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— HIST. xiii* s. Nus fevre coutelier ne puet ne nedoit ouvrer au jour de feste que li commun de laville foire [célèbre], ne par nuit, en chose qui apar-tiegne à son mestier de coutelerie, Liv. des mit. 48.
■j COUTELURE (kou-te-lu-r’), s. f. Défaut duparchemin endommagé par le couteau.
— ÉTYM . Le verbe fictif couteler , formé de coutelou couteau.
COÛTER (kou-té), v. n. || l°Être acquis à un cer-tain prix. Combien vous coûte cette étoffe, ce cheval,cette maison? || 2" Causer des frais, de la dépense.Combien coûte un cheval à nourrir? Les réparationsde sa maison lui ont coûté dix mille francs. || Il m’encoûte bon, j’ai payé fort cher; et fig. cela m’a ététrès-onéreux, très-pénible. || Coûter cher, revenir àun prix élevé. || Fig. Cette sottise lui coûtera cher,il en sera cruellement puni. Son amitié vous a coûtécher à ce prix, sév. 4ts. Oh! mon fils! que tesjours coûtent cher à ta mère! bac. Andr. iii, 8 .
|| Absolument. Les bâtisses, les voyages coûtent.|| 3°Etre cause de quelque perte, de quelque effort,de quelque sacrifice. La place à l’emporter coûteraitbien des têtes, corn. Nicom. i, 2 . Sa perte aux Ro-mains a coûté bien du sang, id. Pomp. v, 3. Cettegrandeur sans borne, et cet illustre rang Qui m’ajadis coûté tant de peine et de sang, an. Cinna, n,4. Pourvu que par ma mort tout le peuple irrité Nevous ravisse pas ce qui m’a tant coûté 1 bac. Brit,IV, 2. Hercule à désarmer coûtait moins qu’Hippo-lyte, id. ib. il, l. || Coûter la vie, être cause de lamort. Cette imprudence lui coûta la vie. Vous, cruels,vous, tyrans, qui lui coûtez la vie, volt. Tancr.v, c. || On dit d’un homme prodigue, que l’argentne lui coûte guère, il le dépense comme si l’argentne coûtait rien à gagner. || On dit qu’une chose necoûte guère, ne coûte rien à un homme qui la pro-digue, sans y attacher d’importance ou pour tromper.Il vous promettra tout ce que vous voudrez, cela ne luicoûte rien. Toutes ces accusations d’hérésie qui nevous coûtent rien qu’à les avancer, pasc. Lettre deNicole au P. Amat. Les larmes ne coûtaient rien àcette femme artificieuse, fén. Tél, vin. Denys de Sy-racuse faisait sans peine l’aveu de ses fautes, appa-remment parce qu’elles ne lui avaient guère coûté,barthél. Anach. ch. 63. || Coûter des larmes,être cause d’une grande douleur. Ne croyez pas,seigneur, qu’auteur de mes alarmes, Pharnacem’ait jamais coûté les moindres larmes, rac.Mithr. ni, 6. Sa perte à ses vainqueurs coûterabien des larmes, id. Iphig. n, 6. Songiez-vousaux douleurs que vous m’alliez coûter? id. Brit.n, 6. || 4° Être fait à regret ou avec difficulté. Ma-dame, ce qu’on fait sans honte et sans remords,Ne coûte rien à dire; il n’y faut point d’efforts,corn. Suréna, n, 2. Jamais résolution ne m’a tantcoûté à prendre, voit. Lelt. 28 . Il ne coûta rienaux Athéniens d’abandonner leur ville au pillage età l’incendie, boss. Hist. in, 6. || Absolument. Lesmortifications coûtent, les observances deviennentpénibles, mass. Profess. rel. 2 . Cette paresse invin-cible à qui tout coûte, id. Car. Tiéd. 2 . Qu’on in-terroge les écrivains de génie sur les plus beauxendroits de leurs ouvrages, ils avoueront que cesendroits sont presque toujours ceux qui leur ont lemoins coûté, parce qu’ils ont été comme inspirésen les produisant, d’alemb. Mil. litt. Œuvres, t. ra,p. 240, dans lacurne. || Rien ne lui coûte, il n’é-pargne rien. || Tout lui coûte, il a de la peine àfaire tout