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court, où se cacher! mont, iii, 289. Je veois soubsmoy mon jardin, ma bassecourt, ma court, id. iii,288. A chasque court son traistre, Leroux de lincy,Prov. t. ii, p. 76 Le seigneur peut faire saisir lefief de son vassal par faute de service de cour et deplaids [c’est-à-dire quand il a manqué à assister auxplaids de sa seigneurie], Coustum. génér. 1. 1 , p. 638.
— ÉTYM . Norm. court, grande ferme; bourguig.cor; provenç. cort; ital. et espagn. corte; du bas-lat. curtis, cortis, dérivé du latin cohors ou cors,basse-cour, enclos; grec, y.éproç, qui a même ra-dical que le latin hortus, et l’allemand Garten, jar-din. Le t qui appartient à cour dans tous les ancienstextes et dans toutes les langues romanes, et qui seretrouve dans tous les dérivés, courtois, courtisan, etc.montre que le mot vient de curtis et non de curia,fausse étymologie qui commença à se montrer dansle xiv e siècle où l’on se mit à nommer en latin lesgens de cour curiales. Curtis a signifié d’abord lacour, l’enclos, la ferme, puis la résidence ruraledes seigneurs et des rois, puis la résidence de leurconseil, de leur autorité et aussi de la justice.Dans l’ancien français , au nominatif singulier la
cors, au régime la cort; au nominatif pluriel, les
cort, au régime, les cors.
•[ COURABLE (kou-ra-bl’), adj. Terme de chasse.Bête courable, bête qui est bonne à courir. La tailledu lièvre et celle du cerf sont les plus éloignées dela proportion des bêtes courables, salnove, Chassedu lièvre, dans richelet.
| COÜRADE (kou-ra-d’), s. f. Terme de pêche.Espèce de sardine du Croisic.
f COURADOUX (kou-ra-dou), s. m. Terme de ma-rine. Espace renfermé entre les deux ponts d’un bâ-timent. || Il est vieilli.
COURAGE (kou-ra-j’), s. m. || 1 ° L’ensemble despassions qu’on rapporte au cœur. Au moins, que lestravaux, Les dangers, les soins du voyage Changentun peu votre courage, la pont. Fabl . ix, 2 . Vousvoilà, vains honneurs qui m’enfliez le courage, Écou-lés en un jour comme l’eau d’un orage, rotr. Bél.v, 4. Sans que.... 11 te reste aucun fruit que la honteet la rage Qu’un remords inutile allume en ton cou-rage, corn. Cinna,rv, 7. De tous deux Rodogune acharmé le courage, id. Rodog. i, 6. Que tu pénètresmal le fond de mon courage! id. ib. iv, 6. Accordezvotre bouche avec votre courage, Pratiquez vos con-seils ou ne m’en donnez pas, id. Cour de ifélite,i, 2 . La honte suit de près les courages timides,rac. Alex, i, 2 . Détrompez son erreur, fléchissezson courage, id. Phèd. i, 6. Quel courage endurciSoutiendra les assauts qu’on lui prépare ici ? id. Iphig.iv, i. Le nom d’amant peut-être offense son cou-rage, id. Phèd. il, i. Mais de faire fléchir un cou-rage inflexible, id. ib. Je ne sais maintenant quiretient mon courage Que de vingt coups de poingau milieu du visage.... regnard, Fol. amoureuses,l, 2 . Un étranger, Fatime, un captif inconnu Pro-met beaucoup, tient peu, permet à son courage Desserments indiscrets pour sortir d’esclavage, volt.Zaïre, i, 1. C’est même une lâcheté de courage,mass. Car. Doutes. Soumettez-lui les fiers couragesDes plus nobles peuples du Nord, gresset, Ode auroiStanislas. |[ 2°La personne même, considérée aupoint de vue de la passion qui l’anime. Ce grandprince calma les courages émus, boss. Louis de Bourb.Il devient un objet de mépris aux uns, et, ce qui estle plus insupportable à un grand courage, un objetde pitié aux autres, id. Reine d’Anglet . Combien re-çut-il d’avis secrets que sa vie n’était pas en sûreté!Et il connaissait, dans le parti, de ces fiers coura-ges dont la force malheureuse et l’esprit extrêmeose tout et sait trouver des exécuteurs, id. le Tel-lier. ô la lâche personnel ah! le faible courage,mol. Dép. am. iv, 4. Homère aux grands exploitsanima les courages, boil. Art p. iv. Quels couragesVénus n’a-t-elle point domptés? rac. Phèd .i, 1 . Celane put étonner des courages qui étaient à touteépreuve, et qu’une suite non interrompue de pro-spérités remplissait d’assurance, rollin, Hist. anc.