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xii. Il Tourner court, en parlant d’un cocher quine se donne pas assez d’espace pour faire tournersa voiture. Un cocher risque de verser quand iltourne court. || Par extension. Tourner court, faireun brusque changement de direction. 11 tourna toutcourt sur l’infanterie des Arabes, la fayette, Zayd,Œuvres, t. i,p. 275, dans lacurne. || Dans un sensanalogue, tomber court. 11 est bon que j’imite Phœ-bus qui, sur la fin du jour, Tombe d’ordinaire sicourt Qu’on dirait qu’il se précipite, la font. Fianç.
|| Tourner court, être interrompu brusquement.L’engagement fut d’abord vif, mais il tourna court;l’avant-garde russe se retira précipitamment derrièrele ravin, ségur, Hist. de Napol. iv, 8. || Fig. Tour-ner court, ne pas ménager les transitions dans saconduite, dans son langage. Ils [les hommes faibles]tournent si court quand ils changent de sentimentsqu’ils ne mesurent plus leurs allures, retz, iv,49. Tournons tout court, et venons à la conclusion,boss. Réf. On a dit un mot de Chantilly, mais celaest tombé si court qu’il n’en est plus question, sév.378. || 11° Court-vêtu, qui a un vêtement court. Lé-gère et court-vêtue.... la font. Fabl . vii, 40. Lavéritable reine reprenait un bon teint frais et ver-meil, mais elle était crasseuse, court-vêtue, fén.xix, 5. D’un regard étonné j’ai vu sur les rempartsCes géants court-vêtus, automates de Mars, volt.Voy.àBerlin. || Les Orientaux chevauchent court, ilsn’allongent pas leurs étriers autant que nous. || Etrependu haut et court, être exécuté à la potence. Si-non, il consentait d’être en place publique Guindé,la hart au col, étranglé court et net, la font. Fabl .vi, 19. On le menace, on lui dit que sous peineD’être pendu, d’être mis haut et court En un gibet,il faut que sa puissance Se manifeste avant la fin dujour, la font. Belph. || 12° Tout court, loc. adv.Sans ajouter un mot, sans plus d’explication. 11ne fut plus que messire tout court, id. Faucon.Hé bien, monsieur tout court, et non plus mon-sieur de Sotenville, j’ai à vous dire que.... mol.G. Dand. i, 4. Ce nom de Mademoiselle tout courtpassa ainsi dans l’esprit du monde pour être affectéà la première petite-fille de France , st-sim. 227 ,43. || Brusquement, subitement. Je lisais votre lettreet je m’arrêtais tout court, sév. 52. Quand il luiéchappe quelque chose, elle s’arrête tout court, id.481. Souvent l’on trouvait de l’eau en quantité quiarrêtait tout court les ouvriers et semblait devoirles rebuter pour toujours, rollin, Hist. anc. Œuvres,t. 1 , p. 243, dans pougens. || Proverbes. On dit d’unhomme peu dévot, qu’il fait courte messe et longdîner. || Courte prière pénètre les deux, ce n’estpas la longueur, c’est la ferveur de la prière qui enfait l’efficacité. || Les plus courtes folies sont lesmeilleures, il convient de se retirer le plus tôtpossible d’une mauvaise affaire où l’on est engagé.|| Le 'chemin le plus long est quelquefois le pluscourt, c’est-à-dire, en se détournant de la route di-recte on évite parfois des obstacles et on arrive plusvite au but. || X vaillant homme courte épée, unhomme sourageux n’a pas besoin d’être bien armé,un homme habile n’a pas besoin d’être bien outillé.
