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COLOQUINTE (ko-lo-kin-t’), s. f. Concombre fortamer ( cucumis colocynthis, L.). Amer comme colo-quinte. Les bignonias, les coloquintes s’entrelacentau pied de ces arbres de toutes les formes, cha-teaub. Atala, 204. || Coloquinte fausse, variété decourge qui n’a aucune amertume. || Dans un langagetrès-trivial, la tête, ainsi dite par assimilation deforme. Un coup de poing sur la coloquinte.
— iiist. xvi' s. Faites fumigation de graines decoloquintes, et de moutarde, paré, xv, 26. Rue,poudre de colocynthe, id. xxu, 6.
— ÉTYM. KoXoxûvSa, citrouille; Suidas dit ce motmédique. Espagn. et ital. coloquintida .
COLORANT, ANTE (ko-lo-ran, ran-t’), adj. Quicolore. Substance colorante. Les principes colorants.
f COLORATION (ko-lo-ra-sion; en poésie, de cinqsyllabes), s. f. Action par laquelle un corps de-vient coloré; résultat de cette action. La colorationdes fruits par la chaleur du soleil. || Etat, appa-rence d’un corps coloré. La coloration de la peau,du visage.
— hist. xvi* s. Coloration, oddin.
— ÉTYM . Colorer; provenç. coloratio; espagn.toloracion; ital. coloratione.
COLORÉ, ÉE (ko-lo-ré,rée),part. passé. || l'Quiareçu de la couleur. L’horizon coloré par l’aurore.|| Avoir le teint coloré, l’avoir rouge et vermeil.|| Vincoloré, vin plus rouge quepaillet. || En botani-que, feuille colorée, feuille qui a une autre couleurque la couleur verte. || Fig. Style coloré, style donton compare les effets à des teintes vives et agréa-bles. || 2°Qui a une apparence capable de séduire, detromper. U n’a pas même un titre coloré. Vous nouspayez ici d’excuses colorées, mol. Tart. iv, t. Cetteoffre peut-elle être un refus coloré? corn. lois, d’or,i, 3. On ne pouvait pas proposer à un roi une vue poli-tique mieux colorée, boss. Polit. Cette Eglise n’a pasmême une succession apparente et colorée, id.R éfl.
f COLOREMENT (ko-lo-re-man), s. m. Terme dedessin. Colorement de l’ombre, manière d’ombrerd’après les teintes du modèle.
— ÉTYM . Colorer; provenç. colorament; anc. es-pagn. coloramiento ; ital. coloramento.
COLORER (ko-lo-ré), t>. a. || 1' Donner de la cou-leur. Le soleil colore les fruits. J’ignorais [ce] quece pouvait être, Qui lui colorait ce beau teint,malh. iv, i. Cette noble pudeur colorait son visage,rac. Phèd. il, 6. Il le revit [l’incendie de Moscou ]dans toute sa violence; toute cette cité lui parut unevaste trombe de feu qui s’élevait en tourbillonnantjusqu’au ciel et le colorait fortement, ségur, Hist.deNapol. vin, 7. || 2"Fig. Embellir. Son imaginationlui colore tout. || 3° Présenter sous un jour, sousun aspect favorable. Je n’ai point d’éloquence Pourcolorer un fait, ou détourner la foi, Régnier, Sat.ni. Je ne sais pas ce qu’on peut dire pour colorertant de violences, patru, Plaid, v, dans richelet.Pour en rompre les nœuds et colorer ses crimes,rotrou, Vencesl. n, 1 . Et pour en colorer l’emporte-ment honteux, corn. Sertor. i, (. L’ingrat d’un fauxrespect colorant son injure, rac. Prit, i, t. Et parlà de son fiel colorant la noirceur, id. Athal. i, 1.Dans leur rébellion les chefs des janissaires Cher-chent à colorer leurs desseins sanguinaires, id. Baj.il, i. Quelle excuse pouvons-nous trouver pour co-lorer nos rébellions? boss. Purif. 2 . Le monde n’aplus rien à nous dire pour colorer ses déréglements,mass. Panég. St-Louis. Des raisons dont la flatteuseadresse À mes yeux éblouis colorant vos refus....volt. Zaïre , iv, 2 . Que d’un prétexte heureux latrompeuse apparence Colore ces apprêts.... delille,Énéide , iv, 4ie. || 4“ Se colorer, v. re/Z. Prendre dela couleur. Les raisins commencent à se colorer.
