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Tome premier. A - C.
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CLO

CLY

— HIST. xi* s. Cheent li clou [des escuz], se pe-ceient les boucles, Ch. de Roi. cclxi. || xii* s. À troisclos d’or [il] ferma [fixaj son gonfanon, Ronc. p. 7 1 .Isaias cumandad que l’um figes [figues] li portast,si en fist un emplastre, e fist là métré sur un clouque li reis out ù il se duleit, Rois , 417. Et prentl’espieu à or resplendissant, A cinq clox d’or l’en-saigne bauliant, Raoul de C. 20 . || xin* s. Si [elle]saignoit com ce fust perceüre de cio, Bcrte, xxxii.Sa coroie, Dont li cloet [petits clous] sont délié,lien. 29826. Et par un ais cui ert fendue [où il yavait une fente], Vit la viele au clou pendue, ib.12260 . Li clou furent d’or esmeré [purifié], Quierent el tissu doré, la Rose, 1089. || xiv e s. Car tuitestoient mal traitié ; Boces avoient et grans closDont on moroit.... machault, p. 73. || xv* s. Lecomte de Charolois, qui estoit jeune et vert, et durmalement à ployer, les [les villes de la Somme] eustpu tenir à fer et à doux, en non tost les restituantà la première demande, g. chastel. Chr. des ducsde Bourg, n, ch. 34. On le met à un sac à part, Etle laisse-on pendre au clou, coquill. Droits nouv.11 la tient à fer et à clou [il y tient beaucoup],louis xi , Nouv. xxu.Lasentence definitive en est tail-lée de demourer pendue au clou, id. tb.xcii. || xvi* s.Dieu tient le clou du gouvernail, pour tourner leursefîors à executer ses jugemens, calv. Instit. 4 60 .Les katholiques se plaignoient de ce que Montauban ,Sancerre, etc. faisoient compter les doux de leursportes aux garnisons qu’on leur envoyoit, d’aub.Rist. i, 264. Un clou repousse l’autre; en la mesmefaçon Tu auras vers pour vers et chanson pour chan-son, bons. Élég. 33. Clou, nommé du vulgaire cor,est durillon qui vient' aux jointures des orteils,paré, v, 21. doux de girofle, id. vii, 4 3. Les vul-gaires appellent les charbons clouds, parce que lamatière d’iceux cause douleur semblable comme siun cloud estoit fiché à la partie, id. xxiv, 36. Etpendant le procès les bons maris demourerent en laprison, attendans la sentence diffinitive qui, pourle nombre infini d’eulx,.en est taillée de demourerpendue au clou, marg. Nouv. xcu. 11 sembloit quecette ordonnance, tant de fois reiterée, eut esté,comme l’on dit, fichée à doux de diamans, pas-quier , Recherches , liv. iii , p. 237 , dans lacurne.

— ÊTYM. Picard, dm; bourguig. clô; wallon ,cld; rouchi, clou; provenç. clou; espagn. clavo;portug. cravo; ital. chiavo; du latin clavus , demême radical que clavis (voy. clef).

t CLOUAGE (klou-a-j’) , s. m. Action de clouer.|| Répartition des clous sur un corps quelconque.

— ÊTYM . Clouer.

f CLOUCOURDE (klou-kour-d’), s. f. Autre nomde la coquelourde.

| CLOUDET (klou-dé), s. m. Un des noms locauxdu hibou.

CLOUÉ, ÉE (klou-é, ée), part, passé. Fixé avecdes clous. Et que vous m’allez faire un second Ixion ,Cloué là-bas sur sa roue, Pour avoir trop permis àson affection, malii. v, 8 . || Par extension. Ce cava-» lier est cloué sur son cheval, il s’y tient très-soli-dement. || Fig. Cloué à son bureau, y travaillantavec une extrême assiduité. Tous les jours, mal-gré moi, cloué sur un ouvrage, boil. Sat. n. Je l’aivu doué tout le jour sur sa chaise, j. j. rouss. Ém. m.|| Terme de blason.. Garni de clous d’uri émail spé-cial.

| CLOUEMENT (klou-man), s. m. Action de clouer ;résultat de cette action. || Particulièrement, mise encroix du Christ.

