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patriarche, que d’imiter ses actions, de marcher surses traces, de réformer nos mœurs sur les siennes,fléch. Pane g. i, p. 401. Il consomme en nous sesniséricordes ou ses justices, id. Dauph. Il con-somme son amour en mourant, mass. Car. Pass.Près de voir consommer mon destin déplorable,volt. Triumv. i, 4.... Sa main consommant ces tristessacrifices, Elle tombe, elle expire.... in. Brut, v, B.Tu veux donc jusqu’au bout consommer ta fureur,w. Alz. v, 7. || 2” Terme de droit. Consommer sondroit, se dit lorsque le droit qu’on a à quelquechose a son efTet. Le collateur d’un bénéfice a con-sommé son droit, lorsqu’il a fait la nomination dequelqu’un. || 3" Consommer le mariage, se dit del’union charnelle entre les époux. Si pendant deuxans il n’avait pas consommé le mariage.... montesq.l'.sp. xxix, te. || Absolument. Le maréchal de Plessisva l’épouser à Metz , et Monsieur va consommer àChlUons, sév. 95. || Fig. et mystiquement. Le lit oùil consomme son mariage avec l’humanité, boss. ii,Visit. 2 . || 4° Donner la dernière perfection. La jus-tice les consomme dans cette unité sainte, boss.Jean, ni. Soit qu’il [le Seigneur] ait dessein de lierplus étroitement ses membres, et de les consommerdans l’unité et dans la charité, en rendant les mi-nistères des uns utiles et nécessaires aux autres,mass. Car. Lazare. Sa vie [de la reine d’Angleterre]n’a été qu’une suite de malheurs qu’elle a portésdans les bonnes œuvres continuelles et toutes lesvertus qui consomment les saints, st-sim. 484, <2.Il 5° Employer des choses qui se détruisent par l’u-sage. Consommer des denrées, du vin, du bois, etc.Il Absolument. On consomme beaucoup dans cettemaison. La France trouvera de l’avantage dans lavente de ses grains, si, ne se bornant pas A vendreà ceux qui consomment chez elle, elle vend encoreà ceux qui consomment dans les États où il lui estpermis d’importer, condillac, Comm. gouv. part, i,ch. 29. || Terme d’économie politique. Détruire l’uti-lité d’une chose. Les peuples civilisés, riches et in-dustrieux, consomment beaucoup plus que les autres,parce qu’ils produisent incomparablement davantage,î. b. say, Cours, t. n, p. 216 . || Par extension, il sedit des choses qui en absorbent d’autres.Cesconfituresconsomment beaucoup de sucre. Ce poêle consommebeaucoup de bois. || Par une autre extension. Ces divi-rions consommèrent du temps, volt. Mœurs, 67.L’affliction quej'aieue de la mort de Mme Aubry, la-quelle, sans mentir, a été assez grande pour acheverde m’accabler et a pensé consommer les restes de mapatience, voit. Lett. 71. On disait qu’il était infail-lible que les Espagnols auraient pourvu Corbie detoutes les choses nécessaires, ayant eu deux moisde loisir pour cela, et que nous consommerions de-vant cette place beaucoup de millions d’or et beau-coup de milliers d’hommes, id. Lett. 74. || 6° Seconsommer, v. réfl. Se parfaire. La vertu fait sessoins, et son cœur s’y consomme Jusques à s’offenserdes seuls regards d’un homme, mol. Éc. des mar.n, 4. I.a charité se consomme par ces derniers mou-vements, fi.éch. Aig . || Se cuire de manière à faireun consommé. Il faut que cette soupe se consomme.Et, avec ellipse du pronom personnel, faire con-sommer la viande, la faire tellement cuire que toutle suc passe dans le bouillon. || Être consommé. Lesprovisions qui se consomment dans une grand» ville.