— syn. colorer, colorier. Colorer, c’est donnerune couleur naturelle ou artificielle, mais sansautre intention que cette couleur même. Colorier,c’est apposer avec art des couleurs sur quelquechose. Un verre coloré est un verre qui a une teintede couleur quelconque comme un v^rre bleu, un*erre rouge, et en général les vitraux de nos églises;un verre colorié est un verre qui représente quel-que dessin qu’on a tracé dessus, comme les verresde la lanterne magique, sur lesquels on a peint encouleurs transparentes des figures qui se reprodui-sent amplifiées sur un linge blanc.
— HIST. xii* s. Trois fois se pasme sur l’erbe co-lorie, Jionc. p. us. Blanche char [elle] ot commeHors espanie ; Face vermelle com rose coulorie,Raoul de C. 143. || xm* s. [La femme] Or est un peudescolorée ; Par temps sera bien colorée, Contenancedes femmes. || xiv's. Ce que il dit eust aucune cou-leur , mais comme pourroit il çoulourer son dit?
oresme , Eth. 297. Les petiz [corps], disons nousque il sunt bien formez, bien mesurez ou bien co-lorez, id. ib. 118 . Il le dist pour applaudir [fairoapprouver] et çoulourer son fait, du cangk , ap-plausivus. || xv' s. Et leur fit dire et démontrer tantde belles raisons colorées que.... froiss. i, i, 3 1 o.Ne jamais il ne doibt estre receu à dire le contrairede sa confession, ne à la çoulourer ou justifier au-trement, juven. Charles VI , 4411. Tous se coulou-roient sur le bien publique du royaulme, comm. i,2 . || xvi' s. Il employoit à tout propos ce qu’il avoitappris de Anaxagoras , coulourant ses raisons dephilosophie naturelle par l’artifice de rhétorique,amyot, Péricl. xm. Ces beaux pavois de pourprecoulourez, D’yvoire et d’or richement labourez....id. Timol. 41. Luy qui ne demandoit que quelqueoccasion colorée, id. César, 16 .
—ÉTYM . Berry, couleurer ; Saintonge, çoulourer;provenç. et espagn. colorar; portug . corar; ital.colorare; du latin eolorare, de eolor, couleur.
f COLORIAGE (ko-lo-ri-a-j’), s. m. La mise encouleurs. Le coloriage des cartes de géographie.
COLORIÉ, ÉE (ko-lo-ri-é, ée), part, passé. Plan-ches, cartes coloriées. || Fig. Nos historiens ne son-gent qu’à faire des portraits fortement coloriés,j. j. rouss. Ém. iv.
COLORIER (ko-lo-ri-é). || 1“ V. a. Appliquer descouleurs sur un objet. Colorier un dessin, une statue.|| 2° V. n. Terme de peinture. Employer les couleurs.Ce peintre colorie mieux qu’il ne dessine.
— ÉTYM. Colori , ancien participe du verbe colorir,dit à côté de colorer; ital. colorire.
fCOLORIFIQUE (ko-lo-ri-fi-k’), adj. Terme dephysique. Qui produit de la couleur.
— ÉTYM . Le latin eolor, couleur, et facere, faire.
f COLORIGRADE ( ko-lo-ri-gra-d’), s. m. Voy.
COLORIMÊTRE.
— ÉTYM . Lat. eolor, couleur, et gradus, degré.
f COLORIMÊTRE (ko-lo-ri-mè-tr’), s. m. Termede physique. Appareil imaginé pour déterminer lepouvoir colorant de certaines matières colorantes,garance, indigo.
