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rv, a. Un malheureux sans nom, si l’on croit l’appa-r;nce, volt. Mérope, n, 1.||6° Y. n. Ajouter foi. Jecrois sur sa parole, et lui dois toutcrédit, corn. Sér-ier. n, 4, Juste retour, monsieur, des choses d’ici-bas; Vous ne vouliez pas croire, et l’on ne vouscroitpas, mol. Tort, v, 3. ||Être porté à se soumettreaux autorités supérieures, célestes. L’esprit croitnaturellement, et la volonté aime naturellement, desorte que, faute de vrais objets, il faut qu’ils s’at-tachent aux faux, pasc. Pensées, part, i, art. 10 .Qu’il croie par raison ou par erreur, boss. Ilist. n,i i). Du monde des humains inexplicable histoire !Partout c’est le besoin d’adorer et de croire, delille,Imagin. vm. || 7° Avoir la foi. X la première prédi-cation des apôtres, beaucoup crurent. Je vois, jesais, je crois, je suis désabusée, corn. Poly. v, 5.Il y a trois moyens de croire : la raison, la cou-tume, l’inspiration, pasc. Pensées, art. xxiv, 43 ,éd. Lahure, 1860 . Le miracle qu’elle attendait estarrivé; elle croit, elle qui jugeait la foi impossi-ble, boss. Anne de Gonz. || 8” Croire à, avoirconfiance en, ajouter foi à. Il [Attila] croyaitfort aux devins, et c’était peut-être tout ce qu’ilcroyait, corn. Attila, Préf. Quoi! vous ne croyezpas au séné, ni à la casse, ni au vin émétique?— Et pourquoi veux-tu que j’y croie? mol. le Fest-in, I. Allez, ne croyez point à monsieur votrepère, id. Tart. n, 2. Direz-vous qu’ils la reçoi-vent [cette constitution] extérieurement, mais quedans leur âme ils n’y croient pas? pasc. Lett. deNie. au P. Annat. O ciell qu’on doit peu croireAux dehors imposants des humaines vertus ! ores-set, Édouard III , n, 6. |] 9° Croire à, être persuadéde l’existence de, de la vérité de. Il proteste deson innocence; mais je n’y crois pas. Commentn’eussent-ils pas cru aux oracles ? ils croyaient bienaux songes, fonten. Oracl. i, 8. Le mot célèbre deFontenelle à un prince qui lui disait qu’il croyaitpeu à la vertu : monseigneur, il y a d’honnêtes gens,mais ils ne viennent pas vous chercher, condorcet,Maurepas. Ainsi de nouvelles erreurs entretiennentdans des erreurs anciennes; et on croit à toutesavec d’autant plus de confiance, qu’on croit à unplus grand nombre, conbillac, Ilist. anc. ni, 3. Jecrois à la victoire et non pas à la paix, luce delancival, Hector, v, 4. Je ne crois plus aux Dieux ,je crois aux fils ingrats, c. delav. Paria, m, 4.Il est dit ; croyez à l’Eglise ; mais il n’est pas dit :croyez aux miracles, A cause que le dernier est na-turel et non pas le premier ; l’un avait b oin deprécepte, non pas l’autre, pasc. Pensées, art. xxxm,8, éd. Lahure, 1860 . || 10» Croire en, être persuadéde l’existence de. Croire en Dieu . Attend pourcroire en Dieu que la fièvre le presse, boil. Sot.i.|1 Croire en soi, avoir une idée exagérée de sonmérite. || 11“ Se croire, v. réfl. Avoir certaine opi-nion de soi. Cet homme se croit habile. Pour êtreplus qu’un roi, tu te crois quelque chose, corn.Ciima, m, 4. Il n’y a que deux sortes d’hommes :les uns justes qui se croient pécheurs, les autres pé-cheurs qui se croient justes, pasc. Pensées, art.xxv, 72, éd. Lahure, 1860 . || Penser quelque choseau sujet de soi. Il se croyait au moment de réussir.Je me croirais haï d’être aimé faiblement, volt.Zaïre, i, 2 . || Avoir confiance en soi. Tout est illus-tre en eux quand ils daignent se croire, corn. Pomp.n, 1. Écoutez tout le monde, croyez peu de gens,gardez-vous bien de vous croire trop vous-même,fén. Tél. xxiv. || Être cru. Ce qui se dit souvent fi-nit par se croire. || S’en croire, obéir au sentimentqu’on a. Mais, si je m’en croyais, je ne le verraispas, rac. Andr. n, 1. || S’en croire beaucoup, s’encroire beaucoup trop, avoir en ses forces ou son mé-rite une confiance exagérée. || Proverbe. Croyez celaet buvez de l’eau, c’est-à-dire buvez de l’eau pourmieux digérer de pareils contes.
