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cette dernière étymologie, contredirait celle de d’Au-bigné, c’est croquart qui se trouve dans Froissart,i, i, 325 : Ce croquart clievauchoit une fois unjeune coursier.
2 . CROQUANT, ANTE (kro-kan, kan-t’) , adj.
|| 1” Qui croque. Biscuit croquant. H 2° S. f. Cro-quante, sorte de tourte croquante. || S. f. plur. Gâ-teaux d’amandes séchées au four. || S. m. Nom descartilages dans la viande de boucherie.
CROQUÉ, ÉE (kro-ké, kée), part, passé. || 1° Mangé.Des poulets croqués par le renard. || 2° Esquissé. Cesont tous les plus violents sentiments qu’on puisseimaginer; mais ils sont croqués comme les grossespeintures: toutes les couleurs y sont; il n’y auraitqu’à les étaler, sév. 143. Il y a des chapitres im-portants qui ne sont que croqués, dider. llé/lex. s.l’esprit. Qui voudrait te compter pour une créature?Tu n’en es qu’un essai croqué, lamotte, Fables,III, 8.
t CROQUE -ABEILLES (kro-ka-bè-lT, Il mouil-lées), s. f. Espèce de mésange. \\ Au plur. Des cro-que-abeilles.
— ÉTYM Croquer, et abeille.
f CROQUE-LARDON (kro-ke-lar-don), î. m. Écor-nifleur, parasite. || Au plur. Des croque-lardons.
— hist. xvi e s. S’il n’y avoit que les enfants oufemme à la maison, lorsqu’il alloit en queste, ilestoit si subtil et affecté croquelardon qu’il en avoitcuisse ou aile, Contes d’Eutrapel, dans le Dict. de
DOCIIEZ.
f CROQUEMBOUCIIE (kro-kan-bou-ch’), s. m.Terme de pâtissier. Toute sorte de pâtisserie cro-quante,et, particulièrement,certains petits bonbonsglacés qu’on met comme ornement sur certainespâtisseries. Des croquembouches bien faits.
— ÉTYM . Croquer, en, bouchef CROQUEMENT (kro-ke-man), s. m. Action dofaire le bruit qui se produit quand on croque quel-que chose.
— HIST. xvi* s. En maniant la partie fracturée,on sent une crépitation et attrition, ou croquement,c’est à dire un bruit qui vient du fragment des os,PARÉ, XIII, 2.
— étym. Croquer.
f CROQUE - MITAINE (kro-ke-mi-tè-n’) , ». m.Monstre imaginaire, qui figure dans quelques contesde fées, et dont on fait peur aux petits enfants. Toi.... Prends l’arme de ce héros; Puis, en vrai croque-mitaine, Tu feras peur aux marmots, eébang. Mir-mid. || Avec le sens général d’épouvantail. C’est soncroque-mitaine. || Au plur. Des croque-mitaines.
— ÉTYM . Croquer , et mitaine. Mais que signifiemitaine ici? Est-ce pour dire à l’enfant que lemonstre croquera ses mitaines et ses doigts avec ?ou bien est-ce une altération du flamand metjien,petite fille, comme l’ont dit quelques-uns; étymo-logie satisfaisante pour le sens? Ce mot n’est pasdans les anciens dictionnaires.
CROQUE-MORT (kro-ke-mor ),s. m. Nom donnépar plaisanterie ou moquerie à celui qui trans-porte les morts au cimetière. || Au plur. Des croque-morts.
— étym. Croquer, et mort, parce que ces hommesvivent de leur emploi, ou plutôt parce qu’ils empor-tent les morts.
f CROQUE - MOUTONS (kro-ko-mou-ton), s. m.Nom donné, sous Henri IV , à une sorte de cavale-rie légère.
— IIIST. xvi* s. La cavalerie legere d’Henri IV pouvoit estre de cinq cents chevaux et cinq centsarquebusiers que Ton appelloit croque-moutons,Mcm. d’angoülesme, p. 38, dans lacurne.
