Band 
Tome deuxième. D - H.
Seite
1303
JPEG-Download
 

ÉDU

ÉDU

premier édit? rotrou , Antig. m, 3. Et le roi tropcrédule a signé cet édit, rac. Esth. i, 3.

hist. xv* s. Sire chevalier, je vous en ferayun edit [proposition] : joustons ensemble deux lan-ces, à celle fin que, se vous maccablez de lung descoups, je men iray en prison par devers la pucelle,Perceforest , t. i, f° l Dl. || xvi* s. Entre tous les gensdarmes françois avoit un edict [convention] que siune piece dartillerie ou un homme seul par incon-vénient estoit arresté, que chascun sarrestoit jus-fiues à ce que tout feust à point, j. dauton, An-nales de Louis XII , p. 44, dans lacurne.

Étym. Lat. edictum, part, passif neutre deedicere, prononcer, de e, et dicere, dire.

t ÉDITÉ, ÉE (é-di-, tée), pari, passé. Livré auPublic. Un livre édité à grands frais. || Terme depalais. Cité dans les arrêts ou jugements, en par-lant des lois ou ordonnances.

t ÉDITER (é-di-), v. a. Publier, en parlant dunlivre. Editer : ce mot, que jai trouvé dans la Re-vue des écrits de Linné par le C. Millin, me paraîtcair, expressif, et manque à notre langue, bois-sona.de, mémoire du concours de 1797. || Il se ditaussi de la musique et même des gravures, des li-thographies, des estampes et de tout ce qui peut sereproduire par limpression. Quel libraire a édité lesGaleries de Versailles ? Un tel édite de la musique.Il Séditer, ». ré/l. Etre publié. Les livres qui séditentchaque année. || Publier son propre livre. Si je netrouve point déditeur, je méditerai moi-même.

ÉTYM . Voy. ÉDITEUR.

ÉDITEUR (é-di-teur), s. m. || 1" Celui qui publielouvrage dun autre. M. B. Jultien, éditeur des Pa-radoxes de Lamotte. || Particulièrement, libraire quiPublie un livre à son compte; et, adjectivement,libraire-éditeur. M. Hachette est léditeur de ce dic-tionnaire. || lise dit aussi de celui qui imprime de lamusique. || Tout homme qui publie un livre à soncompte. Il est à lui-même son éditeur, cest-à-dire> publie à ses frais ses ouvrages. || 8°Éditeur res-ponsable, celui sous la responsabilité de qui paraîtun journal. || Fig. et familièrement, celui qui a laresponsabilité de quelque chose, surtout en parlantdu mari. Il est léditeur responsable des sottises quice font chez lui. || 3 Marchand destampes.

ÉTYM . Lat. editor, de edere, faire sortir,mettre dehors; de e, et dere pour dare, donner.

ÉDITION (é-di-sion; envers, de quatre syllabes),*. f. Impression et publication dun ouvrage. Lapremière, la seconde édition. Ce livre a eu cinqéditions. Lédition dun ouvrage se désigne quelque-fois par la date, quelquefois par le nom du libraire,presque toujours, surtout quand cest une éditiontrès-estimée, par le nom de léditeur qui y a donnéses soins : Plutarque édition de Reiske ; Lucrèce édi-tion de Lemaire. || Édition princeps, la premièreédition dun ancien auteur. || Publication dun ou-vrage manuscrit avant la découverte de limprime-rie. || Par plaisanterie. Vous avez-donc été mariébien jeune? Jen suis à ma cinquième édition,palaprat, Ballet extrav. dans Leroux, l)ict. comique.Il Fig. Le monde est un ouvrage qui a eu plusieurséditions [par allusion aux révolutions géologiques].

HIST. xiv* s. Avient aucune fois que les meneurs[moindres] successours ameilourissent les éditionstrès excellens de leur greignors [plus grands] prédé-cesseurs, II. de MONDEVILLB, f° 4.

