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Tome premier. A - C.
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CUI

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avec de l’huile d’olive, une cuillerée d’argent, o. deserres, 944.

— Etym. Cuiller .

CUILLERON (kui-lle-ron, Il mouillées,et non kui-ye-ron), s. m. Partie creuse d’une cuiller. || Cuille-ron ou balancier, appendice placé derrière les ailesdes insectes diptères. || Pétale ou autre partie d’unefleur ou plante qui a la forme d’une cuiller. || Piècequi, dans un fusil de munition, retient la baguette.

— Etym . Diminutif de cuiller.

f CCIIVE (kui-n’), s. f. Cornue qui servait à ladistillation de l’eau-forte.

— HlST. xvi*s. Cornue, cuenne, recipiens, paré,

t. III, p. 638.

— Etym . Origine inconnue.

I. CUIR (kuir), s. m. |] 1° Peau épaisse de certainsanimaux. L’épaisseur du cuir qui couvre l’éléphant.|| Terme d’anatomie. Cuir chevelu, la peau qui re-couvre le crâne et où naissent les cheveux. || 2° Peaudes animaux séparée de la chair et corroyée. Cuirde vache. Les cuirs, fruit unique des courses desboucaniers, avaient été le premier objet d’expor-tation de St-Domingue, raynal, Hist. phil. xm, 36.Nos cuirs dorés, où il n’entre pas la moindre par-celle d’or, montrent que nous savons au moins,dans certains arts, imiter la sage économie de lanature, bonnet, Palingén. phil. 4 1 - part. ch. 4.|| Par plaisanterie, un orfèvre en cuir, un savetier.|| Cuir bouilli, cuir cuit et préparé qu’on emploiesous diverses formes. || Un visage de cuir bouilli,visage de mauvaise couleur. || Cuir cru, vert ou envert, cuir qui n’a reçu aucune préparation. || Cuirplaque, cuir tanné et corroyé dans son tan. || Cuirà l’orge, cuir qu’on fait fermenter dans une pâted’orge. || Cuir à œuvre, cuir mince des petits bœufs.|| Cuir de Valachie, cuir préparé dans un passementd’orge. || Cuir en triple, cuir pelé et rincé. || Cuir deTransylvanie, cuir préparé à la farine de seigle.|| Cuir de poule, cuir qui sert à faire des gants.|| Cuir de Russie ou de Roussi, cuir de vache pré-paré en Russie. La locution cuir de Russie est laseule correcte; cuir de Roussi en est une vieillecorruption. Ses souliers étaient si couverts de ru-bans, qu’il ne m’est pas possible de vous dire s’ilsétaient de roussi, de vache d’Angleterre ou de maro-quin, Récit en prose et en vers de la farce des pré-cieuses, Paris , i 660 . || Cuir de Russie est aussi la peaude phoque tannée avec l’écorce du bouleau noir.|| 3’ Cuir à rasoir, ou, simplement, cuir, bande decuir tendue sur une palette pour donner le fil auxrasoirs. || 4° Familièrement, la peau. Le beau corps,le beau cuirl la font. Roi Cand. C’est bien le cuirplus douxl id. Berc. Une grosse Aricie [l’Aricie delàPhèdre de Racine ], au cuir rouge, aux crins blonds,N’est là que pour montrer deux énormes tétons,Que malgré sa froideur Hippolyte idolâtre, deshou-lières, Poésies, t. u, p. 24 9, dans lacurne. || Entrecuir et chair, sous la peau. || Fig. et familièrement.Pester entre cuir et chair, s’impatienter sans oserle faire paraître. || 5° Cuir de laine, épaisse et forteétoile croisée. || 6° Cuir des arbres, le rhacodion xy-los tome. |1 Cuir de montagne, cuir fossile, asbeste.|| Proverbe. Faire du cuir d’autrui large courroie,se dit de ceux qui sont libéraux du bien d’autrui.

