Band 
Tome premier. A - C.
Seite
711
JPEG-Download
 

CON

plusieurs choses ensemble. || 2'Terme de grammaire.Mot proposé par Beauzée pour cette gradation où unmot se répète d’un membre dans le suivant, et lesenchaîne ainsi les uns aux autres : Tout renaissaitpour s’embellir ; tout s’embellissait pour plaire.

CONCAVE (kon-ka-v’), adj. || 1° Dont le milieu estplus déprimé que les bords. Surface concave. Lesmiroirs concaves réfléchissent les rayons à un pointnommé foyer. || 2° S. m. La partie concave. Le con-cave d’un globe. Vieux en cet emploi.

— HIST. xiv' s. Le concave et le curve d’une lignecirculaire, oresme, Eth. 30. Ceste concavité ou su-perficie concave est très parfettement polie, planéeet ouvrée, sans quelcunque aspreté ou endenture,id. Thèse de meunier. Concave et convexe sont op-posites par relacion et non pas par contrariété, id.té. La profondeur des pui3 et des concaves [cavités]de la terre, e. desch. Art de dictier, p. 263. EtGlaucus li dieux de la mer Dist que, pour tout fairepérir, Feroit des concaves issir Ses mers et par leschampsespandre, id. Poésiesmss. P 469, dans la-

CURNE.

— ÉTYM . Provenç. concau; espagn. et ital. con-cave; du latin eoncavus, de cum, et cavus, creux(voy. cave).

f CONCAVIFOLIÉ, ÉE (kon-ka-vi-fo-li-é, ée),adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles con-caves.

—étym. Concave, et feuille.

CONCAVITÉ (kon-ka-vi-té), s. f. |[ 1° La partie oule côté concave. La concavité d’un verre de montre.|| 2° Creux, cavité. Les animaux qui ont deux con-cavités dans le cœur, desc. fœtus, 2. Cinq vieuxchênes germant dans ses concavités [du roc] Y pen-chent en tous sens leurs troncs creux et voûtés, la-MART. JOC . Il, 81.

— HIST. xiv* s. La concavité et curvité de telleligne ne sont pas deux choses divisées, mes sontceste ligne meisme, oresme, Eth. 39. || xvi* s. II yaura tout à l’entour dudit cabinet certaines conca-vitez creusées dedans la muraille, qui serviront desieges, palissy, 6t. Concavitez, amyot, P. Æm. 22 .

— ÉTYM . Provenç. concavitat; espagn. concavi-aad; ital. concavità; du latin concavitatem, de con-cavus, concave.

f CONCAVO-CONCAVE (kon-ka-vo-kon-ka-v’),adj. Terme didactique. Qui est concave sur les deuxfaces.

t CONCAVO-CONVEXE (kon-ka-vo-kon-vè-ks’),adj. Terme didactique. Qui est concave d’un côté etconvexe de l’autre.

CONCÉDÉ, ÉE (kon-sê-dé, dée), part, passé. Lesterres concédées par l’État aux colons.

CONCÉDER (kon-sé-dé. L’accent aigu se changeen accent grave quand la syllabe qui suit est muette :je concède; excepté au futur et au conditionnel : jeconcéderai, je concéderais; anomalie regrettable),t>. a. Faire octroi de. On concéda de grands privi-lèges à cette compagnie. || Se dit du gouvernementqui accorde, sous certaines conditions, à une com-pagnie, le droit de construire un chemin de fer etde l’exploiter. Concéder une ligne. || Fig. Le sorttombé sur moi m’a concédé la gloire De tenter lepremier cette grande victoire, du ryer, Scévole,v, 5. Madame, c’est avec justice que le ciel vous aconcédé le nom de belle-mère, puisqu’on voit survotre visage.... mol. Mal. imag. n, 7.

