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rois, volt. Sémiram. h, 7. || Passer à côté d’unedifficulté, d’une question, ne pas l’aborder, éviterde la résoudre. Etre à côté de la question, ne pasbien la saisir, s’en écarter.
— SYN. DE TOUS CÔTÉS, DE TOUTES PARTS. Il y a,entre ces deux locutions, la différence qu’il y a en-tre côté et part, c’est-à-dire que côté exprime plusspécialement une direction que ne fait part. La fouleaccourut de tous côtés est synonyme, sans nuancebien sensible, de : la foule accourut de toutes parts.Mais on dira : cette forteresse est commandée de touscôtés, mieux que de toutes parts; car ici il importede spécifier les côtés, les directions.
— hist. xi' s. Gent [il] ot le cors et les costezot larges, Ch. de llol. xx. Ma bonne espée que aiceinte au costet, ib. lxxxii. || xii* s. [X] Gautier [il]en bande les flans et les costez, Itonc. p. 9 t. Nu ànu du costé son roit espié [il] lui vire, Sax. x. Joabsacha l’espée e ferid Abner enz el costed, si l’ocistfelonessement, liais, <32. || xin' s. Et del costet demi Robin, raynouard, costat. Quant on me veutmeurdrir delez vostre costé, Berte, xv. Chi vousIairrons ester de Namur qui gist en mauvais costei,Chr. de Rains, 232. Un quadrangle du quel li unsdes costés soit de trois piés, Comput, f“ <7. Se [sa]tere esquiet de costé à celi qui est mariés, commed’oncle ou d’antain, de frere ou de sereur, beaum.xin, <3. Moût de diverses coustumes sont en par-ties d’eritages qui vienent en descendant ou par es-queance de costé, id. xiii, i. Et avec ce il jurerontque il ne prenront, ne ne recevront, pareulz ne parautres, ne or, ne argent, ne bénéfices par de costé[indirectement], ne autres choses, joinv. 294. Tuferas cèle chose [un dez] de six costez quarrée,Jeu de de», jubinal, t. n, 230. ||xv' s. Et dit qu’ilse trairoit avant du costé devers Boulogne, froiss.I, i, 3j5. Si s’adressa sur Mgr Geffroy de Chargny,et là, en parlant à lui, il changea un peu de con-tenance, car il le regarda sur costé en disant.... id.i, i, 329. Trop a souvent le corps las et travaillé,qui continuellement se gist sur ung costé, l’erce-foresl, t. v, f° 44. Se sont si avant entremesléesicelles choses d’un costé et d’autre, que grieve chosem’est à porter, dont il me desplaist tant que plusne peut, monstrel. liv. H, ch. 89. Ils virent bienque la force n’eust pas esté de leur costé, Bouciq.I, 32. Et se tenoit droit, la main au costé, quimoult luy avenoit, regardant jouer les autres en-fans pour juger de leurs coups, id. i, 3. Et com-bien que je n’aye demouré sur le lieu, si fus-je in-formé, comme les affaires passoient, et le povezbien aisément entendre pour la congnoissance etnourriture que j’avoye eu de l’ung costé et de l’au-tre, comm. v, <3. ||xvi's. Ayant à ses costez leditseigneur, mont, i, <27. Du costé de l’occident, id.i, 238. Il n’auroit devant ny derrière luy, ny àcosté, rien qui ne lui feist guerre, id. i, 350. Assisde costé [sur sa mule] comme les femmes, id. i,364. Je ne vise pas de ce costé là, id. iv, 28 . Lessuyvants d’Alexandre portoient comme lui la testeà costé, id. iv, 32. Il invita à disner les principauxparens de sa femme, sans toutefois appeler ceux ducosté de lui, desper. Contes, vi. Theseus du costéde sa mere estoit issu de Pelops, amyot, Thésée , 3.Il se tenoit tousjours assis, ayant deux de ses servi-teurs à ses costez, id. l’éric. 62 . Ainsi l’assault es-tant donné de tous costez, et tout en un mesmetemps, les gens d’Icetes furent incontinent rompus,id. Timol. 31.
