CUI.
CUL
CUL
qui vont bien. || 2“ Populairement, culotter unepipe, lui donner, à force de fumer dedans, un cer-tain enduit noir dans le bas du fourneau qui rendl’usage de cette pipe beaucoup plus agréable. Elle[Malvina] fumait des panatellas et culottait des pipesavec un bonheur particulier, reybaüd, Jérôme Pâ-turât, i, 14. Maintenant, guerrier, ajouta Malvina,acceptez cette pipe, et culottez-la en mon honneur,xd. ib. || 3° Se culotter, t>. réfl. Mettre sa culotte.Cet enfant ne peut encore se culotter. || Devenir cu-lotté. Cette pipe commence à se culotter.
f CULOTTEUR ( ku-Io-teur ), s. m. Celui qui cu-lotte des pipes.
CULOTTIER (ku-lo-tié; l’rne se lie jamais), s. m.Celui qui fait et qui vend des culottes de peau, desgants, des guêtres de cuir, etc. || Adjectivement.Marchand culottier.
f CTJLOTTIÈRE (ku-lo-tiê-r’), s. f. Ouvrière quifait des culottes, des pantalons. || Adj. Marchandeculottière.
f CULOTTIN (ku-lo-tin), s. m. Anciennement, es-pèce de culotte fort étroite. || Fig. Enfant nouvelle-ment culotté.
CULPABILITÉ (kul-pa-bi-li-té), s. f. Etat de celuiqui est coupable, ou de ce qui est coupable. La cul-pabilité de l’accusé n’est pas douteuse. La culpabi-lité d’une action.
— REM. Ce mot ne se trouve ni dans Richelet, nidans Furetière , ni dans les anciennes éditions del’Académie.
— ÉTYM . Lat. culpabilis, coupable (voy. ce mot).
f CUL-ROUSSELF.T (ku-rou-se-lè), s. m. Un desnoms vulgaires de la sylvie rouge-queue (oiseaux in-sectivores), appelée aussi rossignol de muraille, le-
GOARANT.
— ÉTYM . Cul , et rousselel, diminutif de roux.
t CUL-ROUSSET (ku-rou-sè), s. m. Nom sous le-quel Butfon a décrit l 'embérite des prairies (oiseauxgranivores), nommée par d’autres bruand du Ca-nada . || Un des noms vulgaires de la sylvie suédoise(granivore) dite aussi gorge-bleue, oufauvette gorge-bleue de certains auteurs, legoarant. || Au plur.Des culs-roussets.
— ÉTYM . Cul, et rousset, diminutif de roux.
CULTE (kul-t’), s. m. || l°Honneurqu’on rend à ladivinité. Le culte du vrai Dieu. Le culte divin. Lesthéologiens distinguent trois sortes de culte : celuide latrie qui n’appartient qu’au souverain être; ce-lui de dulie, qui se rend aux saints; et celui d’hy-perdulie qu’on doit à la sainte Vierge. La réponse desJuifs était aisée : Les illusions des magiciens n’ontjamais un effet durable, ni ne tendent à établir,comme a fait Moïse , le culte du Dieu véritable et lasainteté de vie, boss. llist. ii, 12 . Quel est cet aveu-glement dans une âme chrétienne , et qui le pourraitcomprendre, d’être incapable de manqueraux hom-mes et de ne craindre pas de manquer à Dieu ; commesi le culte de Dieu ne tenait aucun rang parmi lesdevoirs, in. Anne de Gons. || 2° Dans les religionspolythéistiques, honneurs qu’on rend aux dieux.Le culte des idoles, des faux dieux. Les Chinois ren-dent à leurs ancêtres une espèce de culte. Qui ose-rait raconter les cérémonies des dieux immortels etleurs mystères impurs? Leurs amours, leurs cruau-tés, leurs jalousies et tous leurs autres excès étaientle sujet de leurs fêtes, de leurs sacrifices, des hymnesqu’on leur chantait, et des peintures que l’on con-sacrait dans leurs temples; ainsi le crime était adoréet reconnu nécessaire au culte des dieux, boss. llist.xi, 