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Tome premier. A - C.
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CON

— ÉTYM. Provenç. cnncurrer; espagn. concurrir;liai, concurrere ; du latin concurrere, de cum, etcurrere (voy. cotmm).

CONCOURS (kon-kour; l’s ne se lie pas : un con-cours odieux, dites: un kon-kour odieux), s. m.|| 1“ Action d’une foule qui se porte vers un point;affluence. Le concours des curieux était très-grand.L’audace d’une femme arrêtant ce concours.... rac.Athal. i, 4. Je voulais éviter cette foule importune;Au devant de mes pas le concours s’est grossi, M. i.CHÉNIER, Gracques, i, 5. Me refusant d’abord à ceconcours d’hommages, ducis, Hamlet , iv, 7. Unconcours pénitent de dévots pèlerins, De l’Helvétieentière inonde les chemins, masson, Helvétiens, v.|| 2° Action de se trouver ensemble, rencontre. Unconcours de voyelles formant un hiatus. Le favora-ble concours des circonstances. Le monde, formé,suivant Démocrite , par le concours des atomes.Fuyez des mauvais sons le concours odieux, boil.Art p. i. Formé par un concours fortuit des premierscorps, boss. Hist . n, 4.1| Coïncidence. Le concoursde deux époques. || Terme de géométrie. Le con-cours de deux lignes, leur intersection. IIS" Termede jurisprudence. Se dit lorsque plusieurs préten-dent droit à un même objet. Concours entre créan-ciers. Concours de privilèges, lorsque plusieurscréanciers privilégiés se disputent la priorité. || Con-cours d’actions, lorsque plusieurs actions concourentpour obtenir un même résultat. || 4° Action de con-courir, de coopérer à un résultat. [Ces choses] dé-pendent du concours de deux causes, besc. Médit.4 . Et prêtant son concours à ce fameux ouvrage,rotrou, St-Gen. iv, 2 . Il veut que Dieu l’y soutiennepar un concours extraordinaire, bourd. Carême, 1 ,Tentât. 1 97. Il fallait qu’il y eût un certain concoursentre les opérationsde l’âme, boss. Conn. de Dieu ,4. || Terme d’administration. Concours de l’État, descommunes, intervention financière dans l’exécutiondes travaux publics, dans une entreprise. || 5° Luttedans laquelle plusieurs concurrents se disputent desprix, des primes, des chaires; épreuve entre ceuxqui prétendent k un emploi, k l’exécution d’uneœuvre d’art. Le concours est ouvert. Un brillantconcours. Mettre une chaire aucoucours. || Concoursgénéral, et, absolument, concours, compositions,par classes respectives, entre l’élite des élèves deslycées et collèges de Paris et du lycée de Versailles .|| Dispute ou examen qui se fait à Rome pour ob-tenir certains bénéfices vacants.

— HIST. xvi" s. Quand il se fait un concours [réu-nion] de plusieurs personnes pour quelque occa-sion, amyot, De la curiosité, 22 .

— ÉTYM . Espagn. concurso; ital. eoncorso; dulatin concursus , de cum, et cursus, cours.

f CONCRESCIBIUTÉ (kon-krè-ssi-bi-li-té), f.Qualité de ce qui est concrescible.

fCONCRESCIBLE (kon-krè-ssi-bP), adj. Terme di-dactique. Qui peut prendre une consistance concrète.

— ÉTYM . Latin concrescere, se réunir, de cum, etcrescere, croître : croître avec (voy. croItre).

