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au grand mérite, et en effet il donne du soupçon dela grande réputation, balz. Quatrième dise, sur lacour. Ceux qui désirent en général le bien deshommes, c’est-à-dire tous ceux qui sont en effetvertueux, et non point par faux-semblant ni seule-ment par opinion, desc. Méth. vr, 3. Et qui me faitrégner en effet est mon maître, corn. Ntcom. u,
H feignit de m'aimer, je l’aimais en effet, th.corn. Ariane, iv, 2. Sous prétexte de rendre con-formes les mœurs de ses sujets, et en effet pourassouvir son avarice en pillant toute la Judée , boss.«•st. il, 5. Reine longtemps de nom, mais en effetcaptive, rue. Mith. i, 2 . Peuple lâche en effet et népour l’esclavage, Hardi contre Dieu seul.... id.Alliai, m, 7. || Assurément, véritablement. Ah tmadame, en effet L’oracle est accompli, le ciel estsatisfait, rac. Thcb. m, 3 . Ils croiront en effet mé-riter qu’on les craigne, id. Itrit. iv, 4. Je n’aspireen effet qu'à l’honneur de vous suivre, id. lphig.
2. Voilà donc en effet le soin qui vous dévore,volt. Adél. i, 2 . Car en effet il n’y a que deuxétats dans la vie : le célibat et le mariage, cha-teaub. Génie, i, i, 8. || En effet se met aussi très-souvent en tête d’une phrase, pour annoncer qu’onva donner une preuve de ce qu’on vient de dire.
Ii 14° X l’effet de, loc. prépos. Dans l’intention de,pour. U voyage à l’effet de s’instruire. || X cet effet,pour cet effet, loc. adv. En vue, pour l’exécution*“• Il X quel effet? à quelle intention? pourquoi?Il Proverbes. Les effets sont les mâles, et les parolessont les femelles. || Plus de paroles que d’effet, seoit de quelqu’un qui promet plus qu’il ne tient.
— HIST. xiv* s. Se aucuns princes et leurs con-seilliers eussent aperceu et advisé aucunes chosesffui y sont contenues, et il les eussent mises à ef-fect, leurs dominations en eussent plus duré,oresme , Prol. Ne facent aucun effet [acte] dechange dansla dite ville, Ordonn. des rois de Fr .t. v,P- 024, || xv• s. Et [les seigneurs] mirent plusieursdevises et preschemens avant, desquelles nullesno vinrent à l’effet, froiss. i, i, 3io. Lui promet-tant et donnant par effect, comm. i, lo. Toutes en-treprinses se doivent bien penser et bien débattreavant que les mettre en effect, id. ii, 12 . || xvi° s.Amadour, ayant fait son effet de retirer ces deuxcorps, pensa si peu de luy qu’il se trouva environnéd un grand nombre de Maures, marg. Nouv.x. Ce quimo convie à un effect [action] si éloigné de ma na-h're, mont, i, o«. L’effect [résultat] en découvrit lafourbe, m.i, 100. En venant il fit tout plein de beauxefTbts, car il y prit force piaces que tenoient leshuguenots, dont Mascon en fut une, huant. Cap.f r • t. m, p. 200, dans lacurne. Balde n’avoit pasPris effect [intérêt] au malheur qui estoit arrivéPour la perte du navire, Merlin Cocaie, t. u, p. 46,“ans LACURNE.
— Etym . Provenç. effeit; catal. efecte; espngn.efecto; portug . efjeito; ital. effetto; du latin effectue,uo effectum, supin de efficere , effectuer, de ex, etfacere. Taire.
t EFFEUILLAGE (è-feu-lla-j’, U mouillées), s. m.Synonyme d'effeuillaison. || Action de couper lesfeuilles sans ôter le pétiole, pour faire mûrir lefruit et laisser le soleil lui donner le coloris.
EFFEUILLAISON (è-feu-llê-zon, U mouillées, etnon è-feu-yê-zon), s. f. Action d’effeuiller. L’ef-feuiltaison de la vigne.