— ÉTYM . Croquer, et mouton; sobriquet venantsans doute des pilleries que faisaient les soldats.
+ CROQUE-NOISETTE (kro-ke-noi-zè-t’) ou CRO-QUE-NOIX (kro-ke-nol), s. m. Nom du muscardin,espèce de loir. || Au plur. Des croque-noisettes.
— ÉTYM . Croquer, et noisette.
CROQUE-NOTE (kro-ke-no-t’), s. m. Par dénigre-ment, musicien pauvre et pauvre musicien sans ta-lent et sans ressources. || Par dénigrement aussi,musicien habile à croquer les notes, c’est-à-dire quiexécute assez bien, mais sans autre mérite. [Éco-liers] qui dans mes mains ne devinrent pas degrands croque-notes, J. j. rouss. Conf. iv. Commeje ne fus jamais un grand croque-note, id. ib. vin.|| Au plur Des croque-note ou croque-notes.
CROQUER (kro-ké). || 1° V. n. Faire un bruit sec,en parlant des choses que Ton broie en mâchant.Les macarons croquent sous la dent. || 2 e V. a. Man-
ger des choses croquantes. Croquer des pralines.
I! 3° Par extension, dévorer. Le monarque des dieuxleur envoie une grue Qui les croque, qui les tue,Qui les gobe à son plaisir, la font. Fabl . m, 4.Croquons-les; le galant ne fit pas à demi, id. ib. v, 18.....Vous leur fîtes, seigneur, En les croquant, beau-coup d’honneur, id. ib. vn, i . Aussitôt qu’à portéeil vit les contestants, Grippeminaud, le bon apôtre,Jetant des deux côtés la griffe en même temps, Mitles plaideurs d’accord en croquant l’un et l’autre,id. ib. vu, 16. Les députés [lapins] retournèrentdire à leurs frères que cet étranger [le chat] n’avaitgarde de croquer les lapins, puisqu’il croyait en bonbramin à la métempsycose, fén. t. xix, p. 62 . || Fig.et familièrement. N’en croquer que d’une dent, êtreloin d’avoir obtenu ce qu’on désirait. Mais ils n’encroqueront, ma foi, que d’une dent, regnard, Dé-mocr. iv, 3. Je leur jurerais, de mon côté, que lesThiriot et autres n’en croqueraient que d’une dent,volt. Lett. d’Argentai, 13 juillet 1763. Il a romputout net le contrat, à cause de l’aversion qu’il apour la famille de Cléante.... par là vous voyez quece Cléante n’en croquera que d’une dent, la cha-pelle, Carrosses d’Orl. sc. 10. || 4° Fig. Croquerune fille, un jeune coeur, obtenir les faveurs d’unefemme. [Le jeune homme] Trop bien croyait, cessœurs étant peu sages, Qu’il en pourrait croquerune en passant, la font. Maxet. Par où le drôleen put croquer, Il en croqua; femmes et filles,Nymphes , grisettes, ce qu’il put, Toutes étaient debonne prise, id. Pâté. Il eût de la pomme d’Eve,Ahl Croqué jusqu’au dernier pépin, bérang. Tur-lupin. Turpin d’abord trouve lui-même Cœur devingt ans non profané; Mais un bon moine de Té-lème Le croque à l’instant sous son né, id. If. deCharl. || 6 e Faire l’esquisse d’un tableau, d’un por-trait. || Croquer le marmot, maugréer en attendantquelqu’un qui ne se presse pas. Monsieur le nouveausecrétaire,me disais-je pendant ce temps-là,prenez,s’il vous plaît, patience, vous croquerez bien lemarmot, avant que vous le fassiez croquer aux au-tres, lesage, GU Bios, vin, 3. || Croquer le mar-mot, dit Furetière , attendre longtemps sur les de-grés, dans un vestibule, et, en général, en un lieuquelconque ; locution venue de ce que les compa-gnons peintres, quand ils attendent quelqu’un, s’a-musent à faire sur les murailles le croquis de mar-mots. || Enfant gentil à croquer, d’une gentillesseextrême. || Cela se dit aussi d’une jeune personnetrès-jolie ou très-agréable. Elle est jolie à croquer,gentille à