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Tome premier. A - C.
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— tiist. xv's. Quatre chaînes a'or, l’une faite àcoriieliere. l’autre àpetites boucles pleines, l’autre....godefkoy, Observ. sur Charles VIII , p. 3C8, danslacurne. || xvi* s. Velour cramoisi, semé de corde-lières d’or, p. choque, dans leroux de lincy, Bibl.des Chartes, 6' série, t. n, p. 160 . Je leur donne lefrontal de cordes liées en cordeliere, je les pendspar les aisselles, Satyr . ilén. p. 98.

— ÉTYM . Cordelier.

f CORDELINE (kor-de-li-n’), s. f. Lisière d’uneétoffe de soie. || Petite tringle servant à prendre leverre fondu qu’il faut pour faire le cordon d’unebouteille.

— ÉTYM . Cordelle.

CORDELLE (kor-dè-l’), s. f. Corde dont on sesert pour le halage des bateaux en rivière et, surmer, pour divers usages de chaloupes. Nos matelotsnous tiraient à la cordelle, chateaub. Itin. ni, 70.|| Par extension. Une clef.... Qui tire à sa cordelleune noix d’arbaleste, Régnier, Sat. x. || Fig. On asouvent parlé ailleurs de toute cette cordelle debâtardise [de toute la séquelle des bâtards deLouis XIV ], st-sim. 4*4, 12 . || C’est un homme de sacordelle,c’est un homme de son parti,de sa cabale.

— hist. xiii' s. C’est cil qui, por aprivoisier, Hatson chat et puis le rapele, Por le lier à sa cordele,la Rose, 9772. Ha! Bel-Acueil, ge sai de voir Qu’ilvous beent à décevoir, Et faire tant par lor flavele[parole] Qu’il vous traient àlor cordele, ib. 4060. Eten tele voie pot aler quarete l’une après l’autre,mais bestes n’i poent aler fors en cordele, beaum.xxv, 2. Moult tient bien de sa gent la compaigneserrée, S’ont lor sas [sacs] à lor cols à cordele tor-sée, Ch. d’Ant. compl. 95. Or me dites, por Dieu ,se nos tuit nos rendons As freres des cordeles ouas autres maisons [si nous nous faisons tous Corde-liers], Doctrinal, ms. de St-Germain, f“ 103, danslacurne. || xiv' s. Une deliée cordelle qui soit siforte qu’elle puisse soffrir le tirer que le chevreulfera quant il sera prins, Modus, f° lxxi. || xv* s. Ilss’eDcontrerent de plein eslai et de droite visée etaussi bien comme s’ils l’eussent ligné à la cordelle,froiss. n, iii, 59. Et [le duc d’Yrlande] attraioittoutes maniérés de chevaliers et d’escuyers à sacordelle et opinion, id. ii, iii, 74. ||xvi' s. Les Vi-telliens avoient jà tiré à leur cordelle les deux plusgrands [fils de Brutus], pource qu’ilz hantoientfamilièrement ensemble comme cousins germains,amyot, Publ. 6. Touchant son cueur, je l’ay en macordelle, Et son mari n’a sinon le corps d’elle, ma-rot, ii, 397. Il se servit d’un sien compagnon, quid’une fenestre en hors tiroit une cordelle ceinte àtravers le corps du travaillant, d’aub. Hist. i, 3to.Bestail en cordelle [bétail mené avec une corde],Coust, génér. t. i, p. 370. La mort cruelle Qui deceux-là romp la cordelle, qui s’entraimoient unique-ment, Opuscules de P.Énoc, p. 83, dans lacurne.

— ÉTYM . Diminutif de corde ; bourguig. codelle ;wallon, coirdale; namurois , coirdèle; Berry, tirerà la cordelle, tirer à soi; provenç.’ et ital. cordella.

