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égayiez, ils égayaient j j’égayai ; j’égayerai ou égaie-rai ou égaîrai; j’égayerais ou égaierais ou égai-rais ; égaye, égayons ; que j’égaye , que nouségayions, que vous égayiez, qu’ils égayent; quej’égayasse; égayant; égayé, e. a. || 1° Rendre gai.Egayer la compagnie. Égayer la conversation. Ilégayait les convives par ses heureuses saillies. C’estpar cette raison qu’égayant leur esprit Nombre degens fameux en ce genre ont écrit, la font. Fabl .VI i 4.1| 2° Par extension, répandre, donner, ajou-ter quelque ornement. Égayer son style, son sujet.Égayer la matière. Égayer un tableau. Égayer unappartement. Il a fort égayé la tristesse du voyage,sév. 424. On ne cherche qu’à égayer ses maux parla récit des affaires et des vanités du siècle, mass.dt>. Mort du péch. Un objet capable d’égayer vos en-nu >s, id. Car. Mélange. Pourrai-je de couleurs ai-mables Égayer le sombre tableau De mon domicilenouveau? gresset, Chartreuse. [Une plante] CourtJêtir les rochers, égayer les tombeaux, delille,Trois règnes, vi. || Égayer son deuil, commencer" 1® porter moins rigoureusement. || 3° Égayer saforce, sa dextérité, en faire parade. Ces vers où jem’ébats pour égayer ma force, Régnier, Sat. i.Mais la princesse a voulu égayer sa dextérité, et deson dard qu’elle lui a lancé un peu mal à propos....mol. Am. magn.v, 4. || Vieilli en ce sens. || 4“ Termed’horticulture. Égayer un arbre, en ôter le bois inu-tde. {| Égayer un espalier, le palisser si proprementgue les branches soient également partagées des deuxeûtés. || 5° S’égayer, e. réfl. Devenir gai. Muses,gardez vos faveurs pour quelqu’autre, Ne perdonsplus ni mon temps ni le vôtre Dans ces débats oùnous nous égayons, j. b. rouss. Ép. i, 4 . J’aime àv oir le bon sens sous le masque des ris, Et c’estpour m’égayer que je viens à Paris , volt, le Husseà Paris . || S’égayer aux dépens de quelqu’un, s’enmoquer. Les courtisans s’égayaient à faire des chan-sons sur lui [Jacques II ], id. Louis XIV , 46. Leursutiles professions ne seront ni moins honorables nimoins honorées, parce que je me suis un peu égayéaux dépens de quelques individus qui les exercent,picard, Vieux comédien, sc. 6. || Molière a dit dans•e même sens : s’égayer avec. Et je vais m’égayeravec lui comme il faut, mol. Amph. i, 2. || Se don-ner carrière. Ce serait donner à son génie, pours’égayer, toute l’étendue des choses humaines,b *lz. liv. vi, lett. 4 . Mon esprit.... Qui dans ses ca-prices s’égaye, Régnier, Éplt. ni. Ainsi, dansoet amas de nobles fictions, Le poëte s’égaye enmille inventions, boil. Art p. ni. Ce monsieur Fleu-fant-là et ce monsieur Purgon s’égayent bien survotre corps, mol. Mal. imag. î, 2. Boileau , correctauteur de quelques bons écrits, Zoïle de Quinaultot flatteur de Louis, Mais oracle du goût dans cet artmflicile Où s’égayait Horace, où travaillait Virgile ,volt. Ép. xcv.
— UEM. La véritable orthographe, pour conser-ver l’analogie, serait : j’égaie, tu égaies, etc. etainsi devant l’e muet; c’est ainsi qu’on écrit poures verbes en oyer.
