Band 
Tome deuxième. D - H.
Seite
1304
JPEG-Download
 

EFF

1304 EFF

Ennem. gén. il, 8. || 4° Éclipsé. Effacé par ses ri-vaux. Les exploits de son père effacés par les siens,bac. Andr. n, < Toutes les boni.es mines de la couren furent effacées, hamilt . Gramm. Ht. || 5" Oui napas conservé suffisamment sa propre empreinte. Uncaractère effacé. || Il se dit aussi, en un sens ana-logue, des mots, des expressions. Quand un méritesemblable [la justesse] cessa dappartenir à la languelatine, quand les mots effacés et comme usés par lelong usage y perdirent leur sens propre, villemain,Dict. de lAcad. Préface, p. xxii. || 6' Présentant lemoins de surface possible, en parlant du corps ouMe parties du corps. Il nétait pas assez effacé, et lecoup latteignit dans le ventre. Ce soldat a lesépaules bien effacées.

f EFFACEMENT (è-fa-se-man), s. m. || 1° Actiondeffacer; résultat de cette action. Leffacement delécriture. || 2° Fig. Quest-ce que le jeûne, sinonleffacement de nos offenses? bouiiours, Nouv. rem,.|| 3° Perte de lempreinte propre. Leffacement descaractères.

iiist. xvi* s. Si je laisse au temps seul et àloubliance des choses passées à faire leffacement deleur sang, m. nu bellay, 602 .

étym. Effacer.

EFFACER (è-fa-. Le c prend une cédille devanta ou o: nous effaçons; jeffaçais), v. a. || 1° Fairedisparaître une face, une figure ou des couleurs parle frottement, ou en biffant, en raturant. Effacer leschiffres, les figures qui sont au tableau. Il fauteffacer ces mots-. Effacer un nom dune liste, unarticle dun compte. Puisque la loi ne veut pasquon fasse mourir ceux qui sont du nombre destrois mille, autrement que par lavis du sénat, jef-face Théramène de ce nombre et le condamne àmort en vertu de mon autorité et de celle de mescollègues, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. iv, p.H H 5, dans pougens. Ce peu de sang que ta main#a verser, Quelques soins dun moment vont bien-tôt leffacer, nucis, Macbeth, m, 3. || Absolu-ment. Il efface et corrige sans cesse. Vingt fois surle métier remettez votre ouvrage; Polissez-le sanscesse et le repolissez; Ajoutez quelquefois et souventeffacez, boil. Art p. i. [| 2" Par extension, faire dis-paraître. Le temps avait effacé plusieurs monumentsque les poètes ont célébrés, vaugel. Q. C. liv. ni,dans richelet. Et que le jour paraisse, ou que lanuit lefface, Je nai point de clarté que celle que sagrâce Inspire en mon esprit, racan, Ps. liv. Jour,qui fais la couleur, et toi, nuit, qui leffaces, Exal-tez sa grandeur, corn. Trad. du cant. des trois en-fants. La beauté passe, Le temps lefface; Làge deglace Vient à sa place, mol. Mal. imag. intermède 2.....Quelle étrange pâleur De son teint tout à coupefface la couleur? rac. Eslh. n, 7. Je me souvien-drai toute ma vie davoir vu.... cet air superbe etmenaçant que la mort même navait pu effacer,fEn. tél. n. || 3 Fig. Faire oublier. Je tai fait uneoffense et jai my porter, Pour effacer ma honteet pour te mériter, corn. Cid, m, 4. Et cest le direassez quordonner quon efface Un grand crime im-puni par le sang de sa race, id. Œdipe, m, 6.Quand jaurai de ses maux effacé linfamie, id. Ser-tor. îv, 2. Et le triste succès de tout ce quil ma-dresse Mefface son offense et lui rend ma tendresse,mol. D. Gare, v, 2 . La paysanne que je viens dequitter répare ce malheur, et je lui ai trouvé descharmes qui effacent de mon esprit tout le chagrinque.... id. le Fest. de Pierre, il, 2 . La reconnais-sance de lobligation nefface pas en moi le ressen-timent de linjure, id. ib. m, 6. Non il nest rienqui puisse effacer de mon cœur les tendres témoi-gnages.... id. Sicil. <3. La gloire dun si beau nomne fut effacée ni par la mollesse de Lucius Vérus ,frère de Marc-Aurèle et son collègue dans lempire,ni par les brutalités de Commode son fils et son suc-cesseur, boss. Iiist. i, to. Dis-lui.... Que ses res-sentiments doivent être effacés, bac. Andr. iv, i. la haine des rois avec le lait sucée, Par crainteou paramourne peut être effacée, id. Bérén. iv, 4.Entre Sénèque et vous disputez-vous la gloire X quimeffacera plus tôt de sa mémoire, id. Brit. i, 2 .Ses caresses nont point effacé cette injure, id. Baj.I, H. Cet illustre assassin entouré de victimes Endescendant du trône efface tous ses crimes, volt.Mort de Ces. m, 4. Vos généreuses mains sempres-sent d effacer Les larmes que le ciel me condamneà verser, ID. Fanat. i, 2 . Tous vos respects ne pour-ront effacer Les téméraires vœux qui mosaient of-fenser, id. Sémir. n, 2 . || Absolument. Vous me par-lez de Mme dHeudicourt, et vous voulez un raccom-modement en forme; il ny en a point; le tempsefface; on la revoit.... sév. 30<J. 14° Éclipser, lem-

