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croire en conscience ce que tous m’en dites, sév.6 ) 2 . || Kn bonne conscience signifie aussi avec fran-chise. || Par acquit de conscience , proprementpour le seul effet d’acquitter la conscience, et, parsuite, négligemment, sans intérêt. Il a fait cela paracquit de conscience. || 3“ Terme de religion. Lesentiment des fautes commises. Faire son examen deconscience. Directeur de conscience. On ne les en-voie à la mort qu’après leur avoir donné le moyende pourvoir à leur conscience, pasc. Prov. 14. On sefait aisément de fausses consciences; on étouffe tousles remords du péché, bourd. Pensées, t. t, p. 16.Ils [ les jésuites ] ont assez bonne opinion d’eux-mêmes pour croire qu’il est utile et comme nécessaireau bien de la religion, que leur crédit s’étende par- |tout et qu’ils gouvernent touteslesconsciences, pasc. ]Prov. b. On est obligé de reprocher à ces peuples d’a- !voir été trop soumis, puisqu’ils ont mis sous le jougleur foi même et leur conscience, boss. Reine d’An-glet. Retirée à la campagne, séquestrée du monde,elle s’occupa trois ansentiersàrégler sa conscience etses affaires, in. Anne de Gonz. || Cas de conscience,difficulté sur ce que la religion permet ou défenden certaines circonstances. Vous avez très-bien ré-solu le cas de conscience, boss. Lett. abb. 22. Quandvous avez entrepris de décider les cas de conscienced’une manière favorable et accommodante, pasc.Prov. 13. || Se faire un cas de conscience de quelquechose, s’en faire scrupule. || Liberté de conscience,liberté de ne pas professer la religion dominantedans un pays et de suivre en secret celle à laquelleon appartient; elle diffère de la liberté des cultesqui permet d’exercer le culte auquel on est attaché.
|| Conseil de conscience, conseil qui était autrefoisétabli pour régler les affaires ecclésiastiques. || 4° Larégion du cœur considéré comme le siège de la con-science; ne s'emploie, en ce sens, que dans les locu-tions suivantes : Mettre la main sur la conscience,s’examiner de bonne foi. Mais, monsieur, mettez lamain h la conscience, est-ce que vous êtes malade?mol. Mal. im. i, 6. Que chacun mette la mainà la conscience, boss. Préf. rel. Mets la mainsur ta conscience, id. Nécess. i. Mettons la main surnos consciences, id. Soumiss. 2 . Mettez la main à laconscience, n’ai-je pas plus de droits que lui [le ducde Chevreuse ]? st-sim. 299, 119. || Elliptiquement.La main sur la conscience, en toute sincérité. Dites-nous, la main sur la conscience, si vous avez quel-que chose à vous reprocher. || Familièrement. Semettre quelque chose sur la conscience, mettrequelque chose dans son estomac, l’avaler. Mettez ceverre de vin sur votre conscience. || Partie ronde quele serrurier applique contre sa poitrine, quand ilfait tourner un outil muni d’une mèche. || 5° En unsens restreint, soin minutieux. J’ai fait ce travail enconscience. J’ymets de la conscience. || 6°Termed’im-primerie. Travail à la journée, sans autre mesure queîa conscience de l’ouvrier. Mettre un compositeur enconscience. || Les compositeurs qui travaillent enconscience. C’est ordinairement la conscience quicorrige les tierces. || Le lieu où ils travaillent.