— HIST. xi* s. En [pour cela, pour servir son roi]doit hom perdre et du quir et du peil, Ch. de Roi.lxxvii. Dur [ils] ont le quir ensement corne fer,ib. ccxxxv. || m* s. Sur l’espaule senestre l’espée licula, Le mantel e les dras tresqu’al cuir encisa, Ele braz maistre Edward près tut en dous colpa,Th. lemart. 160 . Coustume est de mecine, ke ele lachalor des entrailhes trait par defors el cuir, et dece dont ele navret par defors sanet ele par dedens,Job, 489. Un cuir boli [sorte d’armure] a en son dosgité, Par desore ot un clavain afautré, de laborde ,Émaux, p. 239. || xm* s. La carre du roi Phyon futde cuir d’elephant bouilli, dont le tabernacle et lamarcellefü peint à collors et à vernis, id. ib. Si gar-nissiez si vos chasteax De perrieres, de mangoneax ;Si faites cuir et verge atraire, Fer et merrien porengin faire, Partonop. Us. de St-Germain, f* 188 ,dans lacurne. Qui cuir voit tailler, Corroies de-mande, Ce dit li vilains, Prov. du vilain, Us. deSt-Germ. f* 74, dans lacurne. Ouvrier de cuirbouilli, Liv. des mét. 164. Au mains ne puet il pastout perdre, S’il se devoit au cuir aerdre, la Rose,4 0824. Uns Turs i mist la sele, qui fu à or vernis,Moult fu riches li frains qu’il li a el chief mis; Sonpoitral li laça qui fu de cuir bolis, Ch. d'Ant. iv,489. S’il y a sanc dont cuirs soit perchiés, li bateresdoit estre pris.... beauh. xxx, 47. Les veines petitesentre cuir et chair, alebrant, P 43. ||xiv*s. Unecourroye de cuir de lyon, sans nulle ferrure, de

cur

I laborde, Émaux, p. 244. Une ceinture de cuirde lioun, harnessé d’or od camaeux, id. ib. p.240. Deux escrins de cuir boulli que il fit à laroyne, l’un pour une nef d’argent, et l’autre pourun charriot d’argent qui porte une nef, id. ib.p. 239. Un livre en un fourrel de quir bouli, id.ib. Un livre couvert de cuir rouge à empreintes,id. ib. p. 240. || xv* s. Un estuy de cuir noir, oùil a quatre compas d’argent, id. ib. Un grant livrecouvert de cuir vermeil et empraint de plusieursfers, id. ib. Le service de la cbappelle du Roy, cou-vert de cuir rouge marqueté, id. ib. Jamais mestieraprendre ne voudray; Car ces ouvriers ont tropcourbes les dos; Je voy qu’ils n’ont que le cuir etles os, eust. desch. Poésies mss. f° 238, dans la-curne. Lors s’affiche es estriers dont les couroyesestoient de cuir de soye, Perceforest , t. il, f* 46.|| xvi* s. Un de ces venerables coupeurs de cuir[bourse], desper. Contes, lxxxiii. L’epiderme, levray cuir, le pannicule charneux meslé avec lapresse, paré, i, 2 . Un bonnet de cuir bouilli, id.viii, 22 . On gardera ceste composition bien enve-loppée dedans un cuir, id. xxiv, 8. Le fin cuir trans-parent qui trahit sous la peau Mainte veine en ser-pent.... d’aub. Tragiques, liv. m. Il ne faut pastoujours estre chaussé ainsi : Il faut qu’il ait souventla botte de Roussi, Et l’esperon aux pieds, encore qu’ilne pense Que de passer le jour à l’entour d’unedanse, Discours sur la mode, en 464 3.

— ÊTYM. Génev. cuer, couer (l’r sonne); wallon ,cûr; namurois , cil; provenc. cuer, cur; anc. catal.cuyr; espagn. cuero; ital. cuojo; du latin corium;grec, yépiov.

2 . CUIR (kuir), s. m. Terme populaire. Faute delangage qui consiste à prononcer à la fin d’un motqu’on lie à un autre, un ( pour un s, j’étai-t à lacampagne, et réciproquement, il étai-z à la cam-pagne, ou à intercaler une liaison là où il n’en fautpoint, j’ai-z été. Faire un cuir, des cuirs. A faire mond’voir toujours prête, Not’ maître, je v’nons vousoffrir C’te paire de rasoirs pour vot’ fête ; Acceptez-la z’avec un cuir, désaugiers, le Diner de Uadelon,sc. 3.