— ÊTYM . Clouer.

CLOUER (klou-é), v. a. || 1* Fixer avec des clous.Clouer des lattes, des planches. || Par extension. Letrait perça son bouclier etle lui cloua sur la poitrine.Il dit, et son épée, enfonçant la cuirasse, Le traverseet le cloue à cet infâme bois [un gibet qui était der-rière], masson, Helvét. iii. || Enfermer avec desclous. X sa mort on le cloue dans une bière, J. J.rouss. Ém. 1 .1| En termes de mer, clouer son pavil-lon, le fixer au mât du navire, de manière qu’il nepeut plus être amené : ce qui indique la détermina-tion d’un équipage de ne pas se rendre. || 2° Fig.Fixer. Il saisit son adversaire et le cloua contre lamuraille. Une maladie cruelle me doue dans monlit. Sans clouer de l’esprit à ses moindres propos,mol. F. sav. i, 8. X moins que d’être cloué à Paris ,rienn’eûtpum’empêcherd’alleraujourd’huià Poissy,voit. Leit. 4 04. Nous sommes cloués par la desti-née chacun chez nous, volt. Lettres, Urne de Champ-bonin, 17 nov. 4 704. Regrettez la torpeur qui vouscloue à la terre, a. de musset, Poésies nouv. Souvenir.Il 3° Se clouer, v. réfl. S’arrêter, se fixer. Ses piedsse clouèrent sur le carreau. D’Hacqueville veut qu’il

dict. de la langue française

CLU

ne se cloue point à Saint-Michel [qu’il n’y reste pastoujours], sév. 4 97.

— HIST. xin* Ah! sire Dieu , fait-ele, qui te lais-sas cloer.... Ber te, xliii. Seles fustines [de bois]douées seur les auves derrière de clous d’estainsanz nul clou doré, Liv. des mét. 241. C’est cil quinasqui sans pechié; C’est cil qui soufri atachié Soncors en la crois et cloé, ruteb. ii, 4 42. Trop pou fude tiex hommes, ne de si bien doez, Puisque Dieufu por nous en sainte croix cloez, i. de meung, Test.104. || xvi* s. M. d’Orléans est cloué sur son livre etdit qu’il veut être saige, marg. Lett. xxx. Il sembloitque ce fust une seule masse de toute la multitude, etun seul corps cloué ensemble, amyot, Pyrrhus , 76.

— ÊTYM. Clou ; wallon , clawer; rouchi, claure;espagn. clavar; ital. chiovare.

f CLOUET (klou-è), s. m. Petit ciseau de tonnelier.

f CLOUIËRE (klou-iè-r’), s. f. Pièce de fer pourformer la tête des clous.

— ÊTYM . Clou.

CLOUTÉ, ÉE (klou-té, tée), part, passé. Garni declous. Un étui clouté.

CLOUÉER (klou-té), v. a. Garnir de clous d’orne-ment. Clouter une tabatière. || Clouter une voiture,un carrosse, garnir l’impériale d’un carrosse deplusieurs rangs de gros clous bronzés, pour undeuil de cour. Il n’y a que le roi et la famille royalequi fassent clouter leurs carrosses, Dict. de l’Acad.

— ÊTYM . Clou.

f CLOUTÈRE (klou-tè-r’), s. f. Petite enclume àl’usage des cloutiers.

— ÊTYM . Clou.

CLOUTERIE (klou-te-rie), s. f. Fabrique, com-merce de clous. || Fabrication des clous.

— HIST. xrn" s. Li sommiers qui porte claueterie,tailliar, Recueil d’actes, p. 4 8.

— ÊTYM . Clou.

CLOUTIER (klou-tié; IV ne se lie jamais; au plu-riel l’s se lie : des clou-tié-z assortis ), s. m. Celui quifabrique ou qui vend des clous.

