Band 
Tome premier. A - C.
Seite
720
JPEG-Download
 

720 COIN

on est d accord qu’après la justification, c’est-à-direaprès que la personne est agréable, que le saint Es-prit y habite et que la charité y règne, l’Écriturelui attribue une sorte de dignité, id. ib.

— RT YM. Condigne.

j-CONDILLACIEN, IENNE (kon-di-lla-siin, siè-n’,II mouillées), adj. Oui se rapporte à la philosophiede Condillac . || S. m. Partisan de cette philosophie.

— Rtym. Condillac , célèbre philosophe duxvm" siècle, qui regardait la sensation comme lasource de la pensée.

CONDIMENT (kon-di-man), s. m. Terme d’hy-giène et de cuisine. Substance d’une saveur pro-noncée que l’on mêle aux aliments. Les condimentssont un ingrédient nécessaire de l’alimentation.

— SYN. assaisonnement, condiment. Assaison-nement est plus général. Il se dit de tout ce quirend les aliments plus agréables, surtout quand ils’y joint l’idée d’une certaine variété selon les sai-sons. Les fines herbes sont un assaisonnement dansla salade. Condiment ne se dit guère que de ce quia une saveur très-marquée. Le sel est le plus pré-cieux de tous les condiments.

— HlST. xvi" s. Ces incommoditez luy serventd’aiguillon et de condiment à sa doulceur, mont,i, 70. Condimens au sel et au vinaigre dont on sesert l’hyver pour salade à l’entrée et commencementdes repas, comme de pourpier, petits concombres,violettes doubles, pommes verdes ou abricots, des ac-cords, Escraignes dijonnoises.p. 64, dans lacurne.

— ÉTYM . Latin condimenium, de condire, assai-sonner; provenç. condimen.

-f CONDIMENTAIRE ( kon-di-man-tê-r’) , adj.Terme didactique. Qui a rapport aux condiments.L’emploi condimentaire de cette substance.

—ÉTYM.Latin condimentarius, de condimentum,condiment.

f CONDIMENTEUX , EÜSE (kon-di-man-teù,ted-z’), adj. Terme didactique. Qui tient de la na-ture des condiments.

— RTYM. Condiment.

CONDISCIPLE ( kon-di-si-pl’ ), s. m. Compagnond’étude, de collège. || Par extension. Dampierre etVaucresson m’étaient ouverts en tout temps; lescondisciples obscurs [de la cabale] y paraissaientlibrement devant moi, st-sim. 302, 184.

— REM. Condisciple, qui n’est ni dans Furetière ni dans Ilichelet, est donné par l’Académie pour lapremière fois dans l’édition de 1762.

— Rtym. Latin condiscipulus , de cum, et disci-pulus, disciple.

f CONDIT (kon-di), s. m. Terme de pharmacie.Substance végétale pénétrée et recouverte de sucrecristallisé.

— ETYM . Latin conditum, de condire , assaisonner.

CONDITION (kon-di-sion ; en poésie de quatre syl-labes), s. f. || 1° La classe à laquelle appartient unepersonne dans la société par sa fortune, par sa qua-lité, par ses emplois, par sa profession. Conditionsociale. L’inégalité des conditions. Je ne me sentaispas de condition qui m’obligeât à faire un métier dela science,DESC.JJét/i. 4,43. Tousgens sont ainsi faits;Notre condition jamais ne nous contente; La pireest toujours la présente, la font. Fab. vi, ti. Leluxe et la vanité n’ont plus de bornes, et chacun sefait de ses propres vices les vertus de sa condition,fléchier, dans richelet. En vous ôtant un gendreon vous en donne un autre Dont la condition répondmieux à la vôtre, corn. Pohj. v, 2 . Cet orgueil quinous pousse à nous agrandir au-dessus de nos con-ditions et de nos forces, fléch. Serm. n, 36. Hom-mes qui avaient vécu dans les plus basses conditions,fén. Tel. xvin. En quelque condition qu’on soit, id.ib. v. Un homme simple, obscur et d’une médiocrecondition, id. ib. vii. Un roi vous semble heureux,et sa condition Est douce au sentiment de votre am-bition, rotr. Vencesl. i, l. Tu lui diras qu’à la vé-rité je n’ai pas dit qui c’était, mais qu’il t’a sembléque je parlais pour un autre, pour quelqu’un decondition égale à la mienne [un bourgeois], mari-vaux, le Préjugé vaincu, sc. 2. || Dans le langagede l’histoire, la condition des personnes et des terres.Dans le moyen âge il y a trois conditions, les no-bles, les vilains, les serfs; il y a des terres de con-dition noble et de condition roturière. || En termesde droit, faire la condition meilleure, pire, étendreou restreindre les droits ou l’objet du droit d’unepersonne. Le créancier ne peut rendre sa conditionmeilleure au détriment du débiteur. || Dans le lan-gage général. N’être pas de pire condition, êtretraité aussi bien que.... Croyez-vous que Dieu soitde pire condition que l’homme? pasc. Culte. Souventle consul victorieux n’était pas de meilleure condi-

