Band 
Tome premier. A - C.
Seite
758
JPEG-Download
 

758 CON

mathématiques. Quantité constante, ou, elliptique-ment, constante, quantité qui demeure la même, tan-dis que d’autres croissent et décroissent. || 5°Certain,indubitable, bien établi. La chose est constante.Une vérité constante. Il est constant qu’il a dit cela.Il n’est pas constant qu’il ait dit cela. Il faut tenirpour constant que cette proposition est vraie, desc.Médit, h. Il passe pour constant que.... corn. Ex.d’Hor. Il est constant par le témoignage de cet his-torien, que.... boss. Hist. i, 7. C’est une doctrineconstante de saint Augustin et de tous les Pères, id.Or. 6. C’est une règle inviolable parmi nous de nepermettre les secondes noces à l’une des parties qu’a-près que les preuves de la mort de l’autre sont con-stantes, boss. Variât. 4* avertiss. § 6. || 6° En ter-mes d’ancienne pratique, constant s’est employécomme une préposition au sens de pendant. Con-stant le mariage, pendant la durée du mariage.

— SYN. constant, ferme. Celui qui est constantreste semblable à lui-même. Celui qui est ferme ré-siste. Un homme ferme dans l'adversité est celui quine cède pas au coup qu’il reçoit. Un homme con-stant dans l’adversité est celui que l’adversité nechange pas et qui la supporte sans se laisser troubler.Aussi la constance a-t-elle lieu de s’exercer dans laprospérité, tandis que la fermeté veut quelque chosequi nous assaille.

— hist. xiv" s. Ta constant obedience et vraiehumilité sont par moy esprouvées, Ménagier , i, 6.Entre celles menaces de fortune apparut il si fiers etsi constans, bercheurf. , f° 32, recto. Et ne fontforce de tele mort souffrir, et sont constans sans per-dre, pour ce, usage de raison, oresme, Eth. 79.

|| xv* s. Adonc furent les deux amans si prins [tou-chés], qu’il n’y eut si constant qui ne perdist toutecontenance, Perceforest , t. vi, f° 65. || xvi* s. Cou-rage constant, mont, i, 4. Fonder un jugementconstant et uniforme, id. ib. Une enorme difformitécorporelle, vice constant, inamendable, id. ii, 86.

— étym. Lat. constans, participe présent de con-stant, se tenir avec, être d’accord avec, être solide(voy. consteh).

f CONSTATATION (kon-sta-ta-sion), s. f. L’actionde constater. Les constatations de l'expert. || La choseconstatée. Les constatations du procès-verbal.

— étym. Constater.

CONSTATÉ, ÉE (kon-sta-té, tée), part, passé. Unfait bien constaté. Il fallait substituer à tous cessystèmes des faits généraux constatés par l’obser-vation et l’expérience, condorcet, Haller.

CONSTATER (kon-sta-té), v. a.. || 1°Rendre con-stant, certain. Je veux constater le fait. Toutes lespièces de la procédure constatent que etc. Le duc fitplusieurs questions, et j’en fis aussi pour constaterles faits, st-sim. dans le Dict. de dochez. || 2° Re-later, dans un écrit ou dans un acte. Constater unechose par procès-verbal. || On dit aussi que le procès-verbal constate une chose.

— UEM. Ce mot, qui n’est ni dans Furetière nidans Richelet, ne se trouve dans l’Académie qu’àpartir de l’édition de 1740.

— étym. Mot qui, n’étant entré dans la languequ’au commencement du xviii* siècle, paraît formé,assez singulièrement d’ailleurs, de cum et du latinstatus, état (voy. état).

