DE TURENNE, LIVRE II. , 55 _
Les partisans de la Bavière & les Princes Catholiques repré- An. i 647.senterent au contraire à la Reine Régente, que la conti-nuation de la guerre contre l’Empereur alloit au renverse-ment entier de la Catholicité en Allemagne ; que les Sué-dois seuls profiteroient de la décadence de la Maison d’Au-triche ; que le Roi, en retirant son armée, laiíseroit les affai-res de l’Empire dans une espèce d’équilibre, de maniéré queni la Maison d 5 Autriche ni les Suédois n'en seroient lesmaîtres ; & qu’enfin le Duc de Bavière en conservant sonarmée , feroit toujours pancher la balance du côté que laFrance souhaitteroit. Ces raisons prévalurent contre les re-montrances du Vicomte, &c le besoin qu’on avoit de trou-pes en Flandre lui attira un nouvel ordre d’y marcher. LaReine lui avoit d’abord écrit une lettre dattée du quinzed’Avril, par laquelle elle lui ordonnoit de se préparer àquitter l’Allemagne, de mettre en sûreté toutes les Placesqu’il avoit prises, & d’y établir des Commandans fìdeles ; luilaiffant pourtant la liberté de différer son départ plus oumoins long-tems, selon les besoins : mais par une autre lettredattée du mois de Mai, la Reine voyant qu’il balançoittoujours a partir, lui ordonna de marcher fur le champ ducoté du Luxembourg Sc ensuite vers la Flandre, où l'Ar-chiduc Léopold étoit allé commander les troupes des Espa-gnols. Le Vicomte obligé enfin de quitter la Bavière, avantque d’aller a Philiíbourg pour y paíser le Rhin, prit Viblin-gen fur le Danube près d’Ulm, Tubinge fur le Necxre dansle Duché de Wurtemberg, