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Tome premier. A - C.
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verveine, paré, xvi, 35. Décoction deeonsonlde —consolide grande, .... o. df. serres, 9<t. Comsireou grande consoulde est plante de terroir humide;par d’aucuns est appelée pasquette, d’autant quecommunément elle fleurit vers Pasques; suivantl'etymologie de son nom, cette herbe a vertu deconsolider, id. 6)0.

— étym. Berry, console; espagn. et ital. conso-lida; du latin consolida (voy. consolider); planteainsi dite parce qu’on lui attribuait la vertu d’arrê-ter les hémorrhagies.

fCONSPECT (kon-spè), s. m. Vue générale. Vil-lars, gorgé au conspect de toute l’Allemagne , n’es-péra pas qu’un si prodigieux brigandage pût resterinconnu, st-sim. )83, )99. || Inusité.

— étym. Latin conspectus (voy. ce mot).

f CONSPECTUS (kon-spè-ktus’), s. m. Terme di-dactique. Tableau donnant un aperçu général.

— Etym . Lat. conspectus, de conspicere, de cum,et spicere, voir (voy. spectacle).

f CONSPIUANCE (kon-spi-ran-s’), s. /'.État de cequi conspire et concourt. Le corps social et politiqueexige que les pouvoirs qui le gouvernent aient uneconcordance et une conspirance entre eux pour ar-river au but qu’ils se proposent, c'est-à-dire la per-fection du gouvernement, Mirabeau, dansLAVEAUx.

— étym. Conspirant.

CONSPIRANT, ANTE (kon-spi-ran, ran-t’), adj.||i°Terme didactique. Qui concourt à un mêmeeffet.Ce que les apparences des mouvements planétairesoffrent de plus remarquable, est leur changement del'état direct à l’état rétrograde, changement qui nepeut être évidemment que le résultat de deux mou-vements alternativement conspirants et contraires,laplace, Expos, i, )). || 2° Terme de mécanique.Puissances conspirantes, celles qui, agissant enmême direction, concourent au même effet.

CONSPIRATEUR,TRICE (kon-spi-ra-teur, tri-s’),t. m. et f. Celui, celle qui conspire contre les pou-voirs publics. Jamais plus d’assassins ni de conspira-teurs N’attaqueront le cours d’une si belle vie,corn. Cinna, v, 3. Tu veux qu’on t’applaudisse etqu’on te récompense, Artisan de la guerre, affreuxconspirateur, volt. Calil. iv, 4.

— REM. L’Académie ne donne pas le fémininconspiratrice ; mais plusieurs dictionnaires le don-nent, et il n’y a pas de raison pour ne pas l’em-ployer.

— HIST. xv* s. 11 avoit fait si grant trahison qued’estre conspirateur de la mort de son maistre parpoison , Bibl. des Chartes, 4* série, t. i, p. 434.

— ÉTYM . Lat. conspirator, de conspirare.

CONSPIRATION (kon-spi-ra-sion; en poésie, de

cinq syllabes), s. f. || 1° Dessein formé secrètemententre plusieurs contre les pouvoirs publics. || Dansl’histoire d’Angleterre, conspiration des poudres,conspiration tramée par les catholiques pour fairepérir par une explosion Jacques 1" et le parlement.|| 2° Cabale. Il y a une conspiration contre vous. || Laconspiration du silence, entente de plusieurs pourétouffer un fait, les opinions, les plaintes, les droitsd’un homme. || 3° Concours vers un même effet.L’âme ayant déposé le fardeau du corps, sent unemerveilleuse conspiration de tous ses mouvementsà la même fin, boss. dans le Uict. de dociiez.

