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quelqu’un pour deux raisons : la première, afin qu’ilapprenne que nous disons du bien de lui, la seconde,afin qu’il en dise de nous, la bruy. viii. Il n’y a rienà la cour de si méprisable qu’un homme qui ne peutcontribuer en rien à notre fortune, in. ib. N’espérezplus de candeur, de franchise, d’équité, de bonsoffices, de service, de bienveillance, de générosité,de fermeté dans un homme qui s’est depuis quelquetemps livré à la cour, et qui, secrètement, veut safortune, id. ib. La cour est comme un édifice bâti demarbre, je veux dire qu’elle est composée d’hommesfort durs, mais fort polis, in. t&. Un esprit sain puiseà la cour le goût de la solitude et de la retraite, id.ib. C’est une chose délicate à un prince religieux quede réformer la cour et de la rendre pieuse, id. xiii.On trouve à la cour une délicatesse de goût entoutes choses, qui vient d’un usage continuel dessuperfluités d’une grande fortune, montesq. Esp.iv, 2 . La cour offre à nos yeux de superbes esclaves,Amoureux de leur chaîne, et fiers de leurs entraves,Qui, toujours accablés sous des riens importants,Perdent les plus beaux jours pour saisir des in-stants, bernis, Éptl. iv, Lndép. Adieu, il y a unedame de la cour qui m’attend, volt. Jeannot. Jevais au palais d’une altesse Et j’achète un habit decour, bérang. Habit de cour. || Être effronté commeun page de cour, être hardi jusqu’à l’impudence.
_ || Fig. [ô Versailles ] Tout a fui ; des grandeurs tun’es plus le séjour; Mais le sommeil, la solitude,Dieux jadis inconnus, et les arts et l’étude Composentaujourd’hui ta cour, A. chén. Ode io. Dans leschamps que l’hiver désole, Flore vient rétablir sacour; L’alcyon fuit devant Ëole, Éole le fuit à sontour, j. b. rouss. Cantate, Circé .... Et comme onvoit d’abord le bûcheron, Quand le roi des forêts,victime désignée, Doit fatiguer enfin le fer de la co-gnée, Abattre autour de lui dans un vaste contourLa foule d’arbrisseaux qui composait sa cour, mas-son, Helvétiens, m. L’avare, d’autre part, n’aimeque la richesse ; C’est son roi, sa faveur, sa cour etsa maîtresse, Régnier, Sat. ix. || La cour céleste,le ciel où est Dieu avec les anges. || 5° Homme decour, celui qui fait partie de la cour, qui a les ma-nières de la cour. Y a-t-il esclave plus esclave quetout ce qui s’appelle gens de la cour? bourd. Pen-sées, t. U, p. 485. Messieurs les gens de cour pré-tendent juger décisivement de la délicatesse desplaisirs, st-ëvrem. dans bouiiours. Pour un espritde cour et nourri chez les grands, Tes yeux dansleurs secrets sont bien peu pénétrants, corn. Ro-dog. il, 2 . || Savoir la cour, être au fait des manièresde la cour. Son père sait la cour, corn, le Ment.iv, 4. Vous êtes peu du monde et savez mal lacour, id. Nie. ni, 8. Elle sait mieux sa cour que lesplus vieux courtisans, sév. i 72 . Pompadour était ungrand homme, triste et froid, la plus grande partiede sa vie sans cour et sans servir, st-sim. 622 , 193.|| En mauvaise part et indiquant frivolité, complai-sance servile, etc. Abbé de cour. Vous n’écoutez pointces docteurs de cour, boss. Préd. 1.1| En mauvaisepart et indiquant peu de sûreté dans le commerce.Renards de cour, balz. dans bouhours. Mainte pestede cour fit tant, par maint ressort, Que la candeurdu juge, ainsi que son mérite, Furent suspects auprince.... la font. Fab. x, to. || 6° Un ami de cour,un ami qui ne l’est qu’en apparence. Et c’est un fai-ble appui des amitiés de cour, Qu’une vieille amitiécontre un nouvel amour, corn. Othon, n, 4. Allons,ferme, poussez, mes bons amis de cour, mol. Mis.Il, 5. || De l’eau bénite de cour, vaines