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Ennem. gén. il, 8. || 4° Éclipsé. Effacé par ses ri-vaux. Les exploits de son père effacés par les siens,bac. Andr. n, <■ Toutes les boni.es mines de la couren furent effacées, hamilt . Gramm. Ht. || 5" Oui n’apas conservé suffisamment sa propre empreinte. Uncaractère effacé. || Il se dit aussi, en un sens ana-logue, des mots, des expressions. Quand un méritesemblable [la justesse] cessa d’appartenir à la languelatine, quand les mots effacés et comme usés par lelong usage y perdirent leur sens propre, villemain,Dict. de l’Acad. Préface, p. xxii. || 6' Présentant lemoins de surface possible, en parlant du corps ouMe parties du corps. Il n’était pas assez effacé, et lecoup l’atteignit dans le ventre. Ce soldat a lesépaules bien effacées.
f EFFACEMENT (è-fa-se-man), s. m. || 1° Actiond’effacer; résultat de cette action. L’effacement del’écriture. || 2° Fig. Qu’est-ce que le jeûne, sinonl’effacement de nos offenses? bouiiours, Nouv. rem,.|| 3° Perte de l’empreinte propre. L’effacement descaractères.
— iiist. xvi* s. Si je laisse au temps seul et àl’oubliance des choses passées à faire l’effacement deleur sang, m. nu bellay, 602 .
— étym. Effacer.
EFFACER (è-fa-sé. Le c prend une cédille devanta ou o: nous effaçons; j’effaçais), v. a. || 1° Fairedisparaître une face, une figure ou des couleurs parle frottement, ou en biffant, en raturant. Effacer leschiffres, les figures qui sont au tableau. Il fauteffacer ces mots-là. Effacer un nom d’une liste, unarticle d’un compte. Puisque la loi ne veut pasqu’on fasse mourir ceux qui sont du nombre destrois mille, autrement que par l’avis du sénat, j’ef-face Théramène de ce nombre et le condamne àmort en vertu de mon autorité et de celle de mescollègues, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. iv, p.H H 5, dans pougens. Ce peu de sang que ta main#a verser, Quelques soins d’un moment vont bien-tôt l’effacer, nucis, Macbeth, m, 3. || Absolu-ment. Il efface et corrige sans cesse. Vingt fois surle métier remettez votre ouvrage; Polissez-le sanscesse et le repolissez; Ajoutez quelquefois et souventeffacez, boil. Art p. i. [| 2" Par extension, faire dis-paraître. Le temps avait effacé plusieurs monumentsque les poètes ont célébrés, vaugel. Q. C. liv. ni,dans richelet. Et que le jour paraisse, ou que lanuit l’efface, Je n’ai point de clarté que celle que sagrâce Inspire en mon esprit, racan, Ps. liv. Jour,qui fais la couleur, et toi, nuit, qui l’effaces, Exal-tez sa grandeur, corn. Trad. du cant. des trois en-fants. La beauté passe, Le temps l’efface; L’àge deglace Vient à sa place, mol. Mal. imag. intermède 2.....Quelle étrange pâleur De son teint tout à coupefface la couleur? rac. Eslh. n, 7. Je me souvien-drai toute ma vie d’avoir vu.... cet air superbe etmenaçant que la mort même n’avait pu effacer,fEn. tél. n. || 3” Fig. Faire oublier. Je t’ai fait uneoffense et j’ai dû m’y porter, Pour effacer ma honteet pour te mériter, corn. Cid, m, 4. Et c’est le direassez qu’ordonner qu’on efface Un grand crime im-puni par le sang de sa race, id. Œdipe, m, 6.Quand j’aurai de ses maux effacé l’infamie, id. Ser-tor. îv, 2. Et le triste succès de tout ce qu’il m’a-dresse M’efface son offense et lui rend ma tendresse,mol. D. Gare, v, 2 . La paysanne que je viens dequitter répare ce malheur, et je lui ai trouvé descharmes qui effacent de mon esprit tout le chagrinque.... id. le Fest. de Pierre, il, 2 . La reconnais-sance de l’obligation n’efface pas en moi le ressen-timent de l’injure, id. ib. m, 6. Non il n’est rienqui puisse effacer de mon cœur les tendres témoi-gnages.... id. Sicil. <3. La gloire d’un si