— REM. La langue a pendant quelque temps hé-sité entre consommer et consumer, prenant ces deuxverbes l’un pour l’autre. Ainsi dans les exemples sui-vants, consommer a le sens que nous donnons au-jourd’hui à consumer : Afin donc qu’en discours letemps je ne consomme, Régnier, Sat. xiv. Montemps en cent caquets sottement je consomme, id.Sat. IV. Ce vaisseau.... Qui survécut au temps quil’avait consommé, id. Sat. x. Mais Dieu ! que mesert-il de pleurs me consommer? id. Élég. 2 . Tousles hommes passeront et seront consommés par letemps, pasc. P. om. Proph. Et quoi que l’en repro-che au feu qui vous consomme, mol. l)ip. am. ni, 9.L’historique montre que cette confusion de con-sommer et consumer remonte bien plus haut. Au-jourd’hui on distingue exactement ces deux verbesde cette façon : consommer suppose une destructionutile, employée à quelque usage, à quelque fin,tandis que consumer ne présente qu’une destructionpure et simple, abstraction faite de tout autre rap-port. Une cheminée qui consomme beaucoup de boisest une cheminée où l’on fait grand feu ; une che-minée qui consume beaucoup de bois est une cheminée mal construite où l’on brûle plus de boisqu’il ne faut pour produire une certaine quantitéde chaleur. D’autre part, on voit que Voltaire a pudire que les divisions consomment du temps, vu que
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les affaires en consomment; les bâtisses consommentde l’argent; la guerre consomme des hommes, etc.
— IHST. xiv* s. Puisque les vices sont consomméset confermez ou endurcis, c’est fort de les détruireou adnuller et oster, oresme, Eth. 74. Nulz ne pe-vent savoir se il sont amis ensemble, si ques à tantque il aient consumé ou gasté et despendu ensem-ble une mesure de sel, id. ib. 236. || xv* s. Et parun trou [le tonnerre] entra, et en une chambre ren-contra un jeune enfant, lequel il tua et luy consommala chair, les os et tout, et ne luy laissa que la peau,juv. Charles VI , 1405. Il n’est chose que femme neconsomme [ne vienne à bout], e. desch. Bail, del’empire des femmes. || xvi* s. La justice gist en uneobservation entière et consommée de la volonté deDieu , calv. Instit. 657. A laquelle entreprinse par-faire et consummer, je n’ay rien espargné, rab.Pant. n, 8. Quant est de leur estude, elle est touteconsummée à la lecture des livres pantagruelicques,id. ib. il, 34. Il les amusèrent jusques à ce qu’ilseussent consommé leurs victuailles, mont, i, 298.Toute l’Asie se perdit, et se consomma en guerrespour le macquerellage de Paris , id. ii, 188 . Lesvers luy rongent les membres, et la terre les con-somme, id. ii, 256. Une pierre ne luict point aufeu, et, qui pis est, elle s’y consomme, id. h, 278.Ceste qualité estouffe et consomme les aultres qua-lités vrayes et essentielles, id. iii, 7. Un hommeconsumé aux affaires d’Estat, carl. iv, 14. Con-sommé aux affaires d’Estat, id. viii, 17. Aux autressciences, il s’y faut aucunement consommer en Us apprenant, premier que l’apprenty s’en sçache ay-der pour gagner sa vie, la boétie, 225 . Et quandon le voit luy mesme se consommer en son espritet tout enflammé, on luy attise encores le feu ! id.336. La souche (ce dit l’on) au feu fut consommée,id. 451. Homme consommé en un fort rare sçavoir,amyot , Préf. xxi, 48. Du temps des guerres civi-les; le feu et l’autel furent ensemble tous consom-mez, id. Numa, 17. La longueur du temps, lequelon estimoit devoir miner et consommer les forces deHannibal.... in. Marcel. 39. Cela fait, soit consommé[réduit] à la moitié, tierce ou quarte partie, selonqu’il sera requis, paré, xvi, 8.
