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Tome deuxième. D - H.
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4316 ÉGO

rat déglise, il est si pauvre qu'il na pas de quoimanger. || Pilier déglise, dévot qui ne bouge pas deléglise. Il Balayer léglise, en sortir le dernier. || Aulieu déglise, les protestants français disent tem-ple. || 6° Diocèse , euro. 11 passa de lÉglise de Noyon à celle do Paris . || 7 Petite Église, classe decclé-siastiques et de catholiques qui se refusèrent à recon-naître le concordat de 4804. || Fig. Petite Église sedit aussi très-souvent dune coterie peu nombreuse.Ils ont formé entre eux une petite Eglise. La petiteÉglise des doctrinaires. || 8° Prieur de lÉglise, lunedes principales charges de lordre de Malte || 9" Nomdune espèce de girouette de fer-blanc, qui se metsur les cheminées pour empêcher la fumée. || Pro-verbe. Près de léglise et loin de Dieu , se dit dunhomme qui loge près de léglise et qui ny va guère.

REM. Église ne prend un é minuscule quequand il signifie un temple; partout ailleurs il prendun é majuscule.

_ HIST. xi* s. Et il peut venir à sainte yglise,Lois de Guill. 1 .1| xu* s. Tuit furent detranchié de-dans la maistre église, Sax. xxm. De ce dist li. an-geles à la glise de Pergami, Job, 4*1. Lai [laisse]saint iglise aveir ses decrez e ses leis [lois] ; Ele estespuse Deu, qui est sire des reis; Il sen corecera,se de rien la descreis, Th. le m art. 29. Ce que Deusa sacré, ne puet nuis dessacrer, Ne nul cristienhumme nuis descritianer ; Mais que de saint iglisele puet um bien sevrer [séparer], ib. 31. || xiu* s.Quant il virent [à Constantinople ] ces haus murs etces riches tours dont ele estoit close, et ces richespalais et ces riches yglises, dont il avoit tant quenus nel peilst croire.... villkh. lxi. Li cors le roi fuembaumés et fu portés à Roem en Normandie , etfu ensevelis en la mere eglise, Chron. de Retins,p. 17. En Antioche avoit de vieille ancesserie Uneeglise fondée el non sainte Marie, Chans. d'Ant.vu 41». || xiv* s. Lors veïssez maint chevalier....Plourer et faire testamens ....Et faire aux yglisesgranslès [legs], Liv. du bonjeh. 814. || xV s. Tantayme-on Dieu, quon suyt leglise, villon, Bail.Commenceront trois petits enfants deglise [enfantsde chœur], avec un teneur, une très douce chançon,math, de coucy, Ilist. de Charles VII , p. es», dans

LACURNE.

ÊTYM . Provenç. gleiga, glicyga, glicia; es-pagn. iglesia; portug . igreja; ital. chiesa; du latinecclesia, du grec ixxXriaia, église, proprement as-semblée, deêx, et xoXcïv, convoquer.

t ÉGLOGAIRE (é-glo-ghê-r), s. m. Terme dephilologie. Celui qui fait des extraits des auteursquil lit. Aulu-Gelle est un églogaire.

ÉTYM . Voy. ÉGLOGUE.

ÉGLOGUE (é-glo-gh), *. f. || 1° Ouvrage de poésiepastorale, lon introduit des bergers qui conver-sent ensemble. Les églogues de Théocrite , de Vir­ gile . Viendrai-je en une églogue, entouré de trou-peaux, Au milieu de Paris entier mes chalumeaux,Et, dans mon cabinet assis auprès des hêtres, Fairedire aux échos des sottises champêtres? roil. Sat.îx. Mais souvent dans ce style un rimeur aux aboisJette de dépit la flûte et le hautbois, Et, fol-lement pompeux dans sa verve indiscrète, Au milieudune églogue entonne la trompette, id. Art p. n.Tantôt Isaïe a la douceur et la tendresse dune églo-gue dans les riantes peintures quil fait de la paix ;tantôt il sélève jusquà laisser tout au-dessous delui, fén. t. xxi, p. »3.|| 2° Terme de philologie. Unrecueil de pièces choisies.