— rem. 1. Dans le xvn* siècle, les grammairiensont discuté la question de savoir si une femme de-vait dire: je suis demeurée courte ou court. Mar-guerite Buffet voulait que courte fût ici un adjectifet s’accordât. Vaugelas, Chifflet, Th. Corneille ontdécidé que court était adverbe et invariable; et telest l’usage aujourd’hui. Une femme dit: je suis de-meurée court. L’interprétation de cette locution est :demeurer dans le court, sans aller jusqu’au bout.H 2 . Une femme doit-elle dire: je suis courte d’ar-gent. Les mêmes giammairiens se sont partagés,Marguerite Buffet voulant qu’une femme dit : je suiscourte; et les autres : je suis court. L’Académieen fait, dans cet emploi, non un adverbe, mais unadjectif; et la construction grammaticale ne payaitpas permettre ici un adverbe. || 3. Être court d’ar-gent, et non être à court d’argent, qui est une lo-cution fautive, puisque rien n’y justifie la préposi-tion à.
— HIST. xi* s. Curte la cuisse et la crope bienlarge, Ch. de Roi. cxm. Espiez [ils] ont forz, et leshanstes sont curtes, t b. ccxxn. || xii* s. Gardez biences messages [messagers], car lor vivres est cors,Sax. xxvii. Car joie a corte durée Qui avient partel folor, Couci, 1 . Jambes [ils] ont cortes, gros lesos, Hou, 44469. || xin* s. Chascuns l’a fiancé [pro-mis], cours enfu li sermons, Berte, xxm. Il les te-noient si court, que sept ou huit fois les convenoitle jour armer, villeh. lxxiv. Et nequedent [cepen-dant] il les tenoit si cours qu’il ne savoient pooir demovoir cascuns de son lieu, Chr. de Rains, p. 73.
DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.
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La court retient mieus le court que le lonc, Ass. deJ. 46. || xv* s. Lors les seigneurs Poulains luy direnttout court, qu’ils ne le serviroient plus en tel estât,Jeh. de Saintré, ch. 60 . Incontinent le duc d’Aqui-taine coupa court, monstrel. liv. 1 , ch. 4 34. Nousavons un de leurs prescherres Tué et lapidé à pier-res; Les autres plus en douteront; S’en les tientcourt, ilz cesseront, Hart, de S. Étienne. (Il] Re-tourna tout court, et [je] croy que, s’il fust passéoultre deux traictz d’arc, qu’il eust été prins commeaucuns autres qui chassoient devant lui, comm. i, 4.Et pour le vous faire court, il séjourna aucuns joursen la cité, id. ii, 4. Et après le disner, lequel futcourt et sec, montèrent à cheval, louis xi, Nouv.lxxxi. Il les convint départir, voulsissent ou non;et moult en pesa au chevalier au tref d’argent; maisGulphar en fut joyeux, car il se sentoit de courtealaine, Perceforest , t. vi, f° 37. Très cher sire, bienest vrai que, quand nous eusmes esté entre vous etmoy secrètement ensemble, aucunes fois je vous aymoult court tenu [sollicité] de sçavoir vostre nomet dont vous estes, ib. t. 1 , f° 39. Pour ce ne lais-sent pas qu’ilz ne se mettent à la voye par deversla vieille que la jeune damoiselle et ses deux cham-berieres tenoient toute courte ; car elle s’en vouloitfuyr, ib. f° 46. Lors regarde son compaignon et voitque le chevalier le tenoit si court, qu’il ne pouvoityssir hors de l’eaue et lui avoit ja fait une playe aucousté senestre, ib. f” 52. Quant je ouy ce, si fusmoult courroucé et convoiteux de sçavoir qui il es-tait; si la tins de si court [une femme] et tant larequis qu’elLe me dist que c’estoit Lancelot , Lance-lot du lac , t. iii, f° 420. || xvi* s. Il y en a aucunsmeschans, lesquels pensent estre leur plus courtd’avoir en moquerie toutes religions, Calvin , ln-stit. 283. Et pour le faire court [en un mot], id. ib.605. Il nie plat et court que.... id. ib. 573. L’ennemyne avoyt pensée plus urgente que de sa retraicte,accompaignée de courte honte, rab. Pant. iv, Nouv.prol. Si mon argent est