CON

tion que le peuple qu’il avaitvaincu, st-évrf.m. ii,n. Le roi ne doit pas être à cet égard de pire con-dition que ses sujets, vadr. Dime, p. 78. || En droit,la condition des personnes, l’état civil ou l’ensem-ble des droits. Condition juridique, la condition del’étranger, du mineur, de l’enfant naturel. || 2" Lamanière d’être, en parlant des choses. La conditiondes choses de ce monde est d’être sujettes au chan-gement. La condition d’un mariage avantageux estaussi souhaitable suivant le monde qu’elle est vileet préjudiciable selon Dieu , pasc. Extrait d'unelettre à Mme Périer, t669. || Terme de philosophie.Principe des conditions d’existence, principe queles sciences ont substitué à celui de la finalité etqui consiste à considérer comment les choses sontou se font et non pourquoi elles sont ou se font.|| Fondements, bases, éléments. Conditions consti-tutives, statiques, physiologiques, industrielles. Endroit, conditions essentielles, les éléments essentielsdes contrats, des obligations : le consentement, lacapacité, l’objet, la cause. || Ensemble de rapports.Conditions de température, de salubrité, dansun pays donné. || 3" Qualité requise. Conditionsde capacité, de moralité. Cet ouvrage n’a pas lesconditions demandées, n’est pas dans les conditionsvoulues. || Bonne ou mauvaise condition. Marchan-dise de bonne condition. || Terme d’hippiatrique.Le traitement bon ou mauvais que subit le cheval.En condition, terme qui désigne l’état du chevalqui, ayant été soumis à l’entraînement, est apte àcourir. Ce cheval est mis en condition. || 4" Abso-lument, noblesse. Ceux qui comptent plusieursdegrés, sans illustration extraordinaire, formentl’homme et la femme de condition. C’est ici que lesang et la condition Ne nous permettent pas unelâche action, rotr. Antig. ni, 6. Il s’est mis dansla tête de vouloir faire l’homme de condition, mol.les Prie, l. Nous connaissons des personnes de con-dition qui ont appréhendé des morts domestiques,pasc. Lett. 4. Le besoin de loger les pensionnairesde condition, Boss.iett. 066 . 274 . La locution com-plète était condition noble; l’usage a supprimé no-ble, en gardant le même sens. || 5° Service dedomestique. Être, entrer en condition. Cherchercondition. Hors de condition. Il ne cherchera pas àle mettre en condition jusqu’à votre retour, sêv. 307.|| Faire plusieurs conditions, servir dans plusieursmaisons différentes, et, par extension, changer decondition, de position. Mme de Brinon est à Mau-buisson, où elle s’ennuiera bientôt; cette personnene saurait durer en place; elle a fait plusieurs con-ditions et changé de plusieurs couvents, id. 607 .|| Le sens propre, qui vient de la féodalité, était :personne de condition, personne soumise à une con-dition, c’est-à-dire affranchie avec la condition defournir un certain service. || 6° Condition, situation,état. La condition matérielle du peuple, des labou-reurs. Sa condition a empiré. Les empereurs ro-mains améliorèrent la condition des esclaves. Amé-liorer la condition morale, intellectuelle et physiquedu plus grand nombre. || Position avantageuse oudésavantageuse dans une affaire. Votre condition estbien meilleure que la mienne. || 7° Clause, charge,obligation qu’on impose ou qu’on accepte. Conditionexpresse, tacite, onéreuse. Combats pour m’affran-chir d’une condition Qui me livre à l’objet de monaversion, corn. Cid, v, l. La mort de Jésus-Christne suffit point sans le baptême; il le faut d’eau,d’esprit ou de sang ; c’est à cette condition qu’il amis l’utilité que nous en devons recevoir, sév. 441.Il ne veut pas imposer les conditions de la paix avechauteur, fén. Tél. xi. Nous réglâmes ensemble plu-sieurs conditions, id. ib. x. Quelles conditions elleveut imposer, rac. Baj. 1 , 4. Et faisons qu’à ses filsil ne puisse dicter Que les conditions qu’ils vou-dront accepter, id. Mithr. 1 , 5. Ses prêtres.... Xdeux conditions se peuvent racheter, id. Alhal. v, 2 .|| Absolument. Je vous la veux montrer, mais à con-dition, la font. Cand. || Faire ses conditions, sti-puler d’abord et formellement ses avantages. || Ven-dre une chose sous condition, la garantir; l’achetersous condition, l’acheter avec faculté de la rendresi elle n’est pas ce qu’elle doit être. Je vous assurede son service sous condition, sév. 84. || Vendre àcondition, c’est vendre à la charge de reprendre lachose si elle ne satisfait pas l’acheteur. || Baptisersous condition, administrer le baptême à un enfant,dans le doute qu’il l’ait déjà reçu, ou qu’il soit vi-vant, ou que sa conformation soit monstrueuse etn’en fasse pas un homme ; et figurément et familiè-rement, il a été baptisé sous condition, se dit parplaisanterie d’un homme très-laid ou très-sot. || Con-dition sine qua non ;mots latins qui signifient : sans

