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Tome premier. A - C.
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CUE

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La dame est jà par la verdour [verdure], Un un ver-ger cueillant la flour, audefr. lebastard, Roman-cero, p. ». Et cil des cinc nés [navires], si tostcomme il porent apercevoir le jor, cueillirent leurvoiles et s’en alerent sans parler à nullui, villeh.cxlviii. Celui qui queut la coustume [perçoit lataxe], l.iv. des mét. 7. Plus en quiaut [il en cueilleplus] de pleine jaloie [sorte de mesure], Tien. 19272.Mes or vendent [les juges] les jugemens, Etbestor-nent les erremens, Et taillent et cuellent et saient[scient], Et les povres gens trestout paient, la Rose,6607. Mais li termes moult ions estoit, Com li ertvis,du fruit cuellir, Fl. etBl. 386. Les plusor vont lespieresenlor mances coillir [ramasser en leurs man-ches] , Ch. d’Ant. vin, 493. Gentius dus [duc], montésont en la cité garnie, Trente ou plus, ne savons,Diex lor soit en aïe I Tant avoit sor l’eschiele de nos-tre gent coillie [rassemblée], Que porle fais des ar-mes est rompue et froisie, ib. vi, 827. Encore, quiacate, et, por doute de rescousse, queut blés, marsou vins, en Teritage qu’il a aceté, ains le tans dedroite meurison, beaum. xliv, 34. Et li rescoveresvient ains le tans qu’il fust poins de coillir, id. xliv,3t. Et s’ele ne se pot partir [partager] si commexiviers ou travers ou teles cozes sanllavles, li siresles doit fere coillir porfitavlement as cos [coûts] descompaignons, id. xxi, *t. Une des galies le roy lequeilli et Taporta en nostre nef, là où il nous contacomment ce li estoit avenu, joinv. 287. |j XIV* s.Après ce que les fruis sont cuillis, oresme, Êth. 246.|| xv*s. Et avoit intention d’arriver à Harfleu; maisun tourment le prit et cueillit en mer, qui lui duraplus de quinze jours, froiss. I, i, 214. Tous cesseigneurs s’estoient cueillis en grant désir de là ve-nir, et faire leur pouvoir de la conquérir [la ville],id. i, i, 86. Il prit et cueillit environ quarante lancesde bons compagnons, id. i, i, 7». Elle sera tous-îours coincte, jolie et bien cueillie, Aresta amorum,i;. 241, dans lacurne. Et le chevalier qui tant avoitaydé à monseigneur Yvain , dit qu’il ne le laisseradevant qu’il soit guary ; si fait cueillir le pavillon àsou nepveu et une coutte pointe ; car il pense bienque mestier il aura de pavillon, se gésir le convienthors de la ville, Lancelot du Lac , t. i, f" 14». Puisosla son heaulme, et abbatit sa ventaille pour mieulxcueillir le vent, car il avoit eu trop de chault, ib.t. in, f* 18. Et avoit cueilly et perceu grant argentcontant, comm. iv, 12 . Vestus de toile blanche etdéliée cueillie [ramassée] à l’entour d’eux si migno-nement que c’estoit merveilles à veoir la beaulté deleur vesture, Perceforest , t. i, f" 21. Et quant cevint à l’approcher, Lionnel baisse sa lance et vacueillir la ventaille du heaulme du chevalier, et luirompt le laz, et emporte son heaulme enrny le camp,ib. f” 108 . Car là [il] cueilloit cueur et hardementen tous ses faitz, ib. t. u, P 82 . Adonc fut temps denappes ester; si les cueillirent escuyers et sergens;après se levèrent dames et damsiselles et chevaliers,ib. 1. 1 , P 134. || xvi* s. Le doulx fruict d’amourettes,lequel veull Venus estre secrètement et furlifvementcueilly, rab. Pant. n, 18. Les mousches en sont tantfriandes que merveilles, et se y cueilleroyent facil-leinent, et y feroyent leurs ordures, id. ib. n, 16 .Iloses aussi de diverses couleurs, S’on ne les cueult,sans profiter périssent: Et s’on les cueult, les cueil-lans les chérissent, marot, il, 288. Fol, dit-il, ceque tu semes ne cueille point de vigueur, sinonqu’il soit mort auparavant, Calvin , lnstit. 795. Jecueilliray tellement la somme de ce qu’il dit là, quej’useray mesine de ses mots tant qu'il me sera pos-sible, in. ib. 1014. Pour la culture de la terre, sije m’en voulois mesler, je cueillirois plus d’orge etde froument, la boktie, 229. Cæsar, s’esmerveiliantde son gentil cueur, luy alla au devant avec grandscris de joye pour le cueillir et caresser, amyot, Cé-sar, 20 . Parc de vignoble où il se cueult tous lesans environ deux cents queues de vin blanc et clai-ret, carl. n, 10 . On fera une cousture, en cueil-lant et comprenant du processus du péritoine tantprofondément qu’il en soit retressi, paré, vi, 15.L’on cueillira les noisilles ou avelaines devant qu’ellesaient grené, O. de serres, 860 . Livres auxquels onpeut cueillir quelque plaisir, Nuits de Slraparole,ép. t. i, p. 2. Quant il vit Tenglois qui tel orgueildemena, il cueilly force et hardement, et prist ensoy grant air, et proposa de illec vivre ou mouriroù il conquerrait honneurs, menard, llist. de duGuescl. p. 232, dans lacurne. La Gypris de sa maincueut trois pommes dorées, baïf, OEuvres, p. iso,dans lacurne.