— étym. Bourguig. coûtai; saintong. et Berry,coûté; provenç. costat ; espagn. costado ; ital. cos-tato; du bas-latin ccstatum, de Costa, côte. On adit aussi costei qui vient de costalis, et qui a donnécoteau (voy. ce mot).
COTEAU (ko-tô), s. m. || 1° Penchant d’une col-line; petite colline. Coteau planté de vignes. Lescoteaux qui bordent la Saône . J’ai des argus auxcoteaux d’alentour Qui feront leur devoir d’y veillernuit et jour, p.otr. Anlig. iv, <. Si, par exemple,une grande plaine a une pente vers un coteau et s’ytermine, toutes les eaux que la plaine recevra du cielseront déterminées à couler vers ce coteau, qui lesrassemblera encore, et elles se trouveront en abon-dance au pied, fonten. Couplet . Ô coteaux du
Taygète, Par les vierges de Sparte en cadence fou-lés, Oh! qui me portera dans vos bois reculés! de-lille , Géorg. n. Et, comblant les vallons et rasantles coteaux, D’un sol heureux formait d’insipidesplateaux, id. Jardins, i. Et le coteau renvoie Bienavant dans la nuit les éclats de leur joie, id. Imagin.vii. En Champagne, en Bourgogne , Les coteauxsont grêlés, bérang. On s’en.... ||2“Ordre des co-teaux, nom badin qu’on a donné, dans le xvu' siècle,
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aux gens d’un goût fin et délicat, qui non-seulementsavaient distinguer les meilleurs vins, et de quelcoteau ou de quel vignoble ils venaient, mais quiavaient la même délicatesse de goût pour tout cequi sert à la bonne chère. Un profès de l’ordre descoteaux, ou, simplement, un coteaux, était un gour-mand du premier ordre, en faisant entrer danscette idée tout ce qui fait les délices de la table. Ledîner de M. de Valavoir effaça entièrement le nôtrepar l’extrême délicatesse qui a surpassé celle de tousles coteaux, sév. <24. Qu’ils se contentent d’êtregourmets ou coteaux, la bruy. ix. Surtout certainhâbleur à la gueule affamée, Qui vint à ce festin,conduit par la fumée, Et qui s’est dit profès dansl’ordre des coteaux, A fait en bien mangeant l’élogedes morceaux, boil. Sat. m. || Saint-Ëvremont dî-nant chez M. de Lavardin, évêque du Mans , cetévêque se prit à le railler sur sa délicatesse. « Cesmessieurs, dit-il en parlant de lui, du comte d’O-lonne et du marquis de Bois-Dauphin, outrent toutà force de vouloir raffiner sur tout.... Pour le vin,ils n’en sauraient boire s’il ne vient d’un des troiscoteaux d’Aï, d’Haut-Villiers et d’Avenay. » Saint-Évremont ne manqua pas de faire part à ses amisde cette critique; et ils répétèrent si souvent ce quele prélat avait dit des coteaux, qu’on les appela lestrois coteaux; et bientôt on imagina l’ordre descoteaux.
—REM. L’orthographe devrait être côteau, puisquel’ancienne forme est costeau; mais l’usage a effacél’accent dans l’écriture, après l’avoir effacé dans laprononciation. Il faudrait aussi supprimer l’e (cotau)comme le montre l’étymologie.
— hist. xvi' s. Le soleil ayant tiré et enlevé lesvapeurs du brouillas jusques à la cyme des cous-teaux, amyot, Timol. 3G.
— ÉTYM . Provenç. costal; bas-latin, costale, co-teau, dans un texte du xiv*siècle, de Costa, côte.
f CÔTELÉ, ÉE (kô-te-lé, lée), adj. Terme di-dactique. Qui est couvert de côtes. || Se dit d’unecoquille couverte de saillies longitudinales.
