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Ses intérêts, ses gages courent depuis un an.|| 17° S'étendre, se prolonger. Le chemin court en-tre des vignes au bord du lac. Cette côte court est-ouest, c’est-à-dire va droit d’orient en occident. Cesrochers courent sud-ouest, environ trois lieues. L’A-sie est soutenue, tant au nord qu’au midi, par deuxgrandes chaînes de montagnes qui courent presquedepuis l’extrémité occidentale de l’Asie Mineure etdes bords de la mer Noire , jusqu’à la mer qui bai-gne les côtes de la Chine et de laTartarie à l’orient,raynal, Ilist. phil.i, 4. || 18° En termes de filature,on dit qu’un fil de laine, de soie, etc. court, quandil fournit beaucoup d’ouvrage. || 19° V. a. Poursuivreà la course. Ce n’est pas qu’on s’imagine que la vraiebéatitude soit dansle lièvre qu’on court, pasc. Div. 2.Monseigneur court le lièvre dans son parc, hamilt.Gramm. 9. Le duc m’a voulu mener courir un cerfavec lui, mol. les Préc. 4 2. Il courut un cerf au clairde la lune, sév. 4G. Mme la Dauphine se met à cou-rir les bêtes, id. 437. || Fig. Ils courent le même lièvre,c’est-à-dire ils prétendent à la même chose. || Il nefaut pas courir deux lièvres à la fois, c’est-à-dire quandon recherche deux objets à la fois, on les manquel’un et l’autre, il ne faut s’occuper à la fois que d’unechose. || En parlant des personnes qu’on poursuit.Courirquelqu’un l’épée à la main. Etles petits enfants,sitôt qu’on m’aperçoit, Me courent dans la rue....corn. Suite du Ment, i, 3. L’un d’eux [des secrétairesde Vendôme ] le courut [Alberoni] plus de mille pas àcoups de bâton à la vue de toute l’armée, st-sim.4 66, 4t. Mais d’aller attaquer de ces bêtes vilainesOui n’ont aucun respect pour les faces humainesEt qui courent les gens qui les veulent courir,mol. Prince d’Él. i, 2. || 20“ Fig. Rechercher avecempressement. Courir les honneurs. Cet ecclésias-tique courait les bénéfices. || Il se dit des personnes.On le court, on le choie. Ce prédicateur est très-couru. Nous les verrions nous courir sans tous cesrespects et ces soumissions où les hommes les aco-quinent, mol. la Princ. ni, 2. C’est assez qu’ellevous ait vue pour me la faire courir, sév. 414. Seserait-il engagé à Césonie qui l’a tant couru? labruy. ni. Ceux qui courent le favori du prince,comme ses viles créatures, id. x. L’on court lesmalheureux pour les envisager, id. vin. Ils courentpartout celles [les femmes] dont ils espèrent se faireécouter, font. Jugem. de Pluton . Nous couronsquelquefois les hommes qui nous ont imposé parleurs dehors, vauven. Max. gclviii. C’est ce mêmechevalier que mademoiselle votre fille court auxTuileries, dancourt, Cheval , d la mode, v, 7.|| 21° S’exercer dans une lice à différents jeux d’a-dresse. Courir la bague, la tête, courir en essayantd’atteindre avec une lance une bague, une tête. EnEspagne on court les taureaux. Il fallait courir qua-tre lances ; ceux qui seraient assez heureux pourvaincre quatre chevaliers.... volt. Zadig, 4 9. [Il]court le faquin, la bague, escrime des fleurets,régnier, Sat. v. || Courir un prix, en parlant descourses de chevaux, faire courir un cheval pouravoir ce prix. || 22° Courir le cachet, se dit d’unprofesseur qui donne des leçons en ville. || 23° Par-courir. J’ai couru toute la ville sans le trouver. Jen’ai plus qu’à courir les côtes de l’Afrique , corn.Pomp. iv, 3. Tout cassé que je suis, je cours toutela ville, id. Cid, ni, 6. On court sans cesse lesimprimeries, pasc. Prov. 47. Hors vous et moi,monsieur, je ne crois pas que