— rem. 1. Croire, suivi de que, dans une phraseaffirmative, veut l’indicatif : Je crois que cela est.Mais autrefois il n’en était pas ainsi; et le sens du-bitatif qui est naturellement attaché à croire faisaitqu’on mettait volontiers le subjonctif: La plus belledes deux je crois que ce soit l’autre, corn, le Ment.i, 4. Je croyais bien qu’on fût damné pour n’avoirpas de bonnes pensées, mais.... pasc. Prov. 4. Vouscroyez donc qu’il faille avoir Beaucoup de peine àRome en fait que d’aventures? la font. Cand. Ellecroyait que le petit Noirmoutier dût être aveugle,sév. 6. Je croyais que tout fût perdu, id. 114. Jecroyais que vous n’eussiez point fait réponse au car-dinal, id. 128 . Il croyait que ce dût être le 16* de cemois, id. 324. Malgré ce rejet actuel du subjonctif,on l’admettra sans peine dans une phrase telle quecelle-ci : Nous nous demandons sans cesse ce qu’on
croit que nous soyons, mass. Hyst, Incam.\\ 8. Croiresuivi de que, dans une phrase négative ou interro-gative, veut le subjonctif : Je ne crois pas qu’ilvienne. Croyez-vous qu’il le fasse? Avez-vous cruqu’il partit si tôt? Je ne croyais pas qu’il payât.Croyez-vous encore qu’il ait de l’habileté, après toutesles sottises qu’il a faites? || 3. Croire, dans une phraseinterrogative, suivi de que, peut être suivi du fu-tur de l’indicatif ou du conditionnel : Croyez-vousqu’il payera ses dettes ? Aviez-vous cru qu’il paye-rait ses dettes? Les grammairiens se sont efforcésd’établir une différence de sens entre ces construc-tions et celles où l’on met le subjonctif; croyez-vousqu’il paye ? aviez-vous cru qu’il payât? mais toutesles différences paraissent arbitraires. || 4. Croirese construit avec un verbe à l’infinitif sans préposi-tion intermédiaire; on n’imitera donc pas les exem-ples suivants : Ils [les évêques de Beauvais et Beau-fort] crurent d’en venir facilement à bout, larochef.Mém. ». Mais enfin croyez-vous de vivre toujours?i. i. rodss. Ém. v. || B. On a dit en croire à .‘Vousn’en avez cru ni à ma parole ni à l’expérience,boss. cité dans le Dict. de bescherelle. Il est mort;cependant si j’en crois à mes yeux.... créb. Élcc-tre, iv, 1. Cet homme, car déjà j’en crois à ma fu-reur, bernis, Religion, i, 233. Cette locution n’estpas incorrecte en soi, puisqu’on dit activement encroire; mais elle est peu usitée.
— SYN. 1“ CROIRE QUELQUE CHOSE, CROIRE à QUEL-QUE chose; CROIRE quelqu’un, croire A quelqu’un.Croire quelque chose, c’est l’estimer véritable : Jecrois ce que vous me dites. Croire à quelque chose,c’est y ajouter foi, y avoir confiance, s’y fier : Je necrois pas à l’efficacité de ce remède. Croire quel-qu’un, c’est ajouter foi à ce qu’il dit: Il ne faut pascroire les menteurs. Croire à quelqu’un, c’est croireà son existence : Croire aux sorciers, c’est croire qu’ily en a; Croire les sorciers, c’est croire ce qu’ils di-sent. |] 2“ faire croire, faire accroire. Faire croire,c’est persuader à autrui une chose que Ton croitvraie ou que Ton croit fausse. Faire accroire, c’estpersuader à autrui une chose que Ton sait fausse.Aussi faire croire peut se dire des choses commedes personnes : Ce nuage de poussière me fit croirequ’une troupe de cavaliers venait; mais faire ac-.croire ne peut se dire que des personnes.
