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Tome premier. A - C.
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au divertissement des personnes avec qui on veutvivre; mais il ne faut pas toujours être chargé dusoin d’y contribuer, larochefouc. Réflexions div.î;t je contribuerai moi-même à ce dessein, corn.A't'com. v, 10. Je veux faire I.e malheureux Léonsuccesseur de ton père; Y contribueras-tu ?id. Pulch.v 5. Par ce moyen les mutins virent Que celui qu’ilscroyaient oisif et paresseux A l’intérêt commun con-tribuait plus qu’eux, la font. Fabl . iii, 2. || Abso-lument. Si je ne l’ai causé, j’en suis un instrumentEt j’ai contribué dans cet événement, mair. Mortd’Asdnib. v, 2 . || Activement. Trois arts qui sem-blaient devoir contribuer quelque chose à mon des-sein, desc. Méth. Si j’ai contribué quelque chose àl’agrément de votre style, sév. 62. Si je pouvaiscontribuer quelque chose à soulager.... boss .Lett. 8.Jamais on n’a pu ôter de leur esprit fà M. et Mme deChaulnes] que M. de Chevreuse n’eût rien contribuéà cet échange forcé [du gouvernement de Bretagne contre celui de Guyenne], st-sim. 27, 58. Et ce qu’ilcontribue à votre renommée, corn. Hor. v, 3. Jesouhaiterais néanmoins d’y contribuer quelque chose,pasc. Lett. 1. Que pouvez-vous contribuer de votrepart à la construction du tabernacle céleste?... Ilfaut contribuer quelque chose, mass. Confér. Voca-tion, t. L’interjection ne contribue rien à la liaison,à la forme du discours, R. desmarais, Gramm. tr.vm. Le son de la voyelle eu à la formation duquelet la langue et les lèvres contribuent quelque chose....dangeau, Gramm. m, n° 30.

— rem. Les auteurs du siècle de Louis XIV em-ploient contribuer activement; c’est la forme latine,et, comme on peut voir à l’histQrique, la forme an-cienne. Elle est aujourd’hui peu usitée, sans être au-cunement incorrecte.

— HIST. xiv' s. Se aucuns ont contribué peccunespour métré en marchandises, quant vient au distri-buer, l’en en distribue à chescun selon la propor-tion des peccunes qui furent contribuées, oresme,Eth. 148. || xvi' s. Chascun doibt contribuer à lasociété publicque les debvoirs et offices qui la tou-chent, mont, iv, 15). Je contribue seulement à cestouvrage ce que je puis, selon ma petite capacité,lanoue , 32. 11 estoit necessaire que les particulierscontribuassent argent, selon leurs facultez, poursoustenir les frais de la guerre, amyot, Publ. 22 .Chascun luy contribua demie livre de froment, id.Cam. 48. Le peuple contribua 800 harquebusiers degarde tant que leur prison dura, b’aub. Uist.it, 122 .

— Ltym. Provenç. et espagn. contribuir ; ital.contribuere ; du latin contribuere, de cum, avec,et tribucre, donner (voy. tribut).

f CONTRIBUTAIRE (kon-tri-bu-tê-r’).|| 1° S. m.Ce-lui qui paye sa part d’un tribut,d’un impôt. || 2” Adj.Qui est relatif à une contribution. Partcontributaire.

— étym. Contribuer.

t CONTRIBUTEUR (kon-tri-bu-teur), s. m. Celuiqui contribue.

— ETYM . Contribuer.

f CONTRIBUTIF, IVE (kon-tri-bu-tif, ti-v’), adj.Qui a rapport à la contribution.

— HIST. xvr s. Contributif [sujet à contributions],Ord. des ducs de Bretagne , f° 228 , dans lacuiine.

— étym. Contribuer.

