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vous doint longue et bonne vie, Qui vous ayme,ma damoiselle, Jà ne coure sur lui envie, ch. d’orl.Bai. < 02. C’est qu’entre tous court voix et renomméeDe pis avoir pour le pueple et l’eglise, e. desch.Souffrances du peuple. Male bouche tient bien grandcourt; Chascun à mesdire estudie; Faulx amou-reux au temps qui court Servent tous de goliardie,a. chart. La belle dame sans merci. Il envoya àCallais trois ou quatre cens hommes qui coururenttout le pays de Boullenoys, comm. iii, 6. Et la ri-vière courait entre nous et eux, id. vm, 7. Je vousenjoins que vous gardez de jamais courir votre che-val en la vallée, louis xi, Nouv. lii. || xvi* s. Plus-tost le Rosne en contremont courra, marot, i, 226 .Lors que la peur aux talons met des ailes, L’hommene sçait où s’enfuir, ne courre, id. ht, 8. Ce livrecourt pieça ez mains des gents d’entendement,mont, i, 206 . Ils se coururent sus, l’espée au poing,in. i, 260 . Tout ce qui est soubs le ciel court uneloy et fortune pareille, id. h, <66. Ceulx qui ontabbregé leurs jours à courir toute la terre habi-table, amyot, Préf. vii, 33. Theseus , voulant courir lamesme fortune que feroient ses citoyens, s’offritvoluntairement à y estre envoyé, id. Tbesée, <9.Quand ilz furent depuis parvenus en aage d’hommes,ilz coururent sus à Tarchetius, et le desfeirent, id.Rom. 3. Il trouva la riviere si enflée et courant siroide, qu’il ne s’oza approcher du fil de l’eau, id.ib. 4. Aussi tost qu’ilz apperceurent le signe, ilss’en coururent çà et là enlever les filles des Sa-bins, id. ib. 20 . Hieron envoya à la feste des jeuxolympiques, des chevaux pour courir, id. Thém. 47.Ici fait son dernier séjour Euchidas qui d’icy cou-rut jusqu’en Delphes , et racourut de là icy en unseul jour, id. Arist. 60 . Il soublagea un peu lesdebteurs, en retranchant partie des usures quicouraient sur eulx, id. César, 48. Dès le printempsde Tannée que nous courons, d’aub. Hist. iii, 268 .Humer et souffler, courir et corner, n’est pas choseà tolerer, leroux de lincy, Prov. t. ii, p. 305.
— ÉTYM . Bourg, cori; Berry, courre; picard, keu-rir; provenç. et esp. carrer; ital. correre ; du latincurrere. L’ancienne conjugaison est courre, corre,reproduisant l’accent latin currere ; c’est de là quevient le futur, je courr-ai; s’il venait de courir, ilserait je courir-ai, les futurs venant de l’auxiliaireavoir combiné avec l’infinitif. Courir provient d’unchangement de la conjugaison latine, currire pourcürrere, changement qui n’est pas rare.
+ COURLERET (kou-le-rè) ou COURLERI (kour-le-ri) ou COURLERU (kour-le-ru), s. m. Un desnoms vulgaires du courlis.
— ëtym. Voy. courlis; picard, corleru.
t COURLIÈRE (kour-liê-r’), s. f. Un des nomsvulgaires du courlis.
COURLIEU (kour-lieu) ou COURLIS (kourli), s. m.Oiseau aquatique du genre des échassiers. Aucoucher du soleil le courlis siffle sur la pointe d’unrocher, chateaubr. Génie, i, v, 8.
— HIST. xvi* s. Le corlys est oyseau d’aussi grandecorpulence comme une aigrette [sorte de héron];il a gaigné son nom françois de son cri; car envolant il prononce corlieu, belon, De la naturedes oiseaux, iv, < 2 .
