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influé l’un sur rautre pour s’assimiler dans la forme,de même on trouverait dans les emplois figurés decomble 4 des exemples qui iraient aussi bien àcomble 3 ; mais il a paru qu’il valait mieux laisserensemble des locutions si voisines plutôt que de lesdisséminer, en suivant rigoureusement un principeétymologique. D’ailleurs on peut conserver dansl’esprit cette nuance-ci : quand on dit qu’un hommeou un être personnifié arrive au comble de..., ondoit entendre qu’il s’agit du faîte; quand on ditqu’une chose est à son comble, arrive à son comble,on doit entendre qu’il s’agit du surcroît que com-porte une mesure.
_hist. xiii* s. Et avoit un trau el comble deseure,
par quoi il reprendoit s’alaine, Chr. de Hains,p. 95. || xiv* s. Une litiere fist tantost aporterlà, Etdessus la litiere, sus le comble, rouva A métré sabaniere, si que on la verra, Baud. de Seb. ix, 406.|| xv* s. Ces engins jetoient nuit et jour pierres etmangonneaux à grand foison, qui enfondroient etabattoient les combles des tours, des chambres, dessalles, froiss. i, i, 4 4 6. Messire Guillaume de Dou-glas, qui s’arme d’azur à comble d’argent, et dedansle comble trois estoiles de gueules, id. i, i, 468. Sitost que la nef fut approchée des deux basteaulx,ung chevalier se mist au comble [tillac] de la nef,Perce forent, t. vi, p. 46. Carleir frappa premièrementle roy en la lumière du heaulme et lui abattit jus duchief ; le roy le va atteindre sur le comble de l’escu,iii. t. i, p. 26 . || xvi* s. Ce temple fut reedifié parVespasien de fond en comble, amyot, Publie. 281La couverture est un seul comble rond, id. Pe'ricl.29. L’office du censeur, qui estoit à Rome la cymede dignité, et le comble d’honneur le plus hault oùpouvoit atteindre un citoyen, id. Caton, 32. Toutl’exercite en armes luy dressa un comble de terreen forme de tombeau, id. Aléa. 94. Lorsque le peu-ple athénien estoit au comble de sa prospérité,amyot , Péricl. et Fab. comp. 4.
— ÉTYM. Espagn. cumbre; portug . cume; ital.colmo; pays de Coire , culm, montagne; du latinculmen, faite.
COMBLÉ,ÉE (kon-blé, blée), part, posté. ||1* Rem-pli jusque par-dessus le bord. Un boisseau comblé.|| 2° Rempli. Un fossé comblé avec des gravats. Lestranchées comblées de morts. Quand un carrossefait de superbe manière, Et comblé de laquais etdevant et derrière, mol. Fâcheux, i, 4. || 3° Fig. Ilest comblé d’honneurs. Je partage les maux dont jela vois comblée, corn. Sertor. îv, 3. Comblé de dou-leur amère, sév. 44 2 . Ainsi pour vous venger tantde rois assemblés, D’un opprobre éternel retour-neront comblés, rac. lphig. i, 2 . || Absolument,très-satisfait. Vous êtes trop bonne, j’en suis com-blée, sSv. 74. M. d’Arrouy est comblé de vos honnê-tetés, id. 73. Ce bon homme en parait l’âme toutecomblée, corn. D. San. v, 5. M. de Bièvre se pro-menait à la campagne avec un très-gros homme quis’arrêta au bord d’un fossé et dit : Je le sauteraisbien, mais je pourrais tomber dedans.—Ahl mon-sieur, repartit de Bièvre, il serait comblé de vousrecevoir, llievriana, p. 98.
COMBLEMENT (kon-ble-man), s. m. Action decombler un creux, un vide. Le comblement d’unpuits. || En termes de géologie, terrain de comble-ment, terrain formé par des matières qui ont rem-pli un vide.
