer-mant la bouche à la raison, et clouant les yeux àl’imagination du péril, id. Pomp. 86. Qu’elle tienneson halaine par intervale, en clouant le nez et labouche, pake, t. il, p. 629. Nousfismes un contractensemble l’autre jour, Que tu me donnerais millebaisers d’amour, A levres demi-closes, rons. 8to.

— étym. Berry, clouer; picard, cloer, cloure;provenç. claure, clauser, dure; anc. catal. cloir;ital. chiudere; du latin claudere. L’ancien français di-sait il clôt et ilcloe, nous cloons, il clooit; d’où laconfusion qui s’est faite, pour le son, avec clouer.

1. CLOS, CLOSE (klô, klô-z’ ), part, passé, de clore.|| 1° Fermé. Jardin clos de murailles. Bien semble êtrela mer une barre assez forte Pour nous Ôter l’espoirqu’il puisse être battu ; Mais est-il rien de clos dont netrouve la porte Ton heur et ta vertu? malh. ii, < 2 .Ces beaux yeux souverains [de Jésus] qui traversentla terre Mieux que les yeux mortels ne traversent leverre, Et qui n’ont rien de clos à leur juste cour-roux, id. i, 4. Là les mainà ne sont closes Pour re-cevoir, la font. Orais. Ce dragon qui jamais n’a lespaupières closes, corn. Médèe , ni, 3. Pour un sibeau dessein il n’est porte trop close, rotrou, Antig.v, 3. Que nos portes restent closes, Et jusqu’auretour des roses Chauffons-nous, chauffons-nous bien,bérang. Hiver. || Fig. L’espérance m’en est close,malh. v, 23. || Terme de blason. Couronne close,couronne fermée. || 2” Bien fermé. Un propriétairedoit tenir son locataire clos et couvert, il doit entre-tenir en bon état la clôture et la couverture. || Fig.Se tenir clos et couvert, se tenir en lieu de sûreté,et aussi être peu communicatif. Un chacun, sansparler, se tient clos et couvert, Régnier, Sat. xi.Le meilleur était que je m’étais parfaitement tenuclos et couvert sur le mariage, st-sim. 27), 160 . Que,pour courir à tous n’étant plus assez vert, Il se veutdésormais tenir clos et couvert, la font. Eunuque,v, 3. || Se tenir clos et coi, ne pas bouger de chezsoi. Dans les visites qui sont faites Le renard se dis-pense et se tient clos et coi, la font. Fabl . vin, 3.|| 3° Renfermé. L’exemple des amants est clos dansce tombeau, malh. v, 8. || Demi-clos. [Saint Pierremarchant sur les eaux] Quand, déjà demi-clos sousla vague profonde, Vous ayant appelé, vous affer-mîtes l’onde, Et, m’assurant les pieds, m’éton-nâtes l’esprit, malh. i, 4. || 4" En termes d’hippia-trique, cheval clos de derrière ou crochu, chevaldont les jarrets sont trop rapprochés. || 5“ Les yeuxclos, ou, plus rarement, à yeux clos, les yeux fer-més. || Fig. Aveuglément, sans balancer. Et se jetteà clos yeux au danger plus extrême, rotrou, Antig.IV, ). || Avoir les yeux clos, être mort. Il n’eut passitôt les yeux clos, que.... || 6° Champ clos, licefermée de barrières pour les tournois et les duelsjudiciaires. Pour décider leur querelle en champ clos,boss. Louis de Bourb. Quand elle entre en champ closavec le dieu de Thrace , la font. Tabl. Et malgrénotre usage antique et solennel De défendre enchamp clos le sexe qu’on outrage, volt. Tancr. iii,4. || 7° Terme de droit criminel. X huis clos, à por-tes fermées, c’est-à-dire sans que le public soit ad-mis et sans que publicité soit donnée aux débats.|| Substantivement. Le huis clos est requis dans lesaffaires qui offensent les bonnes mœurs. || 8° Lettreclose, ordre du roi contenu dans une lettre ferméede son cachet et souscrite par un secrétaire d’État.|| Fig. C’est lettre close pour moi, c’est une choseoù je ne comprends rien. Le fond de cette intrigueest pour moi lettre close, mol. le Dép. n, t. Sansdire quoi, car c’étaient lettres closes, la font. Vill.|| 9° Avoir la bouche close, se taire, garder un se-cret. Si l’on veut qu’ils aient la bouche close, mol.le Dép.n, 8. || Bouche close 1 Gardez le silence, lesecret. || 10° X la nuit close, lorsqu’il est tout à faitnuit. || 11° Pâques closes, le dimanche d’après Pâ-ques ou de Quasimodo, auquel jour se terminentles cérémonies de Pâques .