CONSTELLATION (kon-stè-la-sion; en poésie, decinq syllabes), s. f. Réunion ou groupe d’étoiles,par lesquelles on fait passer des lignes imaginaires etreprésentant un objet physique dont les astronomesanciens ont ensuite donné le nom au groupe entier.La Grande et la Petite Ourse sont deux belles con-stellations. Les étoiles ont été réunies en constella-tions ou astérismes, francœur, Uranographie , 2 *partie. || Constellations zodiacales, celles qui se trou-vent dans le zodiaque; constellations australes, bo-réales, circompolaires, celles qui sont dans l’hémi-sphère austral, ou dans le boréal, ou tout auprèsdes pôles. Les constellations zodiacales présententseules [quant à la figure] un degré d’intérêt, parceque l’histoire en tire des indications utiles pourporter la lumière dans l’élude des tables et del’antiquité, id. ib. C’était Tastronoraie modernequi devait apprendre aux hommes que les étoilessont réellement innombrables, et que des con-stellations où l’antiquité n’en comptait qu’un très-petit nombre en renferment des milliers, bonnet,Contempl. nat. t” part. ch. 4. || Fig. Être né sousune heureuse constellation, avoir du bonheur, dela chance dans ses entreprises; et, en sens inverse,être né sous une malheureuse constellation. Il fautcependant laisser passer la mauvaise constellation etfaire place à la colère du ciel. balz. liv. vin, lett. 9.Il demande encore si, de ce grand nombre d’hom-

CON

mes qui périrent à la bataille de Cannes d’un mêmegenre de mort, tous étaient nés sous les mêmesconstellations, rollin, Ilist. anc. Œuvres, t. n,p. 433, dans POCGENS.

— HIST. xm's.Ilprirentlor nacions [nativité]

En teles constellacions, Que par droite nécessité....Lor convient tel mort recevoir, la Pose, 17266.|| xiv's. Il les convient varier [les opérations demédecine] selon plusieurs choses qui sont à consi-dérer, corne la complexion de la personne, la dis-posicion de l’aer, la constellacion du ciel, oresme,

Eth. 36. || xv* s.Eulx et tout le royaume de

France, lors par estrange constelacion enclins àrébellion, furent, par celle desconfiture, rendus siconfus, que tous se tindrent cois et appaisiez,christ, de pisan, Charles V , n, ch. t3.

— Étym. Lat. constcllatio (voy. constellé).

CONSTELLÉ , ÉE (kon-stèl-lè, lée), ad). || l'Termed’astrologie. Qui a été fait ou fabriqué sous uneconstellation, ou qui en porte la marque; d’où cer-taines vertus supposées. Moi je guéris par des pa-roles, par des sons, par des lettres, par des talis-mans et par des anneaux constellés, mol. l’Am. méd.m, 5. C’est un anneau constellé qui guérit les éga-rements d’esprit, id. ib. ni, 6. Les curieux conser-vent encore des anneaux constellés de ces temps-là[Henri IV ], volt. Mœurs, 173. || 2" Qui est en formed’étoile. Pierre constellée. || Qui est parsemé d’étoiles.|| Poétiquement. Lorsque je vois au fond des époquesfutures, La liste des héros sur ton mur [de l’arc detriomphe] constellé, Reluire et rayonner, v. iiugo,Voix, 4. || Par plaisanterie. Parsemé de quoi que cesoit. [Un mouchoir] constellé de grains de tabac,Barthélemy, Satire du député ministériel.

— ÉTYîl. Lat. constellatus, de cum, et Stella,étoile (voy. ce mot).

| CONSTELLER (kon-stèl-lé), v. n. Faire paraîtredes constellations. Quel firmament la nuit constel-lait dans leur sein [des mers], lamart. Chute d’unange, récit.

— ÉTYM . Voy. constellé.

CONSTER (kon-sté), v. n. et impersonnel. Termede jurisprudence. Être bien établi d’une façon cer-taine. Par lesquelles lettres il constera qu’il fait ré-mission, boss. Déf. Des témoignages par lesquels ilconste que cet usage était établi, id. Culte. || Vieux.