COMBLER (kon-blé), V. a. ||1° Remplir une me-sure, un vaisseau jusque par-dessus le bord. Comblerun boisseau. || Fig. Combler la mesure, commettreune dernière action qui rende toute patience, touteindulgence impossible. Mes crimes désormais ontcomblé la mesure, rac. Phèd. iv, 6. || Fig. Ou plu-tôt il fallait, comblant ta perfidie, Lui ravir toutd’un coupla parole et la vie, rac. Phèd. iv, 2. Quandle ciel en colère De ceux qu’il persécute a comblé lamisère, volt. Orphel. v, 4. Ses prédécesseurs avaientcommencé la ruine des moeurs; il la comble, dider.Ess. sur Claude. || 2° Remplir un creux ou un vide.Combler un fossé. Prends ton pic, et me romps cecaillou qui te nuit; Comble-moi cette ornière.... lafont. Fabl . vi, 48. || Par extension. Cette ligne,fournie par les manuscrits, comble une lacune dansle texte. || Combler un déficit, fournir l’argent quimanque dans une caisse. || Fig. Combler les voeux,les désirs, lessouhaitsdequelqu’un, lui procurer toutce qu’il souhaite. || 3° Faire avoir en surabondance.J’étais lasse d’un trône où d’éternels malheurs Mecomblaient chaque jour de nouvelles douleurs, corn.Bodog. h, 3. Qu’il comble d’épouvante'et Grenadeet Tolède , id. Cid, iv, 3. Puisse d’un prompt succèsvotre grande entreprise Combler vos ennemis d’unmortel désespoir, id. MédAe, iv, 6. Ce choii pouvait
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combler trois familles de gloire, corn. //or. i, 2 .Cette déesse qui nous comble de biens, fén. Tél.i. Unous combla de présents, id. ib. i. Vous me comblezde joie en m’apprenant que les stoïciens subsistentencore, fonten. Sénèque et Scarron . Cet hommagerendu à l’Académie par un savant illustre que l’Eu-rope avait comblé de titres littéraires, honore à lafois cette compagnie et la nation, condorcet, Linné .|| 4° Elliptiquement. Combler quelqu’un, le satis-faire entièrement. Vous me comblez. Entre ces til-leuls sans feuillage, Nous regarder comblait nosjours, bérang. Maudit printemps. || 5“ Se combler,v. réfl. Être comblé. On a vu plusieurs vallées secombler par des éboulements.
— hist. xii* s. Por de besans pleine mine com-blée Ne vous vouilroie.... guill. d’orange, Varian-tes, t. il, p. 294. || xiv* s. Et de draps y avoit maintepile empilée, Et de lange et de linge mainte huchecomblée, Guescl. 20398. Et en l’un des bachins pû-mes [pommes] je meteroie, Et l’autre par dechà deflorins combleroie, Baud. de Seb. i, 4037. Les gensde guerre avoient rompu et comblé en partie ung puisqui estoit en la maison, du cange, abosatio. || xv*s.Le cheval n’estoit mye frais; car il avoit erré grantjournée ; et il se combla des pieds de devant et cheuten une crevace moult grande, et le chevalier tombadessoubz, Lancelot du lac , t. i, f° 43. || xvi* s. Lamer comblant de limon et de sable les fosses d’entredeux, mont, i, 234. Combler un bras de mer, amyot,Thémist. 34. Je vous conseille de combler ici vosvictoires, et de pendre vostre espée au croc, d’alb.Hist. u, 483. Celuy est bien mon oncle qui le ventreme comble, cotgravb.
— ETYM . Provenç. cumular; espagn. colmar ; ital.colmare , cumular*; du latin cumulare, combler.Dans l’eiemple de Lancelot du lac , se combler veutdire chopper, et vient du bas latin colmut, em-barras dans un chemin, qui se trouve dans encom-brer ( en-combr-er ), et qui vient de cumulus ( voy.comble 4).
