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Tome premier. A - C.
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compriment très-pau. || Fig. Les factions se compri-ment difficilement.

_ HIST. xiv* s. Aer comprimé peut soustenir

choses pesantes, oresme, Thèse de meunier. Li roiss’en Tint vers Rome pour apaiser et comprimer lesmouvemens du pueple, bercheure, f° 27, verso.|| xvi* s. Hz avoyent la teste sphericque, non doul-cement comprimée des deux coustez, comme est laforme humaine, rab. Pant. iv, 32. C’estoit à Rome une signification de faveur de comprimer et baisserles poulces, mont, ni, I 08 .

— ÊTYM . Provenç. compremer; espagn. etportug.comprimir; ital. comprimere. Le seul italien a gardéla conjugaison latine, comprimer»; si l’ancien fran-çais avait eu ce mot, il l’aurait sous la forme decompreindre, comme il avait preindre de premere.

COMPRIS, ISE (kon-pri, pri-z’), part, passé decomprendre. || 1“Contenu, renfermé, impliqué. Lesmatières comprises dans ce livre. Il se trouva com-pris dans l’accusation. Employez-vous pour eux;faites auprès d’un père Qu’ils ne soient pas comprisdans l’exil de leur mère, corn, Médée, i, 3. Les ou-vrages de Dieu sont compris sous la miséricorde etsouslajustice, boss. Aumône. Il n’a plus vu pour leshommes qu’une fatale et inévitable nécessité où lebien et le mal se trouvent également compris, n>.Variât, xv, § 122 . J’en ai rougi pourvous encor plusque pour moi ; Je me trouve compris dans l’éclat queje voi, mol. VÉtour. iv, 4. || Y compris, en y compre-nant. Non compris, sans y comprendre. 11 a dix millefrancs de revenu y compris sa pension, et non com-pris la maison où il loge. || 2° Dont le sens est saisi.Ce passage mal compris des traducteurs.

— REM. Compris, non compris, y compris sontinvariables quand le substantif suit, et variables sile substantif précède : Compris, non compris, ycompris les aumônes, ou bien les aumônes comprises,non comprises, y comprises. Bien entendu, si com-pris était avant son substantif par une inversion, ils’accorderait : Déjà comprises au compte précédent,cas sommes n’ont pas dû figurer ici.

f COMPROMETTANT, ANTE (kon-pro-mè-tan,tan-t’), adj. Qui peut compromettre. Il tient desdiscours compromettants. Les théories, disait Fres-nel [le célèbre physicien], n’oft'rent quelque intérêtqu’à la condition d’être compromettantes, c’est-à-direqu’elles doivent être conçues de manière à suggérerdes expériences décisives. Homme compromettant,femme compromettante, homme, femme qui font con-cevoir mauvaise opinion de ceux qui les fréquentent.

COMPROMETTRE (kon-pro-mè-tr’), je compro-mets, nous compromettons; je compromettais; jecompromis : je compromettrai ; que je compromisse ;compromettant; compromis. || 1° V. n. Terme dedroit. S’engager par acte à s’en rapporter au juge-ment d’un arbitre, sur un objet en litige. Ils ontcompromis sur tous les chefs du procès. || 2" V. a. Fig.Mettre en compromis, c’est-à-dire remettre à la dé-cision d’autrui et par conséquent exposer à quelqueatteinte. Compromettre sa dignité. Compromettre lesintérêts de quelqu’un. || 8° Mêler quelqu’un dans uneaffaire de manière à l’exposer à des embarras ou àdes préjudices. N’osant lui parler comme paria, depeur de la compromettre, bern. de st-p. Ch . Ind.Je ne demande, pour assurer nos succès, que cesbontés générales qui ne compromettent personne,volt. Lett. Richelieu , 23 sept. 1771. || Compromet-tre quelqu’un, faire voir qu’il a part à la chose, afinque, une fois engagé, il entre dans nos intérêts.Si vous voulez qu’il vous aide, mettez-le en avant,compromettez-le. || Compromettre une femme, fairepenser par des paroles ou des actions qu’on a uneliaison amoureuse avec elle. ||4" Se compromettre,v. réfl. S’exposer à des embarras, à des périls. Il secompromet par l’opposition qu’il fait au gouverne-ment. Il ne craignit pas de se compromettre pour unami malheureui. Il se peut que le ministère neveuille pas se compromettre, en demandant grâcepour ceux dont l’entreprise n’a pas été avouée parlui, volt. Lett. Richelieu , 30 mait772.|| On dit qu’unefemme se compromet, quand elle expose sa réputa-tion. || Engager une lutte avec un adversaire indi-gne de soi. Que vous avilissiez l’honneur de votrerang Jusqu’à vous compromettre avec un misérable,volt. Scythes, iv, t.