CORDER (kor-dé), V. a. || 1° Mettre en corde.Corder du chanvre. || Par extension, corder du ta-bac, rouler des feuilles ensemble. Corder un ballot,le ficeler. || 2“ Mesurer à la corde. Corder du bois.|| 3° Se corder, t). ré/l. Se tresser en corde. Il y ades matières qui se cordent bien mieux les unesque les autres. || Se durcir au milieu, en parlant deplantes, de racines. Voici le temps que les raves secordent. || X une certaine époque de l’année, leslamproies se cordent, c’est-à-dire ont une duretélongitudinale dans le corps et cessent d’être bonnesà manger. || Être mesuré à la corde, en parlant dubois. Le bois tortu ne se corde pas bien.

— REM. On dit souvent dans le peuple corderpour : être, vivre en bonne intelligence : Ces épouxcordent bien. Corder en ce sens n’a sans doute riende commun avec corder, mettre en corde; ce sem-ble être une apocope de accorder.

— hist. xiii* s. Li premiers trousiaus donra qua-tre deniers, et tout li autres trousiau cordé après,deux deniers, Liv, des mit. 28t. N’aurés de moi,par le cors Dé, Fors cote et sorcot de cordé, laRose, 9336. || xv' s. Par ma foi, Perrot! il n’est pasen ma puissance, mais venez par ci: et faites ap-porter vos eschelles cordées [faites de cordes], froiss.ii, m, 99. Escheles cordées à graves de fer, pourjeter sur les murs et attacher aux guérites, id. i, i,

199. Et cordée comme une lamproye, coquillart,Enqueste entre la simple et la rusée. || xvi* s.6000 paires de souliers communs, ttooo paires desouliers cordez, d’aub. Hist. ni, 87.

— étym. Corde; provenç. cordar.

CORDKRIE (kor-de-rie), s. f. Atelier où l’on fa-

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brique des cordes. || L’art du cordier. Il perfec-tionna l’art de la corderie : il prouva qu’en tordantmoins les câbles, on avait des cordages aussi forts,plus durables, moins pesants, qui exigeaient etmoins d« matière et moins de main-d’œuvre, Con-dorcet, Duhamel. || Endroit où l’on dépose lescordes.

— étym. Corder.

CORDIAL, ALE (kor-di-al, a-1’), adj. || 1' Termede médecine. Réconfortant. Potion cordiale. Desremèdes cordiaux. Afin d’augmenter la gaieté de nosrepas indiens par ces douces et cordiales productionsde l’Europe , bern. des.-p. Paul et Virginie, p. 102 .|| Substantivement. Les cordiaux, médicaments quiont la propriété d’augmenter promptement la cha-leur générale du corps et l’action du cœur et del’estomac. Avait-elle rempli cette boîte pour sonépoux de cordiaux achetés du fruit de ses épargnes?chateaub. Génie, I, v, n. || 2° Fig. Qui est dévouéde cœur, qui vient du cœur. C’est un ami cordial.Son accueil fut très-cordial.

— hist. xn' s. Chascun pleure sa terre et sonpals, Quant il se part de ses coraux amis, Coud,xxiv. || xiii' s. Tu ne leur dois mie estre si tendre-ment coreux. Que tu en entroblies les poures lango-reux, j. de meung, Test. 382. || xvi* s. La cordialeaffection de laquelle tousjours ha chery ses sub-jectz, rab. Garg. i, 3i. Une opiatte cordialle, id.Pant. v, Prol. Il les a voulu amener à une droiterepentance et cordiale, se monstrant si humain en-vers eux, calv. Instit. 483. Ce ne sont pas tant re-medes pour adoucir le mal que venins arrousez demiel, afin de n’offenser point trop par leur rudessele premier goust, ains tromper et entrer aux partiescordiales avant qu’estre sentuz, id. t&. 499. Unecrainte cordiale de son nom [de Dieu ], id. ib. 609.Il ne s’y doit ouir autres prières que cordiales, id.ib. 708. La façon de prier doit provenir d’un désircordial, id. ib. 677. Vin blanc ou eaux cordiales.— Luy sera appliqué sur la région du cœur un epi-theme cordial, paré, ix, 24. Attendu que par crainteilz décernent de mesmes choses qu’ils feraient parvraye et cordiale amitié, amyot , Démétr. 40. La mo-destie, la recognoissance cordiale et serieuse de sonpeu est uirbon tesmoignage de bon et sain juge-ment, charron, Sagesse, p. 233, dans lacurne.