— ÉTYM. Furetière et Richelet, corlieu; Berryquerlu, kerlu; picard, corlu, corleru, corlieu, tur-lui; milanais, caroli, d’après Belon; anglais , cur-lew. Il faut croire, puisque les naturalistes le disentet que d’ailleurs les noms patois semblent y con-courir, que ce mot est une onomatopée représen-tant le cri de l’oiseau. Autrement, on aurait ététenté d’y voir l’ancien français corlieu, provençalcorlieu et corrieu, courrier, qui vient de couriret dont voici des exemples : xii* s. Il tramet ses mes-sages et sescorlieus, Gérard de Ross. p. 3io. Quiparleront plus bel qu’uns pages, Qu’uns trote àpié,ne qu’uns corlieus, du cange, corerius. X cest mot[il] trait son roi [aux échecs] et sagement l’aliue[place] Entre roi et aufin [cavalier], derrier la gentcorliue [les pions], dans le Gloss, fr. de ducange,corliu. Li courleu furent bien quatre cent en es-tant Qui porteront les briés [lettres] et seiaus[sceaux] l’amirant, Ch. d’Ant. v, 950.
| COURMI (kour-mi), s. m. Sorte de bière faited’orge fermentée.
t COUROI (kou-roi), s. m. Terme de marine. Voy.courée.
— ÉTYM . Le même mot que corroi.
t COUROIR (kou-roir), s. m. Terme de marine.Passage étroit entre des chambres.
f COURONNABE (kou-ro-na-d’), s. f. Terme d'artmilitaire. Opération par laquelle une troupe entourele point qui doit être attaqué.
f COURONNANT, ANTE (kou-ro-nan, nan-t’),adj. Qui couronne. || Bractées couronnantes, brac-tées qui forment une couronne au-dessus des fleurs.
COURONNE (kou-ro-n’), s. f. || 1° Ornement detête fait de feuillage ou de fleurs. Une couronne defeuilles de chêne ou de laurier. Apollon à portes ou-vertes Laisse indifféremment cueillir Les bellesfeuilles toujours vertes Qui gardent les noms de vieil-lir; Mais l’art d’en faire des couronnes N’est pas sude toutes personnes, malh. iii, 2. Les couronnes nes’acquièrent pas sans travail; même celles qui nesont que de laurier ou de myrte s’achètent bienchèrement, voit. Lett. 46. La chevelure que Dieu jeta commeun voile surles épaules du jeune homme,et comme une couronne sur la tête du vieillard, cha-teaub. Mart. 1 28. || Poétiquement. Belles, vous por-tez à quinze ans La couronne de l’innocence, bérang.Couronne. || Terme de géométrie. Couronne circu-laire, espace renfermé entre deux cercles concen-triques. Pour avoir la surface d’une couronne, ilfaut multiplier sa largeur par la circonférencemoyenne. || 2° Couronne a été prise de très-bonneheure comme un signe de distinction, de méritesupérieur ou d’autorité. || Termed’antiquitéromaine.Couronne triomphale, celle qui appartenait aux gé-néraux qui obtenaient les honneurs du triomphe ;elle fut d’abord de laurier, et d’or dans la suite.Couronne de l’ovation, couronne de myrte qui sedonnait aux généraux qui obtenaient l’ovation. Cou-ronne obsidionale, couronne d’épis qui se donnaitau général qui avait fait lever un siège. Couronnecivique, couronne de chêne qui se donnait à celuiqui avait sauvé la vie à un citoyen. Couronne murale,couronne dont les fleurons avaient la forme de cré-neaux et qui se donnait à celui qui était entré lepremier dans une ville assiégée. Couronne navale,couronne qui se donnait à celui qui, dans un com-bat naval, sautait le premier dans un vaisseau en-nemi. Une couronne de feuilles de chêne, de laurierou de quelque herbe plus vile encore, devenait ines-timable parmi les soldats, qui ne connaissaient pasde plus belles marques que celles de la vertu, nide plus noble distinction que celle qui venait desactions glorieuses, boss. Hist. iii, 6. || Aujour-d’hui, couronne académique, ou, simplement, cou-ronne, prix remporté dans les concours académi-ques. || Se dit aussi de la couronne qu’on donnedans les collèges en même temps que les livres auxécoliers qui ont remporté un prix. || Fig. Prix, ré-compense, ornement. 