— SYN. EFFEUILLAISON, DÉFOLIATION. EffeuillaiSOnest l’arrachement, défoliation est la chute naturelledes feuilles.
EFFEUILLE, ÉE (è-fou-llé, liée, Il mouillées),Part, passé. Dépouillé de feuilles ou de pétales. Unerose effeuillée.
t KFFEUILLEMENT(è-feu-Ue-man, II mouillées),*• m. Etat des arbres dépouillés de leur feuillage ourçui s’en dépouillent.
— HIST. xvi* s. Effeuillement, monet, Dict.
EFFEUILLEE (è-feu-llé, Il mouillées , et nonè-feu-yé), v. a. || 1° ôter, arracher les feuilles, lesPétales. Effeuiller un cep de vigne. L’aimable féea Pparatt à mes yeux, Ses doigts distraits effeuillentu ne rose, bêrang. Tailleur. M vous n’avez jamaisVu .... La valse.... Effeuiller en courant les femmesol les fleurs, v. hugo, F. d'aut. 23. || 2° S’effeuiller,*• r éfl. Perdre ses feuilles, ses pétales. Roses d’au-‘Otnne, effeuillez-vous pour elle,Tous les amours nes °nt pas envolés.... bérano. Encore des amours.
~~ HIST. xiv* s. En ce temps ne convient pointeouper le percil, mais effeuiller, Ménagicr, n, 2 -Il *vi« s.Une branche avec sa verdure, pour en
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donner les marques d’honneur aux triomphans,l’autre effeuillée pour les chastimens, d’aub. Ilist.
u, 488. L’effeuiller porte grand dommage à tous les
arbres, o. de serres, 460.Et jamais la froidure,
Oui effeuille les bois n’effeuille ta verdure, bons.Élég. 6.
— Etym . Provenç. esfolhar, esfoillar, esfuelhar;portug . esfolhar; ital. sfogliare; de es.... préfixe,et du latin folium, feuille.
f EFFEUILLEUR, EUSE (è-feu-lleur, lleû-z’,Il mouillées), s. m. et f. Terme d’agriculture. Celui,celle qui effeuille les arbres.
— 1I1ST. xiv* s. Effeuilleur, cueilleur de feuilles,du cange, frondare.
f EFFEUILLUUE (è-feu-llu-r’, Il mouillées), s.f.Terme d’agriculture. Produit de l’effeuillaison desarbres.
1. EFFICACE (è-fi-ka-s’), adj. Qui produit soneffet. Un remède efficace. Il employa des moyensefficaces. || Terme de théologie. La grâce efficace,celle qui a toujours son effet. Que la grâce n’est pasdonnée à tous les hommes; que tous les justes ontle pouvoir d’accomplir les commandements de Dieu ;qu’ils ont néanmoins besoin, pour les accomplir etmême pour prier, d’une grâce efficace qui déter-mine leur volonté; que cette grâce efficace n’estpas toujours donnée à tous les justes et qu’elle dé-pend de la pure miséricorde de Dieu , pasc. Prov. 1.
— HIST. xiv" s. La crainte des diex seroit souve-rain et très efficace remede, berciieure, f° 13.|| xv* s. La nature des palmiers et figuiers fait se-mence de vertu si efficaix que.... Des prouffitschampcstres, II, 2. ||xvi° s. Ce fut le point de trou-ver langage assez exquis et efiicax à le réconforter,M. DU BELLAY, 38 I.
— ETYM . Provenç. efficaci; catal. eficas; espagn.eficai; ital. efficace ; du latin efficacem, de efficere,effectuer (voy. effet).
