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rat d’église, il est si pauvre qu'il n’a pas de quoimanger. || Pilier d’église, dévot qui ne bouge pas del’église. Il Balayer l’église, en sortir le dernier. || Aulieu d’église, les protestants français disent tem-ple. || 6° Diocèse , euro. 11 passa de l’Église de Noyon à celle do Paris . || 7“ Petite Église, classe d’ecclé-siastiques et de catholiques qui se refusèrent à recon-naître le concordat de 4804. || Fig. Petite Église sedit aussi très-souvent d’une coterie peu nombreuse.Ils ont formé entre eux une petite Eglise. La petiteÉglise des doctrinaires. || 8° Prieur de l’Église, l’unedes principales charges de l’ordre de Malte || 9" Nomd’une espèce de girouette de fer-blanc, qui se metsur les cheminées pour empêcher la fumée. || Pro-verbe. Près de l’église et loin de Dieu , se dit d’unhomme qui loge près de l’église et qui n’y va guère.
— REM. Église ne prend un é minuscule quequand il signifie un temple; partout ailleurs il prendun é majuscule.
_ HIST. xi* s. Et il peut venir à sainte yglise,Lois de Guill. 1 .1| xu* s. Tuit furent detranchié de-dans la maistre église, Sax. xxm. De ce dist li. an-geles à la glise de Pergami, Job, 4*1. Lai [laisse]saint iglise aveir ses decrez e ses leis [lois] ; Ele estespuse Deu, qui est sire des reis; Il s’en corecera,se de rien la descreis, Th. le m art. 29. Ce que Deusa sacré, ne puet nuis dessacrer, Ne nul cristienhumme nuis descritianer ; Mais que de saint iglisele puet um bien sevrer [séparer], ib. 31. || xiu* s.Quant il virent [à Constantinople ] ces haus murs etces riches tours dont ele estoit close, et ces richespalais et ces riches yglises, dont il avoit tant quenus nel peilst croire.... villkh. lxi. Li cors le roi fuembaumés et fu portés à Roem en Normandie , etfu ensevelis en la mere eglise, Chron. de Retins,p. 17. En Antioche avoit de vieille ancesserie Uneeglise fondée el non sainte Marie, Chans. d'Ant.vu 41». || xiv* s. Lors veïssez maint chevalier....Plourer et faire testamens ....Et faire aux yglisesgranslès [legs], Liv. du bonjeh. 814. || xV s. Tantayme-on Dieu, qu’on suyt l’eglise, villon, Bail.Commenceront trois petits enfants d’eglise [enfantsde chœur], avec un teneur, une très douce chançon,math, de coucy, Ilist. de Charles VII , p. es», dans
LACURNE.
— ÊTYM . Provenç. gleiga, glicyga, glicia; es-pagn. iglesia; portug . igreja; ital. chiesa; du latinecclesia, du grec ixxXriaia, église, proprement as-semblée, deêx, et xoXcïv, convoquer.
t ÉGLOGAIRE (é-glo-ghê-r’), s. m. Terme dephilologie. Celui qui fait des extraits des auteursqu’il lit. Aulu-Gelle est un églogaire.
ÉGLOGUE (é-glo-gh’), *. f. || 1° Ouvrage de poésiepastorale, où l’on introduit des bergers qui conver-sent ensemble. Les églogues de Théocrite , de Vir gile . Viendrai-je en une églogue, entouré de trou-peaux, Au milieu de Paris entier mes chalumeaux,Et, dans mon cabinet assis auprès des hêtres, Fairedire aux échos des sottises champêtres? roil. Sat.îx. Mais souvent dans ce style un rimeur aux aboisJette là de dépit la flûte et le hautbois, Et, fol-lement pompeux dans sa verve indiscrète, Au milieud’une églogue entonne la trompette, id. Art p. n.Tantôt Isaïe a la douceur et la tendresse d’une églo-gue dans les riantes peintures qu’il fait de la paix ;tantôt il s’élève jusqu’à laisser tout au-dessous delui, fén. t. xxi, p. »3.|| 2° Terme de philologie. Unrecueil de pièces choisies.