— Hist. xiii* s.le bel tens de mai Qui fist ton
ruer trop esgayer, la Itose, 3013. Et sachiès, quant
I oî l 0r chant, Et je vi le leu [lieu] verdoier, Je mePris moult à esgaier, ib. 684. |jxiv* s. Appius distlue ceste tourbo n’estoit pas esmeue par misere maisP ar jolivetez, et que le pueple se esgaioit plus que
II ne se forcenoit, bercheure, f° 38, recto. Aus feusembatre [mettre le feu] s’esgaierent Par pluseursfaisons qui là ierent [étaient]; Tost est la flambe‘ ai 't oreüe..., g. guiart, t. n, p. 21 3. ||xvi* s. Afinne leur monstrer qu’ils ne se doivent egayer en une°Ile présomption, calv. Instit. 439. De la testen °us convions, desadvouons, esconduisons, es-sayons, caressons.... mont. 11 , 4 69. Quand je saisis“ es matières plus gayes, c’est pour m’esgayer, nonPanr esgayer mon style, id. 111 , 37. Et pourtant en
C( j"'t Marcellus encore de tant plus sa bonne grâcea faveur du commun populaire, pour avoir ainsi,i ly et esgayé la ville de Rome des ingénieusese ices et elegantes voluptez des Grecs, amyot," arc - 34. Soit que des vers sans loy tu accordes lesns , Ou soit que tu t’esgaye’ en rustiques chan-ns > Du BELLAY , V, 33, TeClO.
JpVM. É pour es.... préfixe, et gai.
EGAYER, voy. aiguaïer.
T RGaYOIU (é-ghè-ioir), s. m. Nom, en Lorraine ,aette sorte de mare que l’on creuse pour y bai-6,, W les chevaux.
r r 1 / T , YM - Aiguayer. ,
Qui , ®. K,E (é-jê-rie), s. f. || 1“ Nom de la nymphee! aspirait Numa. || Eig. Toute femme ou toute0S8 personnifiée du genre féminin, considérée
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comme inspiratrice. La bouteille est son Égérie.|| 2° Terme d’astronomie. Planète télescopique dé-couverte en 4860.
(é-ji-d’), s.f. || 1» Terme de mythologie.Le bouclier que Pallas reçut de Jupiter et sur lequelce dieu fit étendre la peau de la chèvre Amalthée .Que Pallas les défende et vienne en leur faveur Op-poser son égide à ma juste fureur, la font. Fillesde Mmée. Minerve se montra pour me couvrir deson égide, fén. Tel. îv. J’ai reconnu Pallas et saterrible égide, l. de lancival, Hector , v, 6. || 2“ Fig.Protection, sauvegarde. Placé sous l’égide des lois.Ce généreux appui, le seul qui m’est resté, Me ser-virait d’égide et serait respecté, volt. Sophon. ni,3. Et nous redouterions d’atteindre en ce saint lieuNos ennemis couverts de l’égide de Dieu , lemerc.Fréd. et Bruneh. v, 4.
— Êtym. Atylç, bouclier de Minerve, proprementpeau de chèvre, de atÇ, aiyôç. chèvre.
t ÉGILOPE (é-ji-lo-p’), s. f. Terme de botanique.Genre de graminées du midi de l’Europe .
ÉGILOPS (é-ji-lops’), s. m. Terme de médecine.Petit ulcère calleux, qui se forme dans l’angle in-terne des paupières.
— ÉTYM . AlyO.taiJ/, de oùÇ, chèvre, et <!>]/, œil(voy. optique); ainsi dit pour quelque ressemblanceplus ou moins exacte.
f ÉGIPAN (é-ji-pan), s. m. Terme de mytholo-gie. Sorte de divinité champêtre, satyre. || DansPline, nom de monstres à moitié hommes et à moi-tié boucs. || Par extension. Des bouchers, manchesde chemise retroussées, cheminaientauxportières;d’autres égipans noirs étaient groupés sur l’impé-riale, ciiateaubr. dans le Dict. de poitevin.
— ÉTYM . Aîü.atyà;,chèvre, et Pan.
fÉGLANDER (é-glan-dé), t). a. Terme de vétéri-naire. Voy. déglander.
— ÉTYM . É pour es.... préfixe, et glande.
ÉGLANTIER (é-glan-tié; l’r ne se lie jamais; au
pluriel, l’s se lie: des é-glan-tié-z en fleur), s. m.j| 1° Nom donné à plusieurs espèces de rosiers, etparticulièrement au rosier canin et au rosier églan-tier, qui croissent dans les buissons. || 2° Terme dezoologie. Espèce de raie.