porter dune façon quelconque. le fameux HoraceVie.. , deffacer l'éclat des héros de sa race, du rykr,Ssvole, il, 3. Léonce est effacé par le fils de Mau­ rice , corn. Ilèracl. ni, 2 . Cest une belle chose quede se laisser effacer dans un lieu lon a affaire,sév. H70. Notre cardinal vous aurait un peu effacée,id. H90. Les Mèdes étaient effacés par la grandeurdes rois de Babylone , boss. Iiist. i, 7. Dont la blan-cheur effaçait celle de la neige, fén. Tél. i. Il a ef-facé la gloire de tous les conquérants, id. ib. v. Sabeauté effaçait celle de Calypso, id. ib. vii. Tout cequi vous efface blesse votre orgueil, mass. Car.Confess. Vous ne pouvez souffrir ceux qui vous ef-facent, id. ib. Salut. Deux hommes effacèrent parleurs vertus tous les autres citoyens, montesq. Bom.il. Dans lart des vers cest toi qui fus mon maître;Je teffaçai sans te rendre jaloux, bêrang. Bonsoir.Achille était poétique, Mais morbleu nous leffaçons,id. Mirmid. || 5° Terme descrime et militaire. Effa-cer le corps, une épaule, se tenir bien de côté, riemanière à présenter le moins de surface à ladver-saire , ou à rentrer dans lalignement du rang.|| 6° Seffacer, v. ré/l. Être effacé, enlevé par frotte-ment ou autrement. Ce crayon sefface facilement.|| Sôter lun à lautre lapparence, lexistence. Ilsseffacaient lun lautre [il sagit de spectres dansun songe] ; et chaque illusion Redoublait mon ef-froi par sa confusion, corn. Hor. i, 3. || Fig. Maishélasl ce portrait quelle sétait tracé Perd beau-coup de son lustre et sest bien effacé, rotrou,Vencesl. î, H. Mais tous les préjugés seffacent àta voix, volt. Ali. i, H. Vos premiers sentimentsdoivent tous seffacer, id. Fanât, v, 2. || Être misde côté, négligé. Par le salut public devant qui toutsefface, volt. Zulime, n, h. || Être oublié. Seffa-cer de la mémoire. || 7° Disparaître. De leur plushaut rang la pompe la plus vaine Sefface au seulaspect de la grandeur romaine, corn. Sertor. n,2. Fuyons, lombre sefface et laube va paraître,c. delavigne, Vêpres sic. n, 7. Et la moltiédu cielpâlissait, et la brise Défaillait dans la voile, immo-bile et sans voix, Et les ombres couraient, et sousleur teinte grise Tout sur le ciel et leau seffacaità la fois, lamart. Harm. n, 2. || 8° Séclipser soi-même. Il seffacait pour faire briller son ami. || Per-dre son empreinte propre. Les caractères seffacè-rent. || 9° Terme descrime. Se présenter bien de côté,en offrant la moindre surface. || Terme militaire.Rentrer dans lalignement. || Terme de marine.Un vaisseau sefface quand, étant embossé, il pré-sente le flanc à un bâtiment, à un fort, etc.