6. Platon, qui voyait la Grèce et tous les paysdumonde remplis d’un culte insensé et scandaleux, nelaisse pas de poser comme un fondement de sa ré-publique, qu’il ne faut jamais rien changer dans lareligion qu’on trouve établie et que c’est avoir perdule sens que d'y penser, id. ib. Ces enseignes étaientaux soldats un objet de culte, id. ib. il, 9. Il se mê-lait de la politique dans les honneurs qu’ils [ lespaïens] rendaient à Jésus-Christ : ils prétendaientqu’à la fin les religions s’uniraient et que les dieuxde toutes les sectes deviendraient communs; leschrétiens ne connaissaient pas ce culte mêlé et neméprisèrent pas moins les condescendances que lesrigueurs de la politique romaine, in. llist. il, 12.Ne descendez-vous pas de ces fameux lévites Qui,lorsqu’au dieu du Nil le volage Israël Rendit dans ledésert un culte criminel.... rac. Ath. iv, 3. || Fig.Se vouer au culte des muses, s’adonner à la poésie,aux arts libéraux. || 3° Religion considérée dans ses
manifestations extérieures. Interdire, abolir,rétablirun culte. La liberté des cultes. Après avoir marquéque les Romains avaient honoré les dieux sans sta-tues pendant plus de 170 ans, Varron ajoute que, sil’on avait conservé cette coutume, le culte des dieuxen serait plus pur et plus saint, rollin, llist. anc.Œuvres, t. n, p. 442, dans pougens. Moins un culteest raisonnable, plus on cherche à l’établir par laforce, 1.1. rouss. Lettre à l’arch. de Paris . Ne con-fondons point le cérémonial de la religion ; le culteque Dieu demande est celui du cœur, et celui-là,quand il est sincère, est toujours uniforme, id.Em. iv. Je lui dirai le culte où mon cœur est lié,volt. Zdire, v, 3. Pour un de ces tyrans quenotre culte abhorre, id. Tancr. il, 0 . || Le culteextérieur, les cérémonies qui se pratiquent au de-hors des temples. La religion des Natchez se bornaità l’adoration du soleil ; mais cette croyance était ac-compagnée de beaucoup de culte, et, par conséquent,suivie de mauvais effets, raynal , llist. phil. xvi, 7.|| Le culte domestique, les prières, les lectures pieu-ses, etc. qui se font en commun dans la famille.|| 4° Par extension, vénération profonde. Ils ren-daient à sa mémoire une sorte de culte. Impatientdes cultes qu’on rend à la fortune d’un ministre,hamilt. Gramm. 6. Fagon aimait en tout la méde-cine jusqu’au culte, st-sih. il, IBS. Oui, j’eus pourScipion Ce culte qu’il e3t doux d'accorder au génie,M. J. chên. Gracques, u , 3. Eh 1 qui pourrait comp-ter tous les cultes divers Qui font de l’intérêt le dieude l’univers? delille, Imag. viu.
— REM. Vaugelas observe que culte est fort nou-veau dans la langue; que Coeffeteau n’en a jamaisusé, le rejetant à cause de sa rudesse et de la mau-vaise équivoque, et que plusieurs personnes de lacour, hommes et femmes, le condamnent et ne lepeuvent souffrir; mais pourtant qu’il est employépar les meilleurs écrivains, Bossuet , Bourdaioue,Fléchier, etc. Culte a heureusement triomphé de tousces obstacles.
— étym. Lat. cullus, de cultum, supin de colere,cultiver.
f CULTELI.AIRE (kul-tèl-lê-r’), adj. Terme di-dactique. Qui a la forme d’un couteau. Cautère cul-tellaire.
— HIST. xvi* s. Des quels cautères aucuns sontcultellaires, les autres ponctuels, les autres olivaires,PARÉ, xvi, 33.