COMBLÈTE (kon-blè-t’), s. f. Terme de vénerie.Fente du pied du cerf.
— HIST. xvi* s. Comblette, cotghave.
— ÊTYM . Comblète parait venir du mot combe,enfoncement, vallée, et signifier un petit enfonce-ment. On a, dans le provençal, combement, enfon-cement, cavité.
f COMBOURGEOIS , EOISE (kon-bour-joî, joî-z’),s. m. et f. Celui, celle qui est de la même ville qu’uneautre personne, qui a le droit de bourgeoisie dans lamême ville ; s’est dit particulièrement dans la Suisse .
— HIST. xvi* s. Il ne laissa pas de vouloir res-chauffer les cœurs à garder le chasteau, plus pouresperance de s’en prévaloir avec ses combourgeois,que pour opinion qu’il eust de tenir la place, d’aub.Hist. il, 276. Ceste science ou autrement ceste foyvous enseigne et certifie que vous estes combour-geois des cieux et que par Jésus Christ vous avezesté arraché des pattes du grand Pharao qui est lediable, lanoue, p. 483, dans lacurne.
— ÉTYM . Lat. eum, avec, et bourgeois.
f COMBOURGEOISIE (kon-bour-joi-zie), s. f. An-ciennement et particulièrement en Suisse , qualitéde combourgeois.
— HIST. xvi* s. Pour la religion <jue les dits deBerne ont mise au plus [ ont fait prévaloir ] dansun bailliage qu’ils ont en commun avec ceux deFribourg; ce qu’ils prétendent leur estre permis parleur combourgeoisie, villeroy, Mém. t. vi, p. 37,dans lacurne.
COMBRIÈRE (kon-bri-ê-r’), t. f. Terme de pêche.Filet à prendre les gros poissons, et, en particulier,les thons.
— étym. Mot qui vient sans doute, à cause de laforme du filet, d’un radical eomb : provenç. comb,courbe ; espagn. combar , courber, cambrer (voy.combe).
COMBDGÉ, ÊE (kon-bu-jé, jée) , part, passé.Futailles combugées.
COMBUGER (kon-bu-jé ; le g prend un e devanta ou o : combugeant, combugeons), v. a. Imbiberd’eau une futaille, pour la mettre à l’épreuve.
— étym. Peut-être com, et buée, lessive.
f COMBURANT, ANTE (kon-bu-ran, ran-t’), adj.Terme de chimie. Principe comburant, tout corpsqui, en se combinant avec un autre corps, donnelieu à la combustion de ce dernier. Lavoisier avaitdonné à l’oxygène le nom de comburant par ex-cellence. || S. m. Le soufre, le chlore, l’iode, ayantla propriété de se combiner à certains corps avecdégagement de calorique et de lumière, sont descomburants.
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— HIST. x* s. Delir e tota la civitate comburir,Fragm. de Val. p, 469.
— ÊTYM . Provenç. comburir ; du latin comburere,de cum, etburere, brûler, radical inusité d’où vientbustum, bûcher. Au reste comparez ustion.
t COMBUSTIBILITE (kon-bu-sti-bi-li-té) , s. f.Propriété des corps combustibles. || Combustibilitédu tabac, faculté que les tabacs possèdent, à desdegrés très-variés, de demeurer en ignition pendantun certain temps après chaque aspiration du fu-meur.