11 y a de fausses vaillancesqui ont leur couronne, boss. Honn. <. Mes frères,vous serez ma couronne au jour de Notre-Seigneur,id. Pose. Vous êtes leur couronne, leur joie, leurconsolation, mass, ilyst. Résurr. || 3° Ornement detête, signe de dignité. La couronne est l’insigne dela puissance royale et de diverses dignités féodales.Couronne de duc, de comte, de baron. Il reste encoreaux meilleurs bourgeois une certaine pudeur qui lesempêche de se parer d’une couronne de marquis,trop satisfaits de la comtale; quelques-uns même nevont pas la rechercher fort loin, et la font passerde leur enseigne à leur carrosse, labruy. xiv. [Lemilan ] va tout droit imprimer sa griffe Sur le nez deSa Majesté! — Quoi! sur le nez du roi!—Duraimême en personne.— Il n’avait donc alors ni sceptreni couronne? — Quand il en aurait eu, c’aurait ététout un, la font. Fabl.xn, < 2 . |j Couronne fermée,celle dont le cercle est rehaussé de fleurons ou or-nements qui viennent se rejoindre au-dessus de latête; couronne ouverte, celle qui n’a que le cercleinférieur plus ou moins orné. Au commencementtoutes les couronnes étaient ouvertes ; plus tard lacouronne impériale et la couronne royale furentfermées. || Couronne impériale, couronne fermée deforme hémisphérique, terminée par un globe sur-monté d’une croix; couronne royale, couronne fer-'mée plus large par en haut et surmontée d’un or-nement particulier, qui, en France , était la fleur delis; couronne ducale, couronne ouverte, garnie dehuit feuilles ou fleurons; la couronne de marquisn’avait que quatre feuilles et, entre les feuilles, despointes ornées de trois perles; la couronne decomte était tout autour garnie de perles; celle duvicomte ne portait que quatre perles, et, entre elles,de simples pointes; celle de vidame [lieutenant ci-vil et militaire d’un évêque] portait quatre croix aulieu des quatre perles du vicomte ; la couronne debaron, plus exactement nommée torfil, consistaiten un cercle entouré de plusieurs cordons de perles.
|| La triple couronne, la tiare du pape, ainsi diteparce que c’est un bonnet rond et élevé, entouré detrois couronnes d’or enrichies de pierreries, etmises, la première par le pape Hormisdas , la se-conde par le pape Boniface VIII , la troisième parJean XXII ; le bonnet est surmonté d’un globe por-tant une croix. || Couronne de fer , la couronne de?rois lombards d’Italie . || Couronne antique, cou-ronne formée par une feuille tournée en cercle,et découpée à grandes pointes jusque vers la baseou cercle qui entoure le front; telles étaient lescouronnes des princes d’Italie . || La couronne d’é-pines, celle que l’on mit sur la tête de Jésus-Christpar dérision, à cause qu’il s’était appelé roi desJuifs; et, figurément, ce qui cause un vif déplaisir,une profonde douleur. Cela lui est une couronned’épines. || 4 ° Absolument, la puissance royale,impériale. Les prérogatives de la couronne. Tousces crimes d’Etat qu’on fait pour la couronne, corn.Cinna, v, 2 . Il crut pouvoir saisir la couronne ébran-lée, id. Rodog. i, I. La justice n’est point une vertud’Etat; Le choix des actions ou mauvaises ou bonnesNe fait qu’anéantir la force des couronnes, id. Pomp.i , i. Le ciel pour vous ailleurs n’a point fait de cou-ronne, Et Ton s’en rend indigne alors qu’on l’aban-donne, Id. Rodog. m, 2 . La plus belle couronneN’a que de faux brillants dont l’éclat l’environne, id.Héracl. I, t. Qui sait porter une couronne, Quandil a prononcé, n’aime pas qu’on raisonne, id. Sertor.
