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Tome premier. A - C.
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tusqu’à soixante mille hommes de pied, et choisitrois braves chefs pour leur commander, vadgel.Q. C. 600 . || Avoir, exercer l’autorité supérieure. Jeveux bien un Romain, mais je veux qu’il commande,corn. Sertor. n, 2. Moi qui commande ailleurs,puis-je servir sous vous? in. ib. m, 2 . Qui n’a faitqu’obéir saura mal commander, m. Pulch. n, 2.C’est aux rois d’obéir alors qu’elle [Rome] commande,corn. Nicom. h, 3. Et pourquoi commandent leshommes, si ce n’est pour faire que Dieu soit obéi?boss. Heine d'Anglet . Douce, familière, agréableautant que ferme et vigoureuse, elle savait persuaderet convaincre aussi bien que commander, m. ib.Cessez de vous troubler, vous n’êtes pas trahi ; Quandvous commanderez, vous serez obéi, rac. Iphig.iv, 4. Ce Dieu jaloux, ce Dieu victorieux Est le seulqui commande aux cieux, m. Esth. i, 6. Sur centpeuples nouveaux Bérénice commande, id. Bérén.il, 2 . ô vous qui commandez avec tant d’expériencesur des peuples innombrables, fén. Tél. xx. Le droitde commander n’est plus un avantage Transmis parla nature ainsi qu’un héritage, volt. Mérope, i, 3.;| Commander à la baguette, avec hauteur et du-reté, et aussi avec une autorité absolue. || Familiè-rement et flgurément. Commandez à vos valets, sedit à une personne qui parle trop impérieusement àdes gens qui ne dépendent point d’elle. || On ditabsolument d’un chef militaire, d’un colonel, etc.qu’il commande bien, c'est-à-dire qu’il sait biencommander les manœuvres. || Fig. Commander à sespassions, y résister, les maîtriser. Commander à sespleurs en cette extrémité, C’est montrer, pour le sexe,assez de fermeté, corn. Hor. i, 4. Ton cœur.... Pré-voit qu’il ne pourra commander à tes larmes, rac.Andr. iv, 4. Commandez à vos yeux de garderle secret, id. ib. m, 4. Ou si nous ne pouvonscommander à nos pleurs, id. Bérén. iv, 6. Tu veuxcommander seul à mes sens éperdus, volt. Zaïre,IV, 2. Répondez-vous à mes questions? — Oh 1 quipourrait m’en exempter, monseigneur? vous com-mandez à tout ici hors à vous-même, beaumarch.Mar. de Fig. v, 42. || Absolument. Pardonne, parmes pleurs, au feu qui me commande, Régnier,FAég. 2 . 11 ne faut que j’attende Ni pitié, ni faveurau mal qui me commande, id. ib. 4. || L’heure mecommande, se dit de l’obligation où je suis d’êtrequelque part ou de faire quelque «hose à une heuredite. || 7° Terme de guerre. Cette place forte com-mande à tout le pays, c’est-à-dire qu’on ne peuts’établir dans le pays sans s’être rendu maître dela place. || 8° Se commander,!), re/2. Se maîtriser.Il se commanda et contint son émotion. Dans leschoses de peu si tu ne te commandes, Dis, quandte pourras-tu surmonter dans les grandes? corn.Imit. i, 1 1 . || 9° Être obtenu par commandement.La gaieté ne se commande pas. Ce sentiment ne secommande point, ne dépend pas de la volonté.|| 19” Se commander l’un à l’autre, v. réfl. indirect,avoir un commandement l’un sur l’autre. Ces chefsfiers et du même âge, compagnons de guerre....n étaient guère propres à se commander l’un à l’au-tre, ségur, liist. de Nap. vi, 46.

— REM. Une colline commande la plaine, la do-mine; une citadelle commande la ville, la domineet peut tirer dessus de haut en bas. Une place fortecommande à un pays, elle empêche qu’on ne puisses'établir en sûreté dans ce pays.