court, je me recomman-deray à voz aulmosnes, id. Épi. 1 . Demeurer court[à faire quelque chose], id. i, 4 90. Un parler courtet serré, id. 1 , 4 94. Et, en estants assiégez toutcourt [par la neige], ils furent.... id. i, 262 . Si ladouleur est violente, elle est courte, id. i, 304. Cesboeufs, ayants faict leur tasche, s’arrestoient toutcourt, id. 11 , 474. Je trouvay mon plus court degaigner les solitudes, id. ii, 4 93. Il tenoit les sol-dats de plus court, estant prez des ennemis, id. iii,474. Avoir la veue courte, id. iv, 32. Piritjious nes’en fouit point, ains retourna tout court au devantde luy, amyot, Thésée , 38. Estant pour lors l’argentfort court à Athènes , ces amendes là estaient fortgriefves, id. Solon , 44. Les vivres commencèrent àestre courts aux Gaulois , id. Cam. 44. En ceste ex-trême nécessité les Athéniens eurent une courtejoye pour 4 60 galeres que l’on apperceut près d’Æ-gine, id. Vémétr. 44. Cela ne se peut pas faire desterras sableuses; parce qu’elles sont toutes courteset vaines [cassantes, sans consistance], palissy,305. Les vivres estant courts et chers, d’aub. Hist.1 , 212 . Vienne se trouva en peu de jours courte devivres, id. ib. ni, 349. Les séditieux que l’on tien-dra de si court qu’ilz n’oseront entreprendre.... condé,Mémoires, p. 643. Avons esté contraints de retour-ner, je n’ozeray dire avecques nostre courte honte;car elle n’a esté que trop grande, pasqdier, Lett.1. 11 , p. 89, dans lacurne. Ayant un désir impor-tun de mon retour, pour en sçavoir moy mesmes,comme l’on dit, le court ou le long, l’Amant res-suscité, p. 486, dans lacurne. Se on ne tient jeu-nesse bien court, elle sera bien tost gastée, palsgr.p. 697. Tesmoignage de la foiblesse et insuffisancehumaine, qui, à faute de bonne monnoye, employéla courte et la fausse, charron, Sagesse, p. 220 ,dans LACURNE.
— ÉTYM . Bourguig. cor; provenç. cort; espagn.corto; portug . curto; ital. corto; du latin curtus;sansc. krita, couper.
COURTAGE (kour-ta-j’J, s. m. || 1 “ Profession decourtier. Faire le courtage des vins. Les Juifs com-mencèrent à exercer le commerce, le courtage etl'usure, volt. Phil. v, 306. || 2° Prime qui sert derétribution au courtier. Un quart pour cent de cour-tage. || On dit aussi : droit de courtage. Cette affaire[une recommandation au ministre] me mit en goût,et dix pistoles, que je donnai à Scipion pour sondroit de courtage, l’encouragèrent à faire de nou-velles recherches, lesage, Gil Bios, vm, 9.
— HIST. xiii* s. Li mesureur ne doivent prendrene demander, par leur seremens, de la some me-surée que un denier, de la demi some obole, et demains [moins] noiant, ne pour courratage ne pour
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autre chose, Liv. des mit. 4 60 . Ge m’entremet de cor-retages, Ge faiz pais, ge joing mariages, la Rose,
4 4 881 . || xiv* s. Il en volent avoir ensi leurcourre-taige, Baud. de Seb. vii, 680. Il feront l’office decourretier bien et loyaument. Et leur soitdeffendu....sur peine d’estre bannis de la courreterie à tous-jours-més, que ils ne fassent nuis faux contracts....11 ne pourront faire l’office de courreterie.... et nepourront demander, de leur courretage, fors l’esti-mation faite d’ancienneté, Ordonnance, février 4 321.Les proufis et emolumens dou coulletaige des vins,du cange, corratagium. || xv* s. Sa fille de chambreest leans Qui la sert de menus suffrages, Elle a savieille aux yeux rians, Qui ne la sert que de cour-tages, coquill. Droits nouv.
tCOURTAILLE (kour-ta-U’, Il mouillées), s. f.Épingle manquée.
f C0URTA1N (kour-tin), s. m. Nom de l’épéed’Ogier le Danois, chevalier célèbre dans les chan-sons de geste du cycle carlovingien.
f COURTANELLE ( kour-ta-nè-1’), s. f. Variétéde raisin.