— ÉTYM . Le latin eolor, couleur, et mètre, mosure.
f COLORINE (ko-lo-ri-n’) , î. f. Sorte de teinturejaune.
— ÉTYM . Le latin eolor, couleur.
COLORIS (ko-lo-ri),s. m. || l'Partie de la peinturepar laquelle on donne aux objets qu’on peint la cou-leur qui leur convient. Ce tableau pèche par le co-loris. || 2" Par extension, éclat des couleurs au teintet sur les fruits. Le coloris d’une prune. L’autre broieen riant le coloris des moines, boil. Lutrin, n. Quandj’ai bu du vin de Champagne , j’ai, le lendemain, lecoloris obscur, les nuances brouillées et des er-reurs au teint qui me vieillissent de dix années, re-gnard, Critique du lég. s. || 3” Fig. Éclat du stylequi permet de le comparer aux reflets de la peinture.Il n’y a point de si petits caractères qu’on ne puisserendre agréables par le coloris : le fleuriste de laBruyère en est la preuve, vauven. Nouv. max. 66.Né avec cet enjouement qui répand un coloris definesse sur la raison, et d’aménité sur les vertus,dider. À mon frère. Il ne s’agira plus que de retou-cher le tableau et de lui donner du coloris, volt.Lett. d’Argentai, 12 sept. 1764. De sa main triom-phante il [le roi de Prusse] me trace une épltre, Uneépître où son cœur a paru tout entier; Je vois lebel esprit, et l’homme et le guerrier; C’est le vraicoloris de son âme intrépide, id. Ép. u. || Fig. Cequi masque. J’ai vu mille peines cruelles Sous unvain masque de bonheur, Mille lâchetés infidèlesSous un coloris de candeur, gresset, Chartreuse .
— ÉTYM . Ancien participe colori (voy. colorier).Si compaignon fièrent [frappent] de lor brans coloris,Ch.dLAnt. viii, 977. Ital. colorito. L’orthographe dece mot aurait dû être colori, et non coloris, où l’sne s’explique pas.
f COLORISATION (ko-lo-ri-za-sion), s. f. Termede physique. Apparition d’une couleur quelconque.|| Terme de pharmacie. Changement de couleur quiarrive aux substances en diverses opérations de lanature ou de l’art. || Action d’appliquer des couleurs.Colorisation électro-magnétique.
— ÉTYM . Verbe fictif coloriser, de coloris.
COLORISTE (ko-lo-ri-st’), t. m. || 1° Peintre habile
dans le coloris. C’est dans les écoles vénitienne etflamande qu’on trouve les meilleurs coloristes. Jean-Jacques aura toujours entre les littérateurs le méritedes grands coloristes en peinture, dider. Ess. s.Claude. || Les coloristes, les peintres qui se distin-guent par la couleur, par opposition à ceux qui sedistinguent par le dessin. Il Se dit aussi des écrivains.
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C’est un coloriste. || 2'S. m. et/. Celui, celle qui co-lorie des estampes, des cartes.
COLOSSAL, ALE (ko-lo-sal, sa-1’), adj. || l'Quîest extrêmement grand, comme l’est le colosse. Desmonuments colossaux. Statue colossale. Et leurs pas,ébranlant les arches colossales, Troublent les mortscouchés sous le pavé des salles, v. hugo, Hall. 14.|| Par extension, qui appartient à un colosse depuissance ou d’orgueil. Du meurtrier [du duc d’En-ghien] les nations vassales Courbent leurs frontstremblants sous ses mains colossales, v. hugo,Odes , iii, 6. || 2° Fig. Vaste, étendu. L’empire descalifes fut de peu de durée, mais colossal.