— HIST. xiii* s. Pour les outrages, les conspira-tions et les aliances qu’il firent encontre nostre chierfil Robert, tailliar, Recueil, p. 347. || xiv* s. Il ontcontre le roy fait conspiracion De li et ses enfansmettre à destruction, Complainte sur la bataille dePoitiers , Bibl. des Chartes, 3* série, t. h, p. 262 .Plusieurs conspiracions, monopoles, traysons, ib.6* série, t. i, p. 8t. Les peresorent grant paeur queconspiracions et conjuremens et assemblées privéesne se feissent, bercheure, f" 39, recto. || xvi* s. C’estune conspiration entre eux, de ne soufl'rir point unhomme de bien en leur compagnie, calv. Instit.1021.

— ÉTYM . Provenç. cospiratio; espagn. conspira-cion; ital. conspirazione; du latin conspirationem,de conspirare.

CONSPIRÉ , ÉE (kon-spi-ré, rée), part, passé.Tramé par conspiration. Sa perte conspirée par desennemis secrets.

CONSPIRER (kon-spi-ré), t’. n. || i"Concourir,contribuer à, tendre au même but et comme deconcert. Mes voeux avec les siens conspirent aujour-d’hui, corn. Hor. v, 2. C’est à cela que doit con-spirer toute la religion des fidèles, flécii. iii, 438.Tous de concert nous conspirerons à le soutenir, àle perfectionner, à le consommer, boubd. Carême,t, Cendres, 5). Citoyen qui conspire avec les lois aubien public, boss. Hist. m, 6. Les deux partis

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conspiraient à repousser l’ennemi commun, m.Bonté , 2 . Tout m’afflige et me nuit, et conspire àme nuire, rac. Phèd. i, 3. A mes nobles projets jevois tout conspirer, id. Mithrid. m, I. Tout ce quevous voyez conspire à vos désirs; Vos jours toujourssereins coulent dans les plaisirs, id. Brit. n, 3. Toutconspirait pour lui : Ma famille vengée, et les Grecsdans la joie, Nos vaisseaux tous chargés des dé-pouilles de Troie, id. Andr. n, ). Avec ma volontéton sentiment conspire, id. Esth. n, 6. Toutes lesparties de ce corps politique, à mesure qu’ellesconspiraient au bien public, y trouvaient le leur,rollin, Hist. anc. Œuvres, t. n, p. 6)5, dans pou-gens. Toute la nature Conspire à t’avertir par unsinistre augure, volt. Mort de Cés. m, 6. La natureet la fortune semblaient avoir conspiré au bonheurd’Alcibiade , marm. Contes moraux, AIcib. || Termedidactique. Être lié par une solidarité intime. Toutdans le corps humain concourt et conspire. || 2° Faireune conspiration. C’est contre mon pouvoir queles traîtres conspirent, corn. Pomp. iv, 4. Pourm’arracher le jour l’un et l’autre conspire, id. Cinna,iv, l. Seigneur, ou je me trompe ou Messala con-spire, Pour changer ses destins plus que ceux del’empire, volt. Brut, i, 3. Et qui sait conspirer saitse taire et mourir, id. ib. v, 1.1| 3° V. a. Projeter,tramer quelque chose par voie de conspiration. Cellequi nous oblige à conspirer sa mort [d’Auguste ],corn. Cinna, m, I. Voilà contre un ingrat tout ceque je conspire, id. Suréna, m, 3. Qui croirait eneffet.... Qu’un peuple tout entier, tant de fois triom-phant, N’eût daigné conspirer que la mort d’un en-fant? rac. Andr. i, 2 .

— HIST. xv* s. Ils ont conspiré et machiné debailler et mectre es mains d’aucuns nos ennemysaucunes de nos terres et seigneuries, Lettre deCharles viii , Bulletin du comité de la langue, t.

m, p. 694. || xvi* s. Chacun conspire là en une cha-rité, eta-on horreur de la violer, autant que Dieu ,calv. Instit. lois. L’univers consent à nostre creance :le ciel, la terre, toutes choses y conspirent, mont.

n, )48. Elle, craignant sa desloyauté et haïssant sacruaulté, conspira sa mort avec ses freres, et exécutasa conspiration en ceste maniéré, amyot, Pèlop. 66.Darius se laissa aller à conspirer contre la personnede son pere avec Tiribazus, id. Artax. 42. Voilà lavraye cause qui l’incita à conspirer et machiner lamort de la royne,iD. ib. 23. Le plus grand nombre, etdes plus belliqueux Gaulois qui furent de ceste con-spirée rébellion, estoit conduit par Ambiorix , id.César, 32. L’accusant faussement d’avoir conspiréà sa mort, avec la princesse Marie sa fille, carl.ii, 2.

