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Tome premier. A - C.
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CON

Terme didactique. Qualité de ce qui est condition-nel. Les métaphysiciens s’efforcent en vain de sous-traire par leurs espérances ces phénomènes à laconditionnalité, cuvier, dans le Dict. de poitevin.

CONDITIONNÉ, ÉE(kon-di-sio-né, née; en poésie,de cinq syllabes), part, passé. || i" Qui est en cer-taine condition. Bien conditionné, bien fait, en bonétat. Un ouvrage bien conditionné. En sens inverse,mal conditionné. || 2° Fig. et absolument, pourvu desqualités requises en bien ou en mal. Sottise, étourderieconditionnée, très-grande. Jen’ai jamais respiré uneodeur mieux conditionnée, mol. Préc. t o. J’ai dit assezd’absurdités en ma vie pour m’y connaître, et j’au-rais bien perdu le seul fruit que j’en pouvais tirer, sicette maxime ne m’en paraissait pas une bien con-ditionnée, bider. Essai s. Claude. || Qui a bienmangé, bien bu. Après quoi nous nous levâmes detable, tous assez bien conditionnés, le sage, GilBlas,vu, 1 3. || 3° Soumis à une condition. Quatre formulesalgébriques qui exprimaient les quatre nombres etn’avaient que deux inconnues ou indéterminées,telles qu’en supposant d’abord que la première étaitt et la seconde 2 , il venait quatre nombres condi-tionnés comme on les demandait, fonten. Rolle .N’affaiblissons point la vérité par des exceptions ma-licieuses et par des louanges conditionnées, balz.le Prince, ch. xiv. Il prit une permission condition-née, maucroix, Schisme, liv. n, dans riciielet.|| Ancien terme de commerce. Billet conditionné,billet qui n’était payable qu’en un certain temps eten certains cas. || 4° Homme conditionné, nomdonné au mainmortable dans certaines coutumes.

CONDITIONNEL , ELLE (kon-di-sio-nèl, nè-1’;en poésie, de cinq syllabes), adj. || 1 ° Qui dépend decertaines conditions. Promesse, clause condition-nelle. Cela est conditionnel. || Terme de droit. Obli-gation, legs conditionnel, soumis à une condition.|| 2“Terme de grammaire. Mode conditionnel, ce-lui des modes qui indique que l’idée exprimée parle verbe est subordonnée à une condition. || S. m.Le conditionnel, le mode conditionnel. Le condi-tionnel présent. Le conditionnel passé. || 3“ Terme dethéologie. Qui est sujet à condition, qui n’est pointabsolu. || Science des conditionnels, connaissanceque Dieu possède seul de ce qui aurait pu arriversuivant de certaines conditions, dans de certainescirconstances.

— HIST. xiv" s. Par telles condicioneles supposi-cions, oresme, Thèse de meunier. || xvi* s. L’absolu-tion est conditionnelle, Calvin , Inslit. 605. Je foisvoluntiers mes promesses, en touts subjects, incer-taines et conditionnelles, MONT. IV, 94.

— ÉTYM . Provenç. conditional; espagn. condi-cional ; ital. condiiionale ; du latin conditionalis , deconditio (voy. condition).

CONDITIONNELLEMENT (kon-di-sio-nè-le-man),adv. Sous certaines conditions. 11 dit n’être obligé àpayer que conditionnellement.

— HIST. xiv”s. Condicionelement, oresme, Thèsede meunier. || xvi" s. Un ministre de la parole enexécutant deument son office ne peut absoudre queconditionnellement, Calvin , lnstit. 60t.

— ÉTYM . Conditionnelle, et le suffixe ment; pro-venç. conditionalment ; espagn. condicionalmente ;ital. condizionalmente.

f CONDITIONNEMENT (kon-di-sio-ne-man), s. m.|| 1" Terme de philosophie, action de conditionner.|| 2° Action de dessécher la soie écrue. Pendant lescinq jours ouvrables de cette semaine, à Lyon , lechiffre total du conditionnement dépasse de plus de13000 kil. la somme de la semaine complète d’opé-rations la plus élevée depuis le commencement del’année, la l’resse, journal quotidien, tt juin 4860.