croquer, ou, simplement,'elle est à cro-quer. || 6° Faire l’esquisse, l’abrégé d’un discours,d’un récit. C’est un fait qui mérite d’être un peu ex-pliqué pour réparer ce que j’ai trop croqué en par-lant du retour du père [Villeroy], st-sim. 170, 13.Je gâte cette pièce par la grossièreté dont je lacroque; c’est comme si un barbouilleur voulait tou-cher à un tableau de Raphaël, sév. t. vm, Lett.761 , p. 31 , dans podgens. || Terme de musique. Cro-quer des notes, ne pas faire entendre toutes les no-tes d’un morceau, d’un trait. Croquer un passage,un trait, les passer. || 7° X la croque au sel, loc.adv. Sans autre assaisonnement que du sel. Mangerdu poulet à la croque au sel. Des artichauds, desradis à la croque au sel. || Populairement et par me-nace, en parlant d’un homme à qui on se croit très-supérieur, je le mangerais à la croque au sel.
— hist. xv* s. Or vous retournerez si povres et sinuds que les poux vous estrangleront, et vous lescroquerez entre vos ongles, froiss. i, m, 18. Ilaperçut sur le bord de la cuve un très beau diamantqu’elle avoit osté de son doigt, doutant de l’eau legaster : si le croqua si souplement qu’il ne fut d’ameaperçu, louis xi , Nouv. m. || xvi*s. Vrai est que cesos lui croquoient parfois sous les dents; mais ils pas-soient nonobstant, desper. Contes, lxxv. Us le ser-raient, le tournoient, le viraient en la foule, pourtrouver moyen de croquer [escroquer] cette gibe-cière, id. ib. lxxxi. Il y a aussi de la noblesse, quipour des querelles qu’elle prend sans propos, ou pourcroquer la dépouillé d’un gros bénéfice, fait des portsd’armes, lanoue, 106.
— étym. Croc, onomatopée.
f 2 . CROQUER (kro-ké), v. a. Terme de marine.Croquer le croc de palan, le passer dans l’arganeaude l’ancre, afin de la remettre au bossoir.
CROQUE-SOL (kro-ke-sol), s. m. Synonyme decroque-note dans la seconde acception. Il ue s’estpas donné, que je sache, pour un croque-sol nipour un chantre de cathédrale, j. J. rouss. Dial .n. Un croque-sol, rendant plutôt les sons que lesphrases, Ut la musique la plus énergique sans y
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rien jomprendre, id. Dict . de mus. au mot crique-note. || Au plur. Des croque-sols.
— ÉTYM . Croquer, et sol, note de musique.CROQUET (kro-kè; le t ne se lie pas dans le par-ler ordinaire; au pluriel, l’s se lie : des kro-kè-z ap-pétissants; croquets rime avec traits, succès, paix),s. m. || 1* Sorte de biscuit fort dur, garni d’amandes.Depuis ce temps-là, toute la famille royale aime lescroquets, et Ton a même remarqué que, plus lesprincesses de cette maison sont aimables, plus ellesont du goût pour ces sortes de pain d’épice, chau-lieu, Lett. àMme de Lassay , Œuvres, t.i, p. 119,dans pougens. || Sorte de pâtisserie sèche et assezmince qui croque sous la dent. || Fig. et populaire-ment. Etre comme un croquet, être irritable, im-patient, à cause de quelque chose qui a contrariéou blessé. || 2“ La bernache.
CROQUETTE (kro-kè-t’), s. f. Boulette de riz oude pâte de pommes de terre, frite dans la poêle, demanière à présenter une surface croquante.
fCROQUEUR, EUSE(kro-keur,keû-z’), s. m. et f.Celui, celle qui croque quelque chose. Un vieux re-nard....Grand croqueur de poulets, grand preneur delapins, la font. Fabl . v, 6. || Fig. Un croqueur defemmes, un homme qui gagne facilement lesbonnes grâces des femmes.... Tout le minois d’unvrai croqueur de nonnes, la font. Lun.
