CON
ensemble, maro. Ncnv. lvi. Comme il convenoit àsa fortune, mont, i, 67. Voilà pourquoy toutes lesréglés se rencontrent et conviennent à cet article,in. i, 70. Il convient assez bien à un philosophed’escrire l’histoire, m. i, 103. J’avois bien veu con-venir en cecy la pluspart des anciennes opinions,id. i, 250. Venus et Bacchus se conviennent volon-tiers, id. iii, loi. Alors ils commencent à estre pluspropres aux exercices du corps, auxquels il convientde la force, i.anoüe, 126 . Après que ledit esquadronauroit enduré ceste rude salve, il lui conviendroit[faudrait] venir donner dans les picques du premierrang, id. 322. La vie contemplative et l’active con-viennent très bien l’une avecques l’autre, id. 540.Si fut chose pitoyable que ce qu’il convint alorsfaire et souffrir à Perseus, amyot, P. Æm. 42. Ilz convinrent ensemble , que Cicéron presteroit aujeune Cæsar la faveur de son authorité, id. Cicéron ,66. Il y estoit convenu une grande multitude d’hom-mes de toutes parts de la Grece , id. Démétr. 31. Lacourtisane le feit adjourner et convenir en juge-ment, pour.... id. ib. 35. Le prince concéda à laroine Baugency pour la commodité du traité, avecpromesse qu’il lui seroit restitué si on ne pouvoitconvenir [s’entendre] , d’aub. Ilist. i, 4 4 1 . Aprèsavoir convenu [parlementé] ensemble quelques jours,et avoir si bien acheminé les affaires, m. du bell. 26 .
— ÉTYM . Berry, conveindre; provenç. convenir,corenir; espagn. convenir; portug . convir; ital.convenire; du latin convenire, se réunir en un lieu,convenir, de cum, et venire, venir. Palsgrave , p. 4,écrit: Il covient, et dit que cela se prononce: ilcodant.
CONVENTICULE (kon-van-ti-ku-1’), s. m. || 1° Pe-tite assemblée. Les Sociniens auront en Lithuanie quel-que conventiculepublic, volt. Let.à Cath. 124. || 2°Leplus souvent assemblée secrète et illicite. En 1 545et dans les années suivantes, vingt ans après que Lu-ther eut renversé les bornes posées par nos pères, LelfoSocin et ses compagnons tinrent secrètement en Italie leurs conventicules contre la divinité du Fils deDieu. boss. Variai, xv. Les voilà donc dans nos as-semblées, qu’ils détestaient dansleurs cœurs commedes conventicules de Satan, id. ib. xi, § 70.
— hïst. xvi* s. Les assemblées d’iceux sont desconventicules profanes, calv. Instit. 843. Les fautesadvenues avant la derniere prohibition des conven-ticules [pour le protestantisme], condé, Mémoires,p. 552.
— étym. Latin conventiculum, de convenire, seréunir ensemble (voy. convenir).
CONVENTION (kon-van-sion ; en poésie, de quatresyllabes), s. f. || 1° Terme de droit. Accord de volontésentre deux ou plusieurs personnes. Convention ver-bale. Convention écrite. Dans toute sorte de con-ventions. Faire une convention. Pourquoi veut-onque je tienne, malgré moi, une convention qui s’estfaite sans moi? montesq. Lctt. pers. 71. || Être dedifficile convention, locution qui s’est dite dans lexvii' siècle pour : Être difficile en affaires. || Fig.Quelle convention peut-il y avoir entre Jésus-Christet Bélial, et comment peut-on accorder le templede Dieu avec les idoles? boss. liist. h, 12 . || Auplur.Clauses diverses d’un pacte. Voici quelles ont été nosconventions. || Conventions matrimoniales, ou, sim-plement, conventions, les articles accordés à unefemme par contrat de mariage. Il ne lui est dû nidouaire, ni conventions, la bruy. iii. || 2“ Dans lelangage général, ce qui est convenu entre les hom-mes. L’or et l’argent avaient été établis par une con-vention générale pour être le prix de toutes les mar-chandises, par la raison que cesmétaux étaient rareset inutiles à tout autre usage, montesq. Lett. pers.105. C’est [la puissance paternelle] de toutes lespuissances, celle dont on abuse le moins; c’est laplus sacrée de toutes les magistratures ; c’est la seulequi ne dépend pas des conventions, et qui les amême précédées, id. ib. 129. Les conditions queces conventions renferment sont les premières loisdes sociétés; on les peut nommer lois naturelles,condillac , liist. anc. i, 6. La vérité, comme le so-leil, est faite pour éclairer le globe entier; elle neconnaît point les bornes que des conventions passa-gères ont mises aux sociétés politiques, iiolbacii,dans les oeuvres de du marsais, Essai préj. ch. io.Les sciences, la gloire, les conventions sociales,tout était sacrifié à ce premier devoir [les soins pa-ternels], condorcet, Berlin . [| Terme de beaux-arts.Accord tacite pour admettre certaines fictions oucertains procédés. L’artiste est contraint ou jugebon de recourir à certaines conventions; le specta-teur s’y soumet, remplissant ainsi une conditionsans laquelle il ne pourrait éprouver les sensations
DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.