— HIST. xv* s. Le roy compromettra le traitté des-sus déclaré es mains des dits cardinaux ambassa-deurs, pour le tenir ferme et stable, j. Chartier,Rist. de Charles VU, p. 80, dans lacurne. || xvi* s.En la pluspart des occurrences, je compromettraisvolontiers à la decision du sort, mont, ni, «8. Toutsindifféremment se préparants et attendants la mortà ce soir ou au lendemain, d’un visage et d’une

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voix si peu effrayée, qu’il sembloit qu’ils eussentcompromis à cette nécessité, id. iv, 20 ».

— ÊTYM . Provenç. comprometre ; espagn. com-prometer; ital. compromettere ; du latin compromit-tere, de cum, et promittere (voy. promettre).

1. COMPROMIS, ISE (kon-pro-mi, mi-7.’), part,passé de compromettre. Exposé à quelque dommagematériel ou moral. Sa place compromise par des dé-marches inconsidérées. Sa réputation compromise.Cet homme gravement compromis par les indiscré-tions d’un ami infidèle. Homme compromis, femmecompromise, homme, femme dont la réputation n’estpas intacte.

2 . COMPROMIS (kon-pro-mi), *. m. || 1“ Terme dejurisprudence. Acte par lequel on donne pouvoir àdes arbitres de juger des procès ou autres différends.Dresser, signer un compromis. Mettre une affaireen compromis. Le compromis qu’il a voulu passeravec nous, boss. Satisf. 1.1| On disait que des élec-tions de prélats étaient faites par compromis, lors-que des électeurs, ne pouvant s’accorder, donnaientle pouvoir à quelques-uns d’entre eux de fairel’élection. || Être en compromis, être en litige ; mettreen compromis, remettre à la décision de. Son af-faire mise en compromis dans mes mains, boss. Rel.84. Ils n’ont pas craint de mettre leur foi en com-promis entre les mains de quatre hommes, id. Exp.S’il fallait mettre en compromis la foi des premierssiècles, id. Avert. I. Les droits disputés étaient encompromis depuis douze années, volt. Mœurs, 125.|| Mettre en compromis, disputer. Ne pouvant souf-frir qu’il y eût une nation qui lui mît en compromisle titre d’invincible, vaug. Q. C. 348. || Terme del’ancien droit. Saisir. Il ne faudra qu’avoir de puis-sants ennemis qui vous défèrent et vous accusentd’être jansénistes, sur quoi on mettra votre bien encompromis, pasc. Prov. 1 9. || Mettre en compromis,risquer, compromettre. Sans mettre en compromisla majesté du souverain, perrot, Tacite , 3». Lescoeurs généreux Ne mettent point les gens en com-promis pour eux, mol. le Dép. v,7. Est-ce que jevous ai jamais mise en compromis avec elle? baron,Fausse prude, ni, I 2 . A l’autel, c’est-à-dire quand lareligion est en compromis et qu’il y va de l’honneuret de l’autorité de l’Église, vous devez oublier tout lereste.... boürd. Pensées, t. n , p. 345. || 2° Dans l’u-sage général, on dit un compromis pour une transac-tion. || Accord, spécialement dans le langage politi-que, lorsque des adversaires se font des concessions.