— f.TYM. Provenç. et espagn. consumar; ital.consumare; du latin consummare , de cum, avec, etsumma, somme, s. f. ; faire la somme, c’est achever;de là le sens assez semblable à consumer, que con-sommer présente quelquefois. Au reste le xvi* sièclea confondu ces deux verbes.
CONSOMPTIF, IVE (kon-son-ptif, pti-v’), adj.Terme de médecine. Qui est doué de la vertu deconsumer, de détruire des chairs baveuses, exubé-rantes. || Substantivement. Un consomptif. || Vieux.
CONSOMPTION (kon-son-psion; en poésie, de
quatre syllabes), s. f. || l'Action d’être consumé. Lavictime fut brûlée jusqu’à l’entière consomption.Il La consomption des espèces sacramentelles dansl’Eucharistie . || 2° Terme de médecine. Diminutionlente et progressive des forces et du volume de toutes1#6 parties molles du corps, par l’induer.ce de quel-que maladie. Ne voyez-vous pas, lui dit-elle, quecet avocat tombe de consomption? ninER. Ess. s.Claude, liv. 11 . L’homme attaqué dépérit, et, aubout de quelques mois, meurt de consomption,CHATEAUBR. Amér. 25. || 2” Consommation. 11 sefait une grande consomption de bois dans ce four-neau, Dict. de l’Acad. || Consomption, en ce sens, estun archaïsme qui n’est plus guère usité.
— HIST. xiv's. C’est la consumption et le gaastde ceulx qui ne pevent tant despendre [dépenser],oresme, Thèse de meunier. || xvi* s. Les craintifsmédecins, estimans que la consomption des forcesfust diminution de la maladie, amyot, Marcel. 39.Faites le tout bouillir en gros vin noir jusques à laconsomption de la tierce partie, paré, xviii, 92.Tous hosteüers pourront arrester et retenir leurshostes ou leurs effets pour la dépensa et la con-somption faite par eux, jusqu’à ce qu’ils en aurontesté satisfaits, A'ouu. Coust. gén. 1. 1 , p. 898.
— ÉTYM . Provenç. consumpcio; espagn. consun-cion; ital. consunzione; du latin consumptionem,de consumere, consumer.
CONSONNANCE (kon-so-nan-s 1 ), s.' f. || 1” Pourles*anciens, rapport de certains sons, calculé d’a-près la longueur des cordes ou d’après les poids quiles tendaient, assez simple pour flatter l’esprit. Lesconsonnances étaient l’octave dans le rapport de 2à 1 , la quarte dans celui de 4 à 3, et la quinte danscelui de 3 à 2 . || 2° Chez les modernes, sons qui, en-tendus ensemble, sont agréables à l’oreille. La tierce,la quinte sont des consonnances. Consonnances par-
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faites, celles qui ne peuvent pas être altérées sanscesser d’être consonnantes, telles sont l’octave et laquinte; consonnances imparfaites, celles qui peu-vent être majeures ou mineures, par conséquentaltérées d’un demi-ton, et qui restent consonnantessous ces deux formes,comme la tierce et la sixte. LesGrecs n’ont reconnu pour consonnances que cellesque nous appelons consonnances parfaites, j. j.rouss. Examen de deux princ. sur la mus. || Fig.L’aube [du prêtre] offre de douces consonnancesavec les idées religieuses, chateaubr. Génie, îv,1 , 2 . || 3°Terme de grammaire. Terminaison de deuxou plusieurs mots par les mêmes sons. Éviter lesconsonnances. Dans nos vers on a fait une loi d’é-viter la consonnance de deux hémistiches; la mêmerègle doit s’observer dans les repos des périodes,marmont. Élém. litt. Œuvres, t. vin, p. 31, dans
POl'GENS.
— REM. Pourquoi l’Académie écrit-elle conson-nance avec deux n, et dissonance avec une seule n?
