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Tome premier. A - C.
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-f CONTRÛLEMENT (kon-trô-le-man), s. m. Termed’administration. Aetion d’exercer un contrôle.

— ÉTYM . Contrôler.

CONTROLER (kon-tro-lé), v. a. || 1 ° Porter sur lecontrôle. Contrôler des exploits, des actes. || 2 “ Termed’administration. Vérifier. Le fonctionnaire chargéde contrôler le monnayage. || Mettre le contrôle oula marque sur les ouvrages d’or et d’argent. 11 a faitcontrôler sa vaisselle. || Par extension. Tu demeure-ras [Caton], s’il te platt, à la porte [des enfers] ; tucontrôleras tous ceux qui se présenteront, fën. xix,286 . || Contrôler la terre de pipe, la couper partranches pour voir si la couleur en est égale partout.|| 3”Fig. Examiner, censurer. [Ils] tranchent.... Defesprit délicat, contrôlent un chacun, Régnier,Sat. x. Et personne en ce monde Ne saurait contrôlersa sagesse profonde, id. Sat. m.... Ces gens.... Oui,vivant au jour la journée, Ne contrôlent leur desti-née, in. Épit. m. ... Ces brutaux fieffés qui, sansraison ni suite, De leurs femmes en tout con-trôlent la conduite, mol. Éc. des mar. i, 6. Car ilcontrôle tout, ce critique zélé. — Et tout ce qu’il con-trôle est fort bien contrôlé, id. Tart. i, 4. Cettesuperbe puissance, ennemie de la raison, qui se plaîtà la contrôler et à la dominer, pasc. Pensées, part,t, art. 6. U n’est pas permis de contrôler les roisdans ce qu’ils font, boss. Avert. 5. On les accoutumeà se payer de mots, à contrôler tout ce qu’on leurdit, à se croire aussi sages que leurs maîtres, i. J.rouss. Ém. il. || Absolument. Il contrôle sur tout.

— hist. xvi* s. Et d’autant qu’ils crevent de vices,ils mettent toute leur sainteté à contrôler leur pro-chain, Calvin , Instit. 263. Mourir avant qu’avoircontreroolé l’institution de ses enfants, mont, i, 79.Contrerooller [examiner] les grâces et façons d’unchascun, id. i, tes. Scipion luy feitresponse qu’il nevouloit point de trésorier qui le contrerollast ainsi,ne qui regardast de si près à sa despense, amyot,Caton, 7.

— ÉTYM. Contrôle. Vaugelas dit que Ronsard futle premier à écrire contrôler, controleur, au lieu decontrc-roler, contre-roleur.

CONTRÔLEUR, EUSE (kon-trô-leur, leû-z’), s. m.et f. |! 1° Fonctionnaire chargé de tenir registre decertaines choses ou de faire une vérification. Contrô-leur des douanes, des contributions indirectes, desouvrages d’or ou d’argent. Le surintendant Emeri créa des charges de contrôleurs de fagots, volt.Louis XIV , 4. || Terme d’administration militaire.Contrôleur de manufacture d’armes, préposé quiapplique les marques aux pièces d’armes. || Contrô-leur de la bouche, nom qu’on donnait au maîtred’hôtel dans certaines maisons princières. || 2“ Fig.Contrôleur, contrôleuse, celui, celle qui examine,critique les actions d’autrui. C’est un contrôleurperpétuel. Je veux que tout cela soit à moi sanscontrôleur, d’ablancourt, Lucien, dans leroux,Dict. comique.