ÉTYM . Provenç. editio; espagn. edicion; ital.ediiione; du latin editionem , édition (voy. éditeur).

t ÉDOLIE (é-do-Iie), s. jn. Terme de zoologie.Nom moderne du genre drongo, qui a pour typelédolie cristé, dit roi des corbeaux, et plus parti-culièrement drongo.

f ÉDOSSER (é--), ». a. Terme rural. Enleverla superficie du sol, avec les racines qui sy trou-vent, pour les transporter ailleurs. || Terme de tan-neur. Exprimer leau qui se trouve du côté de lachair, dans la peau quemploie le parcheminier.

ÉTYM . É pour es.... préfixe, et dos.

t ÊDOSSOYER (é--so-), ». o. Terme de tan-neur. Synonyme de édosser.

ÉDREDON (é-dre-don), s. m. || l°Petites plumes àtige grêle, à barbules longues et fines, appeléesaussi duvet, fournies par des oiseaux palmipèdes etsurtout par leider, anas mollissima, qui vit prin-cipalement en Islande . On en fait des couvre-pieds.Il 2° Un édredon, un couvre-pieds fait d édredon.Mettez cet édredon sur votre lit.

ÉTYM . Picard etgénev. aigledon; du suédois ei-der, espèce doie du Nord, et dim, petite plume, duvet.

f ÉDUCABILITÉ (é-du-ka-bi-li-), «.[.Néolo­ gisme . Aptitude à être instruit, dressé. Léducam-

des animaux.

ÉTYM . Educable.

f ÉDUCABLE (é-du-ka-bl), adj. Néologisme. Quiest apte à recevoir léducation, à être dressé.

ÉTYM . Voy. ÉDUCATION.

f ÉDUCATEUR , TRICE (é-du-ka-teur, tri-s),adj. Qui concerne léducation; qui donne léduca-tion. || Substantivement. Soient mis ès mains dédu-cateurs qui les nourrissent et instruisent en la ditereligion, rohan, lUém. t. u, p. 74, dans lacurne.|| Fig. Les nations qui se font gloire de marcher àla tête de la civilisation ne devraient pas reculerdevant les dépenses nécessaires pour déterminerscientifiquement des questions dont la solution estjusquà présent exposée au hasard, éducateur dontles leçons sont si ruineuses, barral, Presse scien-tifique, 4 «8 4 , t. III, p. 301.

ÉTYM . Lat. educator , de educare, éduquer.