CON
que l'art est destiné à produire. Le théâtre offreplusieurs conventions de ce genre. || Manière faussede certains artistes qui désignent les objets par destraits ou des couleurs qui ne sont pas celles de lanature, et qui comptent que le spectateur accepteraces conventions tout arbitraires comme les conven-tions indispensables à chaque art. Dessin de con-vention. Couleur de convention. || De convention,loc.aiv. Qui est admis, mais qui n’est pas réel. Si-gnes, langage de convention. L’or a une valeurréelle et une valeur de convention. Dans beaucoupde pièces de théâtre les paysans parlent un langagede convention. Le caractère de convention qu’il adans les fables, j. j. rouss. Ém. n. Ce qui est véri-table plutôt que ce qui est de convention, id. Ilél. i,26 . Des tableaux de la nature, non de cette naturede convention que peignent si souvent les poètes etqui n’est que la nature vue autrefois par Homère et défigurée par ses imitateurs, condorcet, Haller.Trop occupés d’une nature de convention, la vraienature nous échappe, ciiateaubr. Génie, iii, iii, 4.|| Monnaie de convention, monnaie qui a cours dansplusieurs États d’après une convention de leursgouvernements. || 3° Assemblée exceptionnelle desreprésentants d’un peuple, ayant pour objet d’éta-blir une constitution ou de la modifier. La constitu-tion des États-Unis a été rédigée par une conven-tion. Le jour où, trouvant la salle qui devait nousrassembler [les états généraux], fermée, hérissée,souillée de baïonnettes, nous courûmes vers le pre-mier lieu qui put nous réunir [le jeu de paume],jurer de périr plutôt que de laisser subsister un telordre de choses; ce jour-là même, si nous n’étionspas convention nationale, nous le sommes devenus,Mirabeau, Collection, t. iii, p. 271. || La conventionnationale, ou, simplement, la convention, l’as-semblée qui mit la France en république en (792,qui se constitua en septembre, et qui exerça tous’les pouvoirs jusqu'au moment où elle les remit auDirectoire en octobre 1795. || Dans l’histoire d’Angle-terre, assemblée extraordinaire du parlement an-glais en 1088 . ... Jusqu’à ce qu’une assemblée qu’ilindiqua, composée des deux chambres, eût toutréglé; elle fut appelée convention, parce qu’il n'ya que le roi qui puisse convoquer un parlement, ray-nal, Parlement d'Anglet. époques. || Anciennement,conventions royales de Nîmes , juridiction royalequiétait établie à Nîmes pour connaître des exécutions fai-tes en vertu des obligations passées dans son ressort.
— HIST. xv* s. En intention d’estre et se trouverà la convention qui se devoit tenir par l’empereur etles autres princes, pour faire résistance contre leTurc et les Infïdelles, Mathieu de coucy, liist. deCharles VII , p. 697, dans lacurne. Environ le moisde juillet, alors que certaine convention et assem-blée se tenoit entre la ville de Calais et Gravelinghes,louis xi, Nouv. lxii. || xvi* s. À la fin ilz en vin-drent aux promesses et conventions de mariage,amyot, Sylla, 72. Ce travail [de défrichement] n’estpetit, sur tout si le fond est argileux; car le sablon-neux est de plus facile convention [composition], o.
DE SERRES,73.
— ÉTYM . Provenç et espagn. convencion; ital.convensione ; du latin conventionem, de convenire,convenir.
CONVENTIONNEL, ELLE ((kon-van-sio-nèl, nè-1’; en poésie, de cinq syllabes), adj. || 1° Qui résulted’une convention. Valeur conventionnelle. || Entermes de droit, opposé à légal ou à judiciaire.Acte, clause conventionnelle, acte, clause qui estl’œuvre de la volonté des parties. || 2° Qui n’est quede convention. Des bienséances conventionnelles.L’égalité conventionnelle entre les hommes, biendifférente de l’égalité naturelle, rend nécessaire ledroit positif, j. j. rouss. Ém. m. La seconde manièreest de représenter les mots et les propositions par descaractères conventionnels, ce qui ne peut se faire quequand la langue est tout à fait formée, in. Essai surl’orig. des langues, ch. 6. || 3° S. m. Membre de laconvention nationale. Un conventionnel.
— hist. xvi* s. Retrait [droit de rachat] seigneu-rial et conventionnel [inséré dans le contrat de vente]est cessible; le lignager non, si ce n’est à un ligna-ger, LOYSEL , 428.
— Étym. Convention; provenç. conventional;espagn. convencional; ital. convensionale.
CONVENTIONNELLEMENT (kon - van-sio- nè-le-man), adv. Par convention.
— étym. Conventionnelle, et le suffixe ment.
CONVENTUALITÉ (kon-van-tu-h-li-té), s. f. So-ciété de moines ou de religieuses qui vivent ensem-ble et sous la règle.