_ étym. Wallon, code; namurois , toude; Berry,

quillù (prononcé ki); provençal coillir, cueillir,uclhir; eatal. cullir; espagu. coger ; portug . collier;

irai, cogliere; du latin colligere, de col, cum, etlegere, recueillir. Les formes en ir sont irrégu-lières, et proviennent d’une transformation de col-ligere. en colligire; du reste, la conjugaison suitcolligere, et non colligire; je cueille, côlligo; ilcueille ou, anciennement, il queut, côlligit; aufutur, je cueillerai (cueiller-ai), et non cueillir-ai,qui s’est dit cependant au xvi* siècle et au xvn*.

« X la cour tout le monde dit cueillira et recueil-lira; à la ville tout le monde dit cueillera et re-cueillera; et, cela présupposé, que s’ensuit-il autrechose, sinon que cueillira et recueillira est commeil faut parler? vaugel. Rem. t. n, p. 885. v L’usagea prononcé pour cueillerai, qui suit la conjugaisonde colligère, contre cueillirai qui suit la conjugai-son de colligire. Dans certaines provinces on ditcueiller, de lai 1 *conjugaison.

t CUEILLISSAGE (keu-lli-sa-j’, Il mouillées),*, m.Action de cueillir la soie sur les platines. || Mouve-ment du métier à bas qui plie le fil étendu sur lesaiguilles.

— ET YM. Cueillir. La formation est barbare,cueillir n’ayant jamais fait cueillissant au participeprésent; il faudrait dire cueillage.

CUEILLOIR (keu-lloir, Il mouillées, et non keu-yoir), s. m. Panier où l’on met la cueillette. || Cor-beille attachée au bout d’un long bâton pour cueillirles fruits des hautes branches. Les dômes découpésen feuillage ou creusés en forme de cueilloir de-viennent autant de corbeilles, chateaub. Génie,m, v, 6. || Espèce de cisaille pour cueillir des fruitsdélicats.

— étym. Cueillir.

f CUFFAT (ku-fa), *. m. Sorte de tonne, employéedans les puits de mines, pour transporter le mineraiet les mineurs.

— ÉTYM . Bas-lat. cupha, qui s’est dit pour cupa,coupe, sorte de vase.

t CUFIQUE (ku-fi-k’), adj. Voy. coufiqub.

•} 1. CU1DER (kui-dé), t). n. Terme vieilli et tombéen désuétude. || i* Croire, penser. Me cuidant trom-per, tu voudrais faire accroire.... Régnier, Élég. 2 .Il se plaît aux trésor^qu’il cuide ravager, id. Sat. ix.Tel, comme dit Merlin, cuide engeigner autrui, Quisouvent s’engeigne soi-même, la font. Fabl . iv,

1 1 . || 2° Se cuider, v. réfl. Se pavaner, faire l’outre-cuidant. Quelques vieux et plats courtisans, commeDangeau, Cavoie, regrettèrent de n’avoir plus à secuider parmi les sots et les ignorants, dans les rai-sonnements et l’amusement journalier d’une courqui s éteignait avec le roi, st-sim. 417, 21.