— SYN. églogue, idylle. Bien que, étymologi-quement, églogue signifie pièce choisie, et idyllepetit tableau, il n’y a aucune différence fondamen-tale entre les églogues et les idylles. Toutefois, sil’on veut accepter la légère distinction que l’usagesemble avoir établie, Téglogue veut plus d’action etde mouvement : les églogues de Virgile . L’idylle nepeut contenir que des peintures, des sentiments,des comparaisons champêtres : Mme Deshoulières afait de jolies idylles.
— ÊTYM . ’ExXoyal, pièces choisies, petits poè-mes, de èxXéyciv, choisir, de èx, et Xéyecv, choisirIvoy. LIRE).
+ ÉGOGER (é-go-jé), ti. a. Terme de tanneur.Oter les extrémités d’une peau de veau du côté de laqueue et des oreilles.
t ÉGOII1NE ou ÉGOÏNE (é-go-i-n’), s. f. Petitescie à main à dents moyennes, qui sert à couperles branches trop fortes pour la serpe ou la serpette.
ÉGOÏSER (é-go-i-zé), il. n. Ne parler que de soi,citer sans cesse ses idées ou ses actions, rapportertout à soi-même.
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rapporter tout à soi. Un sot égoïsme. Les calculs del’égoïsme. L’égoïsme des corporations. Et l’égoïsmeimpur remplaçant l’amitié, Au fond de tous lescœurs a séché la pitié, la fosse, llarius à Mint.I, 3. Telle était l’insouciance qui résultait de cettemultiplicité d’événements et de malheurs sur les-quels on était comme blasé, et tel l’égoïsme produitpar l’excès de fatigue et de souffrance, qu’ils ne lais-saient à chacun que la mesure de force et de senti-ment indispensable pour son service et sa conserva-tion personnelle, ségur, Ilist. de Napol. vm, 6.|| 2“ Terme de philosophie. Ensemble de penchantsou d’instincts qui servent à la conservation et à l'en-tretien de l’individu. || 3“ Opinion de certains philo-sophes qui prétendaient qu’on n’est sûr que de sapropre existence.
— rem. Égoïsme, égoïste, égoïser ne sont nidans Richelet ni dans Furetière ; et l’Académie neles a qu’à partir de l’édition de 4 762. Dans le xvu*siècle on (lisait amour-propre.
— ÊTYM . Le latin ego, je ou moi (voy. je).
ÉGOÏSTE (é-go-i-st’) , s. m. et f. || 1“ Celui ou cellequi a le vice d’égoïsme. C’est un égoïste. Impassibleségoïstes qui pensez que ces convulsions du désespoiret de la misère passeront comme tant d’autres, Mi-rabeau, Collection, t. H, p. m. Il 2 °Adj. Un hommeégoïste. Elle est très-égoïste. Des sentiments égoïs-tes. || Terme de physiologie. Les penchants égoïstes,ceux qui servent à la conservation de l’individu et àson intérêt personnel.
— SYN. ÉGOÏSTE, HOMME PERSONNEL. L’égOÏSte prend pour guide son moi; et l’homme personnel sapersonne. Étymologiquement, ces mots sont donctrès-semblables; mais l’usage y a introduit unenuance : égoïste dit pis qu’homme personnel.L’homme personnel rapporte les choses à lui; l’é-goïste non-seulement les rapporte à lui, mais encoreest capable de sacrifier autrui à son intérêt.
■[ÉGOÏSTEMENT ( é go-i-ste-man ), adu. Néolo-gisme. D’une manière égoïste.
— ÊTYM . Égoïste, et le suffixe ment.
t ÉGOÏSTIQUE (é-go-i-sti-k’), ad). Néologisme.Qui appartient à l’égoïsme.
■f ÉGOÏSTIQUEMENT ( é-go-i-sti-ke-man ), adv.Néologisme. Voy. égoïstement.
— êtym. Égoïstique.
f ÉGOPHONIE (é-go-fo-nie), s. f. Terme de mé-decine. Mode de résonnance de la voix comparée àla voix d’une chèvre, lorsqu’on écoute la poitrined'un individu qui a, dans l’une des plèvres, un épan-chement d’une médiocre abondance.
