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Tome premier. A - C.
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fins, sont plus capables d’un grand effort que d’unelongue persévérance ; leur paresse ou leur incon-stance leur fait perdre le fruit des meilleurs com-mencements, la bsut. xi. Les commencements deceux qui n’ont pour eux que leur mérite sont assezobscurs et assez lents, fonten. Dodart. || Les pre-mières leçons ou notions d’un art, d’une science.Les commencements sont toujours difficiles. Avoirde bons commencements. Donner de bons commen-cements. |j Proverbe . II y a commencement à tout,c’est-à-dire il faut faire son apprentissage en touteschoses, on ne peut bien faire tout d’abord.

— rem. On entend souvent des phrases commecelle-ci : nous allâmes demeurer tout auprès de lui,et du commencement l’on se visitait. Il faut dire :au commencement, dans le commencement. Le bonusage n’a point adopté cette locution, bien qu’elle soitconstruite comme du temps (du temps de Louis XIV ),et qu’on ait dit autrefois : de commencement.

— HIST. xii* s. Commencement de douce saisonbele, Que je voi revenir, Coud, xviii. || xm* s.Comme ele l’arrea [la trahison] dès le commence-ment, Berte, xcv. Ele [la dame] commence ave-nanment [son récit] ; Or oyés le commencement,Flore et PI. 65. Quant li avocat pledent por autre, ildoit dire à celi qui tient le [la] cort el commenche-ment se [sa] parole, beaum. v, 7. ||xiv* s. Pour ceque riens ne vault li bons commencemens Ne limoiens [le milieu], se bons n’est li deffinemens,Girart de 11oss. v. 6909. Et semble que le commen-cement ou principe soit plus de la moitié de toutela besoigne, oresme, Eth. xi, 17. Selon Aristote , lemonde est perdurable, mès en vérité il eut com-mencement, id. ib. as. || xv* s. [Les archers] seboutèrent au hahay, et navrèrent de commence-ment tout plein des garçons des Hainuyers, froiss.i, i, 3t. La fin en sera mauvaise; Ains que vostre-œuvre soit usée; Commencement n’est pas fusée,i. chartier, Hist. de Charles VII , p. ttt, dans la-curne. L’on dit : commencement n’est pas fuséemais advantaige grant, Perceforest , t. vi, p. 84.|| xvi* s. Mourut ce bon capitaine et honnorable sei-gneur, qui ne pouvoit mourir autrement ; car qui abon commencement a bonne fin, brant. Capit. fr.t. i, p. 82, dans lacurne. Zenon, tout au commen-cement des livres de la republique, declaroit inutilestoutes les liberales disciplines, mont, ii, 239.

— ÉTYM . Commencer; Berry, c’mincement, c'men-cement; provenç. comensamens ; catal. comensa-tnen(;anc. espagn. comensamiento ; ital. comincia-mento. L’ancien français avait aussi commencenceet comensaille.

COMMENCER (ko-man-sé ; quelques personnesprononcent ke-man-sé, provincialisme non reçu; le cprend la cédille devant a et o: commençant, com-mençons),u.o. || i'Donnercommencementàquelquechose. Commencer une construction, un discours.J’ai commencé la lecture de ce livre. Ce que j’aicommencé je ne l’achève point, rac. Iphig. m, cNotre grand fiandrin de vicomte, par qui vous com-mencez vos plaintes, mol. Mis. v, 4. L’on en saitd’autres qui ont commencé leur vie par les plaisirset qui ont mis ce qu’ils avaient d’esprit à les con-naître, que les disgrâces ensuite ont rendus reli-gieux, sages, tempérants, la bruy. xi. || 2“ Être aucommencement de. Commencer l’année, commen-cer la journée, être aux premiers jours de l’année,aux premières heures de la journée. Je crains quecet enfant ne commence une maladie grave. Com-mencez donc par là cette heureuse journée, rac.Iphig. ni, 4 . || 3° Être en tête, au commence-ment, en parlant des choses. Le mot qui commencela phrase. |] 4° Ébaucher. La nature commence avecnous ce sentiment, boss. Conn. de Dieu , iv.|| 5“ Com-mencer un élève, lui donner les premières leçons.

