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de graindre[plus grand] coust, la Rose, 4 4630. Dame,[celui] qui tele vie mairie, Sans coust, sans travailet sanz paine, Lai du conseil. Ançois l’emporteracil qui le plet maintint à son coust, beaum. xii, 24.Et des coz qui y sunt à métré [faire], id. xiii, 22.Li procureur ne sont pas tenu à procurer les be-sognes de lor mestres à lor coz, ainçois doiventavoir salaire soufizant, in. 82. || xv* s. Faites leparfaire bien et noblement, et n’espargnez coustqui y puisse estre, Perceforest , t. i, f° i05. || xvi* s.De peu de coust, mont, i, 4 8. Nous ne considéronsque nostre coust à les recouvrer, ro. i, 342. Loyauxcoûts sont entendus, frais de lettre [acte], labou-rages, semences, façons et réparations necessaires,loysel , 460. Clinias ayant armé et equippé unegalere à ses propres cousts et despens, amyot, Aie. i.
— ÉTYM . Voy. coûter; génev. coûte, s. f.; pro-venç. cost; espagn. et ital. costo. L’ancien français avait constance ou coustange, encore usité du tempsde Malherbe : C’est chose contraire à la nature dese tourmenter le corps et de mépriser les chosesqui sont de peu de coustange, Épit. v.
COÛTANT (kou-tan), adj. Usité seulement danscette locution : Prix coûtant, le prix qu’une chosea coûté.
f COUT AEDE (kou-tar-d’), s. f. Espèce de pâ-tisserie, composée de lait, d’œufs, de miel et defleur de farine.
f COUTAUDER (kou-tô-dé), V. a. Voy. cour-taudes.
COUTEAU (kou-tô), s. m. || i° Instrument tran-chant composé d’une lame et d’un manche. Couteaude table. Couteau de poche. Ce couteau coupe bien.Mettre couteaux sur table, donner à manger. || Fig.Porter le couteau sur, supprimer sans miséricorde.II veut porter le couteau jusqu’aux inclinations lesplus naturelles, boss. i, Pdq. 4 . || Fig. Couteau pen-dant, homme qui en accompagne toujours un au-tre; locution tirée de l’habitude d’avoir, en cer-taines professions, un couteau pendu à son côté.Un tel est toujours avec lui, c’est son couteau pen-dant. || Couteau de tripière, couteau qui tranchedes deux côtés; et fig. C’est un couteau de tripière,c’est un couteau à deux tranchants, c’est un cou-teau qui tranche des deux côtés, celui qui dit dubien et du mal d’une même personne. || Familière-ment. On vous en donnera de petits couteaux pourles perdre, se dit aux enfants à qui l’on refuse quel-que chose. || Boîte à couteaux, boîte où l’on serreles couteaux. || 2° Terme de chirurgie. Instrumenttranchant dont on se sert pour diviser les par-ties molles et qui ne diffère du bistouri que parcequ’il est ordinairement plus grand et que lalame est toujours fixée à demeure sur le manche.
|| Couteau à deux tranchants ou couteau interos-seux, dit ainsi parce qu’ilsert particulièrement pourpratiquer les amputations dans les articles, et pourdiviser les chairs des espaces interosseux à la jambeou à l’avant-bras. || Couteau lenticulaire, couteaudont on se sert dans la trépanation, pour détruire lesinégalités que la couronne du trépan a laissées au voi-sinage des bords de l’ouverture faite àl’os. || 3° Poéti-quement, coutelas, poignard. Où toi-même, des tiensdevenu le bourreau, Au sein de ton tuteur enfon-ças le couteau, corn. Cinna, iv, 2 . Qu’on lui fasseen mon sein enfoncer le couteau, rac. Athal. v, o.
|| Fig. Plonger le couteau dans le sein de quelqu’un,lui causer un violent chagrin. Vous par qui je plon-geai le couteau dans le sein maternel, J. J. rouss.Ml. il, s. Comment mettre le couteau dans le cœurde ses parents? volt. Blanc et noir. || Être sous lecouteau, avoir le couteau sur la gorge, être contraintpar force ou par menace. Rien n’est changé, je suisencor sous le couteau, id. Paner, ni, 7. || On ditdans le même sens : mettre le couteau sur la gorge.