— ÉTYM . Provenç. cospirar; espagn. conspirar ;ital. conspirare; du latin conspirare, de cum, etspirare, souffler (voy. esprit): souffler avec, s’en-tendre, comploter.

CONSPUÉ, ÉE (kon-spu-é, ée), part, passé.Traité avec le dernier mépris. Un auteur, un ou-vrage conspué. Chassé, battu, détesté pour sescrimes, Honni, berné, conspué pour ses rimes,volt. Poésies mêlées, 84.

CONSPUER (kon-spu-é), v. a. Honnir publique-ment.

— REM. Conspuer n’est dans le Dictionnaire del’Académie qu’à partir de l’édition de <762.

— ÉTYM . Lat. eonspuere, de cum, et spuere, cra-cher : couvrir de crachats.

CONSTABLE (kon-sta-bl’), s. m. Nom des officiersde police en Angleterre. Requérir le constable.|| Nom des artilleurs dans l’armée autrichienne.

— étym. Forme contractée de connétable.

CONSTAMMENT (kon-sta-man), adv. || 1“Avec

constance. Combien de fois le peuple Romain avait-il porté constamment la défaite des armées! perrot,Tac. 135. Recevoir constamment la mort, id. ti>.

475.Préparons-nous à montrer constamment Ce

que doit une amante à la mort d’un amant, corn.Hor. iv, 4. Qui vit avec honneur doit mourir con-stamment, rotr. Hercule m. v, l. Instruire ainsiles gens À porter constamment de pareils accidents,mol. Femmes sav. v, <. Parlons de sa mort, s’il sepeut, aussi constamment qu’elle est morte, flécii.Mme de Montausier . Seigneur, je ne vous demandepas cetle raison orgueilleuse qui cherche dans lagloire do souffrir constamment toute la consolationde ses peines, mass. Av. Afflict. Il sait souffrir con-stamment et meurt en paix, J. J. rouss. Èm.i. On nepense pas toujours constamment d’un même sujet;l'entêtement et le dégoût se suivent de près, la bruy.xii. |] 2° Invariablement, sans interruption. 11 a étéconstamment heureux ce soir-là, il gagna constam-ment au jeu. || 3“ Certainement, assurément. Cette

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nouvelle est constamment vraie. Quand il cite pourun maître celui qui constamment est un ignorant,la quintinye, Jardins, i, 4. Vieux en ce sens.

— hist. xvi* s. User des biens regléement, et lessavoir perdre constamment, mont, i, <76. Son in-nocence la faisoit constamment parler, marg. A'out).LXX.

— ÉTYM . Constant, et le suffixe ment.