— ÊTYM . Clou.

f CLOUTIËRE (klou-tiê-r’) ou CLOUVIËRE (klou-viê-r’), s. f. Boite à compartiments pour les clous dedifférentes grosseurs. ]| Espèce de moule de cloutier.

— ÊTYM . Clou.

f CLOWN (klôn’), s. m. Personnage grotesque dela farce anglaise . || Dans nos cirques, artiste exécu-tant, avec une agilité remarquable, des exercicesd’équilibre ou de souplesse, particulièrement ceuxqui peuvent faire rire les spectateurs.

— ÊTYM. Angl . clown, farceur, proprement pay-san, rustaud.

CLOYÈRE (klo-iè-r’; d’autres disent kloi-iè-r’),s. f. || 1“ Nom donné à un panier d’huîtres contenant26 douzaines d’huîtres ou 300. || Le contenu de lacloyère. On a mangé à déjeuner deux cloyères d’huî-tres. || 2° Sorte de panier dans lequel on expédie lepoisson.

— HIST. xiv* s. Faire mettre draps en cloiere [enpile], du cange, cloeria.

— ÊTYM . Claie, anciennement cloie (voy. claie).

CLUB (klub; quelques-uns prononcent klob ou

kleub, ce qui est à peu près la prononciation an-glaise , d’autres disent kloub; mais ce mot est de-venu assez général pour qu’on lui laisse la pronon-ciation française), s. m. \ | 1“ En Angleterre, anoiennedéfinition du mot club donnée par Johnson et quiest vraie pour ce temps-là : une assemblée de bonscamarades qui se réunissent sous certaines condi-tions. || Aujourd’hui un véritable ménage aristocrati-que, c’est-à-dire une maison splendide tenue au nomd’une association de personnes riches. || 2° EnFrance , réunion formée entre gens qui s’associentpour quelque but commun. Le jockey-club. || 3° So-ciété où l’on s’entretient des affaires publiques. Leclub des Jacobins . || Plus spécialement, associationpolitique qui se réunit publiquement et qui est, enquelque sorte, en permanence. Dans les clubsébranlés par leurs rauques accents II laisse s’en-rouer leurs gosiers glapissants, delille, Conversa-tion, m. || Par extension, association qui professedes opinions exaltées et violentes. La dominationdes clubs. •

— ÊTYM. Angl . club, réunion, proprement mas-sue, dénomination prise des premières luttes entreles têtes rondes et les cavaliers, les assemblées po-pulaires s’étant faites pour terrasser les adversaires.D’après Skinner, au contraire, club vient de l’an-glo-saxon cleafan, diviser, parce que les dépenses sedivisaient par portions égales entre les confrères. Lemot club ne paraît que chez les essayists du tempsdelà reine Anne, mais il est plus ancien.

CLUBISTE (klu-bi-st’), s. m. Membre d’un club.

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|| Celui qui, en temps de révolution, hante les clubset y expose ses théories politiques. || Homme exaltédes partis révolutionnaires qui agirent avec lesclubs.

— ÊTYM. Club.

f CLUNIPÈDE (klu-ni-pè-d’), s. m. Nom donnéaux oiseaux qui, comme les plongeons, ont lespieds placés en arrière du corps.

— ÊTYM . Latin clunis, fesse, et pes, pied.

f CLUNISTE (klu-ni-st’), s. m. Religieux de l’or-dre de Cluny.

f CLUNY (klu-ni). Abbaye célèbre dans le Mécon-nais, à quatre lieues de Mâcon , qui fut fondée, eu94 0 , par Guillaume comte d’Auvergne. La règle doSaint-Benoît y est suivie. L’habit était noir ; aussinommait-on moines noirs les moines de Cluny.

•[ CLUPÉE (klu-pée), s. f. Terme d’ichthyologie.Les dupées, les poissons appartenant à la familledont le hareng est le type.