— HIST. xi* s. N’en parlez mais, si je nel vousCornant, Ch. de Roi. xix. Jointes ses mains, iert [ilsera] vostre comandet, ib. lui. Par penitence [il] les[leur] cumande à [de] ferir, ib. lxxxvii. Je vous cu-rnant qu’en Saragoce aillez, ib. clxxxix. || xii” s. [Il]Demande les mules establer, Ronc. p. 8. Mais co-mandez qu’il ait ajue [aide] grant, ib. p. 35. Unmien service vous voudrai comander, ib. p. 167.Naymes chevauche, com Charles comanda, ib.P- *78. Lirois comande Guenelon àjuger, ib. p. 184.A Jesu Christ tu soies comandé, ib. p. 188 . Se messires commande, nous irons voirement, Sax. xxi.Veez-en ci la chartre, commandez qu’on la lise,ib. xxiii. Charles mande et commande que treü[nous] lui devon, ib. 26 . Parles oilz Deu, fait-il,tute la guerpirai, E mun fil e mun régné tutvus comenderai, Th. le mart. 116. As esteilles s’envont e à la tenebrur, Et se sunt comandé à Deunustre seignur, ib. 49. || xiii” s. Mais la comtessede Brie, Cui commans je n’os [ose] veer, M’a com-mandé à chanter, aub. de seïanne, Romancero,P- 126. Et l’avant-garde fu commandée à Jofîroi lemareschal de Champaingne et de Romenie , vil-6M. clxi. Je vous commant à Dieu , qui est vraisgouvernera, Berte, iv. Et lors ferez vous ce quens tniez [ vous m’ouïrez ] commander , id. xvii.

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Lors fist li rois ordener ses batailles et les comendaas dix plus preudhomes de s’ost, Chron. de Rains,p. 146. Quantla roïnevit çou, si l’en pesa, et comendaque cius [celui] fust pris qui çou li avoit fait, ib.p. 192. Et li juges, selonc l’estoire, Le commandatantost à prendre Por li mener ocir ou pendre, laRose, 6666. Li eschieles s’en vont, es les vous arou-tées; Al bon duc de Buillon ont les os [l’armée] co-mandées, Et il les conduit bien.... Ch. d'Ant. Il, 27.Sitost comme il commença à cheoir, il se com-manda à Nostre Dame, et elle le soustint par les es-paules dès que il cheî, jusque à tant que la galie leroy le requeilli, joinv. 287, ||xiv* s. Nulle chose ilne font de ce que il lour ensaignent ou commandent,oresme, Eth. 41. || xv” s. Puis se commandè-

rent en la garde [de] Notre Seigneur, et se mirenten chemin par mer, froiss. i,i, i 7. Après les messes,le roi commanda à toutes gens eux armer, id. i,i, 84. || xvi” s. Le gentilhomme voyant que c’estoientfemmes, ne put pis faire, que de les commander àtous les diables, leur fermant la porte au visage,KkRG.Nouv.xvi. On corrompt l’office du commander,quand on y obéit par.... mont, i, 69. Pythagoras ,qui tant commandoit et recommandoit le silenceà ses disciples, amyot, Numa, 14. Mon hon-neur me commande de mourir icy, id. Sylla, 4a.Il présenta son filz aux gens de guerre en le leurcommandant comme son successeur et heritier, id.Démétr. 37. La ville et le chasteau sont comman-dez, mais l’estoffe des parapets y remedie en quel-que façon, d’aub. Hist. il, 239. Le ciel.... Qui mecommande à mourir pour vos yeux, rons. 47.

— ÉTYM . Berry, c’mander, quémander; Sain-tonge, coumander (d’après Palsgrave , au xvi” siècle,on prononçait coumander ) ; provenç. comandar ;catal. comanar; espagn. comandar; ital. coman-dare; du latin cum, avec, et mandare, mander,ordonner (voy. mander).