— ÉTYM . Lat. cultellus, couteau.
f CULTELLATION (kul-tèl-Ja-sion), s. f. Termed’arpentage. Quand le terrain à mesurer a une dé-clivité très - sensible, on est obligé d’effectuer lechaînage en descendant, et le porte-chatne tient lapoignée de la chaîne à une certaine hauteur au-dessus du sol, pour qu’elle soit au même niveau quel’autre poignée. Se retournant alors vers le porte-chaîne pour juger de la hauteur à laquelle il doittenir sa poignée, il met en contact avec celle-ci ex-térieurement la fiche plombée et la laisse tomberverticalement, en ayant soin de ne faire aucun mou-vement qui puisse donner à cette fiche une im-pulsion oblique. Elle s’implante dans le sol par lapointe, marquant ainsi le pied de la verticale. Leporte-chaîne l’enlève et la remplace par une ficheordinaire, que le chaîneur lève ensuite après que lafiche suivante a été plantée. Cette manière de déter-miner le pied de la verticale qui correspond à la poi-gnée de la chaîne élevée au-dessus du sol constitue ceque l’on appelle la cultellation. Dans l’origine, onse servait, au lieu de la fiche plombée, d’un couteauqu’on tenait suspendu la pointe en bas et qu’onlaissait tomber; en s’implantant dans le sol il mar-quait le pied de la verticale, breton de champ.
— ÉTYM . Lat. cultellus, à cause du couteau, cul-tellus, qui était employé à cette opération.
]■ CULTISME (kul-ti-sm’), s. m. Système de re-cherche et d’affectation qui prévalut pendant quelquetemps dans la littérature espagnole, et l’école dupoète Gongora .
— ÉTYM. Espagn. culto , poli, recherché, et laterminaison isme qui signifie l’étude spéciale et ex-clusive d’une chose.
CULTIVABLE (kul-ti-va-bl’), adj. Susceptible deculture. Un sol cultivable. Les pays les plus aisémentcultivables sont nécessairement les premiers peupléset les premiers florissants, volt. Moeurs, introd. Syrie .
CULTIVATEUR, TRICE (kul-ti-va-teur, tri-s’),s. m. et f. || 1° Celui qui cultive la terre ou un cer-tain produit de la terre. Un riche cultivateur. Uncultivateur de lin, de trèfle. L’agriculture ne peutse perfectionner que lorsque des propriétaires ri-ches, devenus cultivateurs, s'occuperont des pro-
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grès de l’art par curiosité, par intérêt, par ce sen-timent naturel qui attache l’hommo à l’objet doses travaux, Condorcet, Duhamel. Sages cultiva-teurs, dans vos humbles asiles Vos hivers sont rem-plis, vos loisirs sont utiles, st-lambert, Saisons,hiver. Un sage cultivateur doit dépenser ses mo-ments avec la même économie que ses revenus,barthél. Anach. ch. 69. Nouveau cultivateur, arméd’un aiguillon, L’Amour guide le soc et trace le sil-lon; Il presse sous le joug les taureaux qu’il en-chaîne; Son bras porte le grain qu’il sème dans laplaine, a. chën. p. 74. || Dans certaines provinces,celui qui est à la tête d’une exploitation agricole. || Auféminin, cultivatrice. Dans un village habite une de-moiselle L.... cultivatrice, âgée de 74 ans, Joum. desDébats, 2 déc. 1 860 . || Adj. Les peuples cultivateurs.Le premier fondement d’une société cultivatrice oucommerçante est la propriété, raynal, llist. phil.xviii,36. Le fer cultivateur et le bronze qui tonne,delille , Trois règnes,v. || 2° S. m. Cultivateur, char-rue légère, remplaçant la houe dans les binages,employé conséquemment dans la culture des plantesen lignes, et caractérisé par l’existence du versoir.|| Nom donné aussi, dans la pratique, aux binoirs,aux buttoirs, aux houes à cheval, aux ratissoirs,aux scarificateurs, aux extirpat6urs, qui remplacentdans quelques circonstances le cultivateur propre-ment dit.