COMBUSTIBLE (kon-bu-sti-bl’), adj. || 1” Qui a lapropriété de brûler au feu. Matière combustible.Comme si c’était un feu spirituel, ou que l’âme,toute spirituelle qu’elle est, devînt, ainsi que lecorps, un sujet sensible et combustible, bouudai.Pensées, t.m, p. 67. Le feu s’assimile et se rend pro-pres toutes les choses combustibles, buff. Animaux,Reprod. ||S. m. Toute matière dont on fait ordi-nairement du feu, comme le bois, la houille. Cetteprovince manque de combustible. || En termes degéologie, les combustibles, roches comprenant lesdébris de matières organiques végétales. || 2° Termede chimie. Corps combustible, tout corps suscep-tible de se combiner avec un principe comburanttel que l’oxygène , en dégageant du calorique.|| 3° Fig. Qui s’enflamme facilement. Ayant le mal-heur de se sentir un tempérament combustible,j. i. rouss. Ém. v. La nature en naissant vous fitl’ime sensible. — Le soufre préparé n’est pas pluscombustible, regnard, Démocr . n, 7.
— hist. xvi* s. Comme nous voyons que le feus’esteint, cessant sa matière combustible, paré,ix, 4 6.
COMBUSTION (kon-bu-sti-on), s. f. || 1° État d’uncorps qui se dissipe en produisant de la chaleur etde la lumière. || Action de brûler entièrement. Lacombustion des morts était en usage chez les an-ciens. || Incendie. C’était l’instant où ces flammesfurieuses étaient dardées de toutes parts et avec leplus de violence sur le Kremlin ; car le vent, sansdoute attiré par cette grande combustion, augmen-tait à chaque instant d’impétuosité, ségur , Hist.de Napol. vm, 6. || 2* Terme de chimie. Combinai-son de deui ou plusieurs corps qui s’accomplitavec dégagement de calorique et de lumière. || Com-binaison sans dégagement de lumière et avec undégagement de calorique qui n’est pas apparent.En ce sens, U rouille est le produit de la com-bustion du fer; mais on dit plutôt oxydation.|| 3“ Fig. Désordre et effervescence. Frédégonde avait mis toute la France en combustion, boss. Hist.1,44. Étrange succès d’une dispute qui avait mis encombustion tout l’univers, montesq. Rom. 4 6. Cettemaxime en fit tant naître [de calomnies] en peu dejours et tant de médisances et tant de faux rapportsque cela mit toute la cour en combustion, pasc.Prov. 4 6. Les soldats grecs que le roi avait disposéspar colonies autour de Bactres, entrèrent en com-bustion les uns contre les autres, vaug. Q. C. 626 .Quoi qu’il en soit, cet altercas Mit en combustionla salle et la cuisine, la font. Fabl . xii, 8. C’est liune doctrine capable de bouleverser tout le mondeet de mettre l’univers en combustion, d’ablancourt,Lucien, dans leroux, Dict. comique. Il fait plus debruit que quatre autres et met tout en combustion,la bruy. xii. Jean Jacques, que vous avez si bienréfuté, met tout en combustion dans sa petite ré-publique, volt. Lelt. de Bordes, 4 janv. 4766.
— hist. xiv* s. X Hais [il] ne trova riens fors quedestruction Des gens murtris à glaive et grant com-bustion , Girart de Ross. v. 4339. || xvi* s. Les con-sulz, voyans le peuple mutiné accourir de toutesparts en la place, eurent peur que toute la ville n’entumbast en combustion, amyot, Cor. 24. Il con-seilla à Cicéron , lequel estoit desja poursuivy parClodius , qu’il n’entrast point en combustion avecluy, id. C. d’Utiq. 46. Il m’interrogua comme ontraitoit les coups d’harquebuse et les combustionsfaites par la poudre à canon, paré, ix, 4" dise. Escombustions las doigts se joignent ensemble, id.xii, 6. Avoir mis toute la France en trouble et encombustion, condé , Mémoires, p. 668. Elles [lesfemmes] preuvent plus tost par là qu’elles ne les ai-ment que morts [leurs maris]; la vie est pleine decombustion; le trespas d’amour et de courtoisie,mont, iii , 477. Si faut-il qu’ils [les habitants deNismes] avisent qu’il y a des menées secrettes pourles disjoindre et mettre en combustion avec ceux deMontpellier , froumenteau. Finances, m* liv. p. 4 72.