|| Cette nourrice a commencé cet enfant, elle est lapremière qui lui ait donné à teter. || Terme de ma-nège et de vénerie. Commencer un cheval, com-mencer un chien, commencer à dresser un cheval,un chien. || 6° V. n. Prendre commencement, enparlant des choses. Notre année commence au pre-mier janvier. La leçon commence à telle page. Voilàqui commence bien, lui dis-je, pasc. Prov. 4. Prèsde la borne où chaque État commence, Aucun épin’est pur de sang humain, bérang. Sainte alliancedes peuples. Ce serait ignorer sa nature, de s’ima-giner qu’elle ait commencé, pasc. Préf. ride. || Êtreau début, en parlant des personnes. J’ai pris ce livrepour l’étudier, et je commence. Il a mal commencé.11 y a un jeu dans la conduite: on a commencé, ilfaut finir, on veut fournir toute la carrière, la bruy.xi. || Commencer par, faire d’abord, parler d’abord,s’en prendre d’abord à.... Commençons par nous

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préparer, ensuite nous agirons. Ciel, que lui vais-jedire et par où commencer? rac. Phèd. i, 3. Pourcommencer par Néron , il faut se souvenir qu’il estici dans les premières années de son règne, qui ontété heureuses, rac. Prit. 2* préface. 11 commence,il est vrai, par où finit Auguste ; Mais crains que,l’avenir détruisant le passé, Il ne finisse ainsi qu’Au-guste a commencé, id. ib. i, 1 .1| Commencer àavec un infinitif. Commencez par Sabine à faire denos vies Un digne sacrifice à vos chères patries,corn. Ilor. ii, 6. S’il cesse de m’aimer, qu’il com-mence à me craindre, corn. Médée, i, 6. Tant deprécaution commence à me lasser, id. Sertcr. iv, 2 .On commence en Europe à la moins redouter, volt.Tancr. i, t. Après trente-trois ans sur le trône per-dus, Commençant à régner, il a cessé de vivre, corn.Sonnet sur Louis XIII . Ce n’est pas être transportéd’un lieu à un autre que de commencer à entendrece qu’oa n'entendait pas , boss. Connaiss. iv , I o.La vie est un sommeil ; les vieillards sont ceux dontle sommeil a été plus long ; ils ne commencent à seréveiller que quand il faut mourir, la bruy. xi.|| Commencer de. 11 a commencé d’écrire sa lettre.Albe où j’ai commencé de respirer le jour, corn.Ilor. 1,1. Vous avez commencé tantôt d’y consen-tir , id. Iléracl. v, 6. Puisque j’ai commencé derompre le silence.... rac. Phèd. n, 2 . Ma vie à peinea commencé d’éclore, id. Esth. i, 6. Ses transportsdès longtemps commencent d’éclater, id. Prit, ni,3. Je cbmmence d’avoir plus d’espérance de monretour que je n’en avais eu jusqu’ici, voit. Lett. 37.Le conte qu’il a commencé de faire à quelqu’un,la bruy. xi. Le Vésuve ne commença d’être un vol-can dangereux que quand l’Etna cessa de l’être,volt. Mœurs, Introd. chang. ô rives de la Saône ,où ma faible paupière A la clarté des cieux com-mença de s’ouvrir, Lieux où Ton sait au moins res-pecter l’innocence, Vous ne me verrez plus!..-.gilb. Le poêle malheureux. Avant d’avoir commencéde vivre, J. i. rouss. Ém. ii.... tout ce qui pense ettout ce qui respire Commença de souffrir, lamart.Méd. 1,7. Il commença d’exercer son ministère,boss. Ilist. a, 10 . Un loup qui commençait d’avoirpetite part.. ..la font. Fabl . m, 4. La renomméeen-fin commença de se plaindre , la font. Fabl . vi,20 . Nous commençons de vivre par degrés, et nousfinissons de mourir comme nous commençons devivre, buff. De la vieillesse et de la mort. Le roiHenri VIII commença d’ébranler l’autorité de l’É-glise, boss. Reine d’Anglet . Et déjà mon rival com-mence de paraître, mol. D. Gare, v, 3. Nous com-mençons d’être connues, id. les Précieuses, 12 . Ademi-lieue de là, Létoile commença de se plaindre,scarr. Rom. com. ii, 12 . || Impersonnellement. Ilcommence. Il commence à pleuvoir. Il a commencéà faire nuit. || 7° Se commencer, u. réfl. Prendrecommencement. Cette étude , cet apprentissagedoit se commencer de bonne heure, si Ton veutréussir. || Pioverbes. N’a pas fait qui commence,c’est-à-dire il ne suffit pas de commencer, il fautpoursuivre et continuer. Dans un sens analogue :A moitié fait qui commence bien.