promesses,protestations de services et d’amitié qui ne pro-duisent rien. || 7° Cour plénière, grande assem-blée de vassaux que convoquaient les anciens roisde France . Tous ceux qui se présentaient à la courplénière étaient traités aux frais du prince. || Par ex-tension, Gengis tint dans les plaines de Toncat unecour plénière générale, volt. Mœurs, 69. || Fig. etfamilièrement. Avoir, tenir cour plénière, avoir chezsoi plus de monde qu’à l’ordinaire, receviir très-nombreuse compagnie. Que ne lui vit-on pas don-ner Dans le temps qu’il tint cour plénière Pour unefête singulière? Chantilly fut la scène..., la font.Lettres, xxv. || La cour du roi Pétaud, endroit oùchacun commande et où tout est confusion, et aussioù chacun veut parler à la fois. Oui je sors de chezvous fort mal édifiée; Dans toutes mes leçons j’ysuis contrariée; On n’y respecte rien, chacun y parlehaut, Et c’est tout justement la cour du roi Pétaud,Jol. Tart. i, t. || 8° Fig. Entourage de gens em-pressés à plaire à une personne. Depuis qu’il est enplace, il a une petite cour. || 9° Par extension, res-pects et hommages qu’on rend à une personne, as-siduités qu’on a auprès d’elle pour gagner ses bonnes
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grâces. Faire la cour aux grands. Faire la cour àune jeune personne pour l’épouser. Je le sais, maprincesse, et qu’il vous fait la cour, corn. Nicom. i, 4 .[Il] Agit contre son rang pour mieux faire sa cour,id. Théod. i, 2 . Héraclius vivrait pour te faire lacour! id. Héracl. m, 2 . Et son âme ployante at-tendant l’avenir Sait faire également sa cour et latenir, id. Othon, n; 4. L’autre hiver, faisant icima cour, id. le Ment, i, 3. Mais si j’aime, c’est malme faire votre cour, id. D. Sanch. n, 2 . Je ne vou-drais pas qu’il fît mal sa cour auprès de madame,mol. Critique, 7.Messieurs les courtisans, cessez devous détruire; Faites, si vous pouvez, votre coursans vous nuire, la font. Fabl . viii, 3. Elle [la be-lette] porta chez lui [le lapin] ses pénates un jourQu’il était allé faire à l’aurore sa cour Parmi le thymet la rosée, la font, vii, 16. Il fit mal sa cour auministre, hamilt. Gramm. 5. Le plaisir qu’il aura debien faire sa cour, sév. 478. Nous fîmes le soir notrecour à la reine, id. 174. Si j’étais reine, je croiraisqu’elle veut me faire la cour, id. 132. J’espérais al-ler leur faire ma cour, boss. Lett. 283. Je ferai bienvotre cour à M. le nonce, id. Lett. quiét. 376.Non, non, sans m’abaisser à lui faire la cour, rac.Théb. iv, 3. Il ne s’agit point dedaire sa cour enapplaudissant à ses écrits, la bruy. i. || Familière-ment. Faire un doigt de cour à une personne, té-moigner par quelques légers respects ou hommagesqu’on veut gagner sa faveur. || Faire la cour dequelqu’un, lui rendre un bon office auprès d’untiers. J’ai vu le ministre, je lui ai fait votre cour.|| Faire sa cour aux dépens de quelqu’un, chercher àplaire en le desservant. Faire sa cour aux dépens d’au-trui, boss. Honneur, 1.1| Faire sa courd’une chose àquelqu'un ou auprès de quelqu’un, se faire un mé-rite auprès de lui de lui annoncer une chose quil’intéresse. Il n’en avait pas fait sa cour à sa mère,sév. 162. Moi, j’en tiens cent louis [deCondé], cha-cun m’en fait la cour, la font. Lett. xxv. Le loupen fait sa cour, daube au coucher du roi Son ca-marade absent.... la font. Fabl . viii, 3. || Faire lacour se dit aussi des choses qui concilient la faveur,les bonnes grâces. Crenay m’avait demandé si jevoulais bien être du détachement pour les sacs;j’acceptai les sacs, parce que je sentis que cela fe-rait ma cour, st-sim. 1, 28 . || 10“ Siège de justiceoù l’on plaide (ainsi dit, parce que les cours de jus-tice résidaient primitivement dans la cour du roi oudes seigneurs). Autrefois il se disait de la plupartdes tribunaux; aujourd’hui on ne le dit que des tri-bunaux supérieurs. Cour d’assises. || Cour d’appel,juridiction supérieure dont l’attribution principaleest de juger les appels des jugements de premièreinstance. Conseiller à la cour d’appel. || La coursuprême, se dit quelquefois pour la courde cassation.