2 . CLOS (klô; l’s se lie : un clos attenant, dites :un klô-z attenant), s. m. Terrain cultivé et clos dehaies ou de murs. Un clos de vigne. Un jardin etle clos attenant.

— HIST. xiii* s. N’aureie anuit [cette nuit] paiz ourepos, Se il giseit dedens mon clos, Grégoire le Grand ,p. 86. Ensi coume la voie change, Lez un essart delezun clous, IluecdutRenartestreenclous, lien. 63». Esclos devant la porte de la cité garnie, Là troverentsarcus [cercueil] de marbre de Persie, Ch . d’Ant. îv,439. De ce clos où il les avoient mis, les fesoienttraire l’un après l’autre, joinv, 242.||xv*s. Une

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petite chapelle, qui estoit pour le temps dehors laReoie; et quand le comte l’eut conquise, cette cha-pelle fut mise au clos de la ville, froiss. i, i, 24o.|| xvi* s. De toy, o Pan, qui augmentas son clos,

MAROT. I, 2)8.

— étym. Clos 4 ; Berry, clous.

CLOSEAU (klo-zô), s. m. Petit clos

— ÉTYM . Diminutif de clos 2 .

f CLOSEMENT (klô-ze-man), adv. D’une manièrefermée, isolée. Vieux.

— hist. xv* s. [Sylvestre, pape] se tenoit simple-ment et closement à Rome , et vivoit sobrement avecceux de l’Eglise, froiss. ii, iii, 27.

— étym. Close, et le suffixe ment; provenç. clu-samen.

f CLOSERIE (klô-ze-rie), s. f. || 1" Petite exploi-tation rurale , où il n’y a pas de bœufs de labour.la Closerie des Genêts, drame en cinq actes, parFréd. Soulié. || 2” Sorte d’ouvrage de vannerie.

— HIST. xvi* s. Ils n’avoient point de terres ni deseigneuries, methairies, clozeries, borderies, car-loix, ii, )7.

— ÉTYM . Clos 2.

f CLOSET (klo-zè), s. m. Sorte de petit parc pourla pêche.

— ÉTYM . Clos 2.

t CLOSIER (klô-zié), s. m. Celui qui tient à fermeune closerie. || Dans certaines provinces, celui qui asoin du clos.

— HIST. xiii* s. Mes uns vilains, qui grant honteait, Près d’ilecques repost s’estoit : Dangiers ot nom,si fu closiers Et garde de tous les rosiers, la Rose,2839. || xv* s. Du lieu où lavande Croist et rosiers,X grant foison, sans façon de cloisiers, christ, depisan, Dit de Poissy .

— ÉTYM . Clos 2.

t CLOSOIR (klô-zoir), s. m. Une des planchesdont se compose le moule à construire en pisé. || Clo-soir ou clotoir, outil de vannier pour faire les van-nettes.

— ÉTYM . Clore.

CLOSSEMENT (klo-se-man), s. m. Voy. glousse-ment.

CLOSSER (klo-sé), v. n. Voy. glousser.

•j CLOSTRE (klo-str’), s. m. || 1° Terme de bota-nique. Cellule en forme de fuseau. || 2" Terme d’ar-chitecture. Tuile formant un demi-cylindre creux,qui tient lieu de balustre et sert d’ornement auxgaleries.