— hist. xi* s. Et des mellors qui al champ [debataille] fuient estre, Ch. de Roi. clv. Si grandduel [deuil] a, sempres cuida inorir, ib. cclv. || xii*s.Je le cuitlai à mon neveu douer, Roncisv. p. 167.Bien [je] cuidai vivre sans amour Des ore en paistoutmonaé [âge, vie], Cours, n. Orquidout qu’il lusttels cum il Tout ainz veû, Th. le mart. 39. || xm* s.Cil qui onques mès ne l’avoient veüe ne cuidoientmie que si riche cité peüst avoir en tout le monde,villeh. lxi. Quiconque cuide ne qui die Que soitfolor ou musardie De croire que songes aviengne,Qui ce voldra, pour fol m’en tiengne, la Rose, 11.

|| xv* s. Ceste beste [Tours ] est de telle nature quece qu’elle tient, soit homme ou beste, quant il nese remue plus, elle le laisse là, cuydant qu’il soitmort, comm. iv, 3. || xvi*s. Je cuyde que soye des-cendu de quelque riche roy, rabel. Garg. i, i. Ilsmarchoient en desordre, comme ceux qui cuidoientbien estre hors de tout dangier, mont, i, 343. Orest-ce bien un grand abus, s’on cuide Que d’inventerla fontaine soit vide, la boetie, 479 . Si cuida The-seus au commencement user de force, mais il futcontraint par les brigues et menées de ses adver-saires de s’en déporter, amyot, Thés . 43.

— ÉTYM . Provenç. cuidar, cuiar ; espagn. cuidar;ital. coitare; du latin cogitare, penser, de cum,avec, et agilare (voy. agiter).

f 2 . CUIDER (kui-dé),*. m. Panier long pour cueil-lir et porter les fruits.

CUILLER ou, suivant l’orthographe de quelques-uns, dit l’Académie, CUILLÈRE (kui-!lâ-r’, Il mouil-lées, et non kui-yê-r; la prononciation est la mêmepour les deux orthographes, bien que, pour la pre-mière, quelques-uns disent kui-llé ; ce qui est une pro-nonciation tombant en désuétude. Henri IV ayant dità Malherbe qu’il fallait prononcer cuiller, et le fairefaire masculin, Malherbe répondit que, tout puissantqu’était le roi, il ne ferait pas qu’on dit ainsi en deçàde la Loire. D’autre part Ménage remarque que lepetit peuple de Paris prononce cueille, la cueillé dupot,et que les hon êtes bourgeois y disent cueillère;

. usa D e a aussi éudne la prononciation cueillère), |

*. f. || 1“ Petite palette creuse tenue par un manche,dont on se sert pour porter à sa bouche les ali-ments peu consistants ou pour les servir à table.Cuiller de fer, d’argent, d’étain. Cuiller à potage.Cuiller à ragoût. [Dans les catacombes) Anciens ca-lices, anciennes croix, anciennes cuillers pour ad-ministrer la communion, chateaub. Italie , 38.|| Cuiller à pot, cuiller large et profonde, avec la-quelle on prend le bouillon dans le pot-au-feu pourtremper la soupe. || Cuiller à punch, grande cuillerdans laquelle la palette, au lieu d’avoir sa longueurdans la direction du manche, Ta perpendiculaire-ment à ce manche; de plus elle est terminée pardes goulots à droite et à gauche, afin de pouvoirverser .commodément la liqueur soit dans les verrespour la boire, soit dans le bol lui-même lorsqu’onbrûle l’eau-de-vie. || Petite cuiller se dit des cuillersà café. || Biscuit à la cuiller, biscuit long et mince,fort léger, qu’on trempe ordinairement dans le vin;ainsi nommé parce que, pour le faire, on en ré-pand la pâte en long sur le papier avec la cuiller.|| Terme de botanique.. Pétales, feuilles en cuiller,pétales, feuilles qui en ont la forme. || Chevaliersde la cuiller, nom que prirent, dans le xvi* siècle,des nobles du pays de Vaud , s’étant vantés, dansune orgie, de manger les Génevois à la cuiller.|| 2° Ustensile de cuisine. Cuiller de bois. ]| Par ex-tension, nom d’instruments de formes diverses em-ployés dans les arts. Cuiller à fondre du plomb.Cuiller à brai. || Cuiller à projection, demi-sphèrecreuse, en fer ou en fonte, munie d’un manche àbois, à l’aide de laquelle, dans les laboratoires, onfait fondre les métaux, les alliages, on verse certainscorps dans les creusets chauffés au rouge. || Outilpour transporter les boulets rouges du gril à la pièce.|| Pierre creusée en rond ou en ovale pour recevoirl’eau d’un tuyau de descente. || Morceau de fer quiembrasse le bout de l’essieu des roues de devantd’un carrosse. || 3° Tarière de sabotier. || 4” Terme demarine. Sorte de foret acéré et coupant, pour percerles pompes. || Instrument pour décharger les bouchesà feu. || 5°Herbe à cuillers, cochléaria. || 6° Nomvulgaire de la spatule, espèce de héron qui ne dif-fère du héron que par le bec, qu’il a de la formed’une cuiller , d’où il tire son nom. || 7“ Nom de cer-taines coquilles de mer.