COLOSSE (ko-lo-s’), s. m. || 1“ Statue d’uue gran-deur extraordinaire. Le colosse de Rhodes . || 2° Parextension, homme, animal de haute et forte stature.Qui n’admira que notre corps, qui tantôt n’était pasperceptible.... soit à présent un colosse? pasc. danscousin. Il jugea qu’à son appétit Dame baleine étaittrop grosse; Dame fourmi trouva le ciron trop petit,Se croyant, pour elle, un colosse, la font. Eabl.i, 7. [Le comte de Bagliani] C’était une espèce decolosse en hauteur et en grosseur, st-sim. ioo,128 . || 3“ Fig. Empire ou souverain très-puissant;personnage très-considérable. Un colosse d’Etat quide vous seul attend L’âme qu’il n’a pas de lui-même,corn. Agésil. ni, 1. Voici de quoi détruire et de quoirenverser Ce colosse orgueilleux si fort à terrasser,rotr. Bélisaire , iv, 6. Ce colosse effrayant dont lemonde est foulé, volt. Mort de César, m, 4. Ceteffroyable colosse, Cazaux, l’appui des mutins, Amis le pied dans la fosse.... malh. ii, 5. J’ai du re-gret de voir Tite-Live jeter ses fleurs sur ces énormescolosses de l’antiquité; je voudrais qu’il eût faitcomme Homère , qui néglige de les parer, montesq.Romains, 6. Ces colosses d'orgueil furent tous misen poudre, malh. ii, 12 . Trente années détruirontces colosses de puissance qu’on ne voyait bien qu’àforce de lever la tète; nous disparaîtrons, moi quisuis si peu de chose, et ceux de qui j’espérais toutema grandeur, la druy. viii. Que c’était un assezgrand résultat pour y sacrifier Moscou tout entière;que peut-être le ciel, pour leur accorder une aussigrande victoire, voulait un aussi grand sacrifice,et qu’enfin il fallait à cet immense colosse un im-mense bûcher, ségur, Hist. de Napol. viii, 6.|| Le colosse du Nord s’est dit très-souvent pendantun temps pour le czar de Russie, l’empire russe .
— hist. xvi* s. Le bruit sempiternel du colosseérigé sus la sépulture de Memnon , rab. Pant. v, i.Le sage peult bien, sans interest de son debvoir,leur quitter [accorder aux passions humaines] d’enhaster ou retarder son pas, et ne se planter commeun colosse immobile et impassible, mont, i, 339.
— ÉTYM . Lo latin colossus, do xoXoccro;, statuecolossale.
t COLOSTRATION (ko-lo-stra-sion), s. f. Termede médecine. Maladie des enfants nouveau-nés, qu’onsupposait produite par le colostrum.
COLOSTRUM (ko-lo-strom’), s. m. Terme de mé-decine. Le premier lait des femmes après l’accou-chement.
f COLOUGLI (ko-lou-gli) ou COULOUGLI (kou-lou-gli), s. m. Nom des habitants de l’Algérie nésde pères turcs et de femmes indigènes.
— ÉTYM. Mot turc , de koula, esclave, et oghli,fils.
f COLPOCÈI.E (kol-po-sè-1’), s. f. Terme de chi-rurgie. Hernie du vagin.
— ÉTYM . KoXuoç, vagin, et y.r.Xn, hernie.
f COLPOPTOSE (kol-po-ptô-z’), s. f. Terme dechirurgie. Procidence du vagin.
— ÉTYM . K 6 X 710 Ç, vagin, et irrwai;, chute.
f COLPORRIIAGIE (kol-po-rra-jie), s. f. Terme demédecine. Hémorrhagie du vagin.
— ÉTYM . K6X7toç, vagin, et ÿayrg, éruption.
COLPORTAGE (kol-por-ta-j’), s. m. Action de col-porter; métier de colporteur. Les règlements sur lecolportage.
COLPORTÉ, ÉE (kol-por-té, tée), part, passé.Des marchandises colportées dans les campagnes.|| Fig. Des bruits colportés par la malveillance.
COLPORTER (kol-por-té), v. a. || 1°Porter dansles villes ou les campagnes des marchandises pourles vendre, marchandises qui sont dans une banneportée sur le dos ou sur une petite voiture. Colporterdes livre». || Par extension. Colporter une nouvelle,une histoire, aller la racenter à l’un et à l’autre.