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Tome premier. A - C.
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a dîné, auprès duquel il couche à Potsdam ; cettecommensalité, cette domesticité le gênaient, il entire vengeance, ph. chasles , J. des Débats, 20 mai1800 . || 2” Droit d’être commensal à la table du sou-verain. L’Académie française jouissait du droit decommensalité.

— HIST. xvi* s. Est avisé que partie n’y sera pointvenue [devant un tribunal], s’elle ne dit qu’U estson conseiller, advocat procureur ou solliciteur etde sa commensalité, Ordonn. des ducs de Bretagne ,1* 4 94, dans LACURNE.

— ÉTYM . Commensal.

COMMENSURABILITÉ (ko-mman-su-ra-bi-li-té),s. f. Terme de mathématiques. Qualité d’être com-mensurable.

— ÉTYM . Commensurable.

COMMENSURABLE (ko-mman-su-ra-bl’), adj.Terme de mathématiques. Qui a une mesure com-mune, c’est-à-dire où cette mesure peut s’appliquerexactement un certain nombre de fois. Ainsi la toiseancienne et la brasse ou pas géométrique étaientcommensurables parce que la toise valant six pieds,la brasse en valait cinq; et qu’ainsi le pied était lacommune mesure de l’une et de l’autre. Au con-traire, le cêté d’un carré et sa diagonale ne sontpas commensurables, parce qu’il n’y a pas de lon-gueur, si petite qu’on la suppose, qui s’applique unnombre de fois juste sur tous les deux. C’est par lamonnaie que les biens d’espèces diverses deviennentcommensurables, i. J. rouss. Ém. ni.

— HIST. xiv* s. Aussi est ce simplement impossi-ble que le dyametre du quarré soit commensurableàsoncosté, oresme, Thèse de meunier.

— ÉTYM . Corn, et mensurable, inusité, de metisu-rabilis, mesurable (voy. ce mot).

f COMMENSURATION (ko-mman-su-ra-sion), s.f. Terme de mathématiques. Recherche d’une com-mune mesure entre deux grandeurs.

— HIST. xiv* s. Qui excede et passe la commen-suration et proporcion qu’il doit avoir, oresme, Thèse

de MEUNIER.

— ÉTYM . Com, et mensuration.

COMMENT (ko-man), adv. || 1“ De quelle sorte,de quelle manière. Voulez-vous savoir comment ilfaut donner, mettez-vous à la place de celui qui reçoit.|! Je suis, je me trouve tout je ne sais comment, jesuis dans un état de santé ou d’humeur qui n’est pasle bon état de santé ou d’humeur. || Comme, à quelpoint. Vous ne sauriez croire comment l’erreur s’estrépandue, et de quelle façon chacun s’est endiabléà me croire médecin I moi. Méd. m. lui, ni, 4. || 2° 11exprime l’interrogation, et signifie de quelle manière,par quel moyen. Comment en un plomb vil l’or purs’est-il changé? rac. Alhal. ni, 7. Comment se sont-ilsvus? depuis quand? dans quels lieuxîm. Phèd. iv, 6.Et je saisque de moi tu médis l’an passé.—Commentl’aurais-je fait si je n’étais pas né? la font. Fabl . i,10 . Une femme.... qui vécut toute sa vie en péchémortel et mourut enfin en cet état, et qui ne laissapas d’être sauvée par le mérite de cette dévotion.Et comment cela, m’écriai-je? c’est, dit-il, que notreSeigneur la fit ressusciter exprès, pasc. Prov. 9.|| Comment.... que, locution dans laquelle autrementest sous-entendu, et qui signifie : comment.... si cen’est. Comment réparerez-vous vos plaisirs illicites,qu’en vous abstenant.. .?mass. Carême, Jeûne. || Com-ment? que dites-vous? Se dit quand on n’a pas bienentendu ou bien compris. || Pour quelle cause? pourquel motif? Comment vous êtes-vous avisé de venirici? Comment n’avez-vous pas appréhendé.... || Ex-pression d’étonnement. Comment I est-il donc vraiqu’il soit mort? mais, mon père, qui répondra pourle P. Barry? Comment! dit le père, il est de notrecompagnie [les jésuites ] ; et ne savez-vous pas encoreque notre société répond de tous les livres de nospères? pasc. Prov. 9. || 3° S. m. Le comment, la ma-nière dont la chose s’est faite. Ainsi je n’irai plusravir si loin de moi, Dans les secrets de Dieu , cescomment, ces pourquoi, lamart. tlêd. i, 20 . Cetadmirable ouvrage de l’institution d’un prince [deM. du Gué], dont on voit le comment dans le courtavertissement qui se trouve au devant de ce livre,st-sim. 87, 133. || Le comment et le pourquoi, enlangage philosophique, désignent le premier les con-ditions qui font que les choses sont comme ellessont, le second l’enquête téléologique de l’originedes choses. L’esprit humain est apte, dans une cer-taine limite, à trouver le comment des choses ; lepourquoi lui est interdit. || 4° Comment que, dequelque façon que. Locution vieillie. Toutes cesgardes, comment qu’elles soient établies, ne sontpoint difficiles à passer, p. l. cour, u, 186.

