914 CRO
d’un fusil. La crosse d’un fusil. Donner des coupsde crosse. Deux soldats.... Leurs crosses à l’épauleavançaient sur sa trace, lamart. Joc. m, s*, il Lacrosse du mousquet était autrefois recourbée et faiteen croc. || Mettre la crosse en l’air, retourner lefusil, ce qui est, de la part d’une troupe, le signequ’elle cesse de combattre ou qu’elle se rend.|| 4” Bâton allongé servant à fixer les claies d’unparc à moutons. || Pièce du gouvernail d’un bateau.|| 5° Crosse d’aiguière, anse d’une aiguière faite enforme de crosse. || Couteau à crosse, couteau dontle manche est arrondi par le bout. f| 6* Terme demétallurgie. Barre de fer que le marteleur ou le fon-deur, avant de retirer la loupe du creuset, soudeà cette loupe, afin de la manoeuvrer avec plus defacilité sous le marteau. || 7° Terme de botanique.Inflorescence en crosse, fleurs portées par un axerecourbé sur lui-même, comme dans les borraginées.|| Terme d’anatomie. Crosse de l’aorte, la partie re-courbée de ce gros vaisseau.
— HIST. xi* s. En l’archevesque est bien la crocesalve, Ch. de Roi. cxm. [Il pensait] Que pur co[ce]deiist perdree croce e dignité, Th. le mart. 43.|| xiii" s. Et puis li mist on le [la] croche en la mainseniestre, Chr. de Rains, t04. Li chevaliers tint unecroce Dont il va les boissons batant; Et li veneresva cornant, Ren. 22372. Et lors il se leva, et s’a-puia sur sa croce, joinv. 198. L’evesques Pierre deCbaalons beney en abbé M. Jehan de Mymeri, et lidonna la croce, id. 29t. ||xiv* s. Comme plusieursjeunes gens feussent assemblez pour chouler [sortede jeu] à la crosse les uns contre les autres, nocange, crossare. || iv's. Doux crosses [abbayes cros-sées], college ensement [dans la ville de Vertus],EtiST. desch. Poésies mss. f° 304, dans làcurnb.Tous biens mondains et toute crosse [gloire ou ri-chesse] avoye [j’avois], ib. Pt 88. Le long de laprocession de l’Eglise il y avoit treize crosses [évê-ques], dont l’archevesque de Bordeaux faisoit lebout du costé dextre, hath. de codct, Hist. deCh. VU, p. 734, dans lacurne. Le duc de Bour-gogne estoit retourné en son pals, et avoit le cœurtrès elevé pour cette duché qu’il avoit jointe à sacrosse, comm. p. 247, dans lacurne. || xvi* s. Le ser-gent de qui Goas avoit tiré promesse de ne tirer quele bourre n’entrast, et de rompre croce sur cap,passe plus de la moitié du champ. — Les uns levèrentla croce en haut, d’aub. Hist. 1 , 288 . L’archevesquede Coulongne avec 1600 chevaux, et 900 que lui en-voia l’electeur de Treves, quitta la croce et vint ren-forcer le siégé, id. ib. 11 , 08 . Ses Anglois, pour bra-ver, jetoient leurs chapeaux en l’air, et quand cefust à tirer, n’aprocherent point la crosse de demi-pied du menton, ne blessèrent aucun de cette ca-valerie, id. ib. ni, 260. Les soldats du dedans aiansjoué de la crosse après avoir tiré....lD. ib. 406. Cethomme de crosse [ce prélat] ,id. ib. 438. Les maladescheminent quelque temps sur des crosses, paré,xiii, 2t. Alors il chemine sans baston, potence oucroce, id. xiv, 42.
— ÉTYM . Génev. crosse, béquille ; provenç. crossa ;anc. espagn. croxa; ital. croccia, gruccia ; bas-lat.crucia, crocia, crossa, croceus, bas-latin qui lui-même est un dérivé du latin crux, croix. L’alle-mand Krücke, béquille, bon pour le sens, ne l’estpas pour la forme : il n’aurait pas donné le c douxou les deux ss.
t. CROSSÉ, ÉE (kro-sé, sée ), adj. Qui a droitde porter la crosse. Il n’y avait ni évêque, ni abbécrossé, volt. Phil. m, 300.