ÉDUCATION (é-du--sion; en vers, de cinq syl-labes), s. f. || 1 Action délever, de former un en-fant, un jeune homme ; ensemble des habiletésintellectuelles ou manuelles qui sacquièrent, etensemble des qualités morales qui se développent.Cest ainsi quon laccoutumait dans son enfance àcraindre Dieu et à laimer; et lon peut dire dellece que lÉcriture a dit dune autre reine, quelle nechangea pas son éducation, fléch. ilarie-Thér.Ni la bonne éducation ne fait les grands caractères,ni la mauvaise ne les détruit, fonten. Csar Pierre.Léducation quil faisait donner aux enfants, fén.Têl. v. Jeunes hommes qui navaient eu aucune édu-cation, id. ib. xvi. Rien nest plus négligé que lé-ducation des filles; la coutume et le caprice desmères y décident soüventde tout ; on suppose quon-doit donner à ce sexe peu dinstruction; léducationdes garçons passe pour une des principales affairespar rapport au bien public, et, quoiquon ny fasseguère moins de fautes que dans celle des filles, dumoins on est persuadé quil faut beaucoup de lu-mières pour y réussir, fén. Édue. des filles, I.Léducation est une maltresse douce et insinuante,ennemie delà violence et de la contrainte, qui aimeà nagir que par voie de persuasion, qui sappliqueà faire goûter ses instructions en parlant toujoursraison et vérité, rollin, Traité des Et. liv. vi, art. 4.Mme de Maintenon avait un goût et un talent par-ticulier pour léducation de la jeunesse, m" decaylus, Souvenirs, p. 194, dans pougens. Danscette cour indigente et vagabonde, la nécessité,qui fait mille biens malgré quon en ait, leurtenait lieu déducation, et Ton ne voyait que delémulation parmi eux sur la gloire , sur la politesseet sur la vertu, hamilton, Gramm. 6. Lédu-cation perfectionne linstinct comme elle perfec-tionne la raison, bonnet, Causes prem. 5« partie,ch. 6. Leur donner la vie [à des fils], est un pré-sent cruel, Sans léducation, sans ce bien plus réel,M. j. chén. Gracq. i, B. Quand on a reçu une mau-vaise éducation, on garde, en grandissant et mêmeen vieillissant, tous les défauts de lenfance, mdegenlis, Veillées du château, t. i, p. ai, danspougens. Je ne confondrai plus les éducations quine sont que brillantes avec les bonnes éducations,cest-à-dire avec celles qui rendent bon et vertueux,ID. ib. p. 442. || Par extension. Donner de léduca-tion à son esprit, Marivaux , dans dksfontaines.|| Maison déducation, maison Ton prend desenfants pour les instruire. || Éducation profession-nelle, éducation qui a pour but denseigner un art,un métier, une profession. || Première éducation,soins et enseignements qui se donnent dans la pre-mière enfance. [Louis XIV ] Recommandant votre en-fance [du jeune roi Louis XV ] à la tendre et res-pectable dépositaire [Mme de Ventadour] de votrepremière éducation, laquelle, en formant vospremières inclinations et,pour ainsi dire, vos pre-mières paroles, fut sur le point de recueillir vosderniers soupirs, mass. Pet. car. Ex. des grands.La première éducation est celle qui importe le plus,et entte première éducation appartient incontesta-blement aux femmes.... parlez donc toujours auxfemmes, pa" préférence, dans vos traités d éduca-tion, j. i. rouss. Ém. i, Note au commencement.|| 2° En parlant des animaux domestiques, 1 ensem-ble des moyens auxquels on a recours pour les ren-dre de bonne heure dociles à la volonté de 1 hommeet pour développer en eux les facultés de 1 instinctet celles du corps, de manière quils soient le plusutiles quil est possible. Il Soin que lon prend pourproduire et entretenir certains animaux, certainesplantes. Léducation des abeilles, des vers à soie.Léducation de cette plante est difficile. Les indi-gènes [de Madagascar ], qui font de deux à quatreéducations par année, surveillent laccouplement

EFF 4303

des papillons, la ponte et Técfosion des jeunes che-nilles [vers à soie] quaussitôt la naissance ils trans-portent.... blanchard, Acad, des sc. Comptes rendus,t. lvi, p. 621 . || 3° La connaissance et la pratiquedes usages du monde. Ce jeune homme est sanséducation. Elle paraît avoir de léducation, dan-court, MmeArlus, m, 7.

REM. Éducation est un mot récent ; autrefoison disait nourriture.

SYN. éducation, instruction. Linstruction estrelative à lesprit et sentend des connaissances queTon acquiert et par lesquelles on devient habile etsavant. Léducation est relative à la fois au cœur età lesprit, et sentend et des connaissances que Tonfait acquérir et des directions morales que Ton donneaux senliments.

ÉTYM . Lat. educationem, de educare, éduquer.

f ÉDUCTE (é-du-kt), s. m. Terme de physiologie.

Synonyme inusité de blaslème ou dexsudat.

ÉTYM . Lat. eductus, produit, de e, et ductus,conduit.

ÉDULCORATION (é-dul-ko-ra-sion), s. f. Termede pharmacie. Addition dune certaine quantité desucre, de miel ou de sirop à une substance pour enadoucir ou masquer la saveur, ou pour rendreagréable une substance insipide.

ÉDULCORÉ, ËE (é-dul-ko-, rée),part. passé.Un julep édulcoré.