— hist. xii*s. Il s’abaissa [se baissa], si a prisun cuillier, Bat. d’Aleschans, v. 3886. Cuilliers,cupes, hanas d’argent, d’or esmeré, Th. le mart.152. || xm*s. Quilliers de boys ou de fust, Liv. desmét. 321. Lors sai je bien et puis savoir, Li vilaindit raison et voir, Qui dit qu’entre bouche et quillerAvient sovent grand encombrier, Ren. 4077. ||xiv*s.Autre plus petit estuy pour mettre une petite cuillierd’or de la royne, de laborde, Émaux, p. 238Cuillers d’argent, quatre douzaines, Uénagier, n,4. || xv*s. On ne perdrait pas céans une cueillierd’or ou d’argent, ni rien qui soit, que il ne le sçusttantost, froiss. n, ni, 22 . Vêla à tel pot, tel cuber,coqltll. Plaidoy. de la simple. Une petite cullier ànectoyer la langue, de laborde, Émaux, p. 238.Après mengier, cuiller, leroux de lincy, Prov. t. n,p. 193. || xvi* s. Trudon, prenez toutes ces cuillèresd’argent, et ce drageouer, rab. Pant. iv, 13. Ondit que bien souvent entre bec et cuiller II vientdestourbier, i. le houx, Tau de Vire, 26. Fautmettre en la vessie l’autre bout qui est cave en façonde cueiller, paré, xv, 46. Une cuillère d’argent, id.xx bis, 26 . Plein une cuillier, id. xxiv, 49. Avecune cueiller on recueillira le beurre, o. de serres,285. Les grosses pièces de fruit seront plongéesdans l’eau, une à une, avec la cueiller persée, id.869. Entre tantde maisons armées, moy seul, que jesçache, en France , de ma condition, ay fié purementau ciel la protection de la mienne, et n’en ay ja-mais osté ny cueillier d’argent, ny tiltre, ny tapis-serie, mont, m, 9. Entre ia bouche et la cueilliersouvent advient grant destourbier, cotgrave.

— ÉTYM . Wallon, cui; Berry, quillère (prononcéki); saintong. chillère, chulière; provenç. culhier,cuiller, cuilier, culler ; du latin cochleâre, decochlea, par comparaison de la cuiller avec la co-quille du limaçon. Le wallon cui vient du nominati.côchlear, avec l’accent sur co.

CUILLERÉE (kui-lle-rée, Il mouillées, et nonkui-ye-rée), *. (. Quantité contenue dans une cuiller.Une cuillerée de potage, de sirop. Une cuillerée àcafé équivaut à cinq grammes d’eau commune; unecuillerée à bouche équivaut à quatre cuillerées àcafé, et par conséquent à vingt grammes; il fauthuit cuillerées à'bouche pour un verre ou une verrée.

— HIST. s. Deux ou trois cueillerées d’huileamandes douces, paré, xviu, . On en donnera,