CROQUIGNOLE (kro-ki-gno-T), s. f. || 1° Sorte depâtisserie sèche et très-dure. Manger des croqui-gnoles. || 2* Chiquenaude donnée sur la tête ou surle nez. S’appliqua mainte croquignole, Pocha sesyeux, mordit ses doigts, scarr. Virg. trav. iv. Audéfaut de six pistoles, Choisissez donc sans façonD’avoir trente croquignoles Ou douze coups de bâ-ton, mol. Mal. imag. i, 1" intermède. L’un mebaille un soufflet, et l’autre un coup de pied, L’autreune croquignole; enfin chacun s’empresse, Tout dumieux qu’il le peut, à me faire caresse, regnard,Démocr . v, 2 . Je prends la liberté de donner quel-ques croquignoles à leur maître [des janissaires],volt. Lett. à Cath. 76. Ils prétendent que je me metsà genoux pour leur donner des croquignoles, id.Roi de Prusse, 187.
— étym. Sans doute du verbe croquer à cause dubruit qui se produit ; mais la dérivation ne s’expliqueguère ; elle est plus claire dans le wallon crokète.
f CROQUIGNOLER (kro-ki-gno-lé), v a. Donnerdes croquignoles.
CROQUIS (kro-kî; l’s se lie : un kro-ki-z admirable),s. m. || 1° Terme d’art, surtout de peinture. Ou-vrage fait à la hâte, qui n’a que les premiers traits,au-dessous encore de l’esquisse. Faire le croquisd’unefigure. || Esquisse d’un ensemble dont les détails nesont pas terminés. || 2“ Par extension. Il a jeté surle papier un croquis de son poëme. Lekain a unevieille Éryphile de moi; c’est une esquisse assezmauvaise de la Sémiramis ; il serait ridicule que cecroquis parût, volt. Lett d’Argental, 8 mars 1776.Renvoyez ce croquis, afin qu’on tâche de vous pré-senter un tableau, id. Lett. Chauvelin, 28 août 1766.
— REM. Croquis ne se trouve dans le Dictionnairede l’Académie qu’à partir de l’édition de 1762 ; iln’est pas non plus dans Furetière .
j-CRORE (kro-r’), s. m. Nom donné, dans l’Inde ,à une monnaie de compte valant cent lacks de rou-pies, pouvant dès lors être estimée à vingt-cinq mil-lions de francs.
f CROSS ANDRE (kro-ssan-dr’), s. f. Terme de bo-tanique. Genre de la famille des acanthacées, necontenant que deux espèces originaires de l’Inde .
— ÉTYM . Kpocnrè;, frange, et àvijp, mâle, éta-mine.
CROSSE (kro-s’), s. f. || 1° Le bâton pastoral desévêques. Les évêques n’avaient autrefois que descrosses de bois. Au temps passé du siècle d’or,Crosse de bois, évêque d’or; Maintenant changentles lois, Crosse d’or, évêque de bois, coquille, dansrichelet. Où le vice orgueilleux s’érige en souverainEt va la mitre en tête et la crosse à la main, boil.Sat. i. Afin qu’un jour l’épée ou bien la crosse Trou-vent un sot dans un Caton précoce, i. b. rouss. Épit.il, 6. || 2° La partie recourbée d’une tête de canne;et aussi, dans plusieurs provinces, le nom de labéquille qui se pose sous l’aisselle pour marchersans toucher à terre; on dit alors : marcher auxcrosses. || Bâton recourbé, avec lequel les enfants s’a-musent à chasser une pierre ou une boule. ||3“ Lapartie, plus grosse que le reste, qui termine le boisX. — 115
DICT. DS LA LANGUE FRANÇAISE.