—HIST xi* s. Cument qu’il seit [quoi qu’il en soit],

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[il] ne se veut celer mie, Ch. de Roi. cclvu. Deussait assez cument la fins en ert [sera], ib. qpLxxxn.|| xii* s. Si m’aiderez de Rollant le marquis, Cornentil soit engonbrez et ocis, Ronc. p. 30. Et cil respon-dent: Comment les severons? ib. p. 164. Coumentque je me desespoir, Bien m’a Amours guerredonné,Coud, m. Comment que longue demeure [j’] Aiefaite de chanter, Ore est bien raison et heure Que[je] m’i doive retourner, ib. rv. Beauz sire Diex,comment porrai avoir Vraie merci, que tant aurairequise? ib. xvii. Comment me peut li cuers au corsdurer, Qu’il ne s’en part? ib. xxn. Il n’est pas droitque l’on me desconfise; Et si dirai bien la raisoncomment, quesnes, Romancero, p. 89. Oï avez deKarle le mortel encombrier, Comment il a perduRolland et Olivier, Soi. vi. || xm* s. Comment queje chant ne rie, Je devroie mieus plurer, aub. desezanne, Rom. p. 4 26 . Biaus très dous fils, fait-ele,comment osas penser...? Berte, m. [je] Ne sai com-ment [il] ot nom, ib. xi. La maniéré comment [elle]se porra traire arriéré, ib. xii. Comment que la choseaprès aille, la Rose, 6466. Mès, comment que demoi aviengne, Je li pri que il li soviengne, ib. 4224.Ne fortune ne puet pas faire, Que nules des choseslor soient [soient leurs, aux hommes], Commentque conquises les aient, ib. 6334. || xiv* s. Aus au-tres chrestiens demandèrent briefment Pour coy ciizapparailz se fasoit tellement ; Et ceulx lor ont comptéet pour coi et comment, Guescl. 46397. || xv* s.Vous avez bien entendu en l’histoire ça devant com-ment le roi d’Angleterre avoit grands guerres....froiss. i, i, 4 94. Je vueil chevaucher contre lesAnglois, et les combattre, comment qu’il soit, id.i, i, 273. Le temps va je ne sçay comment, ch.d’orl. Bail. 62 . Toutes les fois que vous voy, Je suisje ne sçay comment, id. Rond. Mais, comment quece fust, ledit seigneur Ludovic les prit en grandamour, comm. vii, 2 . || xvi* s. Comment doncqueseussent peu entendre ces vieulx resveulx le texte desloiz, qui jamais ne veidrent bon livre de langue la-tine? rab. Pant. it, 40. Comment Panurge raconta lamaniéré comment il eschappa de la main des Turcqz,iD.ib.ii, 4 4. Qui ne sçait donc Amour bandé bien pain-dre, Me vienne voir, Rapprendra comment, marot,iii, 4 38. O si je pouvois deux fois naistre, Commentje te servirais mieux ! ». m, 438. Voilà comment nos-tre seigneur appelle le baptesme régénération, calv.Instit. 4 084. Enquiers toy là où descend le soleil,de là où il monte ; cherche comment est-ce que la lunea perdu une si grande lumière, d’où est-ce qu’ellel’a depuis recouvrée, amyot, De la curiosité, 9.