— Étym. Crosse.
2 . CROSSÉ, ÉE (kro-sé, sée), part, passé.|| 1° Poussé avec la crosse. Balle crossée. [J 2° Mal-traité. Barbésieux [était] crossé par le roi commeun jeune homme, des débauches et des disparatesduquel il était souvent mécontent, st-sim. 474, 79.
CROSSER (kro-sé). || 1* F. n. Jouer à la crosse.Cet enfant est allé crosser. || 2° F. a. Crosser uneballe, une pierre, la pousser avec la crosse. || Fig.et familièrement, traiter durement, avec mépris.On l’a crossé comme il le méritait. [Les Sulpiciens]troupe de barbes sales qui sans elle [ Mme de Main-tenon] n’avaient point de consistance, et que lesjésuites têt ou tard crosseraient avec le pied, st-sim. 345, 23.113° Terme populaire. Se crosser, v.réfl. Se battre, se chamailler.
— HIST. xiv* s. Ainsi que les diz enfans croissoientensemble [jouoient avec une crosse], du cange,crossare. || xv' s. Du quel baston icellui Jehan donnaau suppliant pluseurs cops et collées, tant qu’il fistploier et crosser le fer du dit baston, id. »6. Item plus,je adjoins à la crosse Celle de la rue Sainct Anthoine,Eu ung billart de quoy on crosse, Villon , Petit tes-
CRO
tara. || xvi* s. Aussi chascun n’a pas mérité que d’unroy La libéralité luyface comme àtoy, Ou son ar-chet doré, ou sa lyre crossée [cela s’adresse à Ron-sard ], du bell. vi, 9, verso.
CROSSETTE (kro-sè-t’), s. m. || 1° Terme d’agri-culture. Branche de vigne ou de figuier, portant unpeu de bois de l’année précédente, et qui sert àfaire des boutures. |] 2° Terme d’architecture. Partied’un voussoir qui est prolongée horizontalement audelà du joint de la voûte. || S. f. Nom qu’on donne,dans les bâtiments, aux retours des chambranles deportes et de fenêtres; comme aux plâtres de cou-vertures, qui sont à côté des lucarnes.
— hist. xvi's. Il ne pensera qu’à choisir lesbonnes races de raisins, planter les margoutes et lescrossettes, les provigner, tailler, marrer, 0 . deserres, 1 6. Une vigne dont les crocetes ont estéportées directement de Candie, id. t6t. Vous cueil-lirez les crocetes pour aussitost, ou gardées durantquelques jours, estre plantées, ou mises barber oucheveler, pour en faire des sautelles, id. 464.
CROSSEUR (kro-seur), s. m. Celui qui joue à lacrosse.
— étym. Crosser.
f CROSSILLON (kro-si-llon, Il mouillées), s. m.Extrémité recourbée d’une crosse.
— étym. Crosse.
f CROSSOSTYLIDE (kro-sso-sti-li-d’), s. f. Termede botanique. Genre de la famille des myrtacées,qui n’a qu’une espèce trouvée à Tahiti .
— ÉTYM . Kpoosèç, frange, et <jxuàiç, colon-nette.
f CROSSOTE (kro-sso-t’), s. m. Terme de zoolo-gie. Genre de coléoptères dont les espèces appar-tiennent à l’Afrique .
— ÉTYM , Kpooeèç, frange,f CROSSURE (kro-ssu-r’), s. m. Terme de zoolo-gie. Genre de reptiles de la famille des sauriens.
— ÉTYM . Kpoeeoç, frange, et oùpà, queue.
| CROTALAIRE (kro-ta-lê-F), s. f. Terme de bo-tanique. Genre de la famille des papilionacées.