ce qu’il fait. || 5° Impersonnellement. Dansquelque pauvreté que je sois, je voudraisqu’il m’eûtcoûté mille écus et pouvoir.... voit. Lelt. 25. En vainnous appelons mille gens à notre aide ; Plus ils sont,plus il coûte, et je ne les tiens bons Qu’à mangerleur part de moutons, la font. Fab. xi, 4. || Fig.Il coûte si peu aux grands à ne donner que des pa-roles, la bruy. ix. Le plus fort et le plus pénible estde donner; que coûte-t-il d’y ajouter un sourire?id. vin. Benoît parut instruit sur le vide et l’amer-tume des plaisirs sans qu’il eût coûté à son inno-cence pour s’en instruire, mass. Pane'g. St Benoit.Et je sais ce qu’il coûte à de certaines gens Pouravoir pris les leurs [leurs femmes] avec trop detalents, mol. Éc. des femmes, i, 1. Quand celuiqui est assis sur le trône d’où relève tout l’univers,et à qui il ne coûte pas plus à faire qu’à dire parcequ’il fait tout ce qu’il lui plaît par sa parole, boss.la Vallière. || Coûte que coûte, à quelque prix quece soit, quoi qu’il puisse arriver. Locution ellip-tique qui équivaut à : (que cela) coûte (ce) que(l’on voudra que cela) coûte. || 6° Impersonnelle-ment avec le pronom en. Ce sont vingt millefrancs qu’il m’en pourra coûter, mol. Mis. v, 2 .
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Mettez ce qu’il en coûte à plaider aujourd’hui;Comptez ce qu’il en reste à beaucoup de familles,la font. Fabl . îx, 9. || Fig. II m’en coûte la vie,il m’en coûte la gloire, corn. Cinna, iv, 7. L’autre[tonnerre] s’écarte en son cours; Ce n’est qu’auxmonts qu’il en coûte; Bien souvent même il seperd, la font. Fabl . vin, 20 . Quand il en devraitcoûter quelque petite chose à la bienséance, sév. 4 38.Sans qu’il en coûte une goutte de sang, id. 605. Illui en coûta la vie, boss. Hist. iii, 6. 11 apprit cequ’il en coûte à sauver les enfants de Dieu , id. ib.n, 3. Il ne lui en coûte que de le vouloir, id. ib.Il, 4. Il m’en coûterait trop s’il m’en coûtait deuxfils, rac. Thib. iii, 6. Je l’ai voulu sans doute, Etje le veux toujours, quelque prix qu’il m’en coûte,id. Baj. iii, ). Toi-même, je m’assure, as rougi plusd’un jour Du peu qu’il t’en coûtait pour trompertant d’amour, id. ib. iv, 6. Crois qu’il m’en a coûtépour vaincre tant d’amour, id. Bér. ii, 2. Partons,et quelque prix qu’il en puisse coûter.... id. Phèd.n, 6. Quel plaisir barbare, grand Dieul pour deschrétiens I il faut qu’il en coûte le sang et la répu-tation à leurs frères, pour les délasser, mass.Paraphr. ps. xv, verset 4. Vous regarderiez commedes insensés ceux qui mettraient en balance des diffi-cultés de pure spéculation, qu’il n’en coûte rien decroire, avec une éternité malheureuse qui au fondpeut devenir le partage des incrédules, id. Av.Délai de la conversion. Ils [les apôtres] attendaientque leur maître délivrerait Israël du joug des nationset qu’il les ferait asseoir eux-mêmes sur douze trônesterrestres sans qu’il leur en coûtât ni soins ni peinespour y monter, id. Car. Fausse confiance. Jésus-Christa donc prévu qu’il nous en coûterait pour aimer nosfrères, id. ib. Pardon. Qu’il en coûte pour se pré-parer des malheurs éternels I id. Av. Bonh. Vous leferiez, quoi qu’il en dût coûter, id. Car. Tiéd. 4.Quelques efforts d’esprit que l’on fasse et quelqueassiduité qu’on y donne, on est trop heureux quandil n’en coûte que de demeurer dans son cabinet,fonten. Maraldi. Il pourra m’en coûter; mais moncoeur s’y résout, volt. Zaïre , iv, 2. Je sais ce qu’ilen coûte, id. Taner. v, 3.