— ÊTYM . Latin clupea, nom d’un poisson du Pô.

f CLUPÉIDE (klu-pé-i-d’), s. m. Synonyme de

dupée.

f CLUSE (klu-z’), s. f. Terme de fauconnerie. Crique le fauconnier emploie pour faire agir les chiens,lorsque la perdrix se met à couvert de l’oiseau dansun buisson.

-[ CLUSER (klu-zé), v. a. Terme de vénerie. Clu-ser la perdrix, exciter les chiens à la faire sortir dubuisson.

— ÊTYM . Cluse.

f CLYPTACÉ, ÉE (kli-pé-a-sé, sée), adj. Termed’histoire naturelle. Garni d’une pièce en forme debouclier.

— ÊTYM . Latin clypeus, bouclier.

f CLYPÉASTRE (kli-pé-a-str’), s. m. Terme d’en-tomologie. Genre de coléoptères. || Terme de zoolo-gie. Genre de la famille des oursins.

— ÊTYM . Latin clypeus, bouclier.

f CLYPÉIFORME (kli-pé-i-for-m’), adj. Termed’histoire naturelle. Qui a la forme d’un bouclier.

— ÊTYM . Lat. clypeus, bouclier, et forme.

t CLYSMIEN, 1ENNE (kli-smiin, smiè-n’), adj.Terme de zoologie. Qui est le produit d’un transportopéré par les eaux.

— ÊTYM. KÀ'jctij.o;, lavage, Inondation .

CLYSOIR (kli-zoir), s. m. Espèce de tube ou de-tuyau d’environ un mètre de long, fait avec untissu imperméable, terminé d’un bout par ure oa-nule, et évasé en entonnoir à l’autre extrémité. Leclysoir sert à administrer un lavement.

— ÊTYM . KMÇeiv. laver (voy. clystère).

+ CLYSOPOMPE (kli-zo-pon-p’), s. f. Instrumentanalogue au clysoir, sinon qu’une petite pompeannexée y rend le jet continu.

— ÊTYM . Clysoir, et pompe.

f CLYSSE (kii-s’), s. m. Terme d’ancienne chi-mie. Mélange de différentes substances, et ausside plusieurs préparations d’une même substance.

CLYSTÈRE (kli-stê-r’), s. m. Injection d’eau char-gée ou non d’un médicament, qui se fait par le fon-dement. On lui donne maints clystères, la font.Glout. De quoi vous mêlez-vous de vous opposer auxordonnances de la médecine et d’empêcher monsieurde prendre mon clystère? mol. liai. im. m, 4. Unclystère que j’avais pris plaisir à composer moi-même, inventé et formé dans toutes les règles del’art, id. ib. m, 6.

— SYN. CLYSTÈRE, LAVEMENT, REMÈDE, lies motssont placés ici selon l’ordre chronologique deleur succession dans la langue. Clystère ne se ditplus guère; lavement lui a succédé; et, sous le rè-gne de Louis XIV , l’abbé de Saint-Cyran le mettaitdéjà au rang des mots déshonnêtes qu’il reprochaitau P. Garasse. On a substitué de nos jours leterme de remède à celui de lavement. Remède estéquivoque, mais c’est par cette raison même qu’ilest honnête. Clystère n’est plus employé que dansle burlesque; lavement, dans les auteurs de méde-cine; remède, dans le langage ordinaire, Encyclop.t. m, p. 663.

— HIST. xiii* s. Si convient faire une clistere d’ewe,alebrant, f“ 4 9. || xv" s. La cause de sa maladie futpource que son médecin lui bailla un clystere tropfort, monstrel. i, ch. 4 46. ]| xvi* s. On lui donneraclysteres, suppositoires, ou nouets acres et cuisans,paré, vi, 8. Clystere , c’est à dire ablution ou lave-ment, est une injection appropriée au siégé et auxintestins, id. xxv, 22 . Les cigoignes, se donnerelles-mesmes des clysteres à tout de l’eau marine,mont, n, 4 71.

— ÊTYM . KXuovùp, de xXùÇeiv, laver.

f CLYSTÉRISATION (kli-sté-ri-za-sion), s. fAction de clystériser.

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