Œuvres, t. vi,p. 498, dans pougens. || Homme cou-rageux.[LaFrance]Pleine de mœurs et de courages,malii. il, 3. || 3° Zèle, bonne volonté, ardeur. Jevous servirai de grand courage. Donner courageaux faibles, pasc. dans cousin. Il' ne perdit pour-tant pas courage, id. Prov. 4. Il me disait queje devais prendre courage, fën. Tél. il. Je mesentis plein de courage contre les plaisirs, id. ib.|| 4° Fermeté qui fait supporter ou braver le pé-ril, la souffrance, les revers, etc. Ses négocia-tions, ses traités, tout ce que sa prudence etson courage opposaient à la fortune de l’État,
boss. Reine d’Anglet . S'il y eut jamais une conjonc-ture où il fallut montrer de la prévoyance et uncourage intrépide, ce fut lorsqu’il s’agit d’assurer lagarde des trois illustres captifs, id. le Tellier. Lavraie épreuve du courage N’est que dans le dangerque Ton touche du doigt, la font. Fabl . vi, 2 .Le vrai courage trouve toujours quelque ressource,fén. Tél. vi. Ce jeune roi, bien fait, vigoureux,d’une mine haute et fière, avait dans ses yeux lafureur et le désespoir; il était comme un beau che-val qui n’a point de bouche, son courage le pous-sait au hasard, et la sagesse ne modérait point savaleur, id. ib. n. D’un courage naissant sont-ce làles essais? rac. Iphig. i, 2 . Le monde, injuste es-timateur des choses du ciel, ne laissera pas d’ad-mirer et de faire valoir le courage de ce sacrifice,mass. Car. Resp. hum. Dessus ses grands chevauxest monté mon courage, mol. Sgan. 21 . La philo-sophie peut éclairer; mais d’une âme faible ellen’en saurait faire une âme forte; il y a bien dessortes de courages, condillac, Hist. anc. n, 10 . Levrai courage est une confiance éclairée que rien netrouble, id. ib. il, tl. || Courage d’esprit, fermetéde l’intelligence qui fait saisir les idées hardies,par opposition à'courage de cœur, qui fait braverles périls présents. Ces sortes d'idées hardies, pourvuqu’elles le soient dans de certaines bornes, partentd’un courage d’esprit, rare même parmi ceux quiont le courage du cœur, fonten. Chazelles. || Donnercourage, inspirer du courage. César qui lisait sapeur sur son visage, Le flattait par pitié, pour luidonner courage, corn. Pomp. m, 1 .1| Prendre cou-rage, ne pas se laisser abattre; reprendre courage,se relever après avoir été abattu moralement.Prends courage, ma fille, et sache qu’aujourd’huiTon roi te veut servir et de père et d’appui, corn.Cid, n, 9. || Perdre courage, se décourager. Battussans jamais perdre courage, boss. Hist. i, 9. || 11 sedit aussi des animaux. Ce chien a du courage.|| Familièrement. Prendre, tenir son courageàdeuxmains, faire effort pour s’affermir dans une résolu-tion. || Courage! interjection d’encouragement,d’excitation. Allons, courage! Du courage! Maiscourage, il s’émeut, je vois couler des larmes, corn.Poly. iv, 3. Ménage, qui a dit tant de mots etqui en a dit si peu de bons, avoit pourtant raisonde s’écrier à la représentation des Précieuses ridi-cules : courage, Molière ! voilà le bon comique, mar-mont. Élêm. de littér. t. vi, p. 4 7 1 , dans pougens.|| 5° Dureté de cœur (le courage de la fermeté ayant,par exagération, passé à la dureté de cœur, à l’in-sensibilité). Je n’ai pas le courage de lui refuser cela.Le traître eut le courage de livrer son meilleur ami.Sans que les larmes d’un si bon roi pussent amollirle courage de ces tigres qui le trahissaient si lâche-ment, vaug. Q. C. 317. || Proverbe. 11 n’y a plus quecourage, ou il n’y a plus que le courage, locutionqui se dit pour encourager en avertissant qu’on estau bout de la peine, du travail, de la course, etc.