CON

laquelle nen), condition formelle et indispensable,|| En droit, conditions d’un legs, conditions d’uncontrat, les clauses qui le déterminent. La donationest révoquée pour cause d’inexécution des condi-tions. Condition de droit, clause que la loi suppléedans un engagement. |] Plus spécialement, événe-ment futur et incertain qui modifie une obligationet auquel l’existence de cette obligation est soumise.Obligation à terme ou sous condition. Conditionnulle, illicite. Faire une donation sous la conditionque le donateur survivra au donataire. || Conditionpositive, celle qui consiste dans un événement quiarrivera; négative, dans un événement qui n’arri-vera pas; suspensive, qui suspend l’existence del’obligation; résolutoire, qui éteint l’obligation enrétablissant les choses dans leur état primitif. || Xcon-dition que, locut. conjonct. qui régit l’indicatif, ouïesubjonctif, ou le conditionnel, et signifie pourvuque. Je vous donne cet argent à condition que vouspartirez demain, ou que vous partiez demain. Ilvous a donné cet argent à condition que vous par-tiriez ou que vous partissiez. X condition qu’ils ré-gneraient suivant ces maximes, fén. Tél. v. || On ditaussi à condition de, avec l’infinitif. J’ai reçu del’argent, à condition de partir demain. || 8“ Termede commerce. Lieu destiné à la dessiccation dessoies. || Etablissement pour connaître le poids dessoies.

— SYN. 1° condition, état. La condition a surtoutrapport au rang qu’on tient dans les différents ordresqui forment l’économie de la république. L’état aplutôt rapport au genre de vie, à l'occupation donton fait profession, girard. || 2° de condition, dequalité. De condition est plus compréhensif que dequalité; tout homme qui appartient à la noblesse estde condition; au contraire de qualité ne se dit quedes personnes dont les aïeux ont eu quelque illus-tration, ou qui avaient un titre de duc, marquis,comte, etc. Une personne de qualité ravit monâme, mol. Escarbagn. sc. te. On ne traite pointde la sorte les femmes de qualité, id. ib. sc. 2 t.

— IIIST. xiit" s. Se il avenoit que aucuns clers oulais, de quel condition que il fust, Ordonn. somp-tuaire de Phil. le Hardi. Par condicion que le sei-gnor le done [le fief] à son dreit heir, Ass. de J.1 , 222 . Par ces deus cas dessus dis poés voz entendrede toz autres cas qui poent avenir de convenencesqui sunt fetes par condicions, beaum. xxxiv, 4.S’aucuns convenence soz condition ou autre marcié,id. ib. 68. On peut bien, selonc nostre cousftime,fere lais [legs] par condition, id. xii, 54. |] xiv" s.Personnes de condition [personnes assujeties à unservice], du cange, conditionati. Vous faites toutaussi vos condicions, Comme celui qui dit: au pluifort nous tenons, Guescl. 21466. Et se tu veuS direque tu ne les mie subgès de fortune, Et que ta grantattraction [descendance] Afranchist ta condition...machault, p. 98. || xv"s. Par telle condition que lejeune enfant prendroit à femme l’une des jeunesfilles du roi d’Angleterre, froiss. 1 , 1 , 4 7t. La reine,qui estoit vieille et de diverses conditions, n’estoitpas bien contente de lui, pour ce qu’il estoit amou-reux d’aucunes autres jeunes dames du pays plusqu’il n’estoit d’elle, monstrel. liv. 1 , ch. I7i. Songentil maintien et son arc doré donnoient enseignesde ses inclinations et conditions amoureuses, Bouciq.1 , ch. 2 . Quant ung prince ensuyt vertu et bonnesconditions et fuyt les vices, comm. Prol. La plus partdes genstaschentàleur complaire [aux princes et àleurs complexions et conditions, id. ib. Et disoientsa condition [de Louis XI ] estre telle que s’il n’a voitdébat par le dehors contre les grans, qu’il falloitqu’il l’eust avec ses serviteurs et officiers et que souesprit ne pouvoit estre en repos, id. ni, l. Qui eustpeu prendre partie des conditions du roy nostremaistre et partie des siennes [du duc de Bourgogne ],on en eust bien fait ung prince parfaict, id. iii, 3. Parcondition qu’ils voulussent attendre à conclurre laligue de quinze jours, id. vii, 15. || xvi" s. On yretrouvera aucuns traicts de mes conditions et hu-meurs, mont. Au lecteur, p. xi. C’est la conditionde vostre création, id. i, 86. Gents de basse condi-tion, id. 1 , 90. Cet homme estoit simple et grossier,qui est une condition propre à rendre véritable letesmoignage, id. i, 233. Il leur vendit la retraicte àses terres, en condition que.... id. 1 , 298. Ilz leurottroyerent la paix soubs équitables et raisonnablesconditions, amyot, Marcel. 9.

— RTYM. Provenç. condicio; espagn. condicion;ital. condiiione ; du latin conditionem, de condere,fixer, établir, de cum, et dere pour dare, donner(voy. datif).

f CONDITIONNALITÉ (kon-di-sio-na-li-té), s. (■