personne s’avise decourir maintenant les rues, mol. Sic. 3. Pour moi,sur cette mer qu’ici-bas nous courons, Je chercheà me pourvoir d’esquifs et d’avirons, A régler mesdésirs, à prévenir l’orage, Et sauver, s’il se peut,ma raison du naufrage, boil. Ép. v. Je cours toutle sérail, rac. Baj. v, 9. J’ai couru les deux mersque sépare Corinthe , id. Phèd. i, 4. Cher compa-gnon, me veux-tu croire? Courons ensemble le pays;Tu sais médire, je sais boire : Nous ne manqueronspoint d’amis, la font. Daphné, ni, 4 0. Il couruttous les environs de Montpellier à plus de dix lieues,et en rapporta des plantes inconnues aux gens mêmedu pays, fonten. Tournefort. || Être fou à courir lesrues, à courir les champs, être très-fou. || Courirle monde, voyager en divers pays. Les philosophesne courent guère le monde, et ceux qui le courentne sont ordinairement guère philosophes, et par làun voyage de philosophe est extrêmement précieux,fonten. Tournefort. || Fig. Mais un roi, vraimentroi, qui, sage en ses projets, Sache en un calmeheureux maintenir ses sujets, 11 faut pour le trouvercourir toute l’histoire, boil. Ép. i. [j 24° Courir laposte, voyager en poste, aller fort vite; et fig. seé 'pêcher outre mesure. || On dit dansle même senscourir le grand galop. 11 dit fort posément ce dont on
DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.
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n’a que faire, Et court le grand galop quand il està son fait, rac. Plaid, ni, 3. J| Courir en guide,courir la poste à cheval, ayant devant soi un postil-lon monté sur un autre cheval. || Anciennement,courir un bénéfice, envoyer un courrier à celui quia la nomination d’un bénéfice devenu vacant, pourêtre le premier à le solliciter. || 25° Terme de guerre.Faire une incursion rapide. Courir le plat pays. Lesennemis laissèrent dans la place une garnison quise mit à courir toute la contrée. || 26° Terme de ma-rine. Courir des bordées, ou courir des bords, alleralternativement à droite et à gauche. || Courir lebon bord, se dit des corsaires qui courent sur desbâtiments marchands; et fig. et familièrement, fré-quenter les mauvais lieux. || Courir la mer, y fairela course comme corsaire ou pirate. Pour cou-rir cette mer, il ne fallait que des radeaux, desgalères et des rameurs, raynal, Ilist. phil. xix, 5.|| 27° Suivre une profession où l’on a des émules.Courir la carrière littéraire. Une fille guerrière Deson guerrier chéri court la noble carrière, volt. Scy-thes, il, 2 . || 28° Etre en train d’accomplir une certaineannée de son âge. J’ai l’honneur de courir ma 50 e an-née, volt. Lett. envers et en prose, 80 . Je cours actuel-lement ma soixante et dix-huitième année, id. Lett.Richelieu, 48 fév. 4771. || 29° Courir les aventures,se disait des chevaliers qui allaient à la recherchedes exploits guerriers. Son frère, ayant couru maintehaute aventure, Mis maint cerf aux abois, maintsanglier abattu, Fut le premier César que la gentchienne ait eu, la font. Fabl . vin, 24. || Dans unsens général, avoir des aventures, quelles qu’ellessoient. Notre héroïne se mit à rêver à ses aventures,particulièrement à celles de cette nuit; ce n’étaientpas véritablement les plus étranges qu’elle eûtcourues, id. Psyché, i, p. 39. || Par extension,être exposé à. Il a couru le risque de périr. Vouscourez risque de vous ruiner. Quand je songe auxdangers que je lui fais courir, corn. Cinna, i, 2 .Il vous a préservé, sur le point de périr, Du dangerle plus grand que vous puissiez courir, id. Rodog.v, 5. Et