— ÉTYM . Condition.

CONDITIONNER (kon-di-sio-né), v. a. || 1 » Termed’arts. Faire, fabriquer une chose, de manièrequ’elle soit en bonnes conditions. Bien condition-ner un drap. || 2° Terme de pratique. Conditionnerun acte, le charger de clauses. || 3° Terme de com-merce. Conditionner une soie, la soumettre à la des-siccation. || 4* Se conditionner, e. réfl. Être fabri-qué avec les conditions requises. Les marchandisesse conditionnent bien dans cet établissement.Il Recevoir la préparation dite conditionnement.L’établissement où se conditionnent les soies.

— HIST. xni* s. D’autre part, el [les femmes]sunt franches nées; Loi les a condicionnées, Quiles oste de lor franchises, Où nature les avoit mi-ses, la Rose, 4408U, Li filz Dieu, qui si bien lescondicionna, Qui à la Magdalene ses pechiez par-donna, Leur merisse les biens que par eulz nousdonna! j. de meung, Test. 97. || xiv" s. De tous ceuxqui sont en autre demaine [domaine] et justice, qui

DIC.T. DE LA LANGUE FRANÇAISE

CON

ne sont conditionnez ou abonnez, levez la dite aide,du cange, conditionnare. Comme le suppliant eustpris par mariage Thomine, ycelle cuidant estrefemme bien conditionnée et paisible, id. conditio.|| xv" s. Qu’il advise bien de se mettre en lieu, quisoit tel, si bien conditionné, si vertueux et si bon,qu’il y puisse prendre exemple de toute bonté,Bouciq. i, ch. 7. Ungqui depuis s’est appellé mon-seigneur de Chimay , homme jeune et très-bien con-ditionné, nepveu du seigneur de Croy, comm. i, 2 .Entre les conseillers se trouvent tousjours largementde bons et notables personnages, et aussi il en y aaucuns bien mal conditionnez, ainsi est-il en tousestaz, id. i, 6. || xvi" s. Tous ont aspiré estre receuzen vostre alliance, à pactes par vous mesmes con-ditionnez, rab. Garg. i, 34. Ils mesprisent les ser-vices limitez et conditionnez [conditionnels], mont,iii, 242. De mal conditionné jouvenceau, oultrageuxet temeraire qu’il estoit auparavant, il devint hommetrès sage et très modéré, amyot, Lyc. 46. Il avoitveu mourir devant ses yeux «ien filz bien con-ditionné, id. Cor. 37.

— ÉTYM . Condition ; provenç. conditionar ; es-pagn. condicionar ; ital. condizionare.

CONDOLÉANCE ( kon-do-lè-an-s') , s. f. Témoi-gnage par lequel on montre qu’on prend part à ladouleur de quelqu’un, lors de la mort d’un de sesproches, et, en général, lors d’un malheur considé-rable quelconque qui lui arrive. Lettre de condo-léance. Rendre les devoirs de condoléance , malh.dans vaugelas, Rem. au mot condouloir. S’il sur-vient quelqu’un à qui il doive un discours tout dif-férent, il sait, en achevant de vous congratuler, luifaire un compliment de condoléance, la bruy. viii.Permettez que je joigne mes compliments de con-doléance h vos jolis vers sur la goutte de M. deKayserling, volt. Lett. Pruss. 4 09.

— HIST. xv" s. Le duc descendu à pied le va sa-luer humblement et faire deux contraires person-nages , l’un de la condoléance du trespas du roison pere, l’autre de conjouissement de la très haulteet très glorieuse fortune qui estoit resplendie en lui,g. chastelain, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM . Voy. CONDOULOIR.