CONTRIBUTION (kon-tri-bu-sion; en poésie, decinq syllabes), s. f. || 1° Ce que chacun donne poursa part dans une charge commune. 11 a donné tantpour sa contribution. || Contribution au sou la li-vre, au marc la livre, au marc le franc, la répar-tition de ce qui doit être payé par chacun proportion-nellement à une certaine quotité. L’interprétationde la locution est : contribution d’un sou pourune livre, etc. || Terme de pratique. Distributionjudiciaire de deniers entre créanciers chirogra-phaires, par opposition à ordre, qui est la distri-bution de deniers entre créanciers hypothécaires.Il Terme de commerce maritime. Contribution au jetclans la mer, répartition des pertes et dommagesquand un navire a été obligé de jeter à la mer uneparti? du chargement ou des agrès. || 2° Action decontribuer. Contribution aux charges d’une succes-sion. || 3" Impôt. Contributions directes, les impôtsdirectement établis sur les biens ou sur les person-nes. Contributions indirectes, les impôts établis surles objets de consommation ou sur certaines chosesd’un besoin éventuel; tels sont les droits d’octroi,les droits sur les boissons, sur le tabac, les droitsde douane, de timbre, d’enregistrement, etc. Cequ’on appelle contributions indirectes aujourd’huiétait nommé droits réunis sous le régime impé-rial. Elles sont ainsi dites parce qu’elles n’astreignentle contribuable qu’indirectement et qu’autant qu’iluse des choses. |] Contribution personnelle, contri-

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bution payée par tous les habitants d’une commune,quel que soit leur sexe; elle est fixée sur le prixde trois journées de travail. || Contributions publi-ques, nom donné depuis 1790 jusqu’au Directoireau ministère des finances. || 4” Ce qu’on donne àl’ennemi pour se garantir des exécutions militai-res. Mettre tout le pays à contribution. Le généralSteinbock se fit donner de force plus qu’il n’avaitdemandé; on exigea même de la ville [Dantzick ]une contribution de cent mille écus, par la-quelle elle paya son refus imprudent [de donnerpassage aux Suédois], volt. Charles Xll, 2 . || Parextension, mettre à contribution, faire contribuer.Quand il s’agit de secourir les malheureux, elle mettous ses amis à contribution. Il n’était point d’étangdans tout le voisinage Qu’un cormoran n’eût mis àcontribution, la font. Fab. x, 4. || Fig. Mettre àcontribution la curiosité publique. Mettre un auteurà contribution, puiser abondamment dans ses ou-vrages. Ecrivains grecs et latins, auteurs anciens etmodernes, livres imprimés et manuscrits, amis ab-sents et présents, j’ai tout mis à contribution pourfaire entrer dans mon ouvrage le plus de beautés etde richesses qu’il m’a été possible, rollin , Traitédes Ét. liv. v, avertiss.

—HIST. xiv* s. Quiconques ne povoit payer cesttreü [tribut] ou escotoucontribucion, oresme, Thèsede meunier. || xvi' s. À Padventure falloit il l’accordde huict ou de dix sens, et leur contribution, pourl’appercevoir en son essence, mont, ii, 359. Ce moyen,soit qu’il vinst maintenant par les papes, ou parl’au-thorité des princes, et qu’on l’appellast croisade oucontribution, seroit pourtant necessaire pour aideraux potentats à satisfaire aux despenses, lanoue,401. Pour persuader un chascun de départir desmoyens qu’il avoit pour ceste contribution si neces-saire, id. 625. En déconfiture, tous créanciers vien-nent à contribution au sol la livre sur les meubles,loysel , 6 85. Les dettes privilégiées ne sont tenues ve-nir à contribution, ainsont droit de preference,m.688.

— ÉTYM . Provenç. contributio ; espagn. contribu-cion; ital. conlribusiano ; du latin contributionem,de contribuere , contribuer.

f CONTRIBUTOIRE (kon-tri-bu-toi-r’), adj. Termed’administration. Qui a rapport à la contribution.Portion contributoire.

. — étym. Contribuer.

f CONTRIBUTOIREMENT (kon-tri-bu-toi-re-man), adv. Terme d’administration. Par forme decontribution.