COURTAUD, AUDE (kour-tô, tô-d’), s. m. et f.
|| 1* Personne de taille courte et ramassée. Un groscourtaud. || Par dénigrement. Courtaud de boutique,commis marchand. Il n’est courtaud de boutiqueOui chez vous ne prenne de vin, Régnier, Mac. Iln’est crocheteur ni courtaud de boutique Qui n’es-time à vertu l’art où sa main s’applique, id. Sat. v.Si ce visage de courtaud ne sort tout à l’heure, jem’en vais le jeter par les fenêtres, visé, Devineresse,1 , 4 3. Et aucun rit de voir les courtauds de bouti-que, Grossissant à l’envi leur chienne de musique,Se rompre le gosier dans cette belle humeur, Etcrier après moi, le valet du menteur, corn. Suitedu Ment. 1 , 3. Le pauvre petit tabellion, en faveurdu voyage, avait arboré le plumet et l’épée pourimposer aux clercs et aux courtauds, dancourt,Foire de Besons, sc. 5. || 2° Cheval à qui l’on a coupéles oreilles et la queue. Je fis trois charges sur unexcellent courtaud bai brun, st-sim. 42, 439 . || Cour-taud, chien à qui l’on a coupé la queue et lesoreilles. [Il] Fait crever les courtauds en chas-sant aux forêts, Régnier, Sat. v. || Adjectivement.Un cheval courtaud. Chien courtaud. || Familière-ment. Étriller, frotter quelqu’un en chien cour-taud, l’assommer de coups. || 3“ Instrument demusique, qui est une sorte de basson raccourci,servant de basse à la musette. || 4” Anciennement,nom donné à de petites pièces d’artillerie.
— hist. xv* s. La vigille S. Martin fut chassé unloup terrible et orrible.... et icellui jour fut prins, etn’avoit point de queue, et pour ce fut nommé cour-tault, et parloit on autant de luy comme on fait dularron.... et disoit on aux gens qui alloient auxchamps : gardez-vous de courtault, Journal de Paris,p. 4 82 , dans lacurne. Laissèrent chevaulx et har-noys, sauf que les hommes d’armes en emmenerentung courtault chascuns, comm. iii, 4 0 . || xvi*s. Leurartillerie estoit de six courtaux, deux couleuvrineset deux moyennes, d’aub. Hist. 1 , 285. Roussins dePrusse, et doubles courtaux de Dannemark, carl.v, 8.
— ÉTYM . Dérivé de court; génev. courtiaud;Berry, cortaud; ital. cortaldo.
COURTAUDÉ, ÉE (kour-tô-dé, dée), part, passé.X qui on a coupé la queue et les oreilles. Chevalcourtaudé.
COURTAUDER (kour-tô-dé), V. a. Couper laqueue et les oreilles à un cheval. || On dit aussicoutauder. || Fig. et familièrement. Il sera cour-taudé, il sera mal reçu, maltraité.
f COURT-BANDAGE (kour-ban-da-j’), s. m. Sortede barre de fer. || Auplur. Des courts-bandages.
f COURT-BÂTON (kour-bâ-ton), s. m. Anciennearme du genre des demi-piques. || Terme de marine.Courbe de charpenterie qui soutient les bouts desbancs et des barrots. || Au plur. Des courts-bâtons.
COURT-BOUILLON (kour-bou-llon, Il mouillées),s. m. Liquide composé dans lequel on fait cuire 1epoisson. Le court-bouillon se compose d’eau, de vi-naigre ou de vin blanc, de sel, de poivre, girofle,laurier, oignons et carottes en tranches, thym, ailet persil. Le même court-bouillon peut servir tantqu’il est en bon état. Le saumon nous en eût ditdavantage, mais il était au court-bouillon, et celaétait cause qu’il ne parlait qu’avec beaucoup de dif-ficulté, voit. Lett. 4 43. || Au plur. Des courts-bouillons.