— IIIST. xii* s. Sa cunscience le remorst, Rois,216. || xm* s. Tu asfeite moult bele fin, se ta con-cience esttex corne la semblance, Merlin, f° 70. Lacoscience le roi de France fut apaisie, Chron. deRains, p. 234 . Cui conscience ne reprent, ib. p. 235.F,t dit au conte [l’évêque] : ne troublez pas vostreconscience quant le patriarche ne vous absout,joinv. 271. || xiv* s. Que dieux lui dointvoloir, con-science et advis De moi ce pardonner qu’envers luiai mespris, Guescl. 797. Car telle conscience avoitou [au] chevalier, Jà n’essauchast le tort, ains levolt abaissier, Raud. de Seb. vm, 162 . Et que tut’armes volentiers; Car c’est tes souverains mestiers;N’autro honneur, n’autre science Qu’armes, dameset conscience, machault, p. 117. Que tout cil quine puent [peuvent] estre en religion corporelmentsoient en religion spirituelment ; hé biaus sireDieu ! où sera ceste religion fondée, ceste abeieplantée? Je di qu’ele sera fondée et plantée en uneplace qu’on appelle conscience, Li enseignemens del'ame, dans llist. lût. de la Fr. t. xxiv, p. 375.
Il xv" s. Sire, vous ne pouvez, à conscience, bon-nement faire ce voyage, si l’Eglise n’est à un, froiss.m, iv, 17. Il ne peut estre que en un tel ost que leroi d’Angleterre menoit, qu’il n’y ait des vilains gar-çons et des malfaiteurs assez et gens de petite con-science, id. 1 , 1 , 272. Il [l’archevêque de Cantorbie]le [Jean Balle] faisoit grand conscience de le fairemourir, id. 11 , 11 , 106 . À leur despartement ils trou-vèrent quatre nefs anglesches chargées de pourvean-ceset de chevaux, qui s’estoient tenues au dessus dela bataille : si eurent bien conscience, quel temps ni
dict. de la langue française.
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quel tempeste qu’il fist, de prendre ces quatre vais-seaux et de les attacher aux leurs et emmener après
eux, id. 1 , 1 , 196.Fouis est et foie Qui concilie
[salit] sa conscience; Tien toudisvraie ta parole, e.deschamps, Il faut toujours tenir. Doulce amye,plaisevous de entendre à moy; dire vous veulx ma con-science [vousdire ce que je pense], Perceforest , t. v,P 54. Il luy suffist qu’elle ait Dieu , conscience etvérité pour soy, et qu’elleprouffite au bien commun,gerson, Harangue au roi CharlesVI, p. 19. Il mourutassez soudainement [Mahomet II ]; touteffois il fisttestament, lequel j’ay veu, et fist conscience d’ungimpost que nouvellement il avoitmissursessubjeciz,cou. vi, 13. Il faut de ce bon vin laver sa con-science, basselin, lu. || xvi* s. Aucuns en mangentavec ceste conscience [croyance, scrupule] commesi elles estoientdediées aux idoles, et leur conscienceinfirme est violée, calv. Inslit. 962. Puis quand ileut prins sur sa conscience Broc de vin blanc, dumeilleur qu’on eslise, marot, ni, 64. Mais dictes-moyen conscience, N’apprend-on sagesse ou scienceQu’en livres françois seulement? id. iv, 155. D’undefault naturel on en faict un default de conscience,mont. 1, 34. Ma conscience ne falsifie pas un iota,id. 1, 103. Plutarque faisoit conscience de vendre unbœuf qui Tnvoit longtemps servy, id. 11, 135. Il meconfessera, s’il parle en conscience, que.... id. ii,227 . Veu le grand nombre de personnes qui ont eula conscience plus large que la manche d’un corde-lier, lanoue, 97. En telle guerre on n’auroit laconscience agitée d’aucun remord, id. 455. On voidquelques huguenots qui font conscience de rire, id.497. La vraye vertu se contente à par soy de la con-science d’avoir bien fait, amyot, Préf. vi, 31. Parmaniéré de descharge et acquit de conscience, id.Numa, 18 . Tout estoit plein de ceux qui de peurfaisoient conscience, d’aob. llist. 1, 143. Je n’avoispas bien dormy la nuit, et sans mentir j’eusse vouluma conscience couchée à part, id. Conf. n, 9. Sa-chans qu’ilz ne pourroyent innover les choses sansl’œuvre des grands, ils les voulurent gaigner, leurproposant liberté de conscience [de faire ce qu’ils! voudraient], condé, Mémoires, p. 641. ConserverI les pauvres fideles de ce royaume en la liberté de| conscience qu’il a pieu au roi leur permettre par sesedits,iD. ib. p. 646. Etayant trempé une rostie dedans[un breuvage], la mangea et jetta sur sa consciencetout ce qui estoit au verre, Straparole, 6* nuit,Fab. 1. Quand la bourse s’estrecist, la conscience; s’eslargist. Contes d’Eutrapel, p. 442, dans lacurne.! On peut user une fois l’an de sa conscience, leI roux de lincy, Prov. t. il, p. 363. Qui n’a conscience! n’a honte ne science, id. ib. p. 397.