— ÉTYM . Contributoire , et le suffixe ment.

j- CONTRISTANT, ANTE (kon-tri-stan, stan-t’),adj. Qui contriste.

f CONTRISTATION (kon-tri-sta-sion), s. f. Actionde contrister.

— HIST. xiv* s. Par cette petite conlristation,ORESME , Eth. 132.

— ÉTYM . Contrister.

CONTRISTE, EE (kon-tri-sté, stée), part, passé.Contristé par les malheurs publics. Aussi, à direvrai, l’âme de Zénon aurait été ébranlée en une pa-reille rencontre, et celle de M. Mignon contristée etaflligée, voit. Lett. 68.

CONTRISTER (kon-tri-sté), v. a. Causer une tris-tesse profonde. Dans le danger d’être trompée, ilvaut mieux que vous le soyez en faisant du bien,que de l’être en contristant une personne et la mor-tifiant, bourd. Pensées, t. n, p. 473. Quel bonheurpour vous de fermer enfin les yeux à tous les scan-dales qui nous contristent, à la vanité qui nous sé-duit ! MASS. Av. Mort du pécheur. Tout excite votrezèle, tout contriste votre piété, id. Car. Prière, 1.Une épouse qu’il a contristée par des passions étran-gères, id. Mort du pécheur. Contristerai-je par destroubles domestiques les vieux jours d’iin père queje vois si content, si charmé du bonheur de sa filleet de son ami? i. J. nouss. Ilél. iv, 1. || Terme dedévotion. Contrister le Saint-Esprit, retomber dansle péché après avoir reçu les grâces du Saint-Esprit.Veillons contre les moindres fautes pour ne jamaiscontrister le Saint-Esprit, fén. xviii, 427. [[ Se con-trister, t). ré fl. Devenir contristé.

— HIST. xii' s. David forment se cuntristad, karli poples le volt lapider, Rois, 114. || xiv' s. 11 cui-dent que avecques chascun l’en doie estre et con-verser sans le contrister, oresme, Eth. 130. Nulzd’eulz ne voudroit contrister celui qui l’aime et quibien li fait, id. ib. 253. Leurs amis se contristent etdoulent avecques eulz, id. Thèse de meunier. U xvi' s.Seigneur Dieu , fault-il que je me contriste encores?rab. Pant. ii, 3. Ils ont accoustumé d’esgayer etresjouir ceulx qui les traictent, non les renfrogneret contrister, mont, i, 175. D’un visage morne et

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contristé, id. i, 270. Il faut contrister son ami en.intention de lui profiter, non pas de rompre l’ami-tié, amyot, Comment discerner le flatteur, 2i. Ils’adressa à un de ses familiers qui faisait le plus domine de s’en condouloir et contrister avec lui, id.De la tranquillitéd’dme , 15. Et si ennuy me venoitcontrister.... marot, iii, 78.

— étym. Provenç. et espagn. contristar ; ital. con-trislare; du latin contristare, de cum, et tristis,triste.

CONTRIT, 1TE (kon-tri, tri-t’; le t ne se lie pas;au pluriel, l’s se lie : kon-tri-z et repentants), adj.|| 1“ Terme de théologie. Qui est touché du senti-ment de ses péchés. Seigneur, ne rejetez pas un cœurcontrit et percé de douleur, Psaume 60 , dans riche -let. Us n’ont jamais eu de pensée d’être contrits deleurs péchés, pasc. Prov. 4. || 2” En général, mor-tifié, chagrin. Il est bien contrit de cette action. Ilsemblait, à me voir, que je fusse aux abois; Fieu-bst auprès de Gros-Bois Tient contenance moins con-trite, la font. Poésies mêlées, lxxi.