|| Couteaux sacrés, ceux qui servaient à égorgerles victimes dans les anciens sacrifices. [Elle] tendla gorge aux couteaux par son père apprêtés, rac.Iph.v, 4. C’est peu que de vouloir, sous un couteaumortel, Me montrer votre cœur fumant sur un au-tel, id. ib. ni, 6. Les victimes qui tombaient sous lecouteau sacré, fén. TU. xi. || 4° Instrument de sup-plice. L’abandonnerez-vous à l’infâme couteau Quifait choir les méchants sous la main du bourreau?corn. Hor. v, 3. || Le couteau de la guillotine.
|| 5°Couteau de chasse, courte épée qui ne trancheordinairement que d’un côté, pour couper lesbranches quand on brosse au travers des bois.
Il 6° Courte épée. Il ne porte qu’un couteau. Vieuxen ce sens. || Fig. En être aux couteaux tirés, être àcouteaux tirés, être en inimitié ouverte. Il était aveclui ouvertement aux épées et aux couteaux, sév.244. D’Achy était aux couteaux tirés avecPuyrobert,
st-sim. 44, 126 . Mme de Montespan fut toujoursaux couteaux avec ce ministre [Louvois], id. 229,69. || Aiguiser ses couteaux, se p’réparerau combat,à la dispute. || Jouer des couteaux, se battre à l’épée.J’en suis, etj’y jouerai, comme il faut, des couteaux,scarron, D. Japhet,iu, 4. || 7° Terme de vétérinaire.Couteau de feu, instrument qui est de fer ou decuivre, et qui, étant chauffé dans la forge, sert àbrûler quelque partie malade d’un cheval. || Couteauanglais, instrument dont les maréchaux anglais seservent pour rogner la corne des sabots et qui rem-place le boutoir des ouvriers français . || Couteau dechaleur, latte de bois polie sur ses bords, dont onse sert pour racler la surface de la peau du chevalet abattre la sueur après un exercice forcé. || 8°Cou-teau à papier, autrement dit plioir, ustensile en boisou en ivoire qui sert à couper le papier. || Couteausourd, instrument des corroyeurs dont le tranchantest fort émoussé. || L’arête du prisme triangulairequi porte le fléau d’une balance. || Couteau ramas-seur, couteau qui ramène constamment la pâte decacao sous la meule. || 9° Couteau aimanté, sorted’instrument en forme de couteau'qui servait à desrecherches sur le magnétisme. Le couteau aimanténous découvre, dans les cendres de plusieurs es-pèces, des particules ferrugineuses, bonnet , Con-sid. corps org. OFuvres, t. v, p. 4 64, dans pou-gens. || 10“ Terme de marine. Partie saillante dufaux étambot, et mèche du gouvernail qui lui estopposée. || 11° Couteau de St-Jacques, nom d’uncoquillage long et plat. || Manche de couteau, co-quillage bivalve. || Couteau polonais, espèce dugenre solen. || 12°Terme de fauconnerie. Premièrespennes des ailes des oiseaux qu’on emploie à lachasse. || Proverbes. Les mauvais couteaux coupentles doigts et laissent le bois. || Tel couteau, tel four-reau. || C’est comme le couteau de Jeannot, se ditd’une chose qui conserve le même nom, mais quin’a plus rien de ce qui la constituait autrefois. Cettelocution est fondée sur ce que Jeannot, personnagede comédie et type des niais, des imbéciles, ra-conte qu’il a depuis longues années un couteau au-quel il a fait remettre successivement et plusieurs foistantôt une lame, tantôt un manche; et il croit quec’est toujours le même couteau.