— ÉTYM . KpovoXov, grelot. It CROTALE (kro-ta-le), s. m. || 1° Terme d’anti-quité. Sorte de cliquette. Et le rauque tambour, lessonores cymbales, Les hautbois tortueux et les dou-bles crotales, Qu’agitaient en dansant sur ton bruyantchemin Le faune, le satyre et le jeune Sylvain, a.chén. Idylle, Racchus. || 2° Terme d’histoire natu-relle. Nom de serpents qui ont des crochets canne-lés et fistuleux sur l’os susmaxillaire, lequel ne portepas d’autre dent, et auxquels appartient le serpentà sonnette.
— ÉTYM . Kpéral.ov, sonnette,f CROTALIDÉ , ÉE (kro-ta-li-dé, dée), adj. Termede zoologie. Qui ressemble à un crotale. || S. m.plur. Crotalidés, famille de l’ordre des reptilesophidiens.
f CROTALOÏDE (kro-ta-lo-i-d’), adj. Terme dezoologie. Qui a la forme du crotale, serpent. || S. m.plur. Les crotaloïdes, famille de reptiles qui a pourtype le genre crotale.
— étym. Koo’toJo*, grelot, et tîioç, forme.
f CROTALOPHORÉ (kro-ta-lo-fo-r 1 ), s. m. Termede zoologie. Le même que le crotale, serpent.
— ÉTYM . Kpévaàov, grelot, et <popôç, qui porte.| CROTALURE (kro-ta-lu-r’j, adj. Terme de zoo-logie. Qui a des grelots à la queue. || S. m. plur.Les crotalures, synonyme de crotaloïdes.
— ÉTYM . Kpôvaàov, grelot, et oùpà, queue.
•j CROTAPHAL (kro-ta-fal), adj. Terme d'anato-mie. Se dit d’une des pièces élémentaires du crâne.— ÉTYM . Kpévapoç, tempe,f CROTAPHIQÜE ( kro-ta-fi-k’ ), adj. Terme d’a-natomie. Qui appartient à la tempe.
—ÉTYM . Kpovacpo;, tempe,t CROTAPHITE (kro-ta-fi-t’), s. m. Terme d’ana-tomie. Le crotaphite, ou, adjectivement, le musclecrotaphite, le muscle temporal.
— HIST. xvi” s. Les crotaphites, qui du milieu deleur ventre produisent leurs tendons, paré, i, 8. Lemuscle nommé crotaphite, c’est à dire temporal,ID. IV, ».
— ÉTYM . Kpovaffruit, de xpôvaipo;, tempe,f CROTON (kro-ton), s. m. Terme de botanique.Nom vulgaire du croton tiglium, L. qui fournit lebois des Moluques , et dont les graines, dites grainesde Tilly, donnent par expression l’huile connue sousle nom d’huile de croton. Cette huile est un très-violent purgatif.
— étym. Kpéxuv, nom que les Égyptiens don-naient au kiki ou ricin commun.
CRO
j CROTONIQUE (kro-to-ni-k’), adj. Terme de chi-mie. Acide crotonique, acide préparé en saponifiantavec la potasse l’huile de croton.
CROTTE (kro-t’), s. f. || i° Fiente globuleuse decertains animaux. Crottes de cheval. Crottes de bre-bis, de lapin. [L’escarbot] Sur la robe du dieu fittomber une crotte; Le dieu, la secouant, jeta lesœufs à bas, la font. Fabl . 11 , 8. || 2° Boue des rues.Il fait bien de la crotte. Il y a de la crotte sur votrehabit. Ce sont des incommodités de Paris que j’ap-préhende beaucoup plus que les crottes, ni que larencontre de charrettes, balz. Iiv. vu, lett. 27. Descrottes dans toutes les rues, scarr. Sonnet sur Paris .Nouvelle pension fatale à ma calotte, Précipiceélevé qui te jette en la crotte, boil. Chapelain dé-coiffé. Sa mignonne chaussure fut bientôt percée;elle enfonçait dans la crotte, J. J. rouss. Conf. ix.|| Les chiens ont mangé les crottes ou la crotte, sedit quand la gelée a séché les rues. || Fig. Être,tomber dans la crotte, être, tomber dans une con-dition basse et misértble. || 3° Cicatrices, croûtessur la peau. Et fut pour étriller mes galles et mescrottes, Régnier, Sat. x. || Vieilli en ce sens.