— HIST. xvi* s. Et ne concéder point choses dé-raisonnables etdeshonnestesà telz efîrontez, amyot,De lamauv. honte, t5. On ne leur sçauroit concé-der des passetemps plus reglez que ceulx qui se fonten presence d’un chascun et à la veue mesme dumagistrat, mont, i, t99. Voilà pourquoy Aristote mesme leur concédé volontiers ceste science [l’astro-nomie à certains animaux], id. ii, t96.

éï'YM. Le latin concedere, céder, concéder, decum, et cedere, céder.

t CONCÉLÉBRER (kon-sé-lé-bré), u. a. Terme deliturgie. Dire en même temps la messe, en parlantde l’évêque et des nouveaux prêtres qu’il consacre.|| Se concélébrer, v. réfl. Être concélébré. La messequi s’est concélébrée lors de son ordination a ététrès-solennelle.

— étym. Con.... préfixe, et célébrer.

t CONCENTRABLE (kon-san-tra-bl’), adj. Quipeut être concentré.

t CONCENTRATEUR (kon-san-tra-teur), adj. Quisert à concentrer les liquides, les sirops. Appareilconcentrateur, et, substantivement, un concentra-teur.

CONCENTRATION ( kon - san - tra - sion ) , s. f.Il 1° Terme de physique. Action de concentrer. Laconcentration des rayons solaires au foyer d’une len-

CON

tille. || Résultat de cette action. L’âine, dit Leibnitz ,est une concentration, un miroir vivant de tout l’u-nivers, volt. Newt.i, 7. || Fig. Terme de politique.La concentration du pouvoir entre les mains d’unseul. || 2° Terme militaire. La concentration destroupes, la réunion des troupes sur un point déter-miné. || 3" Terme de chimie. Opération qui consisteà rapprocher les molécules d’un corps, en dimi-nuant, par l’action de la chaleur ou autrement, laproportion du liquide qui les tient dissoutes. Parvenuà un certain degré de concentration, le vinaigre de-vient susceptible de prendre, parie refroidissement,une forme concrète, condorcet , Courtanvaux.|| 4'Terme de médecine. Concentration du pouls,état du pouls qui devient concentré.

— Étym. Concentrer.

CONCENTRÉ, ÉE (kon-san-tré, trée), part, passé.|| l'Rassemblé au centre. Les rayons solaires con-centrés au foyer d’une loupe. Votre monade, ainsique la mienne, est un miroir concentré de cet uni-vers, volt. Phil. ignorant, 27. Il semble que la voixdans les airs égarée, Par cet espace étroit dans cesmurs concentrée X notre âme retentit mieux, lamart.Harm. i, 8. || Terme militaire. Des troupes concen-trées, troupes rapprochées l’une de l’autre pouragir sur un même terrain. Feu concentré, feud’artillerie dirigé de différents côtés, sur un mêmepoint convenu. || 2"Terme de chimie. Acide, alcoolconcentré, acide, alcool dont on a chassé la partieaqueuse. Le vinaigre radical, étant chauffé forte-ment, devient susceptible de prendre feu ; plus il estconcentré , plus il est inflammable, condorcet ,Courtanvaux. || 3° Terme de médecine. Pouls con-centré, pouls où l’artère est peu développée sous ledoigt qui la touche. || 4° Borné, limité, renfermé. Ceserait un miracle que de persuader à ceux-ci et àceux-là que la vertu n’est pas concentrée tout entièredans leur parti, dider. Disc, prélim. || 5°Fig. Quine donne point d’expansion à ses sentiments ou à sesidées. Concentré en soi-même. Ceux qui ont despassions plus sérieuses étant froids sur ces puérili-tés, toute la vivacité de leur esprit demeure con-centrée, vauven. Vivacité. Mais un cœur ulcéré Parde trop longs chagrins devient plus concentré, m. j.chén. Gracques, m, 7. Brûlant pour Desdémone,il déguisait sa flamme, Cachait les noirs projetsconcentrés dans son âme, ducis, Othello, v, 6. Unfait certain, c’est qu’en quittant son beau-frère, lestraits de Murat portaient l’empreinte d’un profondchagrin ; ses mouvements étaient brusques, une vio-lence sombre et concentrée l’agitait, séqur, Hist. deNapol. vi, 4. Là, au milieu des chefs rassemblés,entouré de leurs regards inquiets et qu’il supposedésapprobateurs, il semble vouloir les repousser deson attitude sévère et d’une voix brusque, cas-sante et concentrée, id. ib. vin, u.