I —étym. Provenç. conciencia, cossiencia; espagn.' conciencia; ital. coscienza ; du latin conscientia, decum, et scientia, science
CONSCIENCIEUSEMENT ( kon - si - an - si - eû - ze -man), adv. D’une manière consciencieuse. Je nesais même si on n’aurait pas moins de dépit de sevoir tuer brutalement par des gens emportés que dese sentir poignarder consciencieusement par desgens dévots, pasc. Prov. vu.
— hist. xvi* s. Gens qui fort consciencieusementadministraient la justice aux parties, carl. vii, 25.
— étym. Consciencieuse, et le suffixe ment.
CONSCIENCIEUX, EUSE (kon-si-an-si-eû, eû-
z’), adj. || 1“ Qui a de la conscience, en parlant despersonnes. Il est consciencieux jusqu'au scrupule.L’électeur plus consciencieux ne voulait pas qu’onlui donnât le nom d’empereur, boss. Variât, vm,§ i. Le duc de Saxe, le plus consciencieux des pro-testants, boss. Variât. Déf. l* r dise. § 42. || 2° Con-forme à la conscience, en parlant des choses. Travailconsciencieux. Juger d’une manière consciencieuse.
|| S. m. Les consciencieux, nom de sectaires qui re-jetaient toute loi en dehors de la voix de leur con-science.
— hist. xvi* s. La prudente et consciencieusediscrétion de M. de Vieilleville, carl. viii, 10. Jene foys nul doubte qu’il ne creust ce qu’il escrivoit;car il estoit assez conscientieux pour ne mentir pasmesme en se jouant, mont, i, 221. Ce doibt estreune volupté aulcunement prudente et conscien-cieuse, id. ib. 226. Charles Quint disoit qu’estantcourageux, ambitieux et grand guerrier, il ne pouvoitestre très bon religieux et conscientieux, brant.Leve.
f CONSCIENT, ENTE (kon-ssi-an, an-t’), adj.Terme de philosophie. Qui a la conscience de soi-même; qui se sait exister. Nous sommes conscientsde toutes ces choses, nous sentons que c’est en nous,dans notre moi qu’elles se passent, bonnet, Essai
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psychol. ch. 35. L’âme est consciente de tous lesmouvements des doigts et de ceux du poignet, id.ib. ch. 40. Pour Plotin la valeur des êtres décroîtdans la même mesure que la vie consciente aug-mente, Nicolas, Étude sur le néo-platonisme dansle Disciple de J. C. nov. 1858, p. 480.
— étym. Latin consciens, qui sait avec soi-même,de conscire, de cum, et scire, savoir (voy. science).
f CONSCRIPTEUR (kon-skri-pteur), s. m. A l’uni-versité de Paris , docteur qui était chargé, à la findes délibérations, d’aller aux bureaux pour examinerles avis et les vérifier.
— étym. Lat. conscriptor (voy. conscrit).
t CONSCRIPTIBLE (kon-skri-pti-bl’), adj. Termed’administration. Susceptible d’être appelé par laconscription.