SYN. églogue, idylle. Bien que, étymologi-quement, églogue signifie pièce choisie, et idyllepetit tableau, il ny a aucune différence fondamen-tale entre les églogues et les idylles. Toutefois, silon veut accepter la légère distinction que lusagesemble avoir établie, Téglogue veut plus daction etde mouvement : les églogues de Virgile . Lidylle nepeut contenir que des peintures, des sentiments,des comparaisons champêtres : Mme Deshoulières afait de jolies idylles.

ÊTYM .ExXoyal, pièces choisies, petits poè-mes, de èxXéyciv, choisir, de èx, et Xéyecv, choisirIvoy. LIRE).

+ ÉGOGER (é-go-), ti. a. Terme de tanneur.Oter les extrémités dune peau de veau du côté de laqueue et des oreilles.

t ÉGOII1NE ou ÉGOÏNE (é-go-i-n), s. f. Petitescie à main à dents moyennes, qui sert à couperles branches trop fortes pour la serpe ou la serpette.

ÉGOÏSER (é-go-i-), il. n. Ne parler que de soi,citer sans cesse ses idées ou ses actions, rapportertout à soi-même.

ÊTYM . Voy. ÉGOÏSME.

ÉGOÏSME (é-go-i-smj, s. m. || 1" Vice qui fait

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rapporter tout à soi. Un sot égoïsme. Les calculs delégoïsme. Légoïsme des corporations. Et légoïsmeimpur remplaçant lamitié, Au fond de tous lescœurs a séché la pitié, la fosse, llarius à Mint.I, 3. Telle était linsouciance qui résultait de cettemultiplicité dévénements et de malheurs sur les-quels on était comme blasé, et tel légoïsme produitpar lexcès de fatigue et de souffrance, quils ne lais-saient à chacun que la mesure de force et de senti-ment indispensable pour son service et sa conserva-tion personnelle, ségur, Ilist. de Napol. vm, 6.|| 2 Terme de philosophie. Ensemble de penchantsou dinstincts qui servent à la conservation et à l'en-tretien de lindividu. || 3 Opinion de certains philo-sophes qui prétendaient quon nest sûr que de sapropre existence.

rem. Égoïsme, égoïste, égoïser ne sont nidans Richelet ni dans Furetière ; et lAcadémie neles a quà partir de lédition de 4 762. Dans le xvu*siècle on (lisait amour-propre.

ÊTYM . Le latin ego, je ou moi (voy. je).

ÉGOÏSTE (é-go-i-st) , s. m. et f. || 1 Celui ou cellequi a le vice dégoïsme. Cest un égoïste. Impassibleségoïstes qui pensez que ces convulsions du désespoiret de la misère passeront comme tant dautres, Mi-rabeau, Collection, t. H, p. m. Il 2 °Adj. Un hommeégoïste. Elle est très-égoïste. Des sentiments égoïs-tes. || Terme de physiologie. Les penchants égoïstes,ceux qui servent à la conservation de lindividu et àson intérêt personnel.

SYN. ÉGOÏSTE, HOMME PERSONNEL. LégOÏSte prend pour guide son moi; et lhomme personnel sapersonne. Étymologiquement, ces mots sont donctrès-semblables; mais lusage y a introduit unenuance : égoïste dit pis quhomme personnel.Lhomme personnel rapporte les choses à lui; lé-goïste non-seulement les rapporte à lui, mais encoreest capable de sacrifier autrui à son intérêt.

ÊTYM . Voy. ÉGOÏSME.

[ÉGOÏSTEMENT ( é go-i-ste-man ), adu. Néolo-gisme. Dune manière égoïste.

ÊTYM . Égoïste, et le suffixe ment.

t ÉGOÏSTIQUE (é-go-i-sti-k), ad). Néologisme.Qui appartient à légoïsme.

ÊTYM . Égoïste.

f ÉGOÏSTIQUEMENT ( é-go-i-sti-ke-man ), adv.Néologisme. Voy. égoïstement.