— rem. Les grammairiens ont essayé de distin-guer entre commencer à et commencer de, disantpar exemple que : Cet enfant commence à marchersignifie que l’enfant prend l’habitude de faire despas, et que : Cet enfant commence de marcher si-gnifie que l’enfant, qui était immobile, se met àfaire des pas. Cette distinction subtile n’est pas jus-tifiée par l’usage des auteurs.

— HIST. x* s. Quant oi comenciest [quand vouscommencez aujourd’hui], Fragm. de Valenc. p. 469.

|| xi* s. [Il] baisse son chef, si cumencet à penser,Ch. de Roi. ix. Que je ne fu à l’estor cumencer, ib.CLxxm. || xn* s. Commenciez est li dex [deuil] et liestriz, Ronc. p. 72. Toutes ses plaies comencent àsaigner, ib. p. 96. Moût fait l’amors que vilaine,Qui comence por faillir, Coud, iv. En aventure[peut-être] [je] comens Ma daerraine chanson, ib.xv. Et la mauviz [alouette] qui commence à tentir,ib. xviii. Au commencier [je] la trovai si doucete,ib. vi. Quand il commençad à regner, Rois, p. 41.

|| xiii* s. Et nostre sires les en commencha mains[moins] à amer que il n’avoitfait, villeh. cviii. A cetems dont vous ai l’histoire commencie, Berte, ii.Lors commence la dametenrement à plorer, ib. xliu.

|| xv* s. Folie parmaintenue vaut pis que folie com-mencée, froiss. ii, m, 38. Il m’apperceu, si com-mença à rire, ch. d’orl. io. Et luy commença laparolle disant, comm. i, 1 2 . ||xvi* s. Peu de tempsaprez elle commences à souspirer, lamenter et crier,rab. Garg. i, 6. Lors commences le monde attacherles chausses au pourpoinct, m. ib. i, 8. S’ils com-

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mencent une fois de la reputer selon leurs œuvrescalv. lnstit. 618 . Depuis mercredi, madame s’esttrouvée beaulcoup plus mal qu’elle n’avoit esté des-puis qu’elle a commencé à se lever, marg. Lett. xl.J’ay commencé de les mettre en roolle, mont, i, 33 .Les oracles avoyent commencé à perdre leur creditjid. i, 42, Les voiles aegyptiennes, qui commençoientà les approcher, id. i, 63. Et, pour commencer àluy oster son plus grand advantage, id. i, 76. Quel’amitié commence de ce jour d’huy entre nous, id.i, 130. Encore l’injuria il bien plus oultrageusement,et ce en une chanson, qui se commence, Ô muse!id. Thém. 41.

— ÉTYM . Berry, c'mincer , c’mencer; Saintonge,coumencer, coumincer; bourguig. quemancé; pro-venç. comensar, comenchar; catal. comensar ; anc.espagn. compenzar, avec un p intercalaire; espagn.mod. comenzar; portug . comezar; anc. ital. comen-zare ; ital. mod. cominciare; du latin cum, et ini-tiare, commencer (voy. initier).

t COMMENCE!® (ko-man-seur), s. m. Celui quicommence.