— HIST. xiv* s. Par quoy il conste asseurementQue, dès que mercure est formé, En luy soit, sansplus informé, Double substance métallique, Traitéd'alch. 222 . || xvi* s. Il conste que cette infanterieestoit soustenue d’un escadron de la compagnie descomtes Louis et Ernest, d’aub. Hist. iii, 630.

— étym. Lat. conslare, de cum avec, et stare,être debout (voy. stable).

CONSTERNATION (kon-stèr-na-sion ; en poésie,de cinq syllabes), s. f. Action de consterner, résul-tat de cette action. La consternation calmera la tem-pête, corn. Othon, v, 2 . Nous étions dans la con-sternation, sév. 20. À ces mots la consternation serépandit sur tous les visages, marmont. Contes mo-raux, Berg. Alp. Il n’en est pas de la consternationd’un peuple belliqueux qui se tourne presque tou-jours en courage, comme de celle d’une vile popu-lace qui ne sent que sa faiblesse, montesq. Boni. iv.

. — ÉTYM . Lat. consternatio (voy. consterner).

CONSTERNÉ, ÉE (kon-stèr-né, née), part, passé.Je suis consterné de cette nouvelle, de cet événe-ment. Consterné par une terreur subite. Il y avaitquelques visages consternés de la perte, hamilt,Gramm. 3. Au premier bruit d’un mal si étrange,on accourut à Saint-Cloud de toutes parts ; on trouvetout consterné, excepté le cœur de cette princesse,boss. Duch. d’Orl . Ne vous figurez point que, danscette journée, D’un lâche désespoir ma vertu con-sternée.... nKC.Baj. ii,5. Mais que vois-je, vous-mêmeinquiet, étonné , Plus que Britannicus paraissezconsterné, id. ISrit. n, 2. Les vieillards et les femmesparaissent consternés, fën. Tel. x. D’où vient cemorne accueil et ce front consterné? volt. Brut.

III, 6.

CONSTERNER (kon-slèr-né),t). a. ||i°Frapper d’uneépouvante mêlée d’abattement. Déjà cette horriblenouvelle Consterne vos amis et glace tout leur zèle,volt. Mérope, n, 6. Il est plus occupé de conster-ner le vicieux que d’éclairer l’ignorant, dider. Ess.sur Claude. Qui donc consterne ainsi ton courageabattu? nucis, Abuf. i, 3. Par là ils [les Romains]consternaient les vainqueurs et s’imposaient à eux-mêmes une plus grande nécessité de vaincre, mon-tesq. llom. ch. i. C’est en élevant l’âme et nonen la consternant qu’on doit nous porter au bien,condillac, Étud. hist. t. xxi, p. 185, dans pou-gens. || 2° Au propre, renverser. Pendant que les

CON

armées consternaient tout, le sénat tenait à terreceux qu’il trouvait abattus, montesq. llom. vi. || p euusité eu çe sens.

— hist. xiv* s. La multitude du peuple conster-née et espoenté, bercheure, P 55, verso

— étym. Lat. constemere, de cum, et stemere

renverser. ’

t CONSTIPANT, ANTE (kon-sti-pan, pan-t’),adj. Terme de médecine. Qui constipe.

CONSTIPATION (kon-sti-pa-sion), s. f. État drcelui qui ne peut aller librement à la selle.

— HIST. xvi” s. Pour la densité du cuir, ou poutla constipation des pores d’iceluy, paré, xx, 2.

— ÉTYM . Provenç. conslipacio ,-espagn. constipa-cion; ital. costipasione ; du latin constipationemde constipare , constiper.