— ÉTYM . Bourguig. quement; provenç. cornent;sarde, comenti. Diez le tire de quomodo mente;mente employé ici comme il l’est dans les adverbesen ment, de sorte que comment serait un adverbeformé de comme et ment, comme bonnement. Onpeut proposer quomodo inde, inde ayant donné entdans l’ancien français , devenu en dans le fran-çais moderne (voy. en pronom) ; ce qui expliqueraitque, pour un mot aussi ancien, on ne trouve jamaiscommement à côté de comment; si on examine deprès l’emploi de comment dans les anciens textes,on verra que l’idée de inde s’y accommode.

COMMENTAIRE (ko-mman-tê-r’),s. m. || 1“ Suitede notes et d’explications sur toutes les parties d’unouvrage. Cette compilation [livres sibyllins] fut pu-bliée plusieurs fois avec d’amples commentaires,surchargés d’une érudition presque toujours étran-gère au texte, que ces commentaires éclaircissentrarement, volt. Dicl. phil. art. Sibylle . J’en con-nais un dont j’ai lu un commentaire sur Job, boss.Or. 6. Aussi ne prétends-je pas vous en faire uncommentaire, id. Hist. n, 2. Il ne faut ni réflexionni commentaire, id. Polit. || Commentaire perpé-tuel, commentaire qui suit le texte phrase parphrase. || Terme de législation. Explication d’unematière en suivant l’ordre du texte législatif, paropposition au traité où l’on suit l’ordre logique.On dit en ce sens : adopter l’ordre du commentaire.

|| Figurément. Marquez cet endroit : la suite desévénements vous en fera bientôt un beau commen-taire, boss. Ilist. n, 4. La vie d’un écrivain distin-gué par une très-grande originalité est le meilleurcommentaire de ses écrits, carrel, Œuvres, t. v,p. 476. || Familièrement. Cela n’a pas besoindecom-mentaire, cela n’a pas besoin d’explication. || Pointde commentaire, se dit quand on veut imposer si-lence à un inférieur qui s’explique ou, se justifie.

|| 2° Interprétation plus ou moins maligne qu’ondonne aux actes et aux discours des autres. Sa con-duite équivoque a donné lieu à bien des commen-taires. || 3” S. m. plur. Nom qu’on donne à des his-toire» anciennes ou à des mémoires ainsi intitulés à

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l’imitation des anciens; histoires et mémoires oùl’écrivain est le principal acteur. Les commentairesde César. Les commentaires de Montluc. On n’estentré ici dans aucun détail des victoires du roi dePrusse, il les a écrites lui-même; c’était à César àfaire ses commentaires, volt. Louis IV , 47. Alorsl’ennui de six mois d’hiver, qui l’aurait retenu surces fleuves [laDünaet le Borysthène], lui paraissaitson plus grand ennemi, et, pour le combattre, cetautre César y eût dicté ses commentaires, ségur,Ilist. de Napol. x, 6.

— HIST. xvi* s. Montluo a intitulé son oeuvre com-mentaires ce qu’en nostre langue un Commines etaprès luy un Martin du Bellay voulurent appellermémoires; car, pour bien dire, sans nous eslon-gner de nostre vulgaire françois, après avoir recitéchaque mémorable exploit par luy faist, il apportetout d’une suite un beau commentaire, pasquier,Lettres , t. n, p. 387, dans lacurne.