COMMANDERIE (ko-man-de-rie), s. f. || 1° Espècede bénéfice, qui appartient à un ordre militaire, etqui se donne aux chevaliers, par rang d’ancienneté,ou pour récompense de leurs services avec le titrede commandeur. Les chevaliers de Malte menèrentZizin dans une de leurs commanderies, volt.Mœurs, 4 07. Nous sommes voisins d’un comman-deur de Malte.... Une partie des terres de la com-manderie est enclavée dans celle de notre gendreDupuit3,voLT .Lett.d’Argentai, 29 oct. 1764. || 2° L’é-difice même. Là [au-dessus de Neustadt] se trouvaitune commanderie ruinée où on jeta quatre batail-lons, ST-SIM. 40, 213.

— êtym. Commander.

COMMANDEUR (ko-man-deur) , s. m. || 1” Che-valier pourvu d’une commanderie dans les anciensordres militaires. Commandeur de Malte. Seigneurcommandeur, mon maître don Juan vous demandesi vous voulez lui faire l’honneur de venir souperavec lui , mol. le Festin, iii, 7. Le commandeurvoulait la scène plus exacte ; Le vicomte indignésortait au second acte, boil. Ép. vii. L’affaire eûtété plus loin, si le commandeur ne l’eût inter-rompu avec tant d’impétuosité qu’il fut contraint dese taire, st-évrf,mond, Lettre au comte d’Olonne.|| Terme de pharmacie. Baume du commandeurde Permes, ou, simplement, baume du comman-deur, sorte de préparation stimulante, due à unepersonne qui se nommait le commandeur de Permes.|| 2” Aujourd’hui, titre d’un grade élevé dans lesordres de chevalerie. Commandeur de la légiond’honneur. || 3° Commandeur des croyants, titre queportaient les califes. || 4” Aux Antilles , celui qui estchargé de l’inspection d’une exploitation, spéciale-ment de la surveillance des nègres. Le fouet du com-mandeur. Vois-tu ce commandeur, hélas ! commeeux esclave, Du fouet armé, debout sous l’arbre duchemin? Un chien est à ses pieds; lui, sur un blocde lave, Il surveille pensif son noir bétail humain,lacaussade, cité dans J. des Débats, 44 mai 486t.

— hist. xiii” s. Et lors refu Uters conmenderesde la terre ainz que il fust rois, Merlin, F 62 , verso.Entre frere Robert de Noers comandeor de Launeiet les freres de la maison, Bibl. des chartes, 3” sé-rie, t. v, p. 87. Nous preismes quarante livres pournos despens, et le remenant commendasmes à gar-der au commandeur du palais du Temple, joinv.254. || xvi* s. Us maintienent que, quand les grandscommandent, on doit fermer les yeux et obéir:car encores que la chose fust injuste, que l’exe-cuteur est excusé et le commandeur responsable,lanoue, 217. Commandeur general de toutes les ar-mées et provinces unies, d’aub. Ilist. m, 203. L’e-minence de ces haultes fortunes et commanderesses,mont, iv, 28 . Joinct qu’il semble requis que celuy

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qui commande soit meilleur que ceux à qui il com-mande, ce disoit un grand commandeur, Cyrus,charron, Sagesse, i, 61.Cyrus, Alexandre, Cæsar,trois grands commandeurs des hommes, id. ib. i, 6.

— ÉTYM . Provenç. comandaire, comandador;espagn. comendador; ital. commendatore ; du latincommendatorem, si l’on considère l’espagnol et l’ita-lien ; de commendator et commendatorem, si l’onconsidère le vieux français et le provençal. Le fran-çais comandere et le provençal comandaire sont lenominatif, venant de commenddtor, avec l’accentsur da; comandeor et comandador sont le régime,et viennent de commendatôrem, avec l’accent sur to.

COMMANDITAIRE (ko-man-di- tê-r’), s. m.[| 1° Terme de commerce. Bailleur de fonds dans unesociété en commandite. || 2“ Adj. Associé commandi-taire. L’associé gérant est engagé, pour tous sesbiens, envers les créanciers de l’entreprise, tandisque l’associé commanditaire n’engage que sa misede fonds, j. b. say, Cours, 4840, t. n, p. 77.

— ÉTYM . Commandite.