|| Haute cour, tribunal exceptionnel de haute justice.|| Sous la monarchie parlementaire, la cour des pairs,la chambre des pairs constituée en haute cour de jus-tice pour connaître d’un crime d’£tat.|| Sous la répu-blique de 1848, il y eut aussi une haute cour chargéedéjuger les crimes contre l’État. || Cour des comptes,juridiction chargée de juger les comptes des compta-bles de deniers publics et de surveiller l’exécution deslois de finances. || La cour des monnaies, c’était jadisune compagnie souveraine qui jugeait des différendssurvenant au sujet des monnaies et des manufac-tures d’or et d’argent. || La cour de parlement, c’é-tait jadis tout le parlement, composé de plusieurschambres: la grand’chambre, la tournelle civile, latournelle criminelle, les cinq chambres des enquê-tes, les deux chambres des requêtes, et les requê-tes de l’hôtel. || La cour des aides, c’était jadis unecompagnie souveraine qui jugeait en dernier ressortles causes civiles et criminelles regardant les aides, lesimpôts, les gabelles, etc. || La cour des aides n’est pasloin, dicton jovial et jeu de mots sur aide, qui s’em-ploient pour exprimer que, si un mari néglige safemme, d’autres le remplaceront. || Autrefois, enmatière criminelle, hors de cour signifiait qu’il n’yavait pas assez de preuves pour asseoir une condam-nation. || Aujourd’hui, mettre hors de cour, met-tre hors de cour et de procès, déclarer qu’il n’y apas lieu à suivre. Nous sommes renvoyés hors decour, rac. Plaid, i, 7. Nous pouvons condamnerà la potence ou renvoyer hors de cour, volt. Dial.22. || Substantivement. Un hors de cour. Pronon-cer un hors de cour. [| Les membres d’une cour.La cour va en délibérer. || Lieu où siège une courde justice. Je vais à la cour de cassation. [| Entermes d’ancienne pratique, cour signifiait pouvoirde juger. Ravoir la cour, obtenir le renvoi d’unecause. La partie menait son seigneur avec elle, afinque, si la défaute n’était pas prouvée, il pût ravoir
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sa cour, montesq. Esp. xxviii, 32. || Dans le moyenâge, cour d’amour, société provençale de personnesdes deux sexes qui traitait ou jugeait des questionsde galanterie. Il y avait en Provence la fameusecour d’amour, et la Picardie, rivale de la Provence,avait aussi ses plaids et gieus sousl’ormel, fonten.Hist. thédt. fr. Œuvres, t. iii, p. 13, dans lacurne.|| Proverbe du xvii” siècle : Cour de France et courromaine Ne veulent de brebis sans laine, leroux delincy, Prov. t. Il, p. 75.
— REM. 1. Vaugelas condamnait la locution : êtrebien en cour ; Thomas Corneille la défend ; et l’usagel’a sanctionnée. Écrire en cour, se dit pour adresserdes lettres à des personnes qui appartiennent à la cour.|| 2. C’est Fontainebleau et point de cour à faire....plût à Dieu que je pusse vous faire la mienne, volt.Corresp. générale, 13 mars 1744. Bien que la règlegénérale ou ordinaire soit qu’un pronom ( ici lamienne ) ne peut se rapporter à un nom pris sansarticle (ici point de cour), comme c’est surtout laclarté qui a suggéré cette règle, la phrase de Vol-taire est si claire qu’elle ne doit pas être blâmée,surtout dans un style de caractère léger.
— SYN. HOMME DE COUR, HOMME DE LA COUR.