— HIST. xiv' s. Consonance est acort de plu.-etirssons selon certaines proporcions apelées armoniques,oresme, Thèse de meunier. || xvi* s. Consonance estquand eschet mesme termination d’une ou plusieurssyllabes en divers carmes, boissiêre , Poétique,p. 235, dans LACUHNE.
— ÉTYM . Provenç. et espagn. consonancia; ital.consonanza; du latin consonantia, de consonare, decum, et sonare, sonner.
CONSONNANT, ANTE (kon-so-nan, nan-t’), adj.|| l'Terme de musique. Qui produit une conson-nance; qui est formé par des consonnances. Inter-valle consonnant, celui qui donne une consonnance.Accord consonnant, celui qui ne se compose que deconsonnances. || 2° Terme de grammaire. Mots con-sonnants, mots qui ont une terminaison semblable.Terminaisons consonnantes. || Lettre consonnante,s’est dit pour consonne. || 3” S. /'.Terme de musique.Grand instrument qui tient du clavecin et de laharpe; il n’est plus en usage.
— HIST. xiv* s. Sons concordablement consonansselon les proporcions de musique, oresme, Thèse demeunier. || xv" s. Quelz lettres sont les voieulx, etqueles les liquides et les consonans, e. desch.Poésies mss. f" 396, dans lacurne.
CONSONNE (kon-so-n’), s. f. Terme de grammaire.Lettre qui n’a point de son par elle-même et ne seprononce qu’en s’appuyant sur une voyelle. Lesconsonnes et les voyelles. Il y a dix-neuf conson-nes en français : b, c, d, f, g, h, j, le, l, m, n,p, q, r, s, t, v, x, z. Les consonnes ne sont en-tendues qu’avec l’air qui fait la voix ou voyelle, nu-marsais, Mél. gramm. philos. Œuvres, t. iv, p. 304,dans pougens. || Adjectivement. Les lettres con-sonnes. Le j se nommait autrefois i consonne, etle u, u consonne.
— ÉTYM . Lat. consonus, quisonneavec, de cum,et sonus, son.
f CONSONNER (kon-so-né), r. n. Former uneconsonnance.
— ÉTYM . Lat. consonare, de cum, et sonare, son-ner; provenç. et espagn. consonar; ital. consonare.
CONSORTS (kon-sor; le I ne se prononce pas; l’sne se lie pas), s. m. plur. || 1° Terme de droit. Ceuxqui ont un intérêt commun dans une affaire, dansun procès. Un tel et consorts ont été condamnés. Jeparle coatre Pierre de Bourget et consorts, patru,Plaidoyer 3, dans riciielet. || 2° Par extension, gensd'une même cabale.
— HIST. xiv" s. Vous n’estes pas eonsors des tri-bulations et persécutions des apostres, le Songe duvergier, dans le Dict. de dochez. || xv' s. Sera, estemps à venir, en soupirs et plains regraitiez de sescharnelz affins, eonsors, aliez et familiers, christ,de pisan, Charles V , part. 11 , ch. 1 .1| xvrs.Ne som-mes-nous point donc ensevelis par le baptesme avecChrist, pour astre faits eonsors de sa résurrection?calv. Instit. 1168. Sa cause estant inséparablementconjoincte à un c’onsort, mont, i, 99. Us acceptèrentde pendre leurs amis et consorts, id. iii, 249.
— ÉTYM . Lat. eonsors, de cum, avec, et sors,sort : qui a même sort, même lot.
CONSOUDE (kon-sou-d’), s. f. Terme de botani-que. || 1° Plante indigène dont la racine est cy-lindrique, allongée, noire en dehors, blanche endedans, d'une saveur douce et mucilagineuse (sym-phytum officinale, L.). || 2° Consoude royale ( con-solida regalis, des officines) nom du pied d'a-louette des champs (delphinium consolida, L.), plantedont les semences très-âcres ont été employéescomme celles de la staphisaigre.
— IIIST. xvi* s. Les consoldes grande et petite, la