CONDOR (kon-dor), s. m. Genre de vautour del’Amérique méridionale. Le condor est le plus grosdes oiseaux qui volent. Si la faculté de voler est unattribut essentiel à l’oiseau, le condor doit être re-gardé comme le plus grand de tous.... 11 possèdemême à un plus haut degré que l’aigle toutes lesqualités, toutes les puissances que la nature a dé-parties aux espèces les plus parfaites de cette classed’êtres; il a jusqu’à dix-huit pieds d’envergure, lecorps, le bec et les serres à proportion aussi grandeset aussi fortes, le courage égal à la force, buffon,Condor. Tel on voit s’élever le monstrueux condor,Quand, du sommet des monts prenant son vasteessor, Dans les airs obscurcis il plane et se ba-lance, masson, Helvétiens, vu.

— ÉTYM. Cuntur, dans la langue des Incas .

f CONDORMANT (kon-dor-man), s. m. Sectairequi autorisait la promiscuité des sexes.

— ÉTYM . Com, et dormir.

f CONDOTTIERE ( kon-do-ttiè-r’), s. m. Nomqu’on donnait en Italie aux capitaines de soldatsmercenaires. Un condottiere. On le vit [Maximilien]à la fin gagnant sa vie comme condottiere, dansle camp des Anglais, empereur à cent écus par jour,michelet, Hist. de France au xv" s. i, 8. || Au-jourd’hui, aventurier qui prend indifféremment duservice militaire en vue de son avancement person-nel. \\Auplur. Les condottieri, suivant la règle dupluriel italien .

— ÉTYM . Ital. condottiere, capitaine, de condotta,conduite (voy. conduite).

CONDOUBLÉ, ÉE (kon-dou-blé, blée), adj. Termede botanique. Synonyme de conduplicatif.

— ÉTYM . Com, et doubler.

CONDOULOIR (SE) (kon-dou-loir), v. réfl. Em-ployé seulement à l’infinitif. Se condouloir avecquelqu’un, lui témoigner qu’on prend part à sadouleur. Leurs Majestés avaient envoyé des person-nes de qualité à la reine d’Angleterre se condouloirde la mort funeste du roi son mari, la rochef.Kim. 67. Arrivé droit au parlement [le duc d’Or-léans devra leur dire qu’il est venu] leur faire partlui-même et se condouloir avec eux de la perte quela France venait de faire, st-sim. 398, 488.

— HIST. xv" s. Par plus forte raison, tu dois con-doler sur la mort de ton frere, monstrel. i, ch. 47.|| xvi" s. Aprez s’estre souvent condolu à ses privezdes maulx que.... mont, i, 44. [Ils ne trouvent pasbon] de condouloir et compatir, ny mesme fleschir

TON

avec eulx [les malheureux], amyot, De la tranq.d'âme, 42. Il s’adressa à l’un de ses familiers quifaisoit le plus de mine de s’en condouloir et con-trister avec luy, id. ib. 4 5.

— ÉTYM . Latin condolere, de cum, avec, et do-lere, avoir de la peine (voy. douloir).