2 . EFFICACE (è-fi-ka-s’), s. f. Efficacité. Si mescommandements ont trop peu d’efficace, Ma ragepour le moins me fera faire place, corn. Mèdée ,
v, 3. Sa grâce [de Dieu ] Ne descend pas toujoursavec môme efficace, id. Polyeucte, I, t. On n'ignorepas qu’une louange en grec est d’une merveilleuseefficace à la tête d’un livre, mol. Préf. des Préc.ridic. Il est trop heureux d’être fou pour éprouverl’efficace et la douceur des remèdes que vous avezsi judicieusement ordonnés, id. Pourc. i, 44. Tai-sons-nous ; c’en est assez, et tremblons sous lesterribles jugements de Dieu qui, pour punir notreorgueil, a permis que de si grossiers emportementseussent une telle efficace de séduction et d’erreur,boss. Far. i, § 33. ô Dieu , donnez efficace à votreparole I tn.Prédic. 3. C’est justement en quoi je croisdevoir admirer davantage l’efficace et la vertu dusacrifice religieux, bourd. Pensées, t. n, p. 424. Lagrâce qu’on appelle congrue trouve dans sa congruitéune véritable efficace, fên. t. m, p. 263. Préparezpar de longs exemples l’efficace à vos discours, mass.Car. Pâques . Parmi les eaux qui ont le plus d’effi-cace, on peut compter celles d’Egra en Bohême,tissot, Gens de lettres, § 85.
— REM. Efficace a vieilli, excepté dans le langagethéologique. On dit aujourd’hui efficacité.
_HIST. xiv* s. Choses petites et de pou de effi-cace, BERCHBunE, f° 28, recto. || xvi* Parlans de lavertu, propriété, efficace et nature de tout ce queleur estoyt servy à table, rab. Garg. I, 23. La lec-ture des histoires est celle qui a plus d’efficace pourensemble plaire et profiter, amyot, Préf. i, 26.
— Etym . Provenç. et ital. efficacia; espagn. efi-cacta;du latin efficacia (voy. efficace 4).
EFFICACEMENT (è-fi-ka-se-man), adv. D’unemanière efficace. Il a travaillé efficacement à lapaix; il a efficacement travaillé à la paix.
— HIST. xvi* s. Auxquelles passions la raison etla loy venans à toucher avec une touche discrelteet salutaire, remet promptement et efficacement lejeune homme en la droitte voye, amyot, De lavertu morale, 29.
— Etym . Efficace, et le suffixe ment.
EFFICACITÉ (è-fi-ka-si-té), s. f. Qualité de ce quiest efficace. L’efficacité d’un remède. L'efficacité de lagrâce. S’employer avec efficacité à une recherche.
— REM. Il y a des prédicateurs et des écrivainsqui usent de ce mot; il n’est point français ; il fautdire efficace, dit Bouhours sous Louis XIV . D’Aisy,le Génie de la langue française, 2 vol. in- 12 , 4685,rejette aussi efficacité. Maintenant ce mot est plei-nement reçu, et efficace a vieilli.
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EFFICIENT, ENTE (è-fi-si-an, an-l’), adj. Turinede philosophie scolastique. Cause efficiente, causequi produit effectivement son effet, une chose. Lesoleil est la cause efficiente de la chaleur. Aristote admettait comme Platon les causes finales et effi-cientes ; ces causes efficientes sont les âmes sen-sitives et végétatives, buff. Animaux. Syst. sur lagénér.
— hist. xiv* s. Dieu est cause finale et efficientede toutes choses, oresme, Elh. 29 .
— Etym . Provenç. e fiaient; espagn. eficientc;ital. efpciente ; du latin cfpciens, de efficere, effec-tuer (voy. effet).
f EFFIGIAL, ALE (è-fi-ji-al, a-P), adj. Qui arap-port à l’effigie.