êtym. Égoïstique.

f ÉGOPHONIE (é-go-fo-nie), s. f. Terme de mé-decine. Mode de résonnance de la voix comparée àla voix dune chèvre, lorsquon écoute la poitrined'un individu qui a, dans lune des plèvres, un épan-chement dune médiocre abondance.

êtym. AîÇ, atyèî, chèvre, et cwvr,, voii.

f ÉGOPODE (é-go-po-d), s. m. Genre de plantesombellifères.

ÉTYM . AïÇ, aiyc;, chèvre, et iroù;, pied.

ÉGORGÉ, ÉE (é-gor-, jée), part, passé. || 1° Xqui on a coupé la gorge, quon a tué. Le mari par safemme en son lit égorgé, corn. Cinna, i, 3. De prin-ces égorgés la chambre était remplie; Un poignardà la main limplacable Athalie .... rac. Athal. i, 2 .|| Terme de pêche. Harengs égorgés, ceux auxquelsonaemporté la tête en les habillant. || 2° Fig. surlautel sont égorgés tous les d ésirs propres, tous les re-tours intéressés sur nous-mêmes, fén. t. xvm, p. 13».

f ÉGORGEMENT ( é-gor-je-man), s. m. Actiondégorger. Et les frères, les sœurs, les mères et lesfilles [ont] Daffreux égorgements trop noirci nosfamilles, lemerc. Fréd. et Br. i, 4.

hist. xvi* s. Esgorgement, cotgrave.

ÊTYM . Égorger.

f ÉGORGEOIR (é-gor-joir), s. m. Ancien termede marine. Cargue provisoire pour serrer les hu-niers, une voile.

ÉGORGER (é-gor-. Le g prend un e devant a ouo : nous égorgeons, jégorgeai), v. a. || 1 Couper la

gorge. Égorger un mouton. Pour épreuve elle

égorge un bélier à leurs vues, corn. Uédée, i, 4.

|| 2° Tuer avec le fer, en parlant des êtres humains.Ces dieux qui dans Pharsale ont mal servi Pompée ,Qui, la foudre à la main, lont pu voir égorger, id.Mort de Pomp. y, *. U faut que je fasse le tour du lo-gis, de peur quil ny ait quelquun de caché qui mevienne égorger, dablancourt, Lucien, le Songeou le Coq. Je ne crois que les histoires dont lestémoins se feraient égorger, pasc. Pensées, art.xxtv, 35, éd. Lahure, 4800. La nation chérie a violésa foi.... Maintenant elle sert sous un mattre étran-ger; Mais cest peu dêtre esclave, on la veut égor-ger, rac. Eslh. i, *. On égorge à la fois les en-fants, les vieillards, id. ib. I, 6. Pygmalion ne couchejamais deux nuits de suite dans la même chambre, I

ÉGO

de peur dy être égorgé, fén. Tél. m. Vers la finde son règne, il [Aristomène ] combattit les Lacédé-moniens, prit leur roi Théopompe , et égorgea, enlhonneur de Jupiter dIthome, trois cents hommesparmi lesquels le roi était la principale victime, rol-lin, Hist. anc Œuvres, t. iii, p. 40, dans pougens.|| Par extension. Pour avoir un carrosse et que touty réponde, Combien un médecin égorge-t-il demonde? boursault, Fables dÉsope , iv, 3. Ce nestpas quaucun de ces millions dhommes qui se fontégorger prétende un fétu sur ces tas de boue, volt.Micromégas, 7. Des hommes indignes du nom dochrétiens égorgeaient les peuples du nouveau monde,et la cour de Rome fulminait des bulles pour pré-venir ces atrocités, ciiateaub. Génie, îv, vi, 4 4.|| 3 Ancien terme de marine. Serrer les huniers,une voile au moyen des égorgeoirs. |) 4° Faire payeraux gens beaucoup plus quils ne doivent. On égorgeles gens dans cette auberge. || Ruiner les affaires dequelquun. Dans son embarras lui demander de lar-gent, cest légorger. || Desservir dune manièrecruelle. Bissy égorgeait en secret le cardinal deNoailles auprès de Mme de Maintenon, st-sim. 310,06 . || 5° Ségorger, v. réfl. Se couper la gorge à soi-même. Il sest égorgé avec un rasoir. Je vous de-mande pardon de mes folies; mais, dans létatje suis, il faut ségayer ou ségorger, J. J. rouss.Lelt. d lamar. de Luxembourg ,24 juill. 4762. || Fig.Se faire un très-grand tort à soi-même. Fuir Paris ,ce serait mégorger de ma main, gresset, Méchant ,II, 7. || 6° Se tuer lun lautre dans un combat. N'eudoutons plus, Olympe, ils se vont égorger, rac. Thé-baïde, i, 4. Le faux honneur.... Avant tout auxmortels prescrit de se venger, Lun lautre au moin-dre affront les force à ségorger, boil. Sat. xi. Ires-quaucun de ces animaux qui ségorgent mutuelle-ment na jamais vu lanimal pour lequel il ségorge,volt. Micromégas, 7. Si létat naturel de lhommeétaitla guerre,tous les hommes ségorgeraient; il y alongtemps que nous ne serions plus, m. Dial, xxtv, 3.