beau nomne fut effacée ni par la mollesse de Lucius Vérus ,frère de Marc-Aurèle et son collègue dans l’empire,ni par les brutalités de Commode son fils et son suc-cesseur, boss. Iiist. i, to. Dis-lui.... Que ses res-sentiments doivent être effacés, bac. Andr. iv, i.Où la haine des rois avec le lait sucée, Par crainteou paramourne peut être effacée, id. Bérén. iv, 4.Entre Sénèque et vous disputez-vous la gloire X quim’effacera plus tôt de sa mémoire, id. Brit. i, 2 .Ses caresses n’ont point effacé cette injure, id. Baj.I, H. Cet illustre assassin entouré de victimes Endescendant du trône efface tous ses crimes, volt.Mort de Ces. m, 4. Vos généreuses mains s’empres-sent d effacer Les larmes que le ciel me condamneà verser, ID. Fanat. i, 2 . Tous vos respects ne pour-ront effacer Les téméraires vœux qui m’osaient of-fenser, id. Sémir. n, 2 . || Absolument. Vous me par-lez de Mme d’Heudicourt, et vous voulez un raccom-modement en forme; il n’y en a point; le tempsefface; on la revoit.... sév. 30<J. 14° Éclipser, l’em-
porter d’une façon quelconque. Où le fameux HoraceVie.. , d’effacer l'éclat des héros de sa race, du rykr,Ssvole, il, 3. Léonce est effacé par le fils de Mau rice , corn. Ilèracl. ni, 2 . C’est une belle chose quede se laisser effacer dans un lieu où l’on a affaire,sév. H70. Notre cardinal vous aurait un peu effacée,id. H90. Les Mèdes étaient effacés par la grandeurdes rois de Babylone , boss. Iiist. i, 7. Dont la blan-cheur effaçait celle de la neige, fén. Tél. i. Il a ef-facé la gloire de tous les conquérants, id. ib. v. Sabeauté effaçait celle de Calypso, id. ib. vii. Tout cequi vous efface blesse votre orgueil, mass. Car.Confess. Vous ne pouvez souffrir ceux qui vous ef-facent, id. ib. Salut. Deux hommes effacèrent parleurs vertus tous les autres citoyens, montesq. Bom.il. Dans l’art des vers c’est toi qui fus mon maître;Je t’effaçai sans te rendre jaloux, bêrang. Bonsoir.Achille était poétique, Mais morbleu nous l’effaçons,id. Mirmid. || 5° Terme d’escrime et militaire. Effa-cer le corps, une épaule, se tenir bien de côté, riemanière à présenter le moins de surface à l’adver-saire , ou à rentrer dans l’alignement du rang.|| 6° S’effacer, v. ré/l. Être effacé, enlevé par frotte-ment ou autrement. Ce crayon s’efface facilement.|| S’ôter l’un à l’autre l’apparence, l’existence. Ilss’effacaient l’un l’autre [il s’agit de spectres dansun songe] ; et chaque illusion Redoublait mon ef-froi par sa confusion, corn. Hor. i, 3. || Fig. Maishélasl ce portrait qu’elle s’était tracé Perd beau-coup de son lustre et s’est bien effacé, rotrou,Vencesl. î, H. Mais tous les préjugés s’effacent àta voix, volt. Ali. i, H. Vos premiers sentimentsdoivent tous s’effacer, id. Fanât, v, 2. || Être misde côté, négligé. Par le salut public devant qui touts’efface, volt. Zulime, n, h. || Être oublié. S’effa-cer de la mémoire. || 7° Disparaître. De leur plushaut rang la pompe la plus vaine S’efface au seulaspect de la grandeur romaine, corn. Sertor. n,2. Fuyons, l’ombre s’efface et l’aube va paraître,c. delavigne, Vêpres sic. n, 7. Et la moltiédu cielpâlissait, et la brise Défaillait dans la voile, immo-bile et sans voix, Et les ombres couraient, et sousleur teinte grise Tout sur le ciel et l’eau s’effacaità la fois, lamart. Harm. n, 2. || 8° S’éclipser soi-même. Il s’effacait pour faire briller son ami. || Per-dre son empreinte propre. Les caractères s’effacè-rent. || 9° Terme d’escrime. Se présenter bien de côté,en offrant la moindre surface. || Terme militaire.Rentrer dans l’alignement. || Terme de marine.Un vaisseau s’efface quand, étant embossé, il pré-sente le flanc à un bâtiment, à un fort, etc.