— ETYM . On prétend que ce mot vient du substan-tif cuir, employé pour désigner la peau des animaux,et qu’on s’en est servi en ce sens à raison de l’ana-logie que présentent les expressions écorcher unmot et faire un cuir avec l’action d’enlever la peaudes animaux pour en faire du cuir; peut-être aussiest-ce à cuir de rasoir qu’il faut le rapporter, ceslettres ainsi prononcées étant de prétendus adoucisse-ments de la prononciation, comme le cuir adoucitle rasoir.

CUIRASSE (kui-ra-s’), s. f. || l“Arme défensivequi recouvre le buste. Cuirasse de cuir, d’acier. Il yavait des cuirasses d’un métal si dur, qu’elles étaientabsolument à l’épreuve des coups ; Zoïle , habile ou-vrier dans ce genre, en offrit deux à Démétrius sur-nommé Poliorcète, et, pour en montrer l’excellence,il fit lancer une flèche par une machine nomméecatapulte qui n’était qu’à vingt-six pas de distance,rollin, Hist. anc. (Mûmes, t. xi, 4'*part. p. 377,dans pougens. Avec quelque force que la flèche fûtlancée, à peine effleura-t-elle la cuirasse, et y laissa-t-elle quelque trace, id. ib. Ce qu’il y avait de plusadmirable dans cette cuirasse, c’est que chacun desfils, quoiqu’il fût fort délié, était composé de troiscent soixante plus petits fils qu’on distinguait aisé-ment, îD.if». p. 378. || Endosser la cuirasse, prendrele parti des armes. Il prit, quitta, reprit la cuirasseet la haire,V0LT. Henr. iv. ||Ledéfautde la cuirasse,l’intervalle entre le bord de la cuirasse et les autrespièces qui s’y joignent. || Fig. Trouver le défaut dela cuirasse, trouver l’endroit faible, le côté sensible.|| 2°Sorte de revêtement osseux que produisent lesécailles serrées de certains poissons. || 3° Cuirassemarine ou flottante, appareil destiné à soutenir surl’eau en laissant la faculté de mouvoir les bras etles jambes. || 4“ Revêtement en fer qui protège lesnavires contre l’action du boulet.

— HIST. xiii* s. Qui lor veist d’une part et d’autrepourpoins, quiries et escus enarmer, et sieles etpoitras apparellier.... Chr. de Rains, p. 76. Li unsendosse sa cuirie, L’autre prent son chapel de fer,Ren. 3464. Lor darz, lor arz et lor cuirées Orentdelez eus apoiées, la Rose, 46894. ||xv*s. Et devezsavoir que les Sarrazins ne sont pas si bien armésni si forts comme sont les chrestiens.... Et s’armentle plus de cuiries et portent targe à leurs cols moultlegeres, froiss. ni, iv, 4 5. ||xvi*s. Ce qui faisoiten tout peu moins de six cens arquebusiers etsoixante cuirasses [cuirassiers), d’aub. Ilist. t, su.Us se firent faire place avec huicl cornettes de cui-

rasses [comme ils les appelaient] et dix d’arquebu-siers à cheval, id. ib. i, 34 6. Il lui planta une har-quebusade dans l’estomac de sa cuirasse, id. ib.

u, 380. Gens cousus en leurs cuirasses comme tor-tues, ennemis de l’aise et du repos, id. ib. ni, 289.

— ÊTYM . Cuir; provenç. coirassa, cuirassa,espagn. coraza; ital. corazza. L’ancien français disait cuirie ou cuirée. Cuirasse est formé de cuir,avec le suffixe ace ou asse, sur l’exemple du pro-vençal, de l’espagnol et de l’italien .

CUIRASSE, ÉE (kui-ra-sé, sée), part, passé|| 1° Armé d’une cuirasse. || 2“ Terme de zoologieRevêtu d’une sorte de cuirasse. || 3“ Fig. Ame cui-rassée contre les revers. || Il croyait le surprendre,mais il l’a trouvé bien cuirassé, il l’a trouvé sur sesgardes. || En un mauvais sens, dont l’âme est endur-cie. Cuirassé aux affronts. Cuirassé contre les re-mords. Hypocrite, jaloux, cuirassé d’impudence,Vous ne l’ignorez pas, votre méchanceté Donna seuleà vos vers quelque célébrité, gilb. Apologie.

f CUIRASSEAU (kut-ra-sô), s. m. Prononciationfort commune, mais fort mauvaise, de la liqueurnommée curaçao (voy. curaçao).