— êtym. AîÇ, atyèî, chèvre, et cwvr,, voii.
f ÉGOPODE (é-go-po-d’), s. m. Genre de plantesombellifères.
— ÉTYM . AïÇ, aiyc;, chèvre, et iroù;, pied.
ÉGORGÉ, ÉE (é-gor-jé, jée), part, passé. || 1° Xqui on a coupé la gorge, qu’on a tué. Le mari par safemme en son lit égorgé, corn. Cinna, i, 3. De prin-ces égorgés la chambre était remplie; Un poignardà la main l’implacable Athalie .... rac. Athal. i, 2 .|| Terme de pêche. Harengs égorgés, ceux auxquelsonaemporté la tête en les habillant. || 2° Fig. Là surl’autel sont égorgés tous les d ésirs propres, tous les re-tours intéressés sur nous-mêmes, fén. t. xvm, p. 13».
f ÉGORGEMENT ( é-gor-je-man), s. m. Actiond’égorger. Et les frères, les sœurs, les mères et lesfilles [ont] D’affreux égorgements trop noirci nosfamilles, lemerc. Fréd. et Br. i, 4.
— hist. xvi* s. Esgorgement, cotgrave.
f ÉGORGEOIR (é-gor-joir), s. m. Ancien termede marine. Cargue provisoire pour serrer les hu-niers, une voile.
ÉGORGER (é-gor-jé. Le g prend un e devant a ouo : nous égorgeons, j’égorgeai), v. a. || 1” Couper la
gorge. Égorger un mouton. Pour épreuve elle
égorge un bélier à leurs vues, corn. Uédée, i, 4.
|| 2° Tuer avec le fer, en parlant des êtres humains.Ces dieux qui dans Pharsale ont mal servi Pompée ,Qui, la foudre à la main, l’ont pu voir égorger, id.Mort de Pomp. y, *. U faut que je fasse le tour du lo-gis, de peur qu’il n’y ait quelqu’un de caché qui mevienne égorger, d’ablancourt, Lucien, le Songeou le Coq. Je ne crois que les histoires dont lestémoins se feraient égorger, pasc. Pensées, art.xxtv, 35, éd. Lahure, 4800. La nation chérie a violésa foi.... Maintenant elle sert sous un mattre étran-ger; Mais c’est peu d’être esclave, on la veut égor-ger, rac. Eslh. i, *. On égorge à la fois les en-fants, les vieillards, id. ib. I, 6. Pygmalion ne couchejamais deux nuits de suite dans la même chambre, I
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de peur d’y être égorgé, fén. Tél. m. Vers la finde son règne, il [Aristomène ] combattit les Lacédé-moniens, prit leur roi Théopompe , et égorgea, enl’honneur de Jupiter d’Ithome, trois cents hommesparmi lesquels le roi était la principale victime, rol-lin, Hist. anc Œuvres, t. iii, p. 40, dans pougens.|| Par extension. Pour avoir un carrosse et que touty réponde, Combien un médecin égorge-t-il demonde? boursault, Fables d’Ésope , iv, 3. Ce n’estpas qu’aucun de ces millions d’hommes qui se fontégorger prétende un fétu sur ces tas de boue, volt.Micromégas, 7. Des hommes indignes du nom dochrétiens égorgeaient les peuples du nouveau monde,et la cour de Rome fulminait des bulles pour pré-venir ces atrocités, ciiateaub. Génie, îv, vi, 4 4.|| 3” Ancien terme de marine. Serrer les huniers,une voile au moyen des égorgeoirs. |) 4° Faire payeraux gens beaucoup plus qu’ils ne doivent. On égorgeles gens dans cette auberge. || Ruiner les affaires dequelqu’un. Dans son embarras lui demander de l’ar-gent, c’est l’égorger. || Desservir d’une manièrecruelle. Bissy égorgeait en secret le cardinal deNoailles auprès de Mme de Maintenon, st-sim. 310,06 . || 5° S’égorger, v. réfl. Se couper la gorge à soi-même. Il s’est égorgé avec un rasoir. Je vous de-mande pardon de mes folies; mais, dans l’état oùje suis, il faut s’égayer ou s’égorger, J. J. rouss.Lelt. d lamar. de Luxembourg ,24 juill. 4762. || Fig.Se faire un très-grand tort à soi-même. Fuir Paris ,ce serait m’égorger de ma main, gresset, Méchant ,II, 7. || 6° Se tuer l’un l’autre dans un combat. N'eudoutons plus, Olympe, ils se vont égorger, rac. Thé-baïde, i, 4. Le faux honneur.... Avant tout auxmortels prescrit de se venger, L’un l’autre au moin-dre affront les force à s’égorger, boil. Sat. xi. I’res-qu’aucun de ces animaux qui s’égorgent mutuelle-ment n’a jamais vu l’animal pour lequel il s’égorge,volt. Micromégas, 7. Si l’état naturel de l’hommeétaitla guerre,tous les hommes s’égorgeraient; il y alongtemps que nous ne serions plus, m. Dial, xxtv, 3.