SYN. EFFACER, RAYER, RATURER, BIFFER. Effacerest le plus général des quatre, vu quon efface de toutessortes de façons. On efface un mot soit en le rayant,soit en le grattant, soit même en le lavant. On rayeun mot en passant une raie dessus. Raturer, bienquil exprime un acte semblable à rayer, dit quel-que chose de plus; la rature efface plus compléte-mentque la raie. On biffe un mot en le rayant aussi;mais, quand il sagit dune pièce entière, dun arrêt,etc. on dit quon les biffe, ce qui est les croiser avecune raie dencre.

hist. xn* s. Seient fait li fil [les fils] de lui enpéril ; en une generaciun seit esfaced li nums de lui,Liber psalm. p. H69. || xm*s. Que qui lorra veuillejus mettre De soi le mal, si que bien fasse, Que parbien olr maint esfasse De son cors le mauvais usage,Dit de paresse. Roïne debonaire, Les ieux du cuermesclaire, Etlobscurtémesface,RUTEB. Théophile.Certes je grat hors et effas [efface] De mon cuerlamor de mes gens, lEscoufle. Effacié soient dulivre de vie, Psautier, 1 si. || xiv* s. À po [peu]que le nom des Volques ne fut ileuc effacé et perdu,bercheure, f 63. Duquel la barbe longue et lescheveux avoient effacé la beauté de son viaire, id.f» 36, verso. Mais iceulx [péchés] soient à moy par-donnés et effaciés par ton benoit enfant, Ménagier ,I, H. Supposé que la renommée soit à tort, si nepeut jamais icelle renommée estre effaciée, ib.1 , 4 . || xv* s. Sains, très sains appeller se font;Mais dont ceste saincteté vient? Quant à présent neme souvient; Je ne voy miracle quilz facent, Nemaladie quilz effacent, eust. descii. Poésies mss.f 626, dans LACURNE. || xvi* s. Si tost quil se futjetté aux affaires de la chose publique, il effaceaincontinent tous les autres orateurs et entremetteursdu gouvernement, amyot, Aie. H 9. Antimachus futsi despit et si marry quil effacea ce quil en avoitescript, id. Lysand. 34. La divination na que desmoyens obscurs et tous effacez instrumens pourcognoistre ce qui doibt advenir, id. Sylla, H6..... Ou pour sçavoir si du temps la longueur Nemavoit point effacé da «on cœur, rons. 779. On

ÉFF

trouve, en ]*uu desacres, doigts gros et tendans àcouleur de bleu effacé, fouilloux, Fauconn. f" 68,dans lacurne. Protogenes, despité contre sa be-songne, print son esponge, et, comme elle estoitabruvée.de diverses peinctures, la jecta contre,pour tout effacer, mont, i, 264.

ÉTYM . É pour es.... préfixe, et face: propre-ment, ôter la face; bourguig. efaicé; provenç. es-fassar.

t EFFACEUR, EUSE (è-fa-settr, seû-z), s. m.et f. Celui, celle qui efface.

hist. xvi* s. Effaceur, monet, Dict.

étym. Effacer.

EFFAÇURE (è-fa-su-r), s. f. Ce qui est effacé.Cette page est pleine deffaçures. Cela est bienhardi, madame, deffacer trois lignes tout de suite,en écrivant à une marquise ; mais vous savez mieuxque personne combien il importe que cela soit per-mis et de quelle utilité est dans la société humainela liberté des effaçures, voit. Lett. 108.

hist. xiu* Sanz rayure ou sanz effaceure, dequoi soupeçon puisse nestre, Tancr. li Ordinaires,f" 97.