— Étym. Provenç. et espagn. cordial; itai. cor-diale; du latin cor, cordis, cœur. L’ancien français disait coral et non cordial. Pourtant cordial setrouve dans cordialment dès le xiv' siècle.

CORDIALEMENT (kor-di-a-le-man), adv. D’unemanière cordiale. H m’a parlé cordialement. Je vousembrasse très-tendrement et très-cordialement, c’estun mot de ina grand’mère, sév. 439. Est-ce là agirsincèrement et cordialement? pasc. Prov. 2 . Le roialla au bout de la salle des gardes au-devant de lui[Jacques II ] ; le roi d’Angleterre se baissa fort commes’il eût voulu embrasser ses genoux; le roi l’en em-pêcha et l’embrassa à trois ou quatre reprises fortcordialement, sév. 6ob. Je le pardonne non pointseulement de bouche ni en apparence, mais sincè-rement, mais cordialement, bourd. Pensées, t. ii,p. 80 . || Par antiphrase, haïr cordialement quelqu’un,franchement et ouvertement. MM. Servien et le Tel-lier se haïssaient cordialement, retz, ilém. t. ni,liv. iv, p. 327, dans pougens.

— HIST. xiii* s. Por quoi je le devroie amer tropcorelment, i. de meung, Test. 252. |] xiv' s. Et l’ad-monesterent qu’elle amast cordialment son mari,Ménagier , i, 6. Pensez très ententivement et cor-dialment à tous vos pechiés pour vous en deschar-gier, ib. i, 3. || xv' s. Aimer cordiallement, Perce-forest, t. iv, f° 1 38. || xvi' s. Aussi ils ne l’aiment pascordialement de leur costé comme estans les enfans,mais sont poussez d’une affection mercenaire, calv.Instit. 428. 11 avoit une sœur, laquelle luy estoitfort fidele et l’aimoit cordialement, amyot, Fab. 43.

— étym. Cordiale, et le suffixe ment. L’ancienfrançais disait corelment.

CORDIALITÉ (kor-di-a-li-té), s. f. Bienveillanceouverte et sincère, franche. Accueillir avec cordia-lité. Parler avec cordialité. Il ne m’y manqua qued’un moment, et le moment m’eût infailliblementdonné la liberté; j’en ai la même obligation àM. d’Hacqueville ; mais je suis assuré que, de l’hu-meur et de la cordialité dont il est, il n’en eut pasla même joie, retz, Mém. t. m, liv. iv, p. 4io,danspougens. Elles s’embrassèrent en pleurant; et il yeut même entre elles de la cordialité et de la fran-chise, attendu que l’entrevue ne se .faisait pas dansun palais, volt. Babylone, 5.

— HIST. xvi* s. Cordialité, oudin, Dict.

— étym. Cordial.

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CORDIER (kor-dié; IV ne se lie jamais; au plu-riel, IV se lie : les cordiers et les cordes, dites : leskor-dié-z et les cordes), s. m. || 1° Fabricant decordes. || 2° Terme de pêche. Celui qui pêche avecdes cordes garnies d’hameçons. || Adj. Bateau cor-dier, celui qui va à cette pêche. Pêcheur cor-dier.

— HIST. xiii* s. Il puet estre cordier à Paris quiveut, c’est à savoir faisierres de cordes de toutes

maniérés de fil, Liv. desmét. U. ||xv e s.Cy est

uns homs, Voire deux meurdriers et larrons.... Don-nez-leur l’ordre du cordier [pendez-les], e. desch.Poésies mss. f° 235, dans lacurne. || xvi» s. Fairecomme le cordier, gagner sa vie à reculons, oudin,Curios. franc.

— Etym. Corde ; provenç. cordier; portug . cor -doeiro ; ital. cordajo.

f COHDIFOLIÉ, ÉE (kor-di-fo-Ii-é, èe),adj. Termede botanique. Qui a des feuilles en coeur.

— étym. Lat. cor, cordis, cœur,et folium, feuille.