d’ailleurs quels périls peut vous faire cou-rir Une femme mourante et qui cherche à mourir?rac. Phèd. i,4. C’est là tout le danger que vouspouvez courir, id. Iphig. h, 4. || Courir fortune,hasard, s’exposer à certaines éventualités. Il a couruhasard de se tuer. Us sont trop habiles pour vouloircourir la fortune, sév. 44. || Courir même fortune,être exposé aux mêmes risques et périls. L. Juniuseût couru la même fortune si, pour échapper à lacruauté du tyran, il n’eût feint d’être hébété, etd’avoir perdu l’esprit, vertot, Révol. rom. i, p. 65.D’où vient qu’ayant voulu courir notre fortune, Ilne partage point l’allégresse commune ? volt, faner.v, 4. || Courir une belle fortune, être en passe d’ar-river à quelque chose de grand. || 30° Hanter, fré-quenter. Courir les bals, les maisons de jeu, lesthéâtres, les salons. A courir les fillettes.... 11 s’estcouvert de dettes, bérang. Pet. h. gris. || Courir lesruelles, aller de visite en visite chez les dames.|| Courir le bal, aller au bal. De l’habit dont jadiselle courait le bal, Elle s’est mise en homme en cetaccès fatal, regnard, Fol. amour, iii, 9. || Fami-lièrement. Courir la prétantaine, aller et venir sansobjet bien déterminé. Cette femme court la prétan-taine , c’est-à-dire ses allées et venues ne sont pasconvenables, excitent les soupçons sur sa conduite.|| Populairement. Courir le guilledou, fréquenter,principalement durant la nuit, des lieux suspects.|| 31° Être répandu, propagé. Cette aventure courtles salons. || Courir les rues, être su de tout lemonde, être commun , vulgaire. Cette nouvellecourt les rues. L’esprit court les rues, il est très-commun, tout le monde en a. Honnête homme! etqui ne l’est pas? C’est un mérite qui court lesrues, marmont. Contes mor. Bon mari. Vous trouvezque toute leur capacité et leur étude sur la religionse réduit à certains discours de libertinage quicourent les rues, s’il est permis de parler ainsi,mass. Car. Doutes sur la Religion. || 32° Terme demarine. Courir les coutures, presser les étoupesqui en ont besoin.
— rem. 1. S’en courir a été usité dans lexvii* siècle. 11 s’en court en disant : à Dieu me re-commande, RÉGN. Sat. xi. Mon esprit agité Douteuxs’en court de l’une à l’autre extrémité, id. Élég. 2.A la fin le pauvre homme S’en courut chez celuiqu’il ne réveillait plus, la font. Fabl . vm, 2.L’associé des frais et du plaisir .S’en court enhaut, id. Quiproquo. Ce discours fut à peineproféré Que l’écoutant s’en court.... id. aveux.Des grammairiens ont condamné cette locutioncomme fautive; c’est à tort; elle est aussi correcte
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que s’en aller ou s enfuir. Tout ce qu’on peut dire,c’est qu’elle est archaïque et tombée en désuétude.|| 2. On trouve dans quelques auteurs courir ®. n.conjugué avec l’auxiliaire être. Je suis courue ici,sév. 489. J’y suis courue en vain, c’en était déjàfait, rac. Théb. v, 2. J’y suis couru, id. Berén. ii,4. Les grammairiens condamnent cet emploi, disantque courir exprimant une action ne peut recevoirl’auxiliaire être. Mais venir exprime aussi une actionet ne s’en conjugue pas moins avec l’auxiliaire être.Ici encore l’usage est pour l’auxiliaire avoir; l’auxi-liaire être est très-peu usité, mais est égalementcorrect; dans l’ancienne langue il était de pleinusage. || 3. L’usage trouve cours-je P trop dur, oudu moins (car courge a le même son et n’est pasrejeté) nous ne sommes pas habitués à renverserainsi les verbes monosyllabiques ; on tourne la phraseen : est-ce que je cours?