— ÉTYM . Lat. claustrum, cloison (voy. cloItre).

f CLOTHO (klo-to) ou CLOTHON (klo-ton), s. f.

Terme de mythologie. Celle des trois Parques quifile le fil de la vie des hommes. Ensemble nousmourrions en servant vos autels ; Clothon ferait d’uncoup ce double sacrifice, la font. Phil. et Bauc.Ni le temps ni l’hymen n’éteignirent leur flamme;Clothon prenait plaisir à filer cette trame, id. ib.Eh quoi, seigneur, toujours nouveaux combats?Toujours dangers? vous ne croyez donc pas Pouvoirmourir? tout meurt, tout héros passe; Clothon nepeut vous faire d’autre grâce Que de filer vos joursplus lentement. Mais Clothon va toujours étourdi-ment, id. Poésies mêlées, xn, à M. de Turenne.

— ÉTYM . KXwOw, de xX(u0£iv, filer.

f CLOTOIR (klo-toir), s. m. Voy. closoir.

CLOTURE (klô-tu-r’j, s. f. || 1” Enceinte qui clôt.La clôture de ce parc est endommagée en beaucoupd’endroits. X l’est, la rivière sert de clôture à notrejardin.... Beaux jardins qui dans votre clôture Aveztoujours des fleurs, malh. v, )4. Les femmes nedoivent pas seulement être séparées des hommespar la clôture de la maison, montesq. Esp. xvi, ) o.|| Clôture du chœur, fermeture à jour qui, dansune église, sépare le chœur d’avec la nef. || 2° L’o-bligation de garder le cloître. Vœu de clôture. Jevous ai dérobé à la clôture d’un couvent, mol. Fest.i, 3. Une retraite profonde, une clôture impéné-trable, une obéissance entière, boss. la Vallière.La clôture de la princesse Sophie, volt. Hist. deRussie , 9. || 3" Réclusion, vie retirée. Des divertis-sements leur rendaient supportable la sévère clôtureà quoi les obligeait leur sexe, scarr. Rom. com. n,ch. ) 9. || 4° Action de terminer, d’arrêter définitive-ment une chose. La clôture de la discussion. Laclôture d’un compte, d’un inventaire. || 5° Secret,réserve, habileté à se taire. Pour les ministres étran-gers [le duc d’Orléans doit avoir] force honnêtetés,force clôture, force fermeté, et les renvoyer auxaffaires étrangères, st-sim. 399, 2)4.

— HIST .xiii* s.... lesjardinsseroitneansAuregardde ceste closture Qui n’est pas faite en quarreüre,la Rose, 20493. On doit regarder combien il valentpar desor les coz [coûts] et les mises et le [la] garde

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et les clostures, beaum. xxvii, 20 . Feme qui tientmeson en doaire, le [la] doit atenir de couvertureet de closture soufisant, id. xiii. 7. Et de plaitoine[platane?] est la closure, D’un arbre cier, qui tos tensdure, Fl. et Bl. )863. || xiv* s. Nul ne les peult rea-lement Séparer de ceste closture, Fors Dieu et vous,dame Nature, L’alchim. à Nat. 59). Jà montoientil par dessus vos clostures, bercheure, f“ 73, recto.|| xv* s. Et rompirent les clostures et postiis, froiss.I, I, 3). || xvi' s. Là d’un costé auras la grand clos-ture De saulx [saules] espez.... marot, i, 2)9. Tan-dis que j’estois par chemin, L’estât [des pensions]sans moy print sa closture, id. iii, 5. Pour la clos-ture entière des Vies de Pyrrhus et Marius, il restede les comparer ensemble, amyot, Marius etPyrrh.). L’on commenceoit desjà à fermer le camp de laclosture de paliz, id. Sylla, 60 . Et desquels la sé-pulture Presse sous mesme closture I.e corps, la vieet le nom, rons. dans raynouard, clausura. Il y anation où la closture des jardins et des champs qu’onveult conserver se faict d’un filet de coton, et setrouve bien plus seure et plus ferme que nos fossezet nos hayes, mont, iii, 7.