CONCRET, ÈTE (kon-krè, krè-t’), adj. || 1° Termedidactique. Qui a une consistance plus ou moinssolide, par opposition à fluide. Les coquilles fos-siles liées par une vase plus ou moins concrète.|| 2“ Terme de grammaire et de logique. Termeconcret, celui qui exprime une qualité considéréedans un sujet, par exemple un papier rouge, paropposition à terme abstrait, celui qui exprime unequalité séparée du sujet, par exemple la rougeur.Il Verbe concret, celui qui par l’analyse peut serésoudre en deux termes : le verbe être et un attri-but. Aimer est un verbe concret, car il se décom-pose en être aimant. || 3“ Terme d’arithmétique.Nombre concret, nombre qui exprime l’espèce d’u-nités : dix soldats, cent moutons sont des nombresconcrets; dix, cent sont des nombres abstraits.Il 4“ Terme de philosophie. Science concrète, sciencequi a pour domaine un objet particulier, par oppo-sition à science abstraite, celle qui s’occupe des loisgénérales d’un certain domaine. La géologie est unescience concrète, ayant pour sujet la terre, et lachimie est une science abstraite, ayant pour objetles lois générales de la composition et de la décom-position moléculaires.

— REM. L’Académie écrit concrète avec un seult, et muette avec deux t, ce qui n’est pas consé-quent.

— hist. xvi’ s. La liqueur demeure concrelte etglacée, paré, xviii, 44.

— ÉTYM . Provenç. concret; espagn. et ital. con-creto; du latin concretus, du supin concrelum, deconcrescere, se réunir, de mm, et crescere, croître:croître avec.

CON

f CONCRÈTE, ÉE (kon-kré-té, tée), part, passé.Devenu concret. L’opium concrété sur les capsulesincisées du pavot dont il découle.

t CONCRÉTER (SE) (kon-kré-té; l’accent aigu sechange en accent grave devant une syllabe muette :il se concrète, excepté au futur et au conditionnel :il se concrétera, il se concréterait), o. réfl. Termedidactique. Se coaguler, se prendre.

— REM. Destutt de Tracy a forgé dans son Traitéd’idéologie, ch. 6, le barbarisme contraire :*Cetteopération de l’esprit.... n’a point de nom dans lalangue française, on peut l’appeler concraire paropposition à abstraire. » Il aurait beaucoup mieuxvalu dire concréter activement pour l’opération deformer des idées concrètes.

— ÉTYM . Concret.

CONCRÉTION (kon-kré-sion ; en poésie, de quatresyllabes),*, f. || 1 ° Action de s’épaissir, de se solidi-fier. La concrétion du lait. || 2° Agrégation de par-ties solides. Concrétion saline, pierreuse. || Termede médecine. Production de nouvelle formation,organisée ou non, qui se forme dans l’épaisseur destissus, dans les articulations, dans les conduitset réservoirs. Concrétions arthritiques, biliaires.|| 3° Terme de chirurgie. Adhérence de parties quidoivent être séparées.

— HIST. xvi* s. Ceste humidité est engendrée aprèsla mort par l’exhalation et concrétion des esprits,paré, ii, 40.

— ÉTYM . Provenç. conerecio ; ital. concrezione ;du latin concretionem, de concretum (voy. concret).

+ CONCRÉTIONNAIRE (kon-kré-sio-nê-r’J, adj.Terme de géologie. Roches concrétionnaires, rochesdisposées en masses ou rognons.

— ÉTYM . Concrétion.

f CONCRÉTIONNÉ, ÉE (kon-kré-sio-né, née),part, passé. Terme de minéralogie. Qui a le ca-ractère d’une concrétion. || Terme de géologie. Quia été formé par infiltration ou par dépôts successifs,comme les stalactites.

t CONCRÉTIONNER (SE) (kon-kré-sio-né), v.réfl. Terme didactique. Se former en concrétion.

— ÉTYM . Concrétion.