— HIST. xiii' s. Si dirons liquel arbitrage valentet liquel non, et comment compromis doivent estrefet, beaum. xlii. || xvi* s. Il délibéra d’aller combatrecontre le roy de Perse pour sa propre personne, etluy mettre en compromis ses richesses et ses delices,dont il jouissoit trop à son aise en ses haults pais,amyot, Agésil. 23. Fuyr à me justifier, excuser etinterpréter, estimant que c’est mettre ma conscienceen compromis, de plaider pour elle, mont, iv, 203.Le roi Charles VIII rompit le mariage qui s’estoitfait entre luy et Marguerite de Flandres , et osta ladite Anne [de Bretagne] à Maximilian son compro-mis [fiancé] et l’espousa, brant. Dames illustres,p. 2, dans LACURNE.

— ÊTYM . Compromis I ; provenç. compromis; es-pagn. compromiso; ital. comprcmesso.

f COMPROMISSAIRE (kon-pro-mi-ssê-r’), s. m.Arbitre choisi par compromis.

— ÊTYM . Compromis.

f COMPROMISSION (kon-pro-mi-sion), s. f. Ac-tion , parole par laquelle on se compromet. La poli-tique actuelle n’affranchit pas suffisamment la France des compromissions auxquelles nous sommes exposésdans le maniement des affaires italiennes, Revue desDeux-Mondes , t. xxv ( 1860 ), p. 483.

■f C0MPR0MIS5I0NNAIRE ( kon-pro-mi-sio-nê-r’), adj. Acte compromissionnaire, acte fait parcompromis. Arbitre compromissionnaire, arbitrechoisi par compromis.

— ÊTYM . Compromis.

f COMPROMISSOIRE (kon-pro-mi-ssoi-r’), adj.Terme de droit. Qui tient au compromis. Clausecompromissoire. || Peine compromissoire, peine pro-noncée par des arbitres.

f COMPROVINCIAL, ALE (kon-pro-vin-si-al,a-1’), adj. Qui est de la même province; ne se ditguère qu’en style ecclésiastique et des évêques d’unemême province, d’une même métropole. Le droit del’élection de l’évêque réside dans l’assemblée desévêques comprovinciaux, fén. n, 16 , ». || Substanti-vement.Quel pouvoir auront des évêques étant fortui-tement à Paris , ou qui y seront mandés, d’accepterpour leurs comprovinciaux, destitués de procura-tions d’eux? ST-SIM. 350, 108.

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— ÊTYM. Com,- et provincial

f COMPTABILIAIRE (kon-ta-bi-li-ê-r’), adj■Terme d’administration militaire. Qui est soumis àla comptabilité, qui s’y rapporte.

— ÊTYM . Comptable.

t COMPTABILIAIREMENT (kon-ta-bi-li-ê-re-man),ad v. X la façon comptabiliaire.

— ÊTYM . Comptabiliaire, et le suffixe ment.

COMPTABILITÉ (kon-ta-bi-li-té), s. f. L’art, l’ac-tion de tenir des comptes en règle. || Comptes tenus.Il a mis beaucoup d’ordre dans sa comptabilité.|| Comptabilité agrioole, compte courant sur lequell’agriculteur inscrit les détails de son exploitation,en ce qui concerne les dépenses et les recettes detoutes sortes. || Comptabilité en matières, ou comp-tabilité-matières, par opposition à la comptabilité-argent , celle qui se rapporte aux objets matériels enmagasin. || Ensemble des agents comptables ou deceux qui vérifient les comptes des comptables. Bu-reau, commission de la comptabilité nationale.|| Dans une administration, la comptabilité est lapartie qui s’occupe des dépenses. Employé à lacomptabilité. Chef de la comptabilité.