— HlST.xv's.Saintré, quijàestoit en point commele commenceuret entrepreneur de l’emprinte, montaà cheval, J. deSaintré, 33.

— ÉTYM . Provenç. comensaire, comensador; ital.comindatore. Dans le provençal, comensaire est lenominatif, et comensador le régime.

COMMENDATAIRE (ko-man-da-tê-r’), adj. Quitient un bénéfice en commende. Abbé commendataire,ecclésiastique séculier nommé par le roi aux abbayesen commende. || Qui est tenu en commende. J’allaime réjouir avec M. de la Trappe [deRancé] de la so-lidité que le roi venait de donner à son ouvrage;c’était une abbaye commendataire de n ooo ou12000 livres de rente, st-sim. 32,117. Les abbayescommendataires allaient à 4 600 ooo livres, volt.Louis XIV , 35.

— ÉTYM . Commende.

1. COMMENDE (ko-man-d’), s. f. || 1° Originaire-ment, la provision d’un bénéfice qu’on donnait à unséculier pour en jouir par économat, en attendantqu’on eneût pourvu un titulaire. || Plus tard, titre debénéfice donné par le pape à un ecclésiastique sécu-lier ou à un laïque nommés par le roi (il s’agit desbénéfices ecclésiastiques qui étaient à la nominationdu roi, depuis le concordat de Léon X et de Fran-çois I "). Une abbaye en commende était celle où leroi nommait un ecclésiastique séculier, qui jouis-sait, en vertu de cette faveur, d’un tiers du revenu,sans aucune autre obligation que d’en faire un bonusage ; des deux autres tiers l’un restait à la com-munauté, eU’autre devait être employé aux répa-rations de l’église et aux aumônes. Les cardinaux,les premiers ministres, les princes du sang, qui l’eu-rent en commende [Cluny ], prétendirent les mêmesdroits que les abbés réguliers, st-sim. 279, 16.|| 2“ Par extension. C’était une coutume dans l’A-mérique espagnole de réduire les Indiens en com-mende et de les sacrifier aux travaux des mines,chateaub. Génie, iv, iv, 4.

— HIST. xvi* s. Le pape ne peut lever aucunechose sur le revenu du temporel des bénéfices sousprétexte d’emprunt, impost, vacant, incompatibi-lité, commande, neufiesme, décimé.... p. pithou, 14.

— ÉTYM . Bas-lat. commenda, de commendare(voy. commander).

2. COMMENDE (ko-man-d’), s. f. Termedepêche.Voy. commande.

f COMMENDER (ko-man-dé), v. a. Donner unbénéfice en commende.

— ÉTYM . Commende.

COMMENSAL (ko-mman-sal), s. m. || 1* Chacunde ceux qui mangent habituellement à la même ta-ble. C’est mon commensal. Nous sommes commen-saux. Nos commensaux ont fait faux bond, sév. 40.L’un qui se piquait d’être Commensal du jardin,l’autre de la maison, la font. Fab. m. 12 . Ber-trand avec Raton, l’un singe, l’autre chat, Com-mensaux d’un logis, avaient un commun maître,id. ib. ix, 17. || Au fém. La mouche voltige impuné-ment autour du maître des animaux dont elle se faitla commensale malgré lui, bern. de st-p. llarm.liv. il, Anim. || 2° Officier de la maison du roi ayantbouche à la cour en temps de service.

— hist. xvi* s. Commensal ( rendu en anglais par boorder that gothe to borde), palsgr. p. 199.

— ÉTYM . Com, avec, et mensa, table; espagncommensual.

COM M EN SA LITÉ (ko-mman-sa-li-té), s. f. | 11° Qua-lité de commensal. Notre commensalité a duré troisans. Sa commensalité est fort agréable. Il [Hum-boldt] frappe fort sur le roi de Prusse avec lequel i!