CUIRASSER (kui-ra-sé), u. a. Armer, revêtitquelqu’un d’une cuirasse. || Se cuirasser, v. réfl. Serevêtir d’une cuirasse. || Fig. Se cuirasser contre lapitié, contre les remords.

— ÊTYM.- Cuirasse.

CUIRASSIER (kui-ra-sié; l’r ne se lie jamais; aupluriel, l’s se lie : les kui-ra-sié-z et les dragons), s.m. Soldat arméd’une cuirasse. || Aujourd’hui cavalierportant casque et cuirasse. Régiment de cuirassiers.Revel le suit de près ; sous ce chef redouté Marchedes cuirassiers l’escadron indompté, boil. Ép. iv.Le roi lui montre le nouveau flanc de l’ennemi : ilfaut l’enfoncer jusqu’à la hauteur de la gorge deleur grande batterie; là, pendant que la cavalerielégère poussera son avantage, lui, Caulaincourt,tournera subitement à gauche avec ses cuirassiers,,pour prendre à dos cette terrible redoute, dont lafront écrase encore le vice-roi, ségur, Hist. de Nap.vil, 44.

— HIST. xvi"s. Cuirassier, cotgrave.

— Etym . Cuirasse.

f CUIRATIER (kui-ra-tié), s. m. Celui qui tra-vaille à la préparation des cuirs.

— ÊTYM . Cuir.

CUIRE (kui-r’), je cuis, nous cuisons; je cuisais;je cuisis; je cuirai; je cuirais; cuis, cuisons; queje cuise, que nous cuisions; que je cuisisse; cui-sant, cuit, v. a. || 1* Préparer les aliments par l’ac-tion de la chaleur. Cuire du bœuf dans une marmite.Cuire du pain, des pommes au four. || Par extension,il se dit de la préparation qu’on donne à de certaineschoses par l’action du feu. Cuire du plâtre, de lachaux, de la brique. Cuire du fil, de la soie. || Dansle style familier, faire périr par le supplice du feu.C’était [ma nation] un composé d’ignorance, de su-perstition, de bêtise, de cruauté et de plaisanterie;on commença par pendre et par faire cuire tousceux qui parlaient sérieusement contre les papegauds,volt. Dial. 4 0 . || Un boute-tout-cuire (voy. boute-tout-cuire). C’est une vraie boute-tout-cuire, Quine fait que sauter et rire, Et ne va jamais qu’augalop, scarron , Virg. trav. 11 . || 2° Opérer la cuisson,en pariant du feu, de la chaleur. Un feu doux etmodéré cuit un rôti à point. || 3° Absolument. Ceboulanger cuit deux fois par jour, il met deux foisune fournée de pain à cuire. || 4“ Amener à matu-rité, en parlant du soleil et de la chaleur. Le soleiln’est pas assez chaud pour cuire les melons.|| 5° Terme de médecine. Digérer, élaborer. Il y ades aliments que l’estomac a peine à cuire. Cuire unrhume. || 6° F. n. Devenir cuit. 11 faut que cetteviande cuise dans son jus. Etre plus ou moins facileà cuire Ces légumes, ces pois ne cuisent pas bien.|| Fig. J’ai été ravie de ce discours, mettons-le cuire,nous y penserons quelque jour, sêv. 379. Je vousai vu mettre cuire des pensées et rêver profondémentpour des sujets qui le méritaient moins, id. 4go.|| 7° Causer une douleur brûlante. Je me suis brûlé,la main me cuit. Les yeux me cuisent comme du feu.C’est un mal [l’amour] qui jamais n’entendit raillerie,Qui cuit et qui chatouille, et qui sut de tout tempsDonner à corps perdu sur les honnêtes gens, haute-roche, Crisp. music. v, 3. Un aiguillon qui, promptà la venger, Cuit plus d’un jour à qui l’ose outra-ger, j. b. rouss. Ép. 1 , 4. || En cuire, v. impers. Êtrel’occasion d’un désagrément, d’un regret, d’un re-pentir. Il vous en cuira quelque jour. Il pourra bienvous en tniire. Chacun d’eux s’éveilla chapon, Dontcuit à la pauvre volaille, piron, Fabl . || 8* Se cuire,

v. réfl. Devenir cuit. Le gigot à la casserole se cuit