— HIST. xiv* s. Contreroleur, du cange, contra-rolulator. Homme moult arrogant, malicieux et con-treroleur, id. ib. || xv* s. Point n’auront de contre-roolleur; A leur bon seul plaisir en taillent, villon,Gr. leslam. Rondeau. Avoit quatre cens hommesd’armes payez à la monstre, et n’avoit point de con-trerouleur, comm. m, 1 . || xvi* s. Il fault estre aspreet severe examinateur et contrerolleur de ce quiaura esté dit quant à l’usage et à la vérité, amyot,Comment il faut ouir, tt. Un tas de gens inter-prètes et contreroolleurs ordinaires des desseingsde Dieu , faisants estât de trouver les causes de cha-que accident, mont, i, 24 8. X quoy as-tu gaignéchausses et pourpoint, qu’à produire à l’universitéla contrôleuse, la librairesse, et la femme du chan-celier? d’aub. Conf. il, t. Controleur, argentier,secrétaire, Maistre d’hostel, embourceurs en touteaffaire , Adages fr. dans le roux de lincy, t. n,p. 124.

— ÉTYM . Contrôler; bourguig. controlou.CONTROUVÉ, ÉE (kon-trou-vé, vée), part, passé.

Un fait controuvé pour perdre un innocent.

f CONTROUVEMENT (kon-trou-ve-man), x. m.Action de controuver.

— HIST. xii* s. Dune à els sulunc lur ovres et su-lunc la felunie de lur cuntruvemenz [mensonges],Liber psalm. p. 33. ||xvi* s. Controuvement et fic-tion, ROB. EST1ENNË, Dict.

— ÉTYM . Controuver.

CONTROUVER (kon-trou-vé), V. a. Inventer unechose fausse. On ne peut se tirer d’affaire qu’en leurcontrouvant des intentions basses, J. J. rouss. Ém.IV. Celui qui controuvé des rapports imaginaires quin’ont ni réalité ni apparence est un fou, id. ib.lu. Il me controuva je ne sais quelle histoire qui me

fit juger que sa présence était nécessaire dans sonpays, id. Confess. xii. Minutolo.... Comme en pas-sant mit dessus le tapis.... Certain mari, certainesamourettes Ou’il controuva, sans personne nommer,la font. Rick.

— HIST. xiii* s. N’i controverez ja mançonge, Nevaine parole, ne songe, Ren. 643. Ne porquant sevous seüssiés Aucun art dont vous peüssiés Contro-ver aucune maniéré Du chastel prendre plus legiere,la Rose, 7919. Car ainsinc le dist Athalus, Qui deseschez controva [inventa] l’us, ib. 6716. Ensi cornechascun est plus sage et plus soutil et meillor plai-deor que l’autre, en contreuve il plus, Ass. de J.57. Ne dites pas que je contruis, Ains sachiez bien,en vérité, C’est droiz escriz d’auctorité, ruteb. ii,219. Que vous iroie-je controuvant? id. 299. Cesseptaines que j’ai nommées, Ne sont pas fables con-trouvées De Blanchelleur ne d’Esglantine, J. demeung, Tr. 1 46. || xiv* s. Il contreuve et pense com-ment il pourra dire chose par quoy il pourra nuireet grever cellui de qui il parle, SIénagicr, i, 3.|| xv* s. Ils adjousterent plus grande foy aux medi-sans envieux, qui faulsement l’accusoient de chosescontrouvées, que ils ne regardèrent aux grandsbiens que il leur avoit faits, Hist. de Rouciq. ni,ch. 13. || xvi* s. Pour distinguer les loix naturellesdes controuvées [inventées], il fault recourir à lagenerale police du monde, mont, i, 268 . Ils con-trouvent aux actions genereuses des occasions et descauses vaines, id. i, 264. Fables monstrueuses queles poètes ont controuvées, amyot, Thésée , i. Ste-simbrotus osa bien reprocher à Pericles un crimedétestable controuvé faulsement, id. P éric. 30.

— ÉTYM . Con, et trouver; ital. controvare.f CONTIIOUVEUR (kon-trou-veur), s. m. Celuiqui controuvé, qui forge des mensonges.

— HIST. xvi* s. Controuveur, cotgrave.

— ÉTYM . Controuver.

f CONTItOVERSABLE (kon-tro-vèr-sa-bl’) , adj.Qui est susceptible de controverse. Opinions con-troversables.

— étym. Controverser.