CONSTANCE (kon-stan-s’), s. f. || 1* Force morale

par laquelle on garde l’empire sur soi-même. Si laconstance admirable avec laquelle cette princessea soutenu ces calamités, ne surpassait de bien loinles crimes qui les ont causées, boss. Reine d’An-glet. Nous croyons souvent avoir de la constancedans les malheurs, lorsque nous n’avons que del’abattement; et nous les souffrons sans oser les re-garder, comme les poltrons se laissent tuer de peurde se défendre, larochef. Max. 420. Ma constancedu moins règne encor sur mes yeux, corn. Hor.i, 4. Partout même constance Rend à tous mes ef-forts pareille résistance, id. Perthar. v, 2 . Les fa-veurs que le roi lui avait faites attendrirent soncœur, mais n’ébranlèrent pas sa constance, flécii.l’anég. t. ii, p. 448. Et sans perdre en adieux un restede constance , rac. Mithr. ii , 6. Ce n'est pointalors [à l’heure de la mort] le badinage qui siedbien, mais la constance, la bruy. xvi. Son âmesainte [de J. C.] perd devant eux toute sa constanceà la vue de la mort, mass. Car. Pass. || Avoir laconstance de, être assez ferme pour, et aussi assezdur pour. Il eut la constance de le laisser pendantcinq ans s'appliquer sans relâche à rétablir sa for-tune, détaché du monde et partageant sa vie entreson cabinet et le parloir d’Angélique, marmont.Contes moraux, École des pères. || Par extension,insensibilité. Ses yeux indifférents ont déjà la con-stance D’un tyran dans le crime endurci dès l’en-fance, rac. Brit. v, 7. || 2° Persévérance, stabilitédans les goûts. Travailler avec constance. Ce sontdes affections qui nous inspirent des constances iné-branlables, bern. de st-p. Ilarmon. liv. v, Harmon.anim. || 3° Durée de l’affection, surtout en parlantde l’amour. Exemple infortuné d’une longue con-stance, rac. Bérén. l, 2 . La constance en amourest une inconstance perpétuelle, qui fait que notrecœur s’attache successivement à toutes les qua-lités de la personne que nous aimons, larochbf.Max. <75.

— SYN. constance, fidélité. La constance sup-pose une sorte d’opiniâtreté et de courage, et nosuppose pas d’engagement. Fidélité suppose un en-gagement auquel on ne manque pas. On dit unamant heureux et fidèle, un amant malheureux etconstant; le premier est engagé, l’autre ne l’est pas,d’alemb.

— IIIST. xiv* s. Quand le roi se vit pris, si ditpar grant constance: C’est Jehan de Valois, non pasle roi de France, Complainte sur la bataille dePoitiers , Bibl. des Chartes, 3* série, t. ii, p. 262 .|| xvi* s. Tout cela se faict pour gaigner cet advan-tage d’avoir faict force à leur constance [courage],mont, i, 242. Ces deux erreurs peuvent souffrir dela constance [persister], id. i, 395.

— ÉTYM . Provenç. et espagn. conslancia; ital.costanza ; du latin constantia (voy. constant).

CONSTANT, ANTE (kon-stan, stan-t’), adj.|| 1» Qui a de la constance. Constant en amitié.Dans leur juste haine animés et constants, corn.Iléracl. v, 6. Le peuple romain a été le plus con-stant dans ses maximes, boss. Ilist. m, o. Ah! situ le voyais, tu serais plus constant À courir sansrelâche au bonheur qui t’attend, corn. Imit. i, 2.Que si le plus constant et le mieux affermi Se re-lâche souvent, souvent tombe à demi, id. ib. I, <9.Lui que j’ai toujours vu constant dans mes traver-ses, rac. Bérén. i, 4. Suzanne offrit une âme con-stante à la plus noire calomnie, mass. Av. Afflict.|| Poétiquement. J’ai d’un cœur invincible affrontéla fortune, J’ai vu d’un œil constant le courroux deNeptune, rotrou, Bélis. iv, 2 . || 2° Qui a de la con-stance en amour. Un cœur constant. Un amant con-stant. Serez-vous constante, madame, dans ces bon-tés que vous me témoignez? mol. l’Am. méd. iii, 6.|| 3° En parlant des choses. Ô trop constante foi Irac. Baj. ii, 3. Grands dieux! combien elle est jolie!Et pour moi ses feux sont constants, bêrang. Qu'elleest jolie. Comme s’ils croyaient que cetiie résolutionfût ferme et constante, pasc. Prov. <o. L’amourconstant est comme un lac paisible, bernard, Artd’aimer, ch. 1 .1| 4° Qui ne varie pas. 11 n’y a.riende constant en ce monde. Vents constants. Une tra-dition constante. Une assiette ferme et une dernièrebase constante, pasc. dans cousin. || Terme de