— SYN. 1 ° cœur, courage. Courage est un dé-rivé de cœur, et c’est cette dérivation qui permetde les distinguer, puisque, par là, courage doitcontenir quelque chose de plus. En tant que consi-dérés comme ce genre de fermeté qui fait mépriserledanger, cœur et courage sont synonymes ; et danscette phrase de Molière : Et le cœur est digne deblâme Contre les gens qui n’en ont pas {Amph. î, 2 ),courage irait aussi bien. Mais bien que Ton disecombattre avec courage, on ne dit pas combattreavec cœur. Donc ce que la dérivation ajoute à cœurpour former courage, c’est que courage exprime lamanifestation du cœur. Quand le cœur se manifestepar des actes extérieurs, il prend le nom de courage.|| 2" courage, bravoure. Courage est plus généralque bravoure; justement parce que courage tientétroitement à cœur, il exprime tous les genres decourage aussi bien à la guerre que dans la paix. Aucontraire bravoure n’exprime que le courage dansle combat.
— HIST. xi* s. Li reis est fiers, et sis curagespesmes, Ch. de Roi. iv. Mais je ne sai quels en estsis curages [intention], ib. xm. Gardez, de nous neturnez le curage [que vous ne changiez de senti-ment à notre égard], ib. li. En son curage [il] enest joieus et liét, ib. cxcvi. [| xir s. Entendez moncorage, Ronc. p. 13. Respont Rollant: ne me vienten corage [je n’en ai pas envie], ib. p. 47. Li cuensRolant o le courage fier, ib. p. 67. Rolanz fu preuset de moût fier corage, ib. p. 64. A Olivier [il] ena dit son corage, ib. p. 81 . Par vasselage [fermeté],son corage [ses sentiments] il cela, ib. p. 168 . Etde moût bon corage [il] a réclamé Jhesu, ib. p. 196.Mais je n’ai pas corage [intention] que plus le res-
pitons, ib. p. 200. Au mont [monde] n’a [il n’y a],voir, si cruel traïson Qu’en bel semblant et coragefélon, Coud, ix. Je doi avoir grant joie en moncorage, ib. xix. Tant [j’] ai en lui [elle] ferme assismon corage Qu’ailleurs ne pense.... ib. [Je] Chan-terai pour mon courage Que je veuil reconforter,Dame de faiel, dans Coud. Diex! Que ferai? Dirailui [à elle] mon coraige? Irai-je lui dont [donc] s’a-mour demander? quesnes, Romancero, p. 83. Chan-ter m’esteut, que m’en est pris coraige, ib. p. 85.Tel cinq cent chevalier Qui n’ont cuer ne corage deSaisnes guerroier, Sax. xvi. En tous essamples s’estgranment reconfortez; Mais nepurquant mult ert elcorage trublez, Th. le mart. 66. Puet cel estrequ’ensi se voleient vengier De mei, quant lur cu-rage [intention] ne porent avancier? ib. 89. Ço estla lei à hume, ke hum te serve en simplicited epurted de sun curage, e tu li faces merci, Rois,146. ||xm” s. Damoisele, fait ele, fraignez vostrecorage ; Trop avez hui menée grant dolor et grantrage, audefr. le bast. Romancero, p. 14. Et biencréant en Dieu et de moult bon courage, Berte, lxx.Seignor, famé est et foie et sage, Et moult est foiede corage, Ren. 7108. El [Papelardise] fait dehorsle marmiteus, Si a le vis [visage] simple et piteus,Et semble sainte créature ; Mais sous ciel n’a maleaventure Qu’ele ne pense en son corage, la Rose,417. Li valés fu jones et biaus, Si estoit bien d’au-tel aage Cum s’amie, et d’autel corage, ib. 1286.En tel cas prent on aucune fois l’autrui coze, et sin’est pas larrecins, car larrecins n’est pas sans avoircorage d’embler, beaum. xxix, 12 . Mais li coragesmonte as preus et as gentis, Ch. d’Ant. n , 490.