COMMANDITE (ko-man-di-t’), s. f. Terme de com-merce. Société en commandite, ou, simplement,commandite, société où l’on prête seulement sonargent, sans faire aucune fonction d’associé et sansavoir aucune responsabilité. L’association en com-mandite est une manière de prêter aux entreprisesindustrielles, J. B. say, Cours, 4 840, t. n, p 77.|| Fonds remis par un commanditaire.

— ÉTYM . Commander, dans le sens de confier.

f COMMANDITÉ, ÉE (ko-man-di-té, tée), part,passé. Commandité par des bailleurs de fonds.

f COMMANDITER (ko-man-di-té), v. a. Fournirà un commerçant, à un industriel, les fonds néces-saires à une exploitation, moyennant une part d’in-térêts dans les profits, mais sans contracter soi-même aucune obligation commerciale.

— ÉTYM . Commandite.

f C0MMAT1SME (ko-mma-ti-sm’), s. m. Terme degrammaire très-peu usité et signifiant le style coupé.

— ÉTYM . Comma.

COMME (ko-m’), adv. || 1“ De la façon que,ainsi que, de même que, autant que. Les métauxprécieux, comme l’or, l’argent, sont moins utilesquele fer. Une âme comme la sienne. Une sorte debras dont il s’élève en l’air Comme pour prendresa volée, la font. Fabl . vi, 6. Les éclairs de sesyeux Étaient comme d’un tonnerre, malh. ii, 2 .Mars .... N’a rien de si tragique aux fureurs de laguerre, Comme ce déloyal [l’Amour] aux douceursde la paix, id. vi, 6. Il yades héros en mal commeen bien, larochef. Max. 4 85. Mais un monarqueenfin comme un autre homme expire, corn. Ni-com. iv, 3. J’admire deux choses, le flegme de ce-lui qui a tout remué, comme l’embarras de ceuxqui n’ont rien fait, la bruy. i. Vouloir être justeset ne voir, autant qu’on le peut, les choses quecomme elles sont, volt. Lett. Mme du Deffant, 29juillet 4774. Les peuples, comme les hommes,ne peuvent être heureux que dans un état de calme,et loin des grands efforts qui supposent de grandsbesoins, Thomas, Essai sur les éloges, ch. 23. Lareconnaissance est le plus doux comme le plus saintde nos devoirs, id. ib. Si votre roi revient dans sesÉtats comme et dans le temps que je vous ai dit....fén. xxi, 447. Mais tu n’aimes qu’un temps commenotre hirondelle, Moi, je t’aime comme je vis,v. hugo , Odes ,iv, 7. Dieu , dont elle a tant de crainte,au moins comme elle dit, Régnier, Élég. 3. Maisje n’en ai point vu de faux, comme je crois, mol.l’Étour. ii, 6. Notre heureuse pécheresse n’est pastimide dans le bien , comme elle ne l’avait pas étédans le mal, mass. Car. Pécheresse. || Comme entredans la multitude infinie de comparaisons brèves quidonnent au style de la conversation un caractèreoriginal et plaisant. Traité comme un chien. Rirecomme un bossu. Muet comme une tanche. Criercomme un aveugle. || Tout comme, tout pareille-ment. Vous vous en apercevrez tout comme moi.|| Familièrement. C’est tout comme, c’est la mêmechose. C’est justement tout comme: La femme esten effet le potage de l’homme, mol. Éc. des f. ii,3. || Dans cet emploi, quand comme est suivid’un infinitif, on intercale d’ordinaire la préposi-tion de; pourtant l’omettre ne serait pas une faute.Il n’y a rien qui rafraîchisse le sang comme d’a-voir su éviter de faire une sottise, la bruy. xi.Rien ne rafraîchit le sang comme de secourir lesmalheureux, volt. Lett. Boisgelin, mars 4 707. Rienne la console comme d’entendre parler du Dieu qu’elle a aimé, mass. Car. Mort. || Comme il faut,précédé d’un mot exprimant commandement, si-gnifie qui oblige, qui contraigne. Ayez un ordre