— hist. xi” s. Dessouz un pin, delez un eglen-ter, Ch. de Roi. vin. || xn”s. Il garde avant [regardeen avant] desouz un aiglenter, Ilonc. p. 79. || xiii’ s.Alez moi dire [à] Ugon sans point d’arestement,Qu’en mon pere verger [je] l’atendrai sous l’aiglent,audefr. le bast. Romancero, p. 33, Par ronces etpar esglentiers, Dont en la haie avoit assés, Suimaintenant oultre passés, la Rose, 2826 . || xv* s.Quant je voy dessous l’arglantier La bergiere....Mystère de la conception de J. C. sc. 40. || xvi* s. Lefruit de l’esglantier non encore meur, deschargé deses pépins, confit au sucre à mode de cotignac,
0. DE SERRES, 926.
— êtym. Norm. argancicr; Berry, arlantier;provenç. aguilen (voy. églantine).
ÉGLÂNTINE (é-glan-ti-n’), s. f. || 1" La fleur del’églantier. L’églantine, non la fleur elle-même,mais une reproduction en métal précieux, est unedes fleurs qu’on décerne aux jeux floraux. Il tenaitun luth d’une main, De l’autre un bouquet d’églan-tine, A. de musset , Poés. nouv. Nuit de décembre.|| 2“ Un des noms vulgaires de l’ancolie ou sceau deNotre-Dame .
— hist. xvi* s. Touchant les roses sauvages ap-pellées canines, de plusieurs especes s’en truve-ilpar les haies et buissons qui ont de la valeur: surtoutes lesquelles, les esglantines emportent ie prix,approchans des damasquines, o. de serres, 664.
— ÉTYM . Provenç. aiglentina, buisson, églan-tier; aiglantin, qui appartient au buisson. La formeprimitive est l’ancien français aiglent (voy. l’histo-rique d’ÉGLANTiER) , d’où dérivent églentine, ai-glentina, aiglantin. Le Héricher, Flore popul. deNorm. p. 49, le tire du latin acanthus, épine; Diezd ’aculeus, aiguillon (le radical acul, avec le suffixeent qui est latin et roman) ; la présence de l’I donne laprééminence à l’étymologie mise en avant par Diez.
t ÉGLEFIN (è-gle-fin), s. m. Espèce de morue desmers du Nord. On l’appelle aussi èclefin et aigrefin(voy. ce dernier mot).
ÉGLISE (é-gli-z’), s. f. Il 1° L’assemblée des chré-tiens; toute communion ou secte chrétienne . L’É-glise primitive. Les Pères de l’Église. L’Église catho-lique. Les Églises réformées. L’Église anglicane.L'Église d’Orient ou l’Église grecque. L’Église d’Oc-cident ou l’Église latine. L’Église gallicane, l'Eglisede France . || 2» Il se dit particulièrement de l’Églisecatholique et romaine. Le pape est le chef visible de
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l’Eglise. Dieu , qui rapporte tous ses conseils à laconservation de sa sainte Église, boss. Reine d’An-glet. Quand, pour punir les scandales ou pour ré-veiller les peuples et les pasteurs, il permet à l’es-prit de séduction de tromper les âmes hautaines etde répandre partout un chagrin superbe, une in-docile curiosité et un esprit de révolte, il déterminedans sa sagesse profonde les limites qu’il veut don-ner aux malheureux progrès de l’erreur et aux souf-frances de son Église, id. ib. L’Église romaine, lamère des Églises, qui, durant neuf siècles entiers,en observant, la première , avec une exactitudeexemplaire, la discipline ecclésiastique, la mainte-nait de toute sa force par tout l’univers, n’était pasexempte de mal, id. Var . i, § 4. De sorte que l’É-glise ressemble à un riche bienfaisant dont la tabloest toujours ouverte et toujours servie, encore queles conviés n’y viennent pas, id. ib. m, § 66. Unevraie fille de l’Église, non contente d’en embrasserla sainte doctrine, en aime les observances, où ellefait consister la principale partie des pratiques ex-térieures de la piété, id. Marie-Thér. L’Église, in-spirée de Dieu et instruite par les saints