ÉDULCORER (é-dul-ko-), ». a. Terme de phar-macie. Opérer lédulcoration. || Verser de leau surdes substances en poudre pour les dépouiller desprincipes acides quelles contiennent. || Sédulcorer,». réfi. Être édulcoré. Cela sédulcore avec du miel.

êtym. E, et le bas-lat. dulcorare, rendre doux,du latin dulcis, doux.

t ËDUQUER (é-du-), ». a. Néologisme. Formerpar léducation. Bien éduqué. Mal éduqué.

REM. Ce verbe, qui est directement dérivé dulatin, qui est correct et qui répond k'éducation, nol%tient point, malgré tout cela, droit de bourgeoisie,et il continue, sans juste raison il est vrai, à exciterla répugnance dont témoignent les textes suivants:La langue sembellit tous les jours : on commenceà éduquer les enfants au lieu de les élever, volt.Lelt. Linguet, 46 mars 4769; M. de la Brosse ne ditpas si le nègre les avait éduqués, buff. des Orang-outangs; Si je citais une phrase comme celle-ci : Quiprofitera dun bon coup? les honnêtes gens? laissezdonc, ils sont si bêtes! Vous la croiriez de quelquevalet, et des moins éduqués, p. L. courif.r, ii, 47.

ÉTYM . Edücare, de e, et ducere, conduire (voy.duihe), conduire hors, élever. Bien que dit soit brefdanscdûcareetlongdansedücere, dücere, cela nem-pêche pas la dérivation, comme le prouve dux, dücis.

ÉFAUFILÉ, ÉE (é--fi-, lée), part, passé. Dulinge éfaufilé.

ÉFAUFILER (é--fi-), ». a. Défaire une trame,en tirant le fil par le bout dun ouvrage ourdi, soitpour juger de la qualité, soit pour en faire de lapeluche ou de la charpie. || Séfaufiler, ». réfl. Celinge séfaufile aisément.

ÉTYM . É pour es.... préfixe, et faufiler.

EFFAÇABLE (è-fa-sa-bT), adj. Quon peut effacer.

HIST. xv* s. Prens à ceste heure ton ploy [pli]non effassable, jehan lemaire, P allas parlant âParis .

EFFACÉ, ÉE (è-fa-, sée), part, passé. || 1 Quona fait disparaître par le frottementouenbiffant. Uneécriture effacée. Un tableau effacé. || Médaille effa-cée, médaille dont lempreinte a disparu. || Par ex-tension. Couleur effacée, couleur qui a perdu de savivacité. Je serais bien fâché de voir cette grandevoûte ornée de moins détoiles, et de ne voir cellesqui me resteraient que plus petites et d'une cou-leur plus effacée, fonten. ilondes, 4' soir. || 2° FigLimage de sa grandeur nétait pas encore effacée doleurs cœurs, vaugel. Q. C. liv. in, dans riciielet. Jevois de votre cœur Octavie effacée, rac. Brit. iv, 2.Je vous rappelle un songe effacé de votre âme, id.llithr. i, 2 . Elle [lâme de J. C.] y voit les plus mon-strueuses superstitions établies parmi les hommes,la connaissance de son Père effacée, mass. Car. Pas-sion. Vous ne serez jamais effacée de son souvenir,id. Or. fun. madame. Quand cette crainte sera ef-facée dans les sujets comme dans le prince, serala fidélité et lobéissance? rollin, Ilist. anc. Œu-vres, t. u, p. 476, dans pougens. En vain Milton,dont vous suivez les traces, Peint lâge dor commeun songe effacé, volt. Poésies mêlées, cxlvi. || 3° Ou-blié. Vous rappellerez-vous des traits presque effa-cés? la chaussée, Mélanide, v, sc. dern. |j Pardonné.Ah! quand vous mauriez trahie, vous maimez tou-jours, tout est effacé, m de genlis, Th. déduc.