— SYN. assassiner, égorger. La différence entreces deux mots est que l’assassin fait son coup àl’im-proviste et en se cachant, tandis que l’on peut égor-ger au grand jour, quand, par exemple, on exécutel’ordre d’un maître tout-puissant et irrité : Christinea fait égorger Monaldeschi .
— HIST. xvi* s. Les couteaux si trenchans qu’ona veu esgorger Depuis les rois hautains eschauffezà la guerre Jusqu’au ver innocent qui se traine surterre, d’aub. Tragiques, liv. i, Misères.
— ÉTYM . É pour es.... préfixe, et gorge. Rabelais disait esgorgeter, dans Garg. i, 27.
t ÉGORGEUR, EUSE (é-gor-jeur, jeû-z’), s. m.et f. Celui, celle qui égorge. || Au plur. Assassinsqui massacrent publiquement un grand nombre devictimes par animosité politique ou religieuse. Leségorgeurs de la Saint-J3arthélemy.
— êtym. Égorger.
ÉGOSILLER (S’) (é-go-zi-llé, Il mouillées, et noné-go-zi-yé), v. ré/l. || 1° Se faire mal au gosier àforce de crier. Il se faut bien égosiller avec vous au-tres, mol. Comtesse, 5. Pour l’accourcir [le chemin]ils disputèrent.... Nos pèlerins s’égosillèrent, la font.Fabl . ix, 44. || Avec le verbe faire, il peut y avoirellipse du pronom personnel. Tu m’as fait égosiller,carogne, mol. Mal. imag. I, 2 . || 2° En parlant desoiseaux, chanter beaucoup, longtemps. Un petit ros-signol qui s’égosille pour surmonter un homme quijoue du luth, sév. 4 22 . M. Pengali poussait des cris,les coqs s’égosillaient, chateaub. ltinér. n, ».
— HIST. xv" s. Fort et puissant comme ung He-rode Pour esgossiller grosses oyes, coquill. Enquêtede la simple et de la rusée. || xvi* s. 11 les donnoitau premier gentilhomme qu’il trouvoit, à esgosiller[tuer] ou prendre prisonniers, mont, i, 323. 11 es-gosilla femmes et enfants, id. iii, 35.
— ÉTYM . É pour es.... préfixe, et l’ancienne formegosillier, gosier (voy. gosier, à l’historique) : couperle gosier. Aussi le sens propre est-il tuer en coupantla gorge.
f ÉGOTISME (é-go-ti-sm’), s. m. Néologisme. Ha-bitude de parler de soi, de mettre sans cesse en avantle pronom moi.
— REM. On a quelquefois confondu l’égoïsme etl’égotisme : l’égoïsme est un mot français qui si-gnifie amour excessif de soi; l’égotisme est un motanglais qui signifie la manie de parler de soi.
— ÊTYM . Mot emprunté à l’anglais egotism, dulatin ego, moi (voy. je). C’est à la langue anglais »à rendre raison du t.
j- ÉGOTISTE (é-go-ti-st’), s. m. Celui qui a la ma-nie de l’égotisme.