CON 793
CONVENTUEL, ELLE (kon-van-tu-èl, è-T), ad).Du couvent. Assemblée conventuelle. Leur desti-née est de vivre misérablement d’aumônes conven-tuelles et de coucher au coin d’une place ou sous leportique de quelque église, raynal, Hist. phil. vu,io. || La maison conventuelle, le logis des religieuxou religieuses. || Mense conventuelle, le revenu ducouvent qui appartient à la communauté. || Messeconventuelle, la grande messe qui se dit dans le cou-vent, àladifférence decellesquisechantent pour desobits ou des fondations. || Prieuré conventuel, prieuréoù il y a des religieux. || Conventuelle rédemption,district du Paraguay gouverné par les jésuites. Lesconventuelles rédemptions des jésuites dans le Para-guay ne me paraissaient pas propres à représenterun peuple usant de toutes ses facultés physiques etmorales, bern. de st-p. Pr. d l’Arcadie . || Un reli-gieux conventuel, et, substantivement, un conven-tuel, celui qui est à demeure dans le couvent. || Dansl’ordre de Saint-François, conventuels, religieux quin’ont pas adopté la réforme des observantins, c'est-à-dire qui possèdent des revenus annuels.
— HIST. xin*s. Ils convenroit prover que ce fu parle consentement de l’abbé et du couvent, se c’estreligions conventuaus, beaum. xxiv, te. || xvi*s. Unprieur est dict conventuel, quand il a avecque luytrois ou quatre freres qui chantent toutes les heuresà notes, comme grand messe, matines, Grandcoustum. de Fr . liv. m, p. 289, dans lacurne.
— ÉTYM . Provenç. et espagn. conventual; ital.convenluale ; du latin conventualis, de conventus(voy. couvent). Religions conventuaus de Beauma-noir est au nominatif singulier; ces adjectifs n’ayantdans l’ancienne langue, comme dans le latin,qu’une forme pour le masculin et le féminin.
CONVENTUELLEMENT ( kon-van-tu-è-le-man ),adv. Selon les règles du couvent. Vivre conventuel-lement.
— étym. Conventuelle, et le suffixe ment.
CONVENU, UE (kon-ve-nu, nue), part, passé
de convenir. || 1° Admis, avoué. C’est une chose con-venue. Des faits si convenus alors même par ceux quiavaient intérêt de lesnier,MASS. Car.Véritéde lareli-gion. La proposition devient d’une absurdité convenuede tout le monde, dider. lielig. nat. 5. il est convenude tout le monde que cette politique a quelque chosed’humain, montesq. Espr. xxvi, 17. || 2°Qui résulted’une convention. Qu’il vienne et qu’une trêve entrenous convenue.... d’avrigni, Jeanne D’Arc , i, 6.|| 3” Qui est de convention, opposé à naturel. Les lois,les vains égards, les devoirs convenus M’ont chargéde liens jusqu’alors inconnus, c. delav. Paria,i, 2.
CONVERGENCE (kon-vèr-jan-s’), s. f. Terme degéométrie et de physique. Disposition de lignes quiconvergent vers un même point. La convergence desrayons lumineux au sortir d’une lentille.
CONVERGENT, ENTE (kon-vèr-jan, jan-t’), adj.|| 1“ Terme de géométrie. Qui converge. Des lignesconvergentes. || Hyperbole convergente, courbe du3* degré dont les branches ont une asymptote com-mune. || Terme d’algèbre. Séries convergentes, sé-ries dont la somme est d’autant plus près d’unequantité cherchée qu’on fait cette somme avec unplus grand nombre de termes. C’est le seul moyende s’assurer que la série est assez convergente aprèsson second terme, pour que les termes qui sont audelà des quatre ou cinq premiers puissent être négli-gés sans crainte, d’alemb. Disc, prélim. Syst. monde,Œuvres , t. xiv, p. ti2, dans pougens. La grandeurde la force perturbatrice qui émane du soleil rendles approximations beaucoup moins convergentesque dans les théories relatives aux diverses planètes,delaunay , Théorie du mouvement de la lune, Pré-face, p. xi. || Terme de physique. Rayons de lumièreconvergents, rayons qui tendent vers le même point.Convergent est opposé à divergent. || Terme d’his-toire naturelle. Se dit des parties qui dès leur basetendent à se rapprocher. || Terme d’artillerie. Feuxconvergents, batteries qui, placées sur des pointsdifférents, battent le même point. Sur mer, feuconvergent, feu de bordée ou de batterie, dont lepointage est préparé à l’avance. || Fig. Des opi-nions convergentes, des opinions qui se rappro-chent. || 2°Abusivement, qui a la propriété défaireconverger. Une lentille convergente.
CONVERGER (kon-vèr-jé; le g prend un e devanta et o : nous convergeons; je convergeais), u. n.|| 1° Terme de géométrie et de physique. En parlantdes directions, tendre vers un point commun. Lesrayons lumineux convergent vers le foyer de la
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