— étym. Claustura, forme non latine tirée declaudere (voy. clore) sur le modèle de claustrum.

j CLOTURER (klô-tu-ré), v. a. Arrêter un compte,un inventaire, un registre. Dans le style parlemen-taire, clôturer les débats, en prononcer la clôture.

— étym. Clôture.

f CLÔTURIER (klô-tu-rié), s. m. Vannier qui nefait que de l’ouvrage battu.

— ÉTYM . Clôture.

CLOU (klou), s. m. || 1* Sorte de petite chevillede fer ou d’autre métal, à pointe et à tête. Enfon-cer des clous avec le marteau. Pendre quelque choseà un clou. Rabattre un clou. || On dit d’un bâtimentneuf ou de celui qui est en bon état, qu’il n’y man-que pas un clou. || Fig. Il lui manque, il lui faut unclou, c’est-à-dire il est un peu fou : on sous-entendà son armet, employé jadis pour tête. || Planter sonclou, s’établir à demeure quelque part. || Familière-ment. Cela ne vaut pas un clou à soufflet , je n’endonnerais pas un clou à soufflet, c’est-à-dire celan’a aucune valeur. Si l’on ignore ces choses, je nedonnerais pas un clou de tout l’esprit qu’on peutavoir, mol. Préc. ridic. ) 0 . Mais à quoi les vœuxd’un blaireau des Alpes peuvent-ils servir? Ceux del’univers entier ne servent pas d’un clou à soufflet,volt. Lett.d’Argental, 24nov.)774. || River un clou,rabattre avec le marteau la pointe qui dépasse l’é-paisseur d’une planche; et fig. River à quelqu’unson clou, lui répliquer vertement. Vous avez fortbien fait de lui river son clou; C’est bien à faire àlui de vous appeler fou, regnard, Distrait, iv, 7.|| Populairement. Mettre une chose au clou, renon-cer à s’en servir, et aussi la mettre en gage. || Po-pulairement. Compter les clous de la porte, resterà attendre à une porte. || Gras comme un cent declous, se dit de quelqu’un fort maigre. || Cela netient ni à fer ni à clou, se dit d’une chose qui sert àmeubler, mais qui n’est point scellée dans la mu-raille; et fig. Cela ne tient ni à fer ni à clou, se ditd’un travail sans solidité, d’une affaire qui n’est passérieusement conclue. Vous savez que notre cardinall’est à fer et à clou, sév. 226 . || 2“ Terme de vété-rinaire. Clou de rue, maladie locale qui survientchez lgs chevaux ou autres gros bestiaux, lorsqu’unclou ou tout autre corps étranger a pénétré dans lasole de corne, dans la sole charnue, et quelquefoisjusqu’à l’os du pied. || 3" Terme de botanique. Bou-ton non développé des fleurs de certaines plantes :ainsi les clous de girofle sont les boutons du girofliercueillis avant le développement des fleurs. || Absolu-ment , clou se dit pour clou de girofle. Acheter dela muscade et du clou. || 4“ Furoncle . Je suis fâchéde votre clou et je vous en plains; mais, à ce queje puis juger, ce n’est rien au prix de celui que j’ai,voit. Lett. 105. Le roi eut un anthrax au cou quine parut d’abord qu’un clou, mais qui donna beau-coup d’inquiétude, st-sim. 38, )84. || 5“ Terme demédecine. Clou hystérique, douleur vive, bornée àun point très-circonscrit de la tête, et affectant lesfemmes sujettes aux accès hystériques. || 6° Amas depetites pierres dans une veine de charbon de terre.|| Nœud dans la pierre ou le marbre. || Proverbe.Un clou chasse l’autre, c’est-à-dire un goût nou-veau, une passion nouvelle fait oublier l’ancieLne ; sedit aussi en parlant des personnes qui se succèdentou se supplantent. Comme vous savez, madame,qu’un clou chasse l’autre, il a fallu que la passionque j’ai pour vous ait cédé à une nouvelle qui m’estsurvenue et qui, si elle n’est plus forte, est pour lemoins à cette heure plus pressante, voit. Lett. )o*.