— HIST. xii' s. Quant il out lungement esté en orei-sun, E jutgrant piece en lermes e en afflictiun, Enquer[cceur] contrit, del tut en grant devotiun, Th. lemart. 160 . Respasseiz vos, ki malade estiez; carCriz[le Christ] est venuz,ki sainet lecontrit decuer de fonc-tion de sa miséricorde, st bernard, B3i. ||xv's. Decœur contrit, louis xi, Nouv. xiv. || xvi' s. Seigneur,tu ne mespriseras point un cœur contrit et humilié,calv. Instit. 692.

— ÉTYM . Provenç. contrit; espagn. et ital. con-trito ; du latin contritus, de cum, et tritus, propre-ment broyé (voy. triture).

CONTRITION (kon-tri-sion; en poésie, de quatresyllabes), s. f. Terme de théologie. Douleur vive etsincère d’avoir offensé Dieu , laquelle vient moinsde la crainte du châtiment, que d’un sentiment d’a-mour et de reconnaissance. Faire un acte de con-trition. Contrition parfaite, imparfaite. Le concilede Trente définit la contrition, en disant que c’estune douleur et une détestation des péchés commis,jointe à la volonté de n’en plus commettre, bourd.Pensées, t. i, p. 302. La contrition, conçue par laseule crainte des peines de l’enfer, ne suffit pas pourjustifier le pécheur dans le sacrement de pénitence,Nicole, Instr. sur les sacrements, dans richelet.

— HIST. xii' s. Tu commoüs la terre, e si la con-turbas; saine [guéris] les contriciuns [brisures] deli [d’elle], Liberpsalm. p. 77. Contriciun e maleür-tetes veies de els [dans leurs voies] ,ib. p. 14. || xv's.Lesquelles processions estoient faites en grande dé-votion et contrition de cœur, froiss. ii, iii, 36.|| xvi's. Ils gergonnent assez de contrition et attri-tion, calv. Instit. 485.

— ÉTYM . Provenç. contritio, contrixio; espagn.contricion ; ital. contrixione ; du latin conlritionem,de contritus, contrit.

f CONTRÔLAGE (kon-trô-la-j’), s. m. || 1° Termed’administration. Action de contrôler. || 2° Incisionannulaire de la vigne.

CONTRÔLE (kon-trô-P), s. m. || 1° Registre dou-ble qu’on tient pour la vérification d’un autre. || Au-trefois, particulièrement, registre double qu’on te-nait des expéditions des actes de finances et dejustice. || Le droit payé pour le contrôle. Payer lecontrôle d’un acte. || Le bureau du contrôle. Allerau contrôle. || Bureau où se tiennent les contrôleursd’un théâtre. On refusa son billet au contrôle. [| 2° Vé-rification administrative. Être chargé de l’inspec-tion et du contrôle d’une perception. || Dans le lan-gage politique et administratif le contrôle est opposéà l’action ; c'est un principe que le contrôle et l’ac-tion doivent être séparés. || Marque sur les ouvragesd’or et d’argent, faisant foi qu’ils sont au titre et ontpayéles droits du fisc. Tous les ouvrages d’orfèvreriesont soumis au contrôle. || 3° Fig. Examen, £en-sure. C’est du soir au matin un éternel contrôle,regnard, Distr. i, 4. Livrons-nous sans crainte àl’impulsion de l’opinion publique; loin de le redou-ter, invoquons sans cesse le contrôle universel,Mirabeau, Collection, t. i, p. 340. || 4° Etat nomi-natif des personnes qui appartiennent à un corps. Cetofficier a été rayé des contrôles de l’armée.

— HIST. xvi* s. On a aussi inventé diverses sor-tes de meches; desquelles je trouve le papier artif-ficiel la meilleure, pourceque vous retenez un con-terolle de mesme papier, qui vous marque l’heuredu coup, d’aub. Hist. il, 350.

— étym. Contraction pour contre, rôle.

CONTRÔLE, ÉE (kon-trô-lé, lée), part, passé.

Visé par un contrôle. Registres contrôlés. || Soumisà l’examen, à la censure. La conduite du gouverne-ment contrôlée par une opposition vigi'antc.