— ÉTYM . Le latin commentarius, de commentari,méditer (voy. commenter). Espagn. comentario ;ital. commentario. Auparavant on disait comment, dulatin commentum. Et fist un command là-dessus [lesœuvres de Denis l’aréopagite], christ, de pisan,Charles F, m, 4 3.

COMMENTATEUR, TRICE (ko-mman-ta-teur,tri-s’), s. m.etf. Celui, celle qui commente. Les com-mentateurs de la Bible . Madame, votre mari [Dacier]n’est pas le seul traducteur et commentateur, etvous êtes la seule traductrice et commentatrice,volt. Dictionn. phil. art. Scoliaste. Que tous les dis-ciples d’Aristote assemblent tout ce qu’il y a de fortdans les écrits de leur maître ou de ses commenta-teurs pour rendre raison de ces choses par l’horreurdu vide, pasc. Pesant, de l’air, Conclusion. || Sur-nom d’Averrhoès, ainsi nommé parce qu’il fut,parmi les Arabes , le commentateur par excellenced’Aristote . || Les commentateurs, les juristes qui, àla fin du moyen âge, oit commenté les textes dudroit romain.

— ÉTYM . Le latin commentator (voy. commenter) ;espagn. comentador; ital. commentatore.

COMMENTÉ, ÉE (ko-man-té, tée), part, passé.D’autres passages [de la Bible ] étaient commentésdans le même esprit, chateaub. Natch. n, 2 4 6.Vous aurez incessamment le Corneille commenté,volt. Lett. Damilarille, 26 mars 4 784.

COMMENTER (ko-man-té). || 1“ Y. a. Expliquerpar un commentaire. Commenter la Bible. Il acommenté le code civil. || Par extension. Se plaît àl’entretien, commente les bons mots, régnier,Sat. v. || 2° F. n. Amplifier quelque peu par maliceles faits et les choses. 11 aime à commenter. || Com-menter sur tout, interpréter malignement toutechose.

— HIST. xvi* s. Je ferais un registre commentédes morts diverses, mont, i, si. G. Guerente, qui acommenté Aristote , id. i, 494.

— ÉTYM . Le latin commentari, commenter, pro-prement méditer, de cum, et mens, esprit (voy.ment, suffixe); espagn. comentar; ital. commentare.

COMMER (ko-mé), t). n. Faire comparaison. Vieuxet inusité.

— hist. xvi* s. Si je ne comme bien, qu’un autrecomme mieux pour moi [à propos des exemplesqu’il cite], mont, i, 402.

— ÉTYM . Comme, par l’addition de la finale ver-bale er; c’est-à-dire : mettre comme, dire comme.

COMMÉRAGE (ko-mé-ra-j’), s. m. Propos, con-duite de commère. C’était, si l’on peut s’exprimerainsi, le commérage de la bonne compagnie, stael,Corinne, liv. i, ch. 3. U y avait des commérages vers'a maison de Socrate , chateaub. Itin. 4 78.

— ÉTYM . Verbe fictif commérer, de commère.

COMMERÇABLE (ko-mèr-sa-bl’), adj. Qui peut

se négocier dans le commerce. Billets commerça-bles (on dit de préférence aujourd’hui négociables).Des emprunts en viager, si souvent renouvelés parles besoins insatiables de notre gouvernement, n’au-raient pu se réaliser, si ce viager n’était pas de-venu un fonds commerçable, Mirabeau, Collection,t. iv, p. 265.

— ÉTYM . Commercer; espagn. comerciable.

COMMERÇANT, ANTE (ko-mèr-san, san-t’),adj

|| 1° Qui fait le commerce. Les peuples commer-çants. Ville commerçante, ville où il se fait beau-coup de commerce. || 2° S. m. Un riche commerçant.On sait combien l’intérêt particulier fascine les yeuxet rétrécit l’esprit; je ne dis pas seulement l’intérêtd’un commerçant, mais d’une compagnie, maisd’une ville, volt. Louis IIV, 29. On peut jugeravec quelle idolâtrie le czar Pierre fut reçu [en Hol-lande] par un peuple de commerçants et de gêna de me’