CONÇU, UE (kon-su, sue), part, passé de conce-voir. || 1° Formé dans le sein de la mère. || Fig.Formé dans le cœur, dans l’esprit. Les jalousiesconçues sur de fausses apparences, mol. les Crée.sc. 6. Cet horrible dessein Ne fut jamais, seigneur,conçu dans votre sein, rac. Brit. iv, 3. || 2° Disposé,arrangé, combiné. Projet bien conçu. D’une paixmal conçue elle m’a fait le gage, corn. Rodog. ni, 3.Jamais contre un tyran entreprise conçue Ne per-mit d’espérer une si belle issue, ro. Cinna, i, 3.|| Exprimé, rédigé. Discours conçu en termes me-naçants. Les sentiments des saints Pères, conçus etexprimés en leurs propres termes, pasc. l’rov. 3.

f CONCUBIN (kon-ku-bin), s. m. Terme d’anciennejurisprudence.Celui quivitavecuneconcubine. || Au

plur. L’hommeetlafemme qui viventen concubinage.Les libéralités étaient interdites entre concubins.

— HIST. xv’ s. Le suppliant respondi : ort, vil,villain, concubin, je ne te crains, du cange, con-cubinarius.

— ÉTYM . Voy. concubine.

CONCUBINAGE (kon-ku-bi-na-j’), s. m. État d’unhomme et d’une femme non mariés qui vivent en-semble. Il a fallu, dans ces pays, flétrir le concu-binage, MONTESQ. Esp. XXIII, 6. Madelon : Quoi !débuter d’abord par le mariage? — Gorgibus : Etpar où veux-tu donc qu’ils débutent? par le concu-binage? mol. Préc. sc. 5. Ce libertinage [du ducd’Orléans et de Mme d’Argenton], devenu abandondepuis tant d’années, s’approfondissait de plus en

plus, et il était devenu non-seulement concubinage,mais ménage public, st-sim. 253, 4 46.

— hist. xv’ s. Icellui Jaquet et Perrette demou-roient ensemble en quoqubinaige, du cange, con-cubinarius. ||xvi's. Donation en mariage, ni con-cubinage, ne vaut, loysel, 427.

— ÉTYM . Concubine.

CONCUBINAIRE (kon-ku-bi-nê-r’), s. m. Celuiqui vit en concubinage.

— HIST. xvi* s. Cela fut très bien dit contre lespaillars et concubinaires, la boétie, 342. Don deconcubinaire k concubine et de concubine à concu-binaire frequentans et conversans ordenairementensemble, ne vaut, Coustumier génér. t. n, p. 4 77.

— ÉTYM . Concubine.

t CONCUBINAIREMENT (kon-ku-bi-nê-re-man),adv. X la façon des concubinaires.

— hist. xvi' s. C’estoit à cause des femmes quel’on detenoit concubinairement par force, carl. vi, 5.

— ÉTYM . Concubinaire, et le suffixe ment.

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f CONCUBINAT (kon-ku-bi-na), s. m. Chez lesRomains, sorte d’union légale, mais inférieure,qui ne produisait pas les effets civils des justesnoces.

— ÉTYM . Voy. concubine.

CONCUBINE (kon-ku-bi-n’), s. f. Femme qui vilavec un homme sans être mariée avec lui. Henri VIII ne pouvait déclarer la tante de l’empereur concu-bine, volt. Mœurs, 435. || Dans l’antiquité et dansl’Orient, femme qui fait partie du harem d’unprince. Darius se faisait suivre par trois centsoixante-cinq concubines, et toutes en équipagesde reines, vaugel. Q. C. liv. m, ch. 9. || A Rome ,la femme unie par le concubinat.

— hist. xiv* s. Il [Sardanapalus] restoit tousjoursenclos avecquesses concubines, oresme, Eth. v, 9.

|| xv* s. Et dirent ainsi, que ce duc de Lancastres’etoit trop forfait et vitupéré quand il avoit espousésa concubine, froiss. m, iv, 60 .

— ÉTYM . Provenç. espagn. et ital. concubina; dulatin concubina, de cum, et cubare, coucher (voy.couver).