iv, 2. La couronne, seigneur, orne bien une tête,id. Agésilas , II, 7. De peur que quelque jour, ve-nant à la couronne.... mairët, Soliman, 1 , t. Etl’art et le pouvoir d’affermir les couronnes Sont desdons que le ciel fait à peu de personnes, corn. Hor.
v, 3. Harrington ne voyait que la république d’An-gleterre, pendant qu’une foule d’écrivains trouvaientle désordre partout où ils ne voyaient point de cou-ronne, montesq. Espr. xxix, 19. || Mettre la cou-ronne sur la tête de quelqu’un, lui donner la puis-sance souveraine. || Discours de la couronne, dis-cours prononcé par le souverain à l’ouverture d’unesession législative. || Fig. C’est un des plus beauxfleurons de sa couronne, c’est une des plus richespossessions ou une des plus nobles prérogatives duprince ; et aussi en général, c’est ce qu’une per-sonne a de plus considérable, de plus avantageux.|| 5° État gouverné par un monarque. Quand ils ap-prendront que, du temps de son ministère, les An-glais ont été battus et chassés, Pignerol conquis,toute la Lorraine jointe à cette couronne, la plusgrande partie de l’Alsace mise sous notre pouvoir,voit. Lett. 74. Le pape saint Grégoire a fait cet élogesingulier de la couronne de France , qu’elle est au-tant au-dessus des autres couronnes du monde quela dignité royale surpasse les fortunes particulières,boss. Reine d’Anglet . Ne lui dites pas que la vied’un premier prince du sang si nécessaire à l’Étatdoit être épargnée; il répond qu’un prince dusang, plus intéressé par sa naissance à la gloire duroi et de la couronne, doit, dans le besoin de l’Etat,être plus dévoué que tous les autres pour en releverl’éclat, id. Louis de Bourbon. Cette couronne [le gou-vernement espagnol ] pourrait être excitée par l’excel-lente qualité du coton qu’on cultive dans les Philip-pines , à y élever, avec le secours des habitants ducontinent, de belles et nombreuses manufactures,raynal, Hist. phil. v, t6. [j Le souverain même. Lesofficiers, le domaine de la couronne. Les diamantsde la couronne. || Traiter de couronne à couronne,traiter de souverain à souverain. Cela se dit aussipar raillerie d’un inférieur qui veut traiter avec sonsupérieur comme s’il était son égal. Le roi [LouisXlJI]traita avec le duc d’Ëpernon de couronne à couronne,volt. Mœurs, <76. Je ne sais ce que c’est qu’un re-proche qu’on fait à nos petits États [de Gex ], d’avoirtraité de couronne à couronne avec la républiquede Berne , pour saler notre pot [acheter du sel], id.Lett. Dupont, 23 février <776. ||6° Terme de théo-logie. La couronne de gloire, la béatitude éternelle.Quand je viens à penser que ces personnes [per-sonnes d’une sainte vie] peuvent tomber et être aunombre malheureux des jugés, et qu’il y en auratant qui tomberont de leur gloire et qui laisserontprendre à d’autres, par leur négligence, la couronneque Dieu leur avait offerte, pasc. Lettres, <* r frag-ment. || La couronne du martyre, la récompense quiest réservée aux martyrs. || Terme de peinture. Or-nement que Ton place sur la tête de la Vierge et dessaints. || 7° Couronne ou tonsure cléricale, petitrond que Ton rase au sommet de la tète et qu’onfait plus ou moins grand suivant la qualité desordres reçus. Couronne d’évêque, de prêtre, de dia-cre. || 8° Petit chapelet qui n’a qu’une dizaine et