CONSTIPÉ, ÉE (kon-sti-pé, pée), part, passé.Constipé par une nourriture trop échauffante. Nousne devons pas tant nous dépiter d’être un peu con-stipés, c’est ce qui m’a fait vivre quatre-vingt et unans, et c’est ce qui vous fera vivre beaucoup pluslongtemps, volt. Lett. MmeduBeffant, 19 avril 1775.|| Fig. et dans le style burlesque, un air constipé,un visage de constipé, se dit pour un air contraintet embarrassé, chagrin. Aussitôt me fit une mineQui représente le portrait D’un constipé sur un re-trait, scarron , Poésies div. Œuvres, t. vn,p. ir>i,dans pougens. Phébus, voyant sa mine constipée,Dit : Quelle est donc cette muse écloppée Qui vientici racler du violon En manteau court? j. b. rouss.Rondeau.

CONSTIPER (kon-sti-pé). || 1“ V. a. Causer la con-stipation. || Absolument. Nourriture qui constipe.|| 2° Se constiper, v. réfl. Devenir constipé. Je suisde mon amour pressé cruellement, Mon esprit s’enaltère et mon corps s’en constipe, scarron, V. Ja-phet, ni, 4.

— HIST. xiv* s. Une autre maladie que les chiensont, qui sont costevez, et ne puent aler dehors,Modus, f° xlv. || xvi* s. Les medicamens refrigera-tifs et astringens constipent le cuir, qui est causede ne donner transpiration aux vapeurs fuligineu-ses, paré, ix, 6. Notre esprit se constipe et se crou-pit en vieillissant, mont, iv, 22i,

— ÉTYM . Provenç. costipar; espagn. constipar;ital. costipare; du latin constipare, resserrer, decum, et stipare, condenser.

CONSTITUANT, ANTE (kon-sti-tu-an, an-t’), adj.|| 1“ Qui entre dans la constitution ou composition.Les parties constituantes d’un corps. || Terme de chi-mie. Molécules constituantes, celles qui appartien-nent aux corps composés, par opposition à molé-cules intégrantes, qui se disent soit des corps simples,soit des corps composés. Ainsi dans le carbonate deplomb, chaque molécule intégrante est composéede trois molécules constituantes, une de carbone,une de plomb et une d’oxygène. || Terme d’anato-mie. Tissus constituants, tissus dont l’ensemble formele corps; ce sont le musculaire, le nerveux, le la-mineux, l’élastique, l’adipeux, l’osseux, le cartilagi-neux, le tissu du derme, des muqueuses et desséreuses. || Terme de géologie. Les parties consti-tuantes d’une roche, celles qui sont disséminéesuniformément dans cette roche. || 2° Terme de pra-tique. Qui donne procuration, qui établit une renteen faveur d’un autre; et substantivement, le consti-tuant, la constituante. || 3° Pouvoir constituant,pouvoir qui seul a droit d’établir ou de changer laconstitution. Le pouvoir constituant est supérieurau pouvoir législatif. || Assemblée constituante , as-semblée qui a mission d’établir une constitution po-litique. || Substantivement. La constituante de 1789.La constituante de t848. || Un constituant, un mem-bre d’une assemblée constituante.

— ÉTYM . Constituer.

CONSTITUÉ, ÉE (kon-sti-tsi-é, ée), part, passé.|| 1“ Mis dans. Les facultés mentales et affectives con-stituées dans le cerveau par l’a physiologie moderne.|| 2° Légalement établi. Les autorités constituées(voy. autorité). Une personne constituée en dignitécomme Mlle Hubert, hamilt. Gramm. 9. || Qui a unecertaine constitution politique. Les États fédératifset constitués comme la Suisse . Un État bien consti-tué. || Terme de droit. Rente constituée, rente perpé-tuelle établie par un contrat moyennant le payementd’un capital. || 3“ Qui a pour constitution, pour com-position. L’eau constituée par une combinaisond’oxygène et d’hydrogène. || 4° Être bien ou malconstitué, être d’une constitution physique bonne oumauvaise. La nature en use précisément comme la loide Sparle avec les enfants des citoyens; elle rendforts et robustes ceux qui sont bien constitués, etfait périr tous les autres ,i.i. rouss. Inégal. I ’* part.