— REM. Cultivateur n’est, dans le Dictionnairede l’Académie , qu'à partir de l’édition de 1762. Maisc’était un mot tombé en désuétude; car il est dansles plus anciens textes de la langue.
— HIST. xii* s. A tei dunrai la terre de Chanaan ;cum il estaient de petit numbre, e très poi [peu] licultivedur de li [elle], Liber psalm. f* 466. E Jacobcultivera fuden la terre deCham, ib. p. I6«. || xiv*s.Aus cultivateurs et laboureurs de terre. — Les culti-veurs des terres et les pasteurs, oresme, Thèse demeunier. || xv* s. Cultivateur de paix [celui qui aimala paix], juven. des ursins, llist. de Charles VI ,p. 290, dans lacdrne. || xvi* s. Au moyen de l’in-dustrie et diligence des cultivateurs d’icelle [languefrançaise], dubell. i, 0, verso.
— ÉTYM . Cultiver; provenç. cultivaire, coltiva-dor; espagn. coltivador; ital. coltivatore . Le pro-vençal cultivaire et le vieux français cultivere sontle nominatif singulier : le provençal coltivador et levieux français cultivedur sont le régime singulier; aupluriel, le nominatif est cultivedur, et le régimecultivedurs. Cultivedur ou cultivedor s’est changé encultiveur; et cultivateur est plus récent et tiré direc-tement de cultiver; cultiveur était plus court et pluslogique.
f CULTIVATION (kul-ti-va-sion), s. f. Travailnécessaire pour mettre la terre en culture. On jugeavec raison que, lorsqu’une nation n’est recherchéeni dans sa nourriture, ni dans son habillement, nidans son logement, il suffit, pour la faire subsisterdans l’abondance et dans l’aisance, d’employer lequart des citoyens aux travaux journaliers de la culti-vation et des arts grossiers, condillac, Çomm gouv.part, i, ch. 26 . Loin d’attaquer la cultivation des co-lonies par des impôts, on devrait l’encourager pardes libéralités, raynal, llist. phil. xm, 61 . Celuiqui, comme Penn, ordonnerait la cultivation de sacolonie, et lui défendrait la guerre, celui-là, sansdoute, serait un dieu sur la terre, id. ib. xix, 9.
— HIST. xvi"s. Cultivation, cotûravb.
CULTIVÉ, ÉE (kul-ti-vé, vée), part, passé. || 1° Misen culture. Un terrain bien cultivé. Les pays ne sontpas cultivés en raison de leur fertilité, mais en rai-son de leur liberté, montesq. Esp. xviii, 3. Toutterrain qui n’est pas cultivé appartient également àtous les hommes, condillac, llist. anc. Lois, ch. 16 .Quelle est belle cette nature cultivée 1 que par lessoins de l’homme elle est brillante et pompeusementparée! bufp. Morceaux choisis, p . 21 . || 2“ Fig. Lesbons sentiments cultivés dans cet enfant par sa mère.Les lettres et les sciences cultivées dans nos pays.Pour de l’esprit, elle n’en manque pas; elle l’amême assez cultivé, lesage, Gil Blas, iv, 0. Il étu-dia la langue anglaise, presque inconnue en France àl’époque où il aurait pu l’apprendre, mais devenuependant son ministère la langue étrangère la pluscultivée, condorcet, Maurepas. || Un esprit cultivé,un homme instruit, orné de connaissances agréables.Un bon esprit cultivé est, pour ainsi dire, composé detous les esprits des siècles précédents, fonten. Digr.anc.et mod. Œuvres, t. iv, p. I9l,dans pougens.Si ce siècle n’est pas celui des grands talents, il estcelui des esprits cultivés, volt. Lett. Mme duDeffant,24 sept. 1706. Il n’y a rien de suivi dans les conseils