— SYN. EFFACER, RAYER, RATURER, BIFFER. Effacerest le plus général des quatre, vu qu’on efface de toutessortes de façons. On efface un mot soit en le rayant,soit en le grattant, soit même en le lavant. On rayeun mot en passant une raie dessus. Raturer, bienqu’il exprime un acte semblable à rayer, dit quel-que chose de plus; la rature efface plus compléte-mentque la raie. On biffe un mot en le rayant aussi;mais, quand il s’agit d’une pièce entière, d’un arrêt,etc. on dit qu’on les biffe, ce qui est les croiser avecune raie d’encre.
— hist. xn* s. Seient fait li fil [les fils] de lui enpéril ; en une generaciun seit esfaced li nums de lui,Liber psalm. p. H69. || xm*s. Que qui l’orra veuillejus mettre De soi le mal, si que bien fasse, Que parbien olr maint esfasse De son cors le mauvais usage,Dit de paresse. Roïne debonaire, Les ieux du cuerm’esclaire, Etl’obscurtém’esface,RUTEB. Théophile.Certes je grat hors et effas [efface] De mon cuerl’amor de mes gens, l’Escoufle. Effacié soient dulivre de vie, Psautier, 1“ si. || xiv* s. À po [peu]que le nom des Volques ne fut ileuc effacé et perdu,bercheure, f’ 63. Duquel la barbe longue et lescheveux avoient effacé la beauté de son viaire, id.f» 36, verso. Mais iceulx [péchés] soient à moy par-donnés et effaciés par ton benoit enfant, Ménagier ,I, H. Supposé que la renommée soit à tort, si nepeut jamais icelle renommée estre effaciée, ib.1 , 4 . || xv* s. Sains, très sains appeller se font;Mais dont ceste saincteté vient? Quant à présent neme souvient; Je ne voy miracle qu’ilz facent, Nemaladie qu’ilz effacent, eust. descii. Poésies mss.f“ 626, dans LACURNE. || xvi* s. Si tost qu’il se futjetté aux affaires de la chose publique, il effaceaincontinent tous les autres orateurs et entremetteursdu gouvernement, amyot, Aie. H 9. Antimachus futsi despit et si marry qu’il effacea ce qu’il en avoitescript, id. Lysand. 34. La divination n’a que desmoyens obscurs et tous effacez instrumens pourcognoistre ce qui doibt advenir, id. Sylla, H6..... Ou pour sçavoir si du temps la longueur Nem’avoit point effacé da «on cœur, rons. 779. On
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trouve, en ]*uu desacres, doigts gros et tendans àcouleur de bleu effacé, fouilloux, Fauconn. f" 68,dans lacurne. Protogenes, despité contre sa be-songne, print son esponge, et, comme elle estoitabruvée.de diverses peinctures, la jecta contre,pour tout effacer, mont, i, 264.
— ÉTYM . É pour es.... préfixe, et face: propre-ment, ôter la face; bourguig. efaicé; provenç. es-fassar.
t EFFACEUR, EUSE (è-fa-settr, seû-z’), s. m.et f. Celui, celle qui efface.
— hist. xvi* s. Effaceur, monet, Dict.
— étym. Effacer.
EFFAÇURE (è-fa-su-r’), s. f. Ce qui est effacé.Cette page est pleine d’effaçures. Cela est bienhardi, madame, d’effacer trois lignes tout de suite,en écrivant à une marquise ; mais vous savez mieuxque personne combien il importe que cela soit per-mis et de quelle utilité est dans la société humainela liberté des effaçures, voit. Lett. 108.