CORDIFORME (kor-di-for-m’), adj. Terme de bo-tanique. Qui est en forme de cœur.

— ÉTYM . Lat. cor , cordis , cœur, et forma , forme.

f CORDIGÈRE (kor-di-jè-r’), adj. Terme d’his-toire naturelle. Qui porte une marque en forme decœur.

— Étym. Lat. cor , cordis , cœur,et gerere, porter.

f CORDILLAS (kor-di-llâ, U mouillées), s. m.Terme de commerce. Nom d’une ancienne étoffegrossière d^ laine.

— HIST. xvi® s. La plus fine partie destinera elleà faire des fines sarges, et des bons draps, des bu*rats, des reverches, des cordillats, o. de ser-res, 883.

— étym. Corde.

f CORDILLE (kor-di-]l’, U mouillées), s. m. Termede pêche. Jeune thon qui sort de l’œuf.

— ÉTYM . Diminutif de corde , à cause de la té-nuité du jeune poisson.

f CORDIMANE (kor-di-ma-n’), adj. Terme dezoologie. Qui a les pattes faites en forme de cœur.

— étym. Lat. cor, cœur, et manus, main.

f CORDITÈLE ( kor-di-tè-1’), adj. f. Terme dezoologie. Qui jette des fils solitaires en manière decordes; se dit de l’araignée qui, au lieu de toile,fait de ces fils.

— ÉTYM . Corde , et le latin tela, toile.

f CORDOMÈTRE (kor-do-mè-tr’), s. m. Terme demusique. Instrument pour mesurer la grosseur descordes.

— ÉTYM . Corde , et mètre , mesure.

CORDON (kor-don), s. m. || 1° Une des petitescordes dont la corde est composée, une corde totaleétant formée de plusieurs cordes partielles torduesensemble. J} Terme de marine. Aussières commisespour servir à la composition du grelin. || Cordonde chanvre, chanvre prêt à filer. || 2° Sorte de pe-tite corde. La bête scélérate À de certains cordonsse tenait par la patte, la font. Fabl . m, 8. |j 3*Corde par laquelle un portier ouvre, de sa loge, laporte. Les portiers tirent le cordon pour ouvrir. Por-tier, ce soir, gardez-vous de m’attendre; Je veuxsortir ; le cordon s’il vous plaît, bérang. Cordon.|| 4° Tissu fait ordinairement d’une matière plusprécieuse que le chanvre. Cordon de fil, desoie,de coton, de laine. Cordon rond, plat. Cordon demontre. || Cordon de chapeau, ou, simplement,cordon, le cordon ou ruban dont on entoure laforme d’un chapeau, soit pour le tenir en état, soitpour l’orner. Couvert d’un vieux chapeau de cor-don dépouillé, boil. Sat. x. || Cordons de souliers,les cordons qui servent Rattacher les souliers. || Fig.N’être pas digne de dénouer les cordons des souliersde quelqu'un, lui être très-inférieur en mérite. |( Lescordons de la bourse, les liens qui la ferment. || Fig.Tenir les cordons de la bourse, avoir le maniementde l’argent dans le ménage. Qu’on soit bien fait, qu’ouait quelque talent; Que les cordons de labourse ne tien-nent [ne soient pas fermés], la font. Magn. || Délier,desserrer, dénouer les cordons de la bourse, donnerde l’argent. || 5 U Lacet de soie qui sert à étrangler.Le Grand Seigneur envoya le eordon au pacha.Ne savez-vous pas [Timon] qu’on ne manque à Athè-nes ni de cordons coulants ni de précipices? fén.xix, 202. U 6° Cordon d’un ordre de chevalerie, ru-ban auquel on porte attachées les marques de cetordre, passé ordinairement en écharpe, de droite àgauche, ou de gauche à droite. Porter le cordon deplusieurs ordres. Cettemultitudenombreuse, éblouieet subjuguée par les décorations extérieures, et àqui un cordon en impose plus qu’un bon ouvrage,d’alemb. Éloges, Clerernbaut. J’aime à fronder lespréjugés gothiques Et les cordons de toutes les

DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE

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