ÉTYM . Effacer.

f EFFANAGE ( è-fa-na-j ), s. m. Terme dagri-culture. Action deffaner.

ÉTYM . Effaner.

EFFANÉ, ÉE (è-fa-, née), part, passé. Despommes de terre effanées.

EFFANER (é-fa-), v. a. Terme dagriculture.Couper les fanes ou feuilles de certaines plantes.Effaner les blés.

ÉTYM . Ef pour es.... préfixe, et faner.

f EFFANEUR, EUSE (è-fa-neur, neû-z), s. m.et f. Terme dagriculture. Celui, celle qui effane lesplantes.

ÉTYM . Effaner.

t EFFANURES (è-fa-nu-r), s. f.pl. Terme da-griculture. Ce qui provient des blés et des plantesquon a effanées.

ÉTYM . Effaner.

f KFFARADE (è-fa-ra-d), s. f. État dune per-sonne effarée. Au milieu de letfarade des maîtres dulogis, chateaub. Mém. t. xi, p. 317.

ÉTYM . Effarer.

EFFARÉ, ÉE (è-fa-, rée), part, passé. Qui estdans un grand trouble moral visible sur le visage.Comme il les écarquille [les yeux] et paraît effaré Imol. Amph. m, 2. Son amante effarée Demeurele teint pâle.... boil. Lutr. n. Une longue file decinq à six cents voitures embarrassait tous ses mou-vements ; sept mille traîneurs effarés et hurlant deterreur et de désespoir se ruaient dans ses faibleslignes, ségur , Hist. de Nap. xi, 7. || Il sedit aussi dela figure sur laquelle se peint leffarement. Ce que jene comprends pas, cest que lenvie de rire ne vousait pas pris en voyant nos mines effarées, m* degf.nlis, Th. déduc. lAmant anonyme, m, 3. || Stilx-stantivement. Il sen est allé comme un effaré, m"*de genlis, Th. d'éduc. la Cur. v, 3. |] Terme deblason. Licorne effarée, licorne représentée droite,comme sont les animaux dits rampants. Chevaleffaré, cheval levé sur ses pieds.

SYN. effaré, effarouché. Celui qui est effa-rouché éprouve crainte ou défiance. Celui qui esteffaré éprouve un trouble moral quelconque peintsur son visage, soit surprise, soit indignation, soitcrainte. Effarouché se dit des hommes et des ani-maux. Effaré ne se dit que des hommes.

[EFFAREMENT (èja-re-man), s. m. Etat decelui qui est effaré. Il faisait volte-face pour main-tenir lennemi, quand tout à coup les hauteurs aux-quelles il voulait appuyer sa gauche se couvrirentdune foule de fuyards; dans leur effarement, cesmalheureux se précipitaient et roulaient jusquà luisur la neige glacée quils teignaient de leur sang,ségur, Hist. de Nap. ix, H3.

ÉTYM . Effarer.

EFFARER (é-fa-), v. a. || 1 Frapper de quelquetrouble moral qui se peint sur la physionomie.|| 2° Seffarer, v. réfl. Devenir effaré. On cherchales lois, on ne les trouva plus; lon seffara, l'oncria, lon se les demanda, retz, ii, toi.

hist. xiv* s. Li rois touz effarés respont et touzpleins dire, Girart de Boss. v. 3176.

étym. Provenç. esferar, effrayer, effaroucher;du latin efferare; de e.... préfixe, et férus, farouche.

f EFFAROUCHANT, ANTE (è-fa-rou-chan, chan-f), adj. Qui effarouche; qui donne de lombrage.Une proposition effarouchante.

EFFAROUCHÉ, ÉE (è-fa-rou-chè, chée), part,passé, fl 1 Effrayé, en parlant des animaux. Unanimal effarouché. || Terme de blason. Chat effarou-