— hist. xii* s. Il a traite l’espée dont tranche licoutel, Ronc. p. H94. Dune fist saint Thomas pren-dre li reis senz nul demur, E escorchier le chief àcutaus tut entur, Th. le mart. 4 o i. Pristrent sunbon cultel qui valeit une cit, E sun anel ù out unsafir mult eslit, ib. 4 62 . [Ils] se trenchierent, sicume fud lur usages, de cultels,erifflerent lacharnjusque il furent sanglenz, Rois, 34 7. || xiii* s. Et liquensdePierche i fu mors par un ribaut qui li levale pan dou haubert et l’ocist d’un coutiel, Chr. deBains, 4 67. Miex vodroie à [avec] cotiaus d’acierPiece à piece estre despeciés, la Rose, 2906. Li disJehans courut sus à celi qui fu tués, le coutel tret,beaum. xxxix, 42. Il se combatent à ceval, armé detoutes armeures, teles comme il lor plest, exeptécoutel à pointe et mâche [massue], id. lxi, 7. De-vant le roy, tranchoit du coutel le bon conte Jehande Soissons, joinv. 206 . Il tenoit trois coutiaus enson poing, dont l’un entroit ou manche de l’autre,id. 269. || xiv“ s. Li pons fu avalés, qui estoit levéshaus : Chil de l’ost i entrèrent, tout mirent as cou-tiaus, Fors que la damoiselle qui se rendi à iaus[eux], Raud. de Seb. vm, 606 . Un tel cop, que il lidépart Jus les maistres coutiaus [plumes] de l’ele,Renart le novel, dans du cange, Gloss, {rang. Etdoit avoir le chappon de rente [fourni par le fer-mier ou autre] couteaulz [plumes des ailes] suffi-sans; et si n’estoient suffisans, on rabat de chascuncouteau deux deniers tournois, bouteiller, Sommerurale, titre 87. Je Guillaume Tirel , maistre desgarnisons de cuisine du roy, certifie à tous quej’eybaillé et fait bailler dix paires de costeaux aux per-sonnes ci-dessus nommées, de laborde, Émaux,p. 234 . Une paire de cousteaux à tranchier, c’est àsçavoir deux grands et un petit, à manche de lignumalloes, garnis d’or esmailliez de France , et a enchacun une perle au bout, id. ib. || xv“ s. Un groscousteaul d’alemaigne, garni de six cousteaulx, unelyme et ung poinsson, et d’une forsetes, pendans àune courroye de fil blanc, àclouz de leton,m. ib. Levallet servant doibt mectre son pain et les trençoirssur la table, et puis doibt tirer les cousteaux, etdoigt asseoir les deux grans cousteaux, en baisantles manches, devant le lieu où le prince doibt estreassis, et doibt mettre les poinctes devers le princeen couvrant icelles pointes de la nappe qui est re-doublée, et puis doibt mettre le manche vers le prince ;et les causes sont, que les grans eouteaux se doivent
retirer par l’escuyer trenchant, et pour ce sont lesmanches devers luy, et le petit couteau est tournéau contraire, pour ce que le prince s’en doibt ay.der, id. ib. Il avoit deux coutiaulx de bouchier c’ondit rousse, en une gaigne; et estoit de ces lairgescoustiaulx de quoy qu’ils escourchent les bestes c’onappelle rousses, id. ib. || xvi°s. Gaisnegarnie dedeuxcousteaulx, à manches d’acier, faits à combatspour servir à ouvrir les huistres en escaille, id. ib.Celuy se monstre estre bien veau, qui parlapoincterend le Cousteau, génin, Récréât, t. il, p. 236. L’ungCousteau aguise l’autre, id. ib. p. 244. Ce Cousteaunevienl pas deceste gaine, lerouxde lincy, Proc.t. n, p. 4 93. Changer son couteau à une allumette[faire un troc désavantageux], id. ib. Ceuz qui portentles longs cousteaux ne sont pas tous queux [cuisi-niers] ne bourreaux, id. ib. En une belle gaine d’orCousteau de plomb gistetdort, id. ib. Le Cousteau n’ap-paise l’herésie [proverbe tiré des supplices inutilescontre l’hérésie au xvi* siècle], id. ib. Les mauvaiscouteaux coupent les doigts et laissent le bois, id. ib.