— REM. 1. Coûter est un verbe neutre, et quandon dit: cela m’a coûté dix francs, beaucoup de peine,quelques larmes, francs, peine, larmes ne sontpoint des régimes directs; il y a une ellipse, et lalocution entière est : cela m’a coûté (pour) dix francs,(pour) beaucoup de peine, (pour) quelques larmes.En effet on ne peut pas dire : dix francs m’ont étécoûtés; des larmes me sont coûtées, etc. Coûter nepouvant se tourner par le passif, n’a donc dans lesphrases de ce genre que l’apparence de l’actif; il dé-rive du latin constare qui signifie proprement êtreavec, être acquis; de là provient l’impossibilité d’unpassif. || 2. Coûter n’étant pas actif, il faut dire : lasomme que cette maison a coûté, et non coûtée; lespleurs que la mort de cet enfant a coûté à sa mère,et non coûtés, etG. Cependant l’Académie, qui ditbien que coûté est toujours invariable, note que plu-sieurs écrivains ont accordé coûté en ces cas-là. Envoici en effet des exemples. Après tous les ennuis quece jour m’a coûtés, rac. Brit.v, 3. Que de soins m’eûtcoûtés cette tête si chère 1 id. Phèd. n, 5. Vous n’a-vez pas oublié les soins que vous m’avez coûtés de-puis votre enfance, fén. Tél. vu. Il parait en effetdigne de vos bontés; Il mérite surtout les pleursqu’il m’a coûtés, volt. Comtesse de Givry, ii, 2.Mes manuscrits raturés, barbouillés et même indé-chiffrables, attestent la peine qu’ils m’ont coûtée,j. J. rouss. Ém. liv. i. Un enfant devient plus pré-cieux en avançant en âge ; au prix de sa personnese joint celui des soins qu’il a coûtés, id. ib. On nepeut considérer ces exemples que comme des licencescondamnables en prose et tout au plus permises enpoésie.
— HIST. xii* s. Car qui le sien donne retraian-ment [de mauvaise grâce], Son gré en pert, et sicouste ensement Com à celui qui volontiers l’otroie,Coud, xvi. || xiii* s. Sixante sols [il] cousta, un ana, en certain, Berte, lxxiii. Ma volonté ferez, quoiqu’il doie couster, ib. cxn. Renart me quide pluscoster Que ne me costera des mois, Ben. 46432. Etme dit la royne, que la façon avoit cousté cent li-vres, joinv. 285. || xiv* s. De ci ne partirons, quoiqu’il doie couster, S’arons prise la ville.... Guescl.8092. || xv*s. Je voudroie bien avoir un tel messager;il ne vous couste rien, et si savez véritablement toutquant que il avient parle monde, froiss; ii, iii, 22.Dit en soi-mesme Jean Lyon : Je mettrai un tel trou-ble entre cette ville et le comte, qu’il coustera centmille vies, id. ii, ii, 52. Quand le capitaine vit queles seigneurs françois ne se departiroient point sans
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avoir le fort, quoique il coustast, id. ii, iii, 23 ..... Ne me chault, couste et vaille! Encor ay denieret maille Qu’oncques ne virent pere ne mere, Pate-lin, 24 6. Alors luy bailla le varlet un glaive dont lahante estoit à merveilles moult forte et le fer tran-chant, et la damoyselle dist que elle veult veoircomment il couste [comment il vaut, est mis enusage], Lancelot du Lac , t. m, f° 37. || xvi* s. Leslettres qui me coustent le plus sont celles qui valentle moins, mont, i, 293. Il me coustoit à m’empes-cher de le faire, id. i, 345. Quoyqu’il me couste, jedélibéré de dire ce qui en est, id. iii, 67. 11 ne portaonques robbe qui eust cousté plus de cent drachmesd’argent, amyot, Caton, 40. 11 ne leur feist pascouster pour luy un tout seul denier, id. ib. 4 3. Illeur portoit envie, de ce qu’ilz avoient la guerre àdes ennemis qui leur cousteroient si peu à desfaire,id. Philop. 29. Il se jettoit à clos yeux au danger :aussi lui en cousta il la vie dedans l’isle de Chio,id. Phocion , 8. Cela, direz vous, est bien cher; toutesfois couste mais que [pourvu que] vaille, Contes decholières , f* 20 , dans lacurne.