— HIST. xi* s. Il dit au rei : jà mar crerez Mar-sile, Ch. de Roi. xiv. Iert i sis nies [son neveu ysera] li quens Rolans, ce crei [je crois], ib. xlii.Mort sont li conte, se est qui mei en creit, ib. xlii.Del rei paien, sire, por ver [pour vrai] creez, ib.lui. [Il] Ne creit en Deu le fil sainte Marie, ib. exil.Respont li dus : sire, je vous en crei, ib. cclii. Lireis creit Deu, faire veut son service, ib. cCLXvm.Creire [elle] veut Deu, chrestientet demande, ib.COKCII.
— mi* s. Ostages bien creüz [en qm on puisse sefier], Ronc. p. 12 . Se ne creez mes dits, ib. p. 22 .Creez [croyez] mon los [conseil], ib. p. 27. Si voi-rement corne nous le creon, ib. p. 48. Las! se jelpert, de ce sui bien creanz, Jamais n’ert jor quen’en soie dolans, ib. p. 86. Et si [il] cresra saintecrestienté, ib. p. 117. Dame, cil dex en cui [nous]somes créant, ib. p. 121 . [Dame] qui croit faus druz[amant] menteor, Coud, i. Je sai moult bien qu’elecroit les félons, ib. xm. Conseil [il] aura cretl moultfol et enfantif, Sax. xxiv.
— xm“ s. Biaus sire, nous avons vos lettres veiles,qui nous dient que nous vos créons de tout ce quevos dirés, villeh. lxvi. Et vos feistes moût malquant vos les creütes, id. cxxni. Les lettres disoientque autant les creüt-on comme lor seigneurs, id. x.Bien fait qui se porvoit En croire ce qu’il doit, Cedit li vilains, Proverbes du comte de Bret. Ms. deSt-Germ. f“ 114, dans lacurne. Çà est li bons vinsde Soissons ; Sor l’erbe vert et sor les jons Fait bonboivre àhenap [coupes] d’argent; Ca 1 'ns [céans] croitl’en [Ton fait crédit] toute la gent; Caiens boiventet fol et saige, cortois d’artois, Ms. de St-Germ.F 83, dans lacurne. Se croire me voulez, bien se-rez assenée [dirigée], Berte, xlvi. Constance, distSymons, jecroi que elle ait faim, ib. xlix. Sachiez,vous en avez mauvais conseil creü, ib. li. Un cer-tain messager qui bien faisoit à croire [en qui on sepouvait fier] Pour bien faire message, n’estoit pascom le loire, ib. lxvi. Je croi qu’ele soit morte, ib.xcv. Ains croi [je] que sans point de demore, Sonhommage [tu] li renoiasses, Ne jamès par amorn’amasses, la Rose, 4264. Amors, qui te fait en licroire, Te toit ton sens et ta mémoire, Et de toncuer les iex avugle, ib. 6929. Et trouva que le Vieilde la Montagne ne creoit pas en Mahommet, ainçoiscreoit en la loy de Haali, qui fu oncles de Mahom-
met, joinv. 26». Il a maint preuhomme chevalieren la terre des Crestiens et des Sarrazins, qui on-ques ne crurent Dieu ne sa mere, id. 276. Le saintroi se esforça de tout son pooir, par ses paroles, demoi faire croire en la loi crestienne, id. 197. Ertautde Nogent fu le bourgois du monde que le contecreoit le plus, id. 205. Moult de ses gens li loerent[conseillèrent] que il attendist tant que ses gens[eussent revenus, parce que il ne li estoit pas de-mouré que la tierce partie de ses gens; et il ne lesen voult onques croire, id. 214.
— xiv“ s. Et il s’en croient au jugement de ceulzqui sont bons et sages, oresme, Eth. 243. Qui croitparoles doucereuses souvent les trouve venimeuses,leroux de lincy, Prov. t. n, p. 387. Vous parlezsaigement; Se ne croy vo conseil, jammais Diex nom’ament [m’amende]; Car de boin conseil croire,vienent li.bien souvent, Baud. de Seb. viii, 460.