|| xiv* s. Vouloir estre honouré entre les grans etdes grans, il vient de bon courage et tel se monstrehome, oresme, Eth. 123. Chétif courage, id. ib.106 . La famé de Richart dit moût hautement demauvais courage au dit exposant.... du cange, oui-dere. || xv* s. Le duc commença à rire et s’excusa,et ne dit pas si très tost ce qu’il avoit sus le cou-rage, froiss. il, iii, 47. On pardonne bien de bouche,mais tousjours demeurent les haines en courages,id. n, il, 241. Leurs gens n’avoient nul courage debien faire ni eux defendre, id. ii, iii, 17. Et qui eustvoulu poursuir, on eust chassé les dits Anglois jus-ques à la mer, veu le courage que chacun avoit;car ung François eust abatu dix Anglois, Chron. dusiégé d’Orléans , 1429, Bibl. des Chartes, t. m, 2* sé-rie, p. 207. Vallet, va quérir en message Centurionau fier courage; Va tost, dy ly qu’il veigne cy,la Pass. de N. S. J. C. En presence de cette noblecompagnie, et mesmes plusieurs autres nobles hom-mes et vertueux courages cy presens, math, decoucy , Hist. de Charles VII , p. 678, dans lacurne.|| xvi* s. Les courages des ennemis sont abbattus,mont, i, 24. Un mauvais luicteur se feit médecin:courage, lui dict Diogenes; tu as raison ; tu mettrasà cette heure en terre ceulx qui t’y ont mis aultre-fois, id. iii, 210. Remplissant des haines parricidesles courages fraternels, id. iv, 201 . Epaminondas ,sans faire semblant de rien, avoit de longue mainconduit la prattique de lever le courage aux jeuneshommes Thebains , amyot, Pêlop. 13. Il feit renais-tre ès courages des soudards une envie de se trou-ver aux prises.... id. Pélop. et Marcel, comp. 3.Philopœmen le laissa dire, combien qu’il en fustfort despit en son courage [intérieurement], id.
Philop. 30.Un quejesçeusse avoir courage lasche,
id. Comment dise, le flatt. 68. Un bon courage dé-coré visage, Leroux pe lincy, Prov. t. 11 , p. 430.
— ÉTYM . Bourguig. coraige; provenç. et catal.coratge; espagn. corage; portug. coragem ; ital. co-raggio; d’une forme coraticum (comme le prouventle tg du provençal et le double g de l’italien ), déri-vée de cor, cœur. Palsgrave , p. 62 , au xvi* siècle,dit qu’on prononçait couraige.
COURAGEUSEMENT (kou-ra-jeû-se-man), adv.Avec courage, fermeté. Ils ravagent tout ce qui estentre la Somme et l’Oise , et, tant que personne neleur résiste, ils tiennent courageusement la cam-pagne, ils tuent nos paysans et brûlent nos villages,voit. Lett. li. Si Gustave eu doutait, vous ne leverriez pas Si courageusement s’avancer au trépas,piron, G. Wasa, iv, 8.
— HIST. xvi* s. Comme il combattait fort coura-geusement contre ceulx qu’il avait en teste, amyot,Pyrrh. 10 .
— ÉTYM . Courageuse, et le suffixe ment; pro-venu coratjosamens.
COURAGEUX, EUSE (kou-ra-jeu, jeu-z’), adj.|| l*Qui a du courage. Se montrer courageux dansle malheur. Une âme courageuse. Plus vites que lesaigles, plus courageux que les lions, boss. Louis de