EFFIGIE (è-fi-jie), s. f. || i* Représentation enrelief ou en peinture de la figure d’une personne.Monnaie frappée à l’effigie d’un prince. Et là [dansle Mercure galant] s’impriment tous les morts, Avecleurs généalogies, Leurs éloges, leurs effigies,Leurs dignités et leurs trésors, chaulieu, Ép. d’ILa-milton. Aux cris religieux d’un parterre idolâtre,En face de vous-mème, au milieu du théâtre, Ja-mais en effigie, assis sur un autel, Vous a-t-oncouronné d’un laurier solennel? Gilbert, Apologie.Jésus-Christ s’unit à la chair par son effigie hu-maine, ciiateaub. Génie, i, i, 7. || Fig. Ce quenous cachons de nous-mêmes, est ce que noussommes réellement ; ce que nous en découvrons estce que nous voudrions être ; nous étalons une con-science qui n’est que la fausse effigie de la nôtre,mass. Carême, Confess. || 2* Figure grossière qu’onfaisait d’une personne et qu’on attachait à une po-tence, lorsque cette personne était condamnée àmort par contumace. Exécuter un criminel en ef-figie, attacher à l’instrument du supplice l’effigieet un écriteau portant la sentence de condamna-tion. Larochepot était fils de Mme du Fargis persé-cutée et mise en effigie par le ministre [Richelieu],retz, i, 20 . Vous avez fait pendre en effigie votrepère Jarrige, pasc. Prov. 46. Les rebelles dépo-sèrent leur roi [Henri IV de Transtamare] en effi-gie, volt. Mœurs, toi. Ils ressemblent aux honnêtesgens qui pendent les autres en effigie : ils ne s’em-barrassent pas que le portrait soit ressemblant, id,Lelt. Leclerc, 4 0 fév. 4 706.
— SYN. effigie, image, portrait. L’image estce qu’il y a de plus général ; elle se fait de toutefaçon et de tout objet : l’image d’un homme, d’unarbre, d’une montagne. Effigie ne se dit que despersonnes; elle est ou en relief, ou en figure, ouen peinture. Le portrait est toujours en dessin ouen peinture.
— hist. xvi* s. Leur effigie [de Sérapis et d’Isis ]représentée le doigt sur la bouche, mont, ii, 26 4 .
— Etym Lat. effigies, de effingere, représenter,de ex, et fingere, former (voy. feindre).
Effigie, ÉE (è-fi-ji-é, ée), part, passé. Effigiépendant qu’il s’enfuyait.
EFFIGIER (è-fi-jié), j’effigiais, nous effigiions,vouseffigiiez; que j’effigie, que nous effigiions, quovous effigiiez, t>. a. Exécuter en effigie. Girardin etFerrant furent obligés de s’absenter et à la fin fu-rent condamnés, effigiés, et perdirent leurs em-plois, ST-SIM. 435, 49.
— hist. xvi* s. Lors les parents et amis repro-noient le corps, et luy faisoient faire un estuy debois moulé et effigié d’homme, dedans lequel ils loposoient, paré, Mumie , 4.
— ETYM . Lat. effigiare, de effigies, effigie; pro-venç. efigiar; ital. effigiare.
f EFFILAGE (è-fi-la-j’J, s. f. Action d’effiler, ré-sultat de cette action.
— étym. Effiler.
(. EFFILÉ, ÉE (è-fi-lé, lée), part, passé de effi-ler 4. || 1° Dont le fil est défait. De la toile effilée.|| 2° Autrefois, linge effilé, ou, substantivement,effilé, linge bordé de frange de fil qui se portaitdans le deuil. Être en effilé, c’était porter de celinge. 11 faut être vêtu comme l’est votre frère, 11porte le grand deuil, son linge est effilé, regnard,Ménechm. 4 !. || S. m. Synonyme de frange.
2 . EFFILÉ, ÉE (è-fi-lé, lée), part, passé deeffiler 2 . Aminci , atténué. Ils soutenaient qu’ilavait la taille trop effilée, hamilt. Gramm. 4 4.|| Cheval effilé, cheval qui a l’encolure fine et déliée.j| Chien effilé, chien qui s’est trop emporté dans lacourse, ou qui a couru trop jeune.
4. EFFILER (è-fi-lé), v. a. || 1° Défaire un tissufil à fil. Effiler une toile. Parfiler.... c’est effilerune étoffe, la détisser fil à fil, volt. Dial. 4 3. Jehasarde quelques conjectures au risque de faire rirecelui qui effile la charpie à l’IIôtel-Dieu, ninçR.