— ÉTYM . Picard, coutiau, coutieu ; Berry, cou-tiau; saintongeois, coutd; provenç. coltelh, colelh;catal. coltell; espagn. cuchillo; portug . culello; ital.cultello ; du lalin cultellus, diminutif de culter (voy.coutre). Dans le vieux français au nominatif sin-gulier, li cultels ou cultaus; au régime, le cultel.
f COUTEL (kou-tèl), s. m. Serpe pour couperles roseaux.
COUTELAS (kou-te-lâ; l’s se lie : des kou-te-lâ-z-affilés), s. m. || l°Sorte d’épée courte,large et tran-chante d’un seul côté. Derrière ce héros tirant soncoutelas..., corn. Pomp. n, 2 . Point de tambours,force bons coutelas, la font. Fianc. Le bourreau te-nait un grand coutelas pour l’exécution, fén.xix, 46.Au mousquet réuni le sanglant coutelas [baïon-nette] Déjà de tous côtés porte un double trépas,volt, llenr. vm. Le monstre [J. Clément] au mêmeinstant tire son coutelas, id. ib. v. || Grand couteaude cuisine. || 2“ Outil de papetier, propre à rogner.|| 3“ Un des noms vulgaires de l’espadon, poisson.|| 4° Terme de marine. Nom de petites voiles qu’onemploie quelquefois à côté des grandes, et qui s’ap-pellent autrement bonnettes à étui.
— hist. xv* s. Le quel Benoit se mit àdefense àtout une grant coutelesse qu’il portoit, du cange,couielarius. Icellui Helie s’efforça de prendre unecoutelasse que le suppliant avoit pendue à sa sain-ture,in. ib. ||xvi*s. Ores rouant sa grand masse, Etores sa coutelace, rons. 342. Et de la main leursC'.utelas trouvèrent Bien aiguisez qui de l’arçon pen-doient, id. 64 9. En tous endroits s’estend la durecoutelace; Le fer n’epargne aucun, et les templessacrés Sont enivrez du sang des hommes massacrés,am. jamin, Poésies, p. 248, dans LACURNE.
— ÉTYM . Couteau, par l’intermédiaire de coutel,avec la finale péjorative ou augmentative ace, accio,as; génev. coutelar; ital. coltellaccio.
fCOUTELÉ, ÉE (kou-te-lé, lée), adj. Terme demégissier. Peau coutelée, peau qui a été endomma-gée par le couteau.
f COUTELET (kou-te-lè), s. m. Terme de pêche.Entrée des bourdigues.
COUTELIER , 1ÈRE (kou-te-lié, liê-r’), s.m. et f.|| 1° Celui, celle qui fabrique ou qui vend des cou-teaux, des ciseaux, des rasoirs, etc. || Adj. Maîtrecoutelier. Apprenti coutelier. || 2° Nom d’un coquil-lage, qui est dans sa coquille comme un couteaudans sa gaine. Le coutelier ne rampe point; ilperce le sable perpendiculairement, il s’y creuslun trou ou une sorte de cellule qui a quelque-fois deux pieds de longueur et dans laquelle ilmonte et descend à son gré, bonnet, Contempl. nat.42* part. ch. 9.
— hist. xiii* s. Fevre marischal, grossier et grei-fier et hiaumier pueent ovrer de nuiz, se leur plaist,et tout li mestier devant dit, hormis serruriers etcouteliers, Liv. des mét. 46.
— ÉTYM . Couteau, par l’intermédiaire de coutel;ital. coltelliuaio.
COUTELIÈRE (kou-te-Iiê-r’), s. f. Etui à couteauxde table. || On dit à présent boîte à couteaux.
— HIST. xiv's. Le suppliant sacha [tira] de la cou-teliere un coutel, du cange, coutelarius.
— ÉTYM . Coutelier; ital. coltelliera.
f COUTELINE (kou-te-li-n’), s. f. Grosse toile decoton des Indes .
COUTELLERIE (kou-tè-le-rie), s. f. L’art du cou •telier. Il entend bien la coutellerie. || Fabrique decouteaux. Établir une coutellerie. || Objets de cou-tellerie. Acheter, vendre de la coutellerie.