SYN. assassiner, égorger. La différence entreces deux mots est que lassassin fait son coup àlim-proviste et en se cachant, tandis que lon peut égor-ger au grand jour, quand, par exemple, on exécutelordre dun maître tout-puissant et irrité : Christinea fait égorger Monaldeschi .

HIST. xvi* s. Les couteaux si trenchans quona veu esgorger Depuis les rois hautains eschauffezà la guerre Jusquau ver innocent qui se traine surterre, daub. Tragiques, liv. i, Misères.

ÉTYM . É pour es.... préfixe, et gorge. Rabelais disait esgorgeter, dans Garg. i, 27.

t ÉGORGEUR, EUSE (é-gor-jeur, jeû-z), s. m.et f. Celui, celle qui égorge. || Au plur. Assassinsqui massacrent publiquement un grand nombre devictimes par animosité politique ou religieuse. Leségorgeurs de la Saint-J3arthélemy.

êtym. Égorger.

ÉGOSILLER (S) (é-go-zi-llé, Il mouillées, et noné-go-zi-), v. ré/l. || 1° Se faire mal au gosier àforce de crier. Il se faut bien égosiller avec vous au-tres, mol. Comtesse, 5. Pour laccourcir [le chemin]ils disputèrent.... Nos pèlerins ségosillèrent, la font.Fabl . ix, 44. || Avec le verbe faire, il peut y avoirellipse du pronom personnel. Tu mas fait égosiller,carogne, mol. Mal. imag. I, 2 . || 2° En parlant desoiseaux, chanter beaucoup, longtemps. Un petit ros-signol qui ségosille pour surmonter un homme quijoue du luth, sév. 4 22 . M. Pengali poussait des cris,les coqs ségosillaient, chateaub. ltinér. n, ».

HIST. xv" s. Fort et puissant comme ung He-rode Pour esgossiller grosses oyes, coquill. Enquêtede la simple et de la rusée. || xvi* s. 11 les donnoitau premier gentilhomme quil trouvoit, à esgosiller[tuer] ou prendre prisonniers, mont, i, 323. 11 es-gosilla femmes et enfants, id. iii, 35.

ÉTYM . É pour es.... préfixe, et lancienne formegosillier, gosier (voy. gosier, à lhistorique) : couperle gosier. Aussi le sens propre est-il tuer en coupantla gorge.

f ÉGOTISME (é-go-ti-sm), s. m. Néologisme. Ha-bitude de parler de soi, de mettre sans cesse en avantle pronom moi.

REM. On a quelquefois confondu légoïsme etlégotisme : légoïsme est un mot français qui si-gnifie amour excessif de soi; légotisme est un motanglais qui signifie la manie de parler de soi.

ÊTYM . Mot emprunté à langlais egotism, dulatin ego, moi (voy. je). Cest à la langue anglais »à rendre raison du t.

j- ÉGOTISTE (é-go-ti-st), s. m. Celui qui a la ma-nie de légotisme.

ÊTYM . Voy. égotisme.