CONCUPISCENCE (kon-ku-pi-ssan-s’), s. f. Termede dogmatique. Le fond d’inclination naturelle quinous fait désirer la jouissance des biens sensibleset surtout des plaisirs charnels. Une concupiscencenaissante, fléchier, i, 326. Ils vous ont porté àchercher votre bien dans les concupiscences quisont le partage des animaux, pasc. Car. 4 6. Que si,lâchant la bride à sa concupiscence, Il emporte lajouissance Où l’a fait aspirer ce désir déréglé....corn. Imit. i,6. Les passions de son cœur lui cachentpresque toujours la vérité et ne la lui laissent pa-raître que lorsqu’elle est teinte de ces fausses cou-leurs qui flattent la concupiscence, malebr. Re-cherche, vi, 4.

— SYN. CONCUPISCENCE, CUPIDITÉ, AVIDITÉ, CON-VOITISE. La concupiscence est un état habituelde l’âmequi la porte vers la jouissance de toutes les sortesde biens sensibles. La convoitise est un vif désir dequelque chose que nous désirons posséder. L’aviditéest un désir insatiable. La cupidité est, d’une façonrestreinte,le désir d’avoir de l’argent, des richesses.

— HIST. xrv’ s. Concupiscence apetice [devientplus petite] par li résister, oresme, Eth. xi, 4 7. E<un autre fait adultéré par sa concupiscence, et ydespent du sien et en suefre damage, id. ib. 4 43.|| xvi’ s. Il ne fut jamais modéré en ses concupis-cences, ny par pauvreté lorsqu’il estoit jeune, nvpar l’aage après qu’il fut devenu vieil, amyot, Syllaet Lysand. 6. La vertu qui réglé la concupiscence,et qui limite ce qui est modéré et opportun ès vo-luptez, se nomme tempérance, id. De la vertu mo-rale, 2 . Le mariage estoit un nom d’honneur etdignité, non de folastre et lascive concupiscence,MONT. I, 227.

— ÉTYM . Provenç. concupiscentia ; espagn. concu-piscencia; ital. concupiscenza ; du latin concupis-centia , de cum, et cupere, désirer (voy. cupide).

f CONCUPISCENT , ENTE (kon-ku-pi-ssan, san-t’),adj. Qui est livré à la concupiscence.

— étym. Voy. CONCUPISCENCE.

CONCUPISCIBLE (kon-ku-pi-ssi-bl’), adj. Terme

de scolastique. Appétit concupiscible, l’inclinationqui porte l’âme vers ce qu’elle considère comme unbien. Les philosophes appellent appétit concupis-cible celui où domine le désir, boss. Conn. de Dieu ,i, 6. Les anciens philosophes, en analysant l’âmehumaine, y admettaient trois facultés, la concupis-cible, l’irascible et la raisonnable, bern. de st-p.Il arm. liv. v, harm. anim.

— hist. xiv’ s. Que l’appetit concupiscible se con-corde, conforme et obéisse â raison, oresme , Thèsede meunier. L’autre puissance est concupiscible, etgeneralement tout appétit sensitif, id. Eth. 34.|| xvi’ s. La partie intelligente [de l’âme] résisté biensouvent k la concupiscible et irascible, amyot , Dela vertu morale, 4. La faculté concupiscible, paré.xv, 62 . La vertu concupiscible ou desireuse, id.xviii, 3.

— étym. Concupiscibilis (voy. concupiscence)

f CONCURÉ (kon-ku-ré), s. m. Prêtre qui exerçaitla charge de curé concurremment avec d’autres.

— étym. Con, et curé.

CONCURREMMENT (kon-ku-rra-man) , adv.|| 1° Par un concours mutuel, ensemble. Ils ont agiconcurremment.il faut que le criminel, concurrem-ment avec la loi, se choisisse des juges, montesq.Esp. xi, 6. Vous avez saisi mon système: il consisteà attribuer concurremment le droit de faire la paixou la guerre aux deux pouvoirs que la constitutiona consacrés, Mirabeau, Collection, t. m, p. 340.|| 2° En concurrrence l’un de l’autre. Ils briguaient