CONTROVERSE (kon-tro-vèr-s’), s. f. || 1 ° Disputeen règle sur une question, une opinion religieuseou philosophique. Plusieurs questions qui sont encontroverse entre les doctes, desc. ilélh. 5. Les con-troverses théologiques qui troublent souvent l’Égliseet l’État, d’alemb. Éloges, Abbé de St-Pierre . Lapatrie de Despréaux sera quelque jour l’objet d’uneimportante controverse d’érudition, id. Éloges, Des-préaux. || 2° En un sens plus étroit, dispute qui sefait entre les catholiques et les protestants sur despoints de foi. Matières de controverse. Étudier lacontroverse. Nous lisons des livres de controverse,sév. 467. En l’instruisant sur la controverse, on luidonna des doutes qu’il n’avait pas, i. j. rouss. Ém.iv. || Prêcher la controverse, traiter en chaire desquestions de controverse.

— HIST. xiv' s. Et disoit que toutes choses sontfaites par la controversie des elemens du monde,oresme, Eth. 230. || xv* s. Et à l’assiete des sei-gneurs y eut aucunes controverses et dissentionsentre le duc d’Anjou et le duc de Bourgogne , ju-ven. 1380. || xvi* s. C’est en ces points que gist nos-tre controversie, calv. Instit. Dédie. Quant au nom-bre des préceptes, il n’y a nul doute, d’autant quele seigneur en a osté toute controversie par sa pa-role, id. ib. 279. S’il y a quelque loy vrayement na-turelle, c’est à dire quelque instinct qui se veoyeuniversellement et perpétuellement empreint auxbestes et en nous, ce qui n’est pas sans controverse....mont, ii, 6 9.

— étym. Provenç. espagn. et ital. controversia;du latin controversia , formé lui-même de contra,contre, et versum, littéralement tourné contre, enquoi consiste la controverse.

CONTROVERSÉ, ÉE (kon-tro-vèr-sé, sée), part,passé. Qui est en controverse, débattu de part etd’autre. Point controversé parmi les docteurs.

— HIST. xvi' s. Des livres touchant les matièrescontroversées, d’aub. dans le Dict. de dochez. || Ondisoit aussi controverse : 11 ne se veoid aulcune pro-position qui ne soit débattue et controverse entrenous, MONT. Il, 319.

f CONTROVERSER (kon-tro-vèr-sé), v. a. Dis-cuter quelque question dans une controverse. || Ab-solument. On controversa longtemps. || Se contro-verser, v. rèfl. Être l’objet d’une controverse. Cesquestions peuvent se controverser. || Néologismed’autant plus acceptable que controversé est enplein usage.

— Étym. Controverse.

CONTROVERSISTE (kon-tro-vèr-si-st’), s. m.

Celui qui traite des matières de controverse religieuse.Parce, dit ce grand controversiste, qu’il ne croitdonc pas le sacrifice de la messe, pasc. Prov. 16 .Entre deux controversistes,' celui qui aura tort sefâchera, dider. Pens. phil. 16 . Bossuet et Ferrvqui étaient amis avant leur dispute, continuèrent îlel’être après avoir écrit l’un contre l’autre; rare etdigne exemple à offrir aux controversistes de toutes le?religions, d’alemb. Éloges, Rossuet. Bossuet , le plusgrand controversiste de l'Église romaine, a eu quel-quefois le tort de l’être en chaire, marmont. Êléin.de litlér. t. vi, p. 39, dans pougens.

— étym. Controverse.

t CONTUMACIAL, ALE (kon-tu-ma-si-al, a-T),adj. Terme de droit. Qui se fait par contumace.Procédure contumaciale.