CONDUCTEUR, TRICE (kon-du-kteur, ktri-s’),s. m. et f. || 1" Celui, celle qui conduit. Le conducteurd’une barque. Moïse était le conducteur du peuple deDieu . Ceux-ci allaient toujours, sans regarder qu’ilsallaient à la servitude; et leur subtil conducteur qui,en combattant, en dogmatisant, en faisant le docteuret le prophète, aussi bien que le soldat et le capi-taine.... boss. Reine d’Anglet . Pour mieux entendrece que feraient par eux-mêmes des chevaux fougueux,il faut les considérer sans bride et sans conducteurqui les pousse ou qui les retienne, boss. Connais!.iii, 9. Tu verras de chameaux un grossier conduc-teur.... volt. Fanat. i, 4. || Conducteur du requin,nom d’un poisson (centronote conducteur de Cuvier;gastérostée conducteur de Linné ). || 2“ Celui, cellequi dirige. Ces négociations avantageuses dont il futle conducteur, fléch. le Tel. Veuillent les immortels,conducteurs de ma langue, Que je ne dise rien quidoive être repris, la font. Fabl . xi, 7. Une musiquede luths et de voix se fit entendre à l’un des coinsdu plafond, sans qu’on vît ni chantres ni instru-ments, musique aussi douce et aussi charmante quesi Orphée et Amphion en eussent été les conducteurs,la font. Psyché, i, p. 37. Pourvu que l’honnêteté, ladiscrétion, ia prudence soient conductrices de cetteaffaire, id. ib. n, p. 438. Le bon sens etl’esprit, con-ducteurs du courage, Sont des Condés enfin l’ordinaireapanage, in. Lett. xxv. || Terme de ponts et chaus-sées. Conducteur, agent qui est sous les ordres di-rects de l’ingénieur et au-dessus des piqueurs,ainsi dit parce qu’il est chargé de la conduite oudirection des travaux. Conducteur embrigadé, ce-lui qui fait partie du corps des ponts et chausséesà titre permanent. || On dit aussi d’une ma-nière générale conducteur des travaux pour dési-gner une sorte de contre-maître qui dirige les travauxde bâtisse sous un entrepreneur ou un architecte.Conducteur des travaux du Louvre. || Homme deconfiance qui, sans être nécessairement le cocherd’une voiture, la dirige et fait payer les voyageurs, etc.Conducteur de diligence, d’omnibus. || 3” Livre quisert de guide. Conducteur de l’étranger dans Paris .|| 4° Terme de chirurgie. Instrument employé autre-fois dans l’opération de la taille par le grand appa-reil. || 5" Terme de physique. Corps qui transmet lefluide électrique ou le calorique. Les métaux sontbons conducteurs de la chaleur. J’ai un antitoruierreà Ferney dans mon jardin ; vous savez que cela s’ap-pelle un conducteur, volt. Lett. d’Argentai, 8 mars4 776. || Cylindre métallique, soutenu par des co-lonnes de verre, qui se trouve au devant de la ma-chine électrique, et à la surface duquel l’électricitése rassemble. || 6“ Adj. Thésée reçut d’Ariane un filconducteur dans le labyrinthe. Acceptez le secoursde ma main conductrice, lemf.rc. Charles VI , m,6. || Corps conducteur du calorique ou de l’électri-cité, corps qui se laisse facilement traverser par l’unou l’autre de ces agents. || Terme de botanique. Tissuconducteur, portion du tissu du style et du placenta,à travers lequel pénètrent les boyaux polliniquespour arriver dans la cavité de l’ovaire et aux ovules.|| Terme d’imprimerie. Points conducteurs, voy.point.

— HIST. xiv" s. [Il] Retint et soudoia et paia sanserrour Trois mille combattans dontilfucouductour,Guescl. 18045. || xv" Et nonobstant qu’à ces trois as-sauts, la dessus dite pucelle, la commune renom-mée dit en avoir esté la conducteresse, monstrel.liv. n, ch. 69. Ainsi faut conclure que ce voyage futconduit de Dieu ; car le sens des conducteurs [deschefs], que j’ay dit, n’y servit de gueres, comm. vii,Prol. Le conte de sainct Pol principal conducteurde ses affaires, id. i, 2. || xvi" s. De gens de pied,sans leurs bons conducteurs, Ving et sept mil mis-rent dessus les champs, J. marot, y, 407. Tu met-tras dans la playe l’une de ces verges d’argent, ap-pelées conducteurs (pource qu’ils servent de guideaux autres instrumens que l’on veut introduire dansla vessie), paré, xv, 46. Quand il fut question d’en-voyer gens pour repeupler cesvilles, il en fut députéconducteur et commissaire, amyot, Flamin. 3. Lesconducteurs des elephans se trouvèrent enveloppez,id. Pyrrh. 67.

— ÉTYM . Voy. conduire; provenç et espagn. con-ductor; ital. conduttore.

t CONDUCTIBILITÉ (kon-du-kti-bi-li-té), s. f.Terme dephysique. Propriétédont jouissent les corps

I. — yi