j- CONCENTREMENT (kon-san-tre-man), s. m.|| 1° État de ce qui est concentré. || 2° Fig. Resserre-ment, attente avec inquiétude. Le garde des sceauxsortit et revint à M. le duc d’Orléans , qu’il tira dansune fenêtre; et cependant grand concentrement depresque tous, st-sim. 514, 67.

— ÉTYM . Concentrer.

CONCENTRER (kon-san-tré), v. a. || 1”Terme dephysique. Faire converger, réunir au centre, ouen un centre, vers un centre. Concentrer les rayonssolaires. || 2° Fig. Concentrer toutes ses affections surquelqu’un. Elles ne feront que concentrer la charitédans votre fond, boss. Lettr.abb. 142. L’hiver neconcentre tous les trésors de la terre qu’afin que leprintemps suivant les déploie, fén. Exist. 1 7. Im-mobile, i’œil fixe attaché sur ce cœur Qui semblesur lui seul concentrer sa douleur, de belloy,Gabr. de Vergy, v, to. Nul ne désira plus dansl’autre âme qu’il aime De concentrer sa vie en seperdant soi-même, lamart. Harm. iv, tt. || Con-centrer dans ses mains toute l’autorité. Le gouverne-ment de Berne , en concentrant ses fonctions dansun certain nombre de familles, n’en a pas exclules professions utiles à la société et qui exigent deslumières, condorcet, Haller. || 3°Terme de chi-mie. ôter à un corps liquide l’eau qui y est mé-langée. Concentrer l’alcool. || Concentrer un acide,faire partir une partie de l’eau qui le tient en disso-lution, soit en le chauffant, soit en l’exposant à l’ac-tion du froid, qui en congèle la partie aqueuse.|| 4' Terme de guerre. Rassembler les divers corpsde troupes sur un même point. || 5° Ne pas donnerd’expansion. Concentrer sa haine, sa fureur, lacontenir jusqu’à ce qu’elle éclate. || Concentrer sadouleur, la renfermer en soi. || 6” Se concentrer, v.réfl. Être concentré. Les rayons du soleil se concen-trent dans le foyer d’un miroir ardent. Toute sa colère

CON 7H

s’était concentrée sur ce pauvre homme. |[ Termemilitaire. Réunir ses forces sur un même point. Pen-dant qu’on s’appelle, qu’on regarde et qu’on se con-centre dans celui de ces deux hameaux qui était leplus près du Borysthène, des milliers de cosaquessortent d’entre tous les arbres, ségur , Ilist. de Na-pol. x, 9. Il hésitait pourtant à quitter cette positionrétrécie sur laquelle allaient se concentrer tous lesfeux ennemis, id. ib. v,3.

— ÉTYM . Con.... et centre.

CONCENTRIQUE (kon-san-tri-k’), adj. Terme degéométrie. U se dit des lignes courbes qui ont unmême centre. Je décris un troisième cercle concen-trique , i. j. rouss. Ém. ii. || Terme de médecine.Hypertrophie concentrique du cœur, augmenta-tion d’épaisseur de ses parois, diminuant la capa-cité sans augmenter le volume de l’organe.