1. CONTUMACE (kon-tu-ma-s’), s. f. Terme dedroit criminel. Non-comparution d’un prévenu devantle tribunal où il est déféré. Juger, condamner parcontumace. Purger sa contumace, se présenter et sefaire juger. Quand un homme était cité en jugementet qu’il ne se présentait point ou n’obéissait pointaux ordonnances des juges, il était appelé devant leroi, et, s’il persistait dans sa contumace, il était mishors de la protection du roi, montesq. Esp. xxxi, 8.|| En matière correctionnelle, on dit défaut. || Parextension, révolte. L’esprit de contumace est danscette famille, rac. Plaid, ii, 5.

— HIST. xvi* s. Si nous faisons rien contre sonprecepte, ce n’est pas obéissance, mais plustost con-tumace et transgression, calv. Instit. 149. Il monstrela contumace de nostre cœur, en ce que naturelle-ment il le confesse estre rebelle contre Dieu et saloy, sinon qu’il soit lleschi au contraire, id. ib. 2 ( 6 .....qu’il plaist à Dieu que nous honorions ceux aux-quels il a donné quelque preeminence ; et que con-temnement et contumace à l’encontre d’iceux luiest en abomination, id. ib. 277. On ne prend pointsur moi defaut Ni contumace, X pleine tasse Quandboire faut, J. i.e houx, vu. Qu’il falloit que Martiusvint respondre, si, ayant esté appellé en justice depar eulx, il n’avoit pas par contumace désobéi,amyot, Cor. 35. L’appertion [ouverture d’un abcès]est quelquefois necessaire, à raison de la contumacede l’humeur qui n’obeit tousjours aux résolutifs,PARÉ, VI, 16.

— ÉTYM . Provenç. espagn. et ital. contumacia; dulatin contumacia (voy. contumax).

2 . CONTUMACE (kon-tu-ma-s’), s. m. et f. Uncontumace, une contumace, homme, femme qui esten contumace. || Spécialement, celui qui, mis enaccusation, ne se présente pas. En matière correc-tionnelle on dit défaillant.

— HIST. Les chevaulx mignots et rebelles sontmodérés par le frein, et les chiens contumaces sontliés et retenus au collier, Ane. trad. des Politiquesd’Arist. dans raynouard, contumax. Loy de Moysequi veut que la seule plainte du pere faite devant lejuge, sans autre cognoissance de cause, le fils re-belle et contumax soit lapidé, charron, Sagesse,p. 189, dans lacurne.

— ÉTYM . Voy. CONTUMAX.

CONTUMACÉ, ÉE (kon-tu-ma-sé, sée), part,passé. Les preuves contre tous ces gens-là [conspi-rateurs en Lorraine ] se trouvèrent complètes; ilsfurent contumacés et sentenciés, st-sim. 246, 25.

CONTUMACER (kon-tu-ma-sé), v. a. Terme dedroit. Poursuivre, juger par contumace. Il s’est laissécontumacer. || Peu usité.

— HIST. xvi* s. Plusieurs saffraniers, endebtez,criminels, contumacez, vous suivirent, Satyr,Mén. p. 127.

— ÉTYM . Contumax.

CONTUMAX (kon-tu-maks), adj. || 1” Terme dedroit criminel. Qui fait défaut. Un accusé contumax.Elle a été déclarée contumax. || Substantivement.Quelques jurisconsultes, à la vérité, ont assuré quele contumax ne devait pas être condamné si le crimen’était pas clairement prouvé, volt. Louis XV , 42.|| Onneditplusaujourd’huiquecontumace. (voy. con-tumace 2 ). || 2° Terme de droit ecclésiastique. Celuiqui refuse d’obéir aux ordonnances de l’Église, mal-gré les monitions et la menace de censure.

— HIST. xvi* s. Par le droit ancien de la France ,le contumax perdoit sa cause bonne ou mauvaise,civile ou criminelle; aujourd’hui il faut justifier sademande, loysei,, 871. Ils "vous le peignent hommecontumax, rébarbatif, reculant à toute raison, m. du

BELL. 223.

—ÉTYM . Provenç. et espagn. contumas; ital. con-tumace ; du latin contumax, proprement orgueil-leux, dectm, et tumere, être gonflé d’orgueil (voy.tumeur).