. CONSCRIPTION (kon-skri-psion; en poésie, dequatre syllabes), s. f. Appel au service militaire,par voie du tirage au sort, des jeunes gens quandils ont atteint un âge déterminé par la loi. La con-scription de 1812 . Tomber à la conscription, avoirun numéro qui fait qu’on est compris dans la levée.Échapper à la conscription, avoir un numéro quin’y est pas compris, quand on n’appelle pas tousles hommes d’une même année. La conscription aété établie par une loi de l’an VI. Au moment oùj’écris ces lignes, le 1" décembre 1789, l’assembléenationale n’a point encore déterminé par un décretsi elle fera recruter l’armée par le moyen de la con-scription militaire, ou si elle conservera l’antiquemanière de recrutements à prix d’argent, Encycl.méthod. Art militaire, conscription. II n’est quequatre manières de recruter une armée : les enrôle-ments volontaires; les enrôlements à prix d’argent;le sort qu’on peut confondre avec la presse, et laconscription militaire, ib.
— HlS/r. xvi* s. La cause par laquelle telles aneu-rismes deviennent grosses et leur conscription [en-veloppe] osseuse, c’est.... paré, v, 30.
— ÉTYM . Provenç. conscriptio ; du latin conscrip-tionem, de conscriptus (voy. conscrit). Ce mot estemprunté à la langue latine où l’on disait conscri-bere homines, lever des hommes, les inscrire sur lerôle militaire.
f CONSCRIPTIONNAIRE (kon-skri-psio-nê-r’j,s. m. Celui qui est soumis à la conscription.
f CONSCRIPTIONNEL, ELLE (kon-skri-psio-nèl,nè-1’), adj. Terme d’administration. Qui concernela conscription.
— étym. Conscription.
CONSCRIT (kon-skri; le ( ne se lie pas dans leparler ordinaire; au pluriel, l’s se lie : les kon-skri-z et leurs parents), s. m. || 1* Jeune homme inscritau rôle de la conscription. |[ Jeune soldat. Exercerdes conscrits. Conscrits, au pas, Ne pleurez pas,Marchez au pas, au pas, au pas, bérang. Le vieuxcaporal. || Familièrement. Un conscrit, un hommejeune et inexpert. Le général : Ah ! ils m’ont misdedans comme un conscrit, bayard et dumanoir, lesAides de camp, sc. 20 . ||2° Adjectivement. Les pèresconscrits, les sénateurs de l’ancienne Rome (nomqui, d’abord donné aux sénateurs adjoints par Ro-mulus, passa au corps entier du sénat).
— hist. xiv* s. D’ilecques vint que en sénat eneust tousjours aucuns qui fussent appelez peres con-scrips ; pour ce il appelèrent celui nouvel sénat con-scrips et esleus, bercheure, f” 28 , recto.
— étym. Lat. conscriptus, de conscribere, inscrire,de cum, et scribere (voy. écrire).
CONSÉCRATEUIt (kon-sé-kra-teur), s. m. Celuiqui consacre. Depuis que je suis destiné à être votreconsécrateur [au sacre de l’électeur de Cologne ], jene lis plus aucun endroit de l’Ecriture qui ne mefasse quelque impression par rapport à votre per-sonne, FÉN. XVII, 135.
— ÉTYM . Lat. consecrator, de consecrare, consa-crer.
CONSÉCRATION (kon-sé-kra-sion; en poésie, decinq syllabes), s. f. || 1° Détermination d’une choseou d’une personne à quelque usage religieux, quise fait ordinairement avec des cérémonies religieu-ses. La consécration d’un temple. || Terme de nu-mismatique. Apothéose d’un empereur romain, or-dinairement figurée par un aigle qui prend sonessor. || Dans le langage général, destination. Laconsécration de ce bâtiment à un service public, etc.|| 2° Action du prêtre qui consacre le pain et le vinà la messe. Au moment de la consécration. || Actionde consacrer un évêque, un prêtre, une religieuse.Le P. Bourgoing n’avait pas attendu la consécrationmystique; il s’était dès son enfance consacré lui-
I. — yi»