— hist. xiv* s. Tout cercle qui divise son espere[sa sphère] en deux moitiés et a son centre ou [au]centre du monde, est dit concentrique, oresme,Thèse de meunier. || xvi* s. Ces epicycles excen-triques , concentriques , de quoy l’astrologie s’aydeà conduire le bransle de ses estoiles, elle nous lesdonne pour le mieulx qu’elle ayt sceu inventer ence subject, mont, ii, 281 .

— ÉTYM . Voy. CONCENTRER.

+ CONCENTRIQUEMENT (kon-san-tri-ke-man),adv. D’une façon concentrique.

— ÉTYM . Concentrique, et le suffixe ment

CONCEPT (kon-sèpt’), s. m. Terme de philosophie.

Résultat de la conception, chose conçue. Pour maservir des termes de l’école, dans leur concept for-mel , desc. Médit. 6. N’est-ce pas là une image deces concepts qui ont fait tant de réputation à tantde philosophes ? dider. Lett. s. les sourds. Idée esttout concept formé par l’esprit, boullainvilliers,lté fut. de Spinoza , p. 91. Si l’on veut former uneidée ou concept particulier de la partie, il faut laséparer de son tout, id. ib. p. 97. Il n’en existepoint d’autres [que le pendule composé] dans lanature; et les pendules simples ne sont que de pursconcepts géométriques propres à simplifier les ob-jets, laplace, Expos. III, 5. Il Dans le langage deKant , toute idée qui est générale sans être absolue.

— hist. xvi* s. A esté trouvé bon d’amplier lesdites chartes, et d’icelles estre fait un recueil etconcept, Nouv. coust. génér. t. n, p. 4t.... Pensequ’autant de testes Et de bras et de mains viennentpour tes conquestes, En nombre redoublez, de des-sin en dessin, Pour mettre tes concepts fidèlementà fin, am. jamin, Poésies, p. 27, dans lacuhne.

— ÉTYM . Le latin conceptum, chose conçue , deconcipere (voy. concevoir). Concept s’est dit pourconception, la formation de l’enfant dans le seinde sa mère : Vostre concept et naissement, J. ma-rot, v, 304.

t CONCEPTACLE (kon-sè-pta-kl’), s. m. Termede botanique. Synonyme de follicule. || Organe par-ticulier des champignons, renfermant des sporangesou thèques.

— ÉTYM . Lat. conceptaculum, réservoir, de con-ceptum, supin de concipere, recueillir (voy. conce-voir).

f CONCEPTACULAIRE (kon-sè-pta-ku-lê-r’), adjTerme de botanique. Fructification conceptaculaire,fructification qui se fait au moyen de conceptacles.

— ÉTYM . Conceptacle.

f CONCEPTIBILITÉ (kon-sè-pti-bi-li-té ), s. f.Terme de philosophie. Qualité de ce qui est con-ceptible.

— ÉTYM . Conceptible.

f CONCEPTIBLE (kon-sè-pti-bl’), adj. Terme dephilosophie. Qui est propre à être conçu.

— ÉTYM . Lat. conceptum, supin de concipere (voy.concevoir).

f CONCEPTIF, IVE ( kon-sè-ptif, pti-v’), adj.Terme de philosophie. Qui est propre à concevoir.Faculté conceptive.

— ÉTYM . Voy. concevoir.

CONCEPTION (kon-sè-psion; en poésie, de quatrosyllabes), s. f. || 1° Terme de physiologie. Action parlaquelle les animaux sont formés dans le sein de lamère. Chacun a en soi, dès sa conception, la causequi le détruit. || Se dit au sens actif, de la mère quia conçu : la conception de la mère ; et au sens pas-sif, de l’enfant qui a été conçu : la conception del’enfant. || 2° Terme de théologie. L’immaculée con-ception, l’opération par laquelle la Vierge fut con-çue dans le sein de sa mère sans la tache du pêchéoriginel, opinion récemment élevée au rang dedogme, et qui, durant le moyen âge, avait étécombattue ardemment par les dominicains et soute-nue ardemment par les franciscains. || La Conception,