— REM. Le sens primitif est fiente de certainsanimaux; aussi, quand ce mot a passé au sens deboue, on l’a d’abord employé au pluriel. Aujour-d’hui, au contraire, avec cette acception de boue,il ne se dit guère qu’au singulier.
— HIST. xiv* s. Les fientes des lievres et des con-ninssontapelées crûtes, Modtts, f° vi, verso. || xv"s.Sinon aux trahistres chiens mastins Qui m’ont faitmanger dures crostes Et boire eau maintz soirs etmatins, Que ores je ne crains pas trois crottes,Villon, G. testant. || xvi* s. Verole de Rouen etcrottes de Paris ne s’en vont jamais qu’avec la piece,leduchat, sur Rabelais , p. 98, dans lacurne. Sesparoles s’entretiennent comme crottes de chevre[sont sans suite], oudin, Curios. fr. add. Au juge-ment, crotte de chat vaudra autant que marc d’ar-gent, id. ib.
— étym. Provenç. crota de cabra, crotte de chèvre.On le tire ordinairement de crusta, croûte; mais laforme provençale ne permet pas cette dérivation.Diez demande s’il ne viendrait pas du germanique :suédois, klôt; allemand , Kloss, masse globuleuse ; lechangement de l’i en r ne faisant pas difficulté. Iln’est pas complètement sûr que crotte, dans le sensde croûte, cicatrice, soit de même origine que crottedans le sens de boue ou de fiente; à la vérité, onpeut croire que crotte, dans le sens de galle ou ci-catrice , provient d’une comparaison de l’apparencequ’a un visage couturé avec un visage sali par descrottes ou de la crotte; mais il est possible aussique crotte ait ici le sens de creux, cavité, qu’il adans l’ancien français (voy. grotte).
CROTTÉ, ÉE (kro-té, tée), part, passé. || 1° Salipar la crotte. Un habit crotté. Me vit en se levant sisale et si crotté, Régnier, Sat. xi. Moi crotté jusqu’aucul, et mouillé jusqu’à l’os, id. ib. L’amour est nu,mais il n’est pas crotté, la font. Orais. Ii était crottéjusques aux genoux, hamilt. Gramm. 9. |j Familiè-rement. Être crotté comme un barbet, jusqu’auxoreilles, jusqu’à l’échine, l’être beaucoup. Tandisque Colletet , crotté jusqu’à l’échine, S’en va cher-cher son pain de cuisine en cuisine, boil. Sat. i.|| Il fait bien crotté dans les rues, il y a beaucoup deboue. || 2° Fig. Qui a l’air misérable et sale. Il a l’aircrotté.Il est bien crotté. || Poète crotté, un poète mi-sérable. Ce ne seront point quelques poètes crottéset mal vêtus, qui diront du bien de lui, balz.Avis écrit. Campistron était de ces poètes crottésqui meurent de faim et qui font tout pour vivre,st-sim. 206, 2.
CROTTER (kro-té), v. a. Salir de crotte. Crotterson pantalon. Ahl je devais du moins lui jeter sonchapeau, Lui ruer quelque pierre ou crotter sonmanteau, mol. Sganar. sc. te. || Se crotter, v.réjl. Se salir avec de la boue. Prenez garde de vouscrotter.
— HIST. xni* s. Et lessiez ester les gelines Qui tropont megres les eschines ; Megressunt et entrepelées.Dures et vieilles et crotées, Ren. 2882 . ||xiv*s. Siles chiens sont mouillés ou crottés, Ménagier , ni, 2 .L’en doit laver le lart [tiré des pois où il a bouilli]de l’eaue de la char, afin qu’il n’appere point crottéde pois, ib. 11 , 6. || xv's. Les compagnons d’icellesnopces portèrent le cochet, autrement dit le plat del’espousée, en une taverne, où ils firent plein platde souppes crotées, du cange, crotatus. || xvi* s. Lechemin n'est ny fascheux, ny crotté, marot, ii, 2 ».En vérité, damoyselle, vous estes crottée, palsgr.p. 446. Qu’on lui face du feu visto, le poure homme| est crotté jusques aux genoulx, id. p. 63S< Notre