— HIST. xiv's. Prenez des aguilles qui sont faictespour enter les pennes d’oyseaulx, et sont pointuesaux deux bouz et costelées comme une aguille àpeletier, Modus, f'xciv, verso.
CÔTELETTE (kô-te-lè-t’), s. f. Côte de mouton,de veau, de porc frais. Une côtelette au naturel,une côtelette grillée sans autre apprêt. Une côtelettede veau en papillote. Nous venions de temps entemps dans la belle saison, ma femme et moi, man-ger le soir une côtelette, bern. de st-p. Arcad.|| Côtelettes de mouton, les côtes prenant de la findu filet jusqu’à l’épaule. Côtelettes découvertes,celles qui sont sous l’épaule. || Côtelettes de filet deveau, celles qui prennent un peu avant le bout durognon avoisinant le ventre et qui se prolongentjusqu’aux côtelettes proprement dites.
— HIST. xiv's. Seconde assiette: civé de lievreset les costellettes, pois coulés, saleures et grossechar, Ménagier , u, 4. Costellettes de fresche saleure,rosties sur le gril, ib. u, 6.
f COTELINE (ko-te-li-n’), s. f. Terme de com-merce. Sorte d’étoffe de fil et de coton.
f COTEPALIS (ko-te-pa-li), s. m. Terme de com-merce. Étoffe légère, de soie et de poil de chèvre,qui était fort à la mode il y a une trentaine d'an-nées.
COTER (ko-té), v. a. || l'indiquer la cote du prixd’une marchandise, du taux d’une valeur. Coter lecours des effets publics, le prix des sucres. || 2“ Noter.Coter à la marge le numéro d’un article. Si vousaviez coté les endroits, vous m’auriez soulagé dequelques petits soins, boss. Lett. abb. <39. Je pré-tends en coter seulement les endroits [de l’affairede la bulle Unigenitus] qui m’ont passé par lesmains, st-sim. 3 i 8, < 66. |1 3“ Classer au moyen d’unecote alphabétique ou numérique. Coter les piècesd’un procès. || 4° Terme d’architecture. Écrire sur unplan, sur une coupe, ou sur une élévation géomé-trale, les mesures de chaque partie. || Terme d’ar-penteur. Noter les niveaux.
— HIST. xv' s. S’il estoit en ma puissance vouspouvoir cotter ou le mois ou la semaine ou le jourde mon retour, je vouslecotterois, L’amant ressuscité,p. 47, dans lacurne. || xvi's. On cottoit [attribuait]la perte du courage qu’on avoit veu à Monsieur, àla naissance de telles enormitez, d’aub. Ilist. u,439.
— ÉTYM . Cote ; provenç. quotar; ital. quotare.
t CÔTEREAU (ko-te-rô), s. m. Nom donné auxmercenaires du xiu'siècle, dits aussi routiers, qui,
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à diverses reprises, ont désolé la France par leursbrigandages.
— hist. xiv' s. En celle année furent occis en lacontrée de Bourges en Bery sept mille hommes etplus, appelés costereaux, que aucuns gens appellentbrigans; tels gens comme costereaux, brigans, gensde compagnie, pillars, robeurs, larrons, c’est toutun, du cange, coterelli.
— étym. Colarelli dans un texte de <<79, cote-relli, mot dont l’origine est incertaine ; on a indiquécotcrel, sorte d’arme, dont la dérivation de culter,couteau, par un diminutif collerellus est fort dou-teuse; et cota, hutte (voy. cottage), d’où coterelluspaysan, coterelli, gens de campagne rassemblés pourle brigandage ; ce qui est plus probable (voy. coterie).
| COTERET (ko-te-rè), s. m. Nom des deux prin-cipales pièces du métier à tapisserie de haute lisse.