—- ÉTYM. Provenç. et espagn. costar ; portug . cus-tar ; ital. coslare; du latin constare, coûter, pro-prement, être avec, être fixé, déterminé, de cum,et slare, demeurer (voy. stable).
f COÛTEUSEMENT (kou-teû-ze-man), adv. D’unemanière coûteuse.
— ÉTYM . Coûteuse, et le suffixe ment.
COÛTEUX (kou-teû, teû-z’), adj. || 1° Qui cause
de la dépense. Les voyages sont coûteux. Il est inu-tile et il serait coûteux de leur opposer de grossesarmées, le p. catrou, dans desfontaines. Le luxed’une monarchie rendant le mariage à charge et coû-teux, il faut y être invité et par les richesses queles femmes peuvent donner et par l’espérance dessuccessions qu’elles peuvent procurer, montesq.Bsp. xxvii, ch. unique. || 2° Fig. 11 a eu pour mesavis des déférences coûteuses [qui lui coûtaient àavoir] que je n’oublierai jamais, j. J. rouss. Hél.vi, 8. La souveraineté de l’homme, titre si cruel etsi coûteux à tous les êtres vivants, raynal, Ilist.phil. xv, 8. Sans lui reprocher sa coûteuse victoire,lemerc. Charles VI,Y , 4. Que m’importe une gloireet coûteuse et peu sûre? arnault, MariusàM. iii, 6.
— HIST. xiii* s. Que me vaut ceste cointerie[toilette], Ceste robe cousteuse etchiere? la Rose,8883. Et ceste proeve si est le [la] meillor, et le [la]plus clere, et le [la] mains coûteuse de toutes, beaum.xxxix, 2 . Heritage qui est cousteus à retenir, id.xxii, 4. Et je ne sui pas trop cousteux; Je ne man-juefein ne aveine, jubinal, Denier et Brebis , t. ii,p. 4 68.
COUTIER (kou-tié), s. m. Tisseur en coutil.
— HIST. xiv* s. Les coustiers et coustieres de laville de Paris nous ont fait monstrer que les droiz,libertez et franchises de leur mestier de cousterie....
DU CANGE , COUta.
f COUTIÈRES (kou-tiâ-r’), s. f. pl. Terme de ma-rine. Gros cordages qui, contenant les mâts d’unegalère, lui servent de haubans.
COUTIL (kou-ti; l’i ne se prononce jamais), s. m.Toile serrée et lissée, propre à envelopper des ma-telas, des oreillers, à faire des tentes, des habitsd’été, des robes.
— HIST. xiii* s. Doivent de chascun drap en ca-rete ou en car un denier, et del keutil un denier,tailliar, Recueil, p. 25 . ||xv*s. Toiles, coutis, or,argent en plate et en vaisselles, froiss. ii, h, 4 88.Apportèrent grant pillage de coutils, de charroy, depourveances, id. liv. u, p. 225 , dans lacurne.
— ÉTYM . Couette, par l’intermédiaire de l’ancienfranç. keute.
f COUTILLADE (kou-ti-lla-d’, Il mouillées), s. f.Voy. COUSTILLADE.
f 1 . COUTILLE (kou-ti-11’, Il mouillées), s. f.Nom vulgaire de lafétuque dorée, plante.
— ÉTYM. Anç. français , coulille, qui signifiaitpetit couteau; ainsi dit par quelque assimilation.
f 2 . COUTILLE (kou-ti-11’, Il mouillées), s. f. Da*le moyen âge, sorte d’arme tranchante.
— HIST. xiv* s. Et s’avoient coustilles, qui bieifurent tranchans, du cange, cultellus. Garni et pré-muni d’une grant coutille ou miséricorde, id. ib.
— étym. Lat. cultellus, petit couteau (voy. cou-teau).
•[ COUTILLER (kou-ti-llié, Il mouillées), s. m.Soldat armé d’une coutille, qui accompagnait unhomme d’armes.
— HIST. xv* s. Les hommes d’armes seront mon-tez de trois chevaux, dont l’un sera souffisant de