apôtres, atellement disposé l’année, qu’on y trouve, avec lavie, avec les mystères, avec la prédication et la doc-trine de Jésus-Christ, le vrai fruit de toutes ceschoses dans les admirables vertus de ses serviteurset dans l’exemple de ses saints, et enfin un mysté-rieux abrégé de l’Ancien et du Nouveau Testament et de toute l’histoire ecclésiastique, id. ib. Par lenom de la sainte cité de Dieu la nouvelle Jérusalem ,vous voyez bien, messieurs, qu’il faut entendre lenom de l’Église catholique, cité sainte dont toutesles pierres sont vivantes, dont Jésus-Christ est lefondement, qui descend du ciel avec lui, parcequ’elle y est renfermée comme dans le chef donttous les membres reçoivent leur vie, id. t'6. D’unciment éternel ton Église est bâtie, Et jamais del’enfer les noirs frémissements N’en pourront ébran-’er les fermes fondements, foil. Lutr. vi. || L’Églisemilitante, l’assemblée des fidèles sur la terre. L’É-glise souffrante, les âmes des fidèles qui sont dansle purgatoire. L’Église triomphante, les bienheu-reux qui sont dans le ciel. || Retrancher de l’Église,déclarer hérétique, excommunier. Vous me retran-chez de l’Église, pasc. Prov. 4 6. || En face de l’É-glise, solennellement et selon le rit. Se marier enface de l'Église. || 3° Autorité ecclésiastique. Maisl’Église a le droit de juger ses ministres, lemerc.Frédég. et Bruneh. n, 6. || Cour d'Êglise, la juri-diction de l’archevêque ou de l’évêque. || Con-seiller d’Êglise , conseiller en cour laïque, maisappartenant à l’ordre ecclésiastique. || 4 ° L’étatecclésiastique. Entrer dans l’Église. On me mit aucollège de Pau dans la vue de me faire d’Êglise,hamilt. Gramm. 3. Il avait étudié pour être d’Êglise,id. ib. 4 0. Son père marchand d’une petite ville eutdouze enfants qui vécurent tous, et il ne fut sou-lagé d’aucun d’eux par l’Église, fonten. Littré .Qu’on destine mon élève à l’Église, i. J. rouss. Êm .1 .1| Se faire d’Eglise, prendre l’état ecclésiastique.|| Les gens d’Eglise, et quelquefois, absolument,l’Église, les ecclésiastiques, le clergé. Un hommed’Êglise. L’avarice et le luxe entre les gens d’Êglise,Régnier, Sat. vi. Me voici bien savant sur ce cha-pitre, et je connais parfaitement qu’il n’y a plus queles gens d’Êglise qui s’abstiendront de tuer ceuxqui leur feront tort en leur honneur ou en leurbien, pasc. Prov. 7. || 5° Temple chrétien. Bâtirune église. Aller à l’église. Église cathédrale. Égliseà bas côtés, celle qui a de chaque côté une galerievoûtée. Église à doubles côtés, celle qui a undouble rang de galeries. Église en croix grecque,celle qui a une croisée qui la coupe par le milieuet qui a la même longueur que la nef, par exempleSainte-Geneviève àParis. Église en croix latine, celledont la croisée est moins longue que la nef, parexemple Notre-Dame, Saint-Sulpice, à Paris . Églisesimple, église sans bas côtés, comme, à Paris , laSainte-Chapelle , la Madeleine . Église souterraine,église construite au-dessous du rez-de-chausséed’une autre église. Église basse, église qui setrouve au rez-de-chaussée sous une autre égliseconstruite au premier étage. Il est constant queles Sociniens ont eu des églises en Pologne , et ilsen ont encore en Transylvanie , boss. For. xv,§ 79. En entrant dans nos églises nouvellementbâties et qu’on a rendues si claires, sent-on ce fré-missement religieux, ce même recueillement qùin-spirait l’obscurité des anciennes? saint-foix, Ess.Paris , Œuvres, t . iv, p. 221 , dans pougens. || Hon-neurs d’église, honneurs réservés aux patrons etaux fondateurs de l’église. || Il est gueux comme un