COTERIE (ko-te-rie), s. f. || 1“ Mot ancien, quisignifiait un certain nombre de paysans, unis en-semble pour tenir les terres d’un seigneur. |j 2° Au-jourd’hui, compagnie de personnes qui vivent entreelles familièrement, ou qui cubaient dans un inté-rêt commun. Cela l’avait rendu si cher dans toutesleurs coteries, que.... hamilt. Gramm. <0. Deuxannées ne passent point sur une même coterie; ily a toujours, dès la première année, des semencesde division, pour rompre dans celle qui doit suivre,la bruy. vil. On n’a qu’à s’informer de leurs sociétés,de leurs coteries, J. J. rouss. llël.ll, <4. Ce quim’empêchait de vous écrire, c’étaient les coteries[clubs] auxquelles je me trouve livré aujourd'hui,p. l. cour. Lett. i, <o. Qui diantre me poussait àvouloir être de l’Académie , moi qui m’étais moquéquarante ans des coteries littéraires? id. i, < 2 < .Voltaire et sa coterie Sont à l’index en Barbarie,bérang. Ste ail. Là, chaque coterie a ses arrange-ments; Chacun y fait emplette et d’amis et d’amants,delille, Trois règnes, m.
— hist. xiv' s. Trente six mencaudées de terretenues en coterie du seigneur de Falesque, du cange,coteria. || xv' s. Comme Robin de Chaumont escuiertenist en fief et coterie certaines terres de Jehan deGouy.... id. ib. Tenir en cotterie par l’usage de cous-tume localle, si est tenir toutes terres en possessionde main ferme, c’est à dire qui n’est tenu en fiefque rurallement, on appelle entre les coustumiersterre vilaine, et ne doit hommage, service, ost nechevauchée, fors la rente au seigneur aux terniesaccoustumez et à la mort double rente en plusieurslieux, bouteiller, Somme rural, titre 84. || xvi» s.En vilainie, cotterie [biens tenus à cens cottier ousur cens] ou roture, n’y a bail [il n’y a pas de gar-dien ou baillistre des héritages], loysel, <89, 647.
— étym. Bas-latin, coteria, société de villageoisréunis pour tenir d’un seigneur quelque héritage,de cota, cabane (voy. cottage). Diez, à tort, le tirede cote, quote-part.
f CÔTE-RÔTIE (kô-te-rô-tie), s.m. Vin fort estimédu Rhône . Du vieux côte-rôtie; vin est sous-en-tendu : du vieux (vin de) côte-rôtie.
— ÉTYM . Nom d’une localité ainsi dite, parce quec’est une côte rôtie par le soleil.
t COTEVET (ko-te-vè), s. m. Un des noms de lacorbine.
COTHURNE (ko-tur-n’), s. m. || 1“ Chaussure éle-vée des anciens, qui montait jusqu’au milieu de lajambe, et qui était employée particuliérement authéâtre dans la représentation des tragédies. Ils setiennent sur des cothurnes; c’est une chaussurehaute, quelquefois de quatre ou cinq pouces; desgantelets prolongent leurs bras ; la poitrine, lesflancs, toutes les parties du corps s’épaississent àproportion, barthél. Anach. ch.70. || 2° Fig. Le genretragique. On ne doit élever sur le cothurne que despersonnages pris dans les hauts rangs de la société,chateaub. Génie, u, u, 8. On dirait que je suis lesavetier qui raccommode toujours les vieux cothur-nes de Crébillon, volt. Lett. d’Argentai, <7 sept.<763. Je me suis fait faire une paire de sabots;mais, si vous faites jouer Oreste , je les troqueraicontre deux cothurnes, sous l’ombrage de vos ailes,m. ib. <9 mars <76<. || Chausser le cothurne, com-poser des tragédies; enfler son style. Mais quoi! jechausse ici le cothurne tragique, boil. Sat. x. Je nevois autre chose depuis la mort du roi que des gensqui, par des noms de personnages de ce temps-là,dont ils sont ou dont ils se font, chaussent le co-thurne et éblouissent les sots, st-sim. 264, 40. X lamention de ce mariage, elle [la duchesse d’Orléans ]se douta pour la première fois que Mme de Castriesfût sa cousine germaine, et tout aussitôt chaussa lecothurne sur l’indigne alliance desNolent, id. 434,38.