— xv“ s. Il estoit moult aimé et cru en la ville,froiss. i, i, 190. Puis que nature s’entremit D’en-tailler si digne figure, Il est à croire qu’elle y mitDe ses biens à comble mesure, alain chart. Excu-sation de maître Alain. Et le roy, croyant ces cho-ses, s’en alla audit pais de Normandie , jean detroyes , Chron. 1475. Et pour ce à vous bien con-fesser me doy De croire [prêter] ainsi, dont j’aigrant repentance, Quant on n’a pas renvoyé deversmoy Un prest que fis.... eijst. desch. Poésies mss.f° 343, dans lacurne. Suppliant au roy ne vouloirlegierement croire contre luy et son Six, comm. i, i.Le bruyt d’artillerie faisoit croire de tous les deuxcostez quelque grande entreprinse, ID. i, 11. Quantle roy eut ce ouy, il dit à Tanor: Tanor, ne mecroyez jamais, se celluy qui là a parlé n’est Salpharde Liban, Perceforest , t. vi, F 107. Le rey y estoiten personne, qui à ce siégé ne creyoit personne[ne s’en rapportait à personne], ib. t. v, F loi. Il nefut pas maistre pour lors ne cru de faire son vou-loir, louis xi, Nouv. i.
— xvi* s. Il appert par les livres des anciens Peresque cela estoit receu sans difficulté, de dire croirel’Eglise, et non pas en l’Eglise, calv. Instit. 81 1.Ils l’envoyarent vivre en la forest de Biere ; je oroyqu’elle n’y soit plus maintenant, rab. Gar. i, 21 .Messieurs, je croy que vous soyez faict mal, par-donnez le nous, id. Pont, n, 26 . Je croy en Dieu lepere tout-puissant.... Je croy la saincte et catho-licque Eglise Estre des sainetz et des fidèles uneVraye union, entre eux en tout commune.... Fina-lement croi la vie eternelle, marot, iv, 342. Je croyque, avant que recepvez ceste réponse, vous aurezdu roy ce que avés demandé, maro. L. 60. Je voussupplie le croire de ce que je l’ay prié vous dire, id.ib. 49. S’il en faut croire du Bellay, mont, i, 26 . Jene croy pas que ces mouvements se feissent avecquesdiscours [réflexion], id. i, 60. Si ce sont médecins,je les crois en ce qu’ils disent de.... id, i, 68. Je croisde lamedecinetoutlepisou lemieulxqu’on vouldra,id. i, 130. Ils croyent les âmes immortelles, et lesmauldites estre logées du costé de l’occident, id. i,238. Les grands esprits font un aultre genre de bien-croyants, id. i, 389. Au moins se trouveroit-il unechose qui se croiroit par les hommés d’un consente-ment universel, id. n, 319. Il ne fault pas croire àchascun, dict le precepte, id. n, 331. Du mont sou-vent armée devalla, Croyant pour vray qu’en lacampaigne il soit : Puis ne trouvant personne, s’enalla, Et croit qu’il est monté par autre voye, laBOÉTIE, 487. Je n’en diray pas davantage, sinonque je me fay croire qu’elle en viendroit à bout enhuit jours, lanoue, 437. Et, pour cela, il s’en fai-soit croire, et parloit, d’une braveté grande, des-per. Contes, xlii. Ses amis allèrent enhortans lepeuple assistant de croire à ce qu’il avoit dit, amyot,Solon , 11. Les Megariens le creurent facilement, id.ib. 12. Ne croire point aux dieux, id. Péric. 60. 11leur feit à croire que Alexandre s’estoit, en dormant,apparu à luy, id. Eum. 26 . Plusieurs croient quele poète et l’historien soient d’un mesme mestier;mais ils se trompent beaucoup, bons. 614. Legiercroire [croire légèrement] fait décevoir; Il faut con-gnoistre avant que aymer. VAmant rendu Corde -lier, p. 514, dans lacurne. Ne croire à Dieu quesur bons gages, cotgrave. Fol ne croit jusques àtant qu’il reçoit, id. Pour néant demande conseilqui ne le veut croire, id. Qui sempres croit et asnomeine, son corps ne sera jà sans peine, id.
— ÉTYM. Saintong. crére; wallon , creure; Berry,creire; provenç. creire; espagn. creer; portug . crer;ital. credere ; du latin credere.
CROISADE (kroi-za-d’), s. f. || l'Expédition contreles Mahométans, entreprise par les chrétiens pourle recouvrement de la Palestine. Prêcher la croisade.