— hist. xiu* Sanz rayure ou sanz effaceure, dequoi soupeçon puisse nestre, Tancr. li Ordinaires,f" 97.
f EFFANAGE ( è-fa-na-j’ ), s. m. Terme d’agri-culture. Action d’effaner.
EFFANÉ, ÉE (è-fa-né, née), part, passé. Despommes de terre effanées.
EFFANER (é-fa-né), v. a. Terme d’agriculture.Couper les fanes ou feuilles de certaines plantes.Effaner les blés.
— ÉTYM . Ef pour es.... préfixe, et faner.
f EFFANEUR, EUSE (è-fa-neur, neû-z’), s. m.et f. Terme d’agriculture. Celui, celle qui effane lesplantes.
t EFFANURES (è-fa-nu-r’), s. f.pl. Terme d’a-griculture. Ce qui provient des blés et des plantesqu’on a effanées.
f KFFARADE (è-fa-ra-d’), s. f. État d’une per-sonne effarée. Au milieu de l’etfarade des maîtres dulogis, chateaub. Mém. t. xi, p. 317.
EFFARÉ, ÉE (è-fa-ré, rée), part, passé. Qui estdans un grand trouble moral visible sur le visage.Comme il les écarquille [les yeux] et paraît effaré Imol. Amph. m, 2. Son amante effarée Demeurele teint pâle.... boil. Lutr. n. Une longue file decinq à six cents voitures embarrassait tous ses mou-vements ; sept mille traîneurs effarés et hurlant deterreur et de désespoir se ruaient dans ses faibleslignes, ségur , Hist. de Nap. xi, 7. || Il sedit aussi dela figure sur laquelle se peint l’effarement. Ce que jene comprends pas, c’est que l’envie de rire ne vousait pas pris en voyant nos mines effarées, m“* degf.nlis, Th. d’éduc. l’Amant anonyme, m, 3. || Stilx-stantivement. Il s’en est allé comme un effaré, m"*de genlis, Th. d'éduc. la Cur. v, 3. |] Terme deblason. Licorne effarée, licorne représentée droite,comme sont les animaux dits rampants. Chevaleffaré, cheval levé sur ses pieds.
— SYN. effaré, effarouché. Celui qui est effa-rouché éprouve crainte ou défiance. Celui qui esteffaré éprouve un trouble moral quelconque peintsur son visage, soit surprise, soit indignation, soitcrainte. Effarouché se dit des hommes et des ani-maux. Effaré ne se dit que des hommes.
■[EFFAREMENT (èja-re-man), s. m. Etat decelui qui est effaré. Il faisait volte-face pour main-tenir l’ennemi, quand tout à coup les hauteurs aux-quelles il voulait appuyer sa gauche se couvrirentd’une foule de fuyards; dans leur effarement, cesmalheureux se précipitaient et roulaient jusqu’à luisur la neige glacée qu’ils teignaient de leur sang,ségur, Hist. de Nap. ix, H3.
EFFARER (é-fa-ré), v. a. || 1” Frapper de quelquetrouble moral qui se peint sur la physionomie.|| 2° S’effarer, v. réfl. Devenir effaré. On cherchales lois, on ne les trouva plus; l’on s’effara, l'oncria, l’on se les demanda, retz, ii, toi.
— hist. xiv* s. Li rois touz effarés respont et touzpleins d’ire, Girart de Boss. v. 3176.
— étym. Provenç. esferar, effrayer, effaroucher;du latin efferare; de e.... préfixe, et férus, farouche.
f EFFAROUCHANT, ANTE (è-fa-rou-chan, chan-f), adj. Qui effarouche; qui donne de l’ombrage.Une proposition effarouchante.
EFFAROUCHÉ, ÉE (è-fa-rou-chè, chée), part,passé, fl 1“ Effrayé, en parlant des animaux. Unanimal effarouché. || Terme de blason. Chat effarou-