L’homme de cour est celui qui a le ton, les manières,l’esprit de la cour. L’homme de la cour est celui quien fait partie. On peut être un homme de la coursans être un homme de cour.
— HIST. xi* s. Qu’il issit à dreit en la curt.... Loisde Guill. 6. Meillur vassal n’aveit en la curt nul,Ch. de Roi. xvi. || xip s. [11 fut] X cort de roi et ser-viz et losez, Ronc. p. 18 . En ceste cort [il] vous vientau roi pleger, ib. p. 185. Je deïsse et l’estre et Fer-rement De la grant court de France au dous renom,Où toute valor se baigne, hues de la ferté, Roman-cero, p. 182 . La corz fu moult pleniere; quatorzerois i ot, Sax. xvii. X la cort le manda l’hostes parun garçon, Sax. xxii. E quant [il] vus volt tolirvostre curt e fauser, E apele autre curt, de ço lepoez [tu le peux] grever, Th. lemart. 44. Se [il] nepeüst le roi dune el pals trover, Le prélat esteüst àla justice aler [il faudrait que le prélat allât à lajustice], Ço qu’ai rei apartint en real curt finer, Çoqu’atainst al prélat en sa curt terminer, ib. so. Lesportes arses, e, en la cort, les herbes nées aussicorne en bois, Machab. i, 4. || xiii' s. Et furent huitjours à court, ains qu’il peussent iestre oï, Chr.de Rains, 123. Et avoec els [eux] avoit grant plentéde bones gens, et moult sembloit bien court à richeprince, villeh. xciii. Si comme je vous ai dit, tintli empereres sa court au Noël , h. de valenc. xv.....Lasse! mortes sommes, Mes sires, ounesaiquexhommes Est entrés dedens nostre court, la Rose,1 443 1 . Ele [Courtoisie] ere en toutes cors bien digneD’estre emperieris ou roïne, ib. 1251 . Il deit fairerecorder les dittes conoissances en la court pleniere,Ass. de J. 89. En la court laie pren un pou d’espe-rance; En cort des clers n’aie jà jor fiance, En nusprelas nule bone attendance, Proverbes ruraux et vul-gaus. Se bature est fete devant juge, encortvestue,l’amende est à la volenté du seigneur, beaum. xxx.20 . Aussi bien convient il que la cors soit garnie porfere recort comme por jugement, id. xxxix, 8. Sireevesque, fist le roy, entre vous avez establi que l’enne doit oyr nul escommenié en court laie, joinv.291 . Entre les chevaliers que monsieur Jehan deValenciennes ramena, je en y trouvai bien quarantede la cort de Champaingne, id. 261 . ||xv's. Depuisavint que messire jean de Ghistelles fut si mal decour [en cour] que.... froiss. 11 , 11 , 46. De touspoissons ot illec [à un repas] cours pleniere, eust.desch. Poésies mss. f“i34, dans lacurne. Aulcunsflatteurs envieux.... comme assez de telles gens a encour communément, Bouciq. m, ch. 11 . Au chevetdu lit pour tous jeux, Pend un benoistier qui estgourd, Avec un aspergés joyeulx, Tout plain d’eauebenoiste de cour, coquill. Droits nouveaux. Puisremonta à cheval, et s’en alla au palais, qui estoittendu et pavé moult noblement; et là tint il courtpleniere, et y souppa, et avecques luy à sa tablesoupperent les pairs de France et ceux de son sang,monstrel. t. iii, p. 88, dans lacurne. Et disoit onque le dit banquet seroitfaitàtous venans et commecourt ouverte, ib. p. Tl. X longueur de temps auraraison, si la cour, c’est à entendre le prince en sonauctorité soubz lequel il vit, n’est contre luy, comm.v, 18 . Alacort le roi, chascuns y est pour soi, Le-roux de lincy, Prov. t. n, p. 75. || xvi” s. Si tusçavoisvivre de choux, tu ne ferois pas la court à un tyran,mont, ii, 346. Conseiller en la cour de parlement, id.iii, 205. J’ay mes loix et ma cour pour juger de moy,id. iii, 260 . Misérable à mon gré, qui n’a chezsoy où estre à soy, où se faire particulièrement la