— hist. xi" s. Si s’en commourent tote la gent deRome ; Plus tost i vint ki plus tost i peut curre, St-Alexis, cm. [Il] Plus curt à pied que ne fait un che-val, Ch. de Roi. lxix. Puis sont montez sur leur cu-ranz destriers, ib. lxxxviii. Son cheval [il] broche,laisse curre à esforz, ib. xci. Rolant [il] regarde,puis si lui est curut, ib. cliii. || xir° s. Li destrier[il] broche, il cort par tel randon.... Ronc. p. 52.Puis [il] laisse corre tout une randonnée, ib. Rolantle vit, sel [si le] corut à aider, ib. p. 96. Par touteEspaigne là où corent mes lois, ib. p. 4 22 . Trèsqu’es chevols lui est li brans [l’épée] coru, ib.p. 4 45. Saisne lui corrent sus par vertu et par ire,Sax. x. L’aigue lui cort du cuer parmi les oilz àrais, ib. xv. Jo n’ai pas trait m’espée, ne jo ne licur sure, Th. le mart. 36. Quant l’arcevesque veitque tuit li curent sure , ib. 4 07. || xm* s. Leslarmes de son cuer corrent de tel ravine, Que sesmantaus en mouille et ses bliaus d’ermine, aüdefr.le bast. Romancero, p. 24. Einsi coururent parmer tant qu’ils vindrent à Cademalée, en un très-pas [cap] qui sied seurmer, villeh. lx. Ghascunsi est couru la merveille esgarder, Berte, ni. [Uneourse] Qui vers lui s’en venoit courant gueule baée,ib. xlvi. Courant [elle] vint à sa mere, n’i fit paslong delai, ib. lvii. Sachiez, ce jour [il] i ot maintgrant destrier couru, ib. cxxxvii. Bruiant et Ber-■nart et Beaucent As armes corent maintenant, lien.26940. Que trop par est ma pance plaine; Au cr-re[à courir] me faudrait [manquerait] l'alaine, ib. 20668 .Ausinc cuer qui d’amer ne cesse, Ne queurt pastous jors d’une Iesse, la Rose, 7594. Qui cercheroitjusqu’en Cartage, F.t d’Orient en Occident . .. Etcorusl tous jors sans paresce, Tant cum porroit,grant aleüre, ib. 5399. Lor nature est que doiventcorre Por la gent aidier et secorre, ib. 5204. Ne jàn’aura [le marchand] assés acquis, Se crient [s’ilcraint] perdre l’avoir acquis, Et queurt après leremanant Dont jà' ne se verra tenant, ib. 6093.Onques mès n’avoie veüe Cele iave [eau] qui sibien coroit, ib. 4 4 5. Encor apartient au baillif quechar soit vendue à droit pris, et les autres viandes,et que droites mesures corgent, Liv. de just. 70.Toutes crient ensemble : Ce soit à Dieu plaisir ! Ausosteus sont corutes por les bordons saisir, Ch.d’Ant. vm, 474. Et s’el lait l’an et le jor passer, tozli tans sera courus contre li, beaum. lxv, 4 7. Autrematière noz quort sus, si noz soufrerons à tant[nous arrêterons ici], id. xlvi, 4 2. Il sanlleroit qu’ilpeust plus laissier du quint de son héritage, se litorfès et les detes ne sont si grant que tout y quore[y passe, y soit employé], id. xii, 6. Une coustumequort entre les procureurs en la cort de crestienté,laquele ne quort pas en cort laie, id. 83. Quant cefufait, il le mistrent en la fosse avec son seigneur etavec le cheval tout vif, et puis lancèrent sus lafosse planches bien chevillées, et tout l’ost courut àpierres et à terre, joinv. 266 . Et pour ce la renom-mée couru en estranges terres, dont maint mar-cheant lessierent à venir en l’ost [renoncèrent àvenir], id. 217 . Mort, vielz et jeunes, nous queurtseure; Mort nous prent, nous ne gardons l’eure,j. de meung, Tr. 4 345. || xiv° s. En la maniéré queaucuns servans vistes et hastis qui s’en cuerent exé-cuter avant que il aient oÿ tout le commandement,oresme, Eth. 205. Si comme un cheval quant ilqueurt bien ou porte bien, il est bon, id. ib. ix, 45 .|| xv” s. Le comte de Flandre dit : Je m’esmerveillede ces Anglois qui me queurent sus et prennent monpays.... froiss. 11 , n, 207 . Et fut la cité de Vennestoute courue et robée [après la prise d’assaut], id.1 , 1 , 499 . Si comme renommée keurt, id. 11 , ii, 53.Et passèrent là une riviere qui y queurt,.qui seliert en l’Escaut, et vient d’amont devers Arleux....id, 1 , 1 , 79. En priant Dieu , digne pucelle, Qu’il
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