— ÊTYM . Comptable.

COMPTABLE (kon-ta-bl’), adj. || 1* Qui a descomptes à tenir et à rendre. Officier, agent comp-table. || Où l’on tient et rend des comptes. Emploi,place comptable. || Quittance comptable, quittanceen bonne forme et pouvant être reçue dans uncompte pour le justifier. || 2° Fig. Il est de tout sonsang comptable à la patrie, Chaque goutte épargnéea sa gloire flétrie, corn. Hor. iii, 6. Le pouvoir ab-solu n’a rien de redoutable, Dont à sa conscienceun roi ne soit comptable, id. Perthar. u, 3. J’ensuis comptable à tout le monde, id. Tiie et Rér. iv,4. Les rois de leurs faveurs ne sont jamais comp-tables, id. D. San. 1 , 6 . Elles [ les personnes dumonde] ne comptent être maîtresses de leurs ac-tions que parce qu’elles croient n’en être comp-tables à personne, mass. Profession religieuse,sermon 3. C’est de le rendre comptable de ses ac-tions à lui-même, J. J. rouss. Ém. iv. Il doit savoirque ce n’est point ainsi qu’on écrit l’histoire, qu’onest comptable de la vérité à toute l’Europe, volt.Lett. Schouvalof, » nov. 1761. Si dans un long ou-vrage le poète ne me laissait rien désirer de cettejustesse, de cet ordre, de cette clarté, de cette élé-gance dont la prose est toujours comptable, des-font aines, Dissert, sur le poème épique. || 8° S. m.Celui qui est tenu de rendre compte de deniers et deleur emploi. Un bon comptable. C’est le seul exempled’un comptable de deniers publics avec qui ses maî-tres et le public perdent, sans que sa probité enait reçu le plus léger soupçon, st-sim. 72, t77.|| Terme d’administration militaire. Fonctionnaireautorisé à un maniement de valeurs en matières.

— REM. Comptable, appliqué aux personnes, ré-git non-seulement à, comme le montrent les exem-ples, mais aussi envers : Nous sommes comptablesde nos talents envers la patrie.

— HIST. xv* s. Fut ordonné le dit trésorier mairede la cité de Bordeaux ; et pareillement fut aussiordonné Joachin Rohault contable dudit lieu, et enfeit le serment en la main du dit chancellier, et ledit maire es mains d’iceux chancellier et contable,MONSTRELET , t. III, p. 36, dans LACURNE. || XVI” S. Ilsestoient fort expérimentez au maniement des finan-ces , et fldeles comptables, carl. vi, 41. c’est dela vie de l’homme qu’elle est comptable seulement,mont, il, 29». Les deniers du roy, lesquels il faudraqu’ils facent bons, quoiqu’il tarde, et en serontcomptables, condé, Mémoires, p. 634.

— ÊTYM . Compter.

f COMPTABLIE (kon-ta-blie), s. f. Aneien termed’administration. Droit d’octroi perçu à l’entrée desvilles de Guienne.

— ÊTYM . Comptable.

f COMPTAGE (kon-ta-j’), s. m. Terme d’eaux etforêts. Action de compter et d’estimer les arbres.

— ÊTYM . Compter.

COMPTANT (con-tan), adj. m. || 1* Il ne se ditguère que dans ces locutions : argent comptant,deniers comptants, payés sur l’heure et en espèces.Recevant dix mille francs argent comptant, pasc.Prov. ( 2 . Pour les revendre argent comptant, id.ib. 8. Qu’un million comptant par ses fourbes ac-quis, boil. Sat. i. Bonheur étrange I Je bois etmange Sans un sou comptant, bérang. Cocag. || Fig.C’est de l’argent comptant, c’est une valeur, c’estun engagement aussi sûr que si l’argent était comp-tant. || Prendre une chose pour argent comptant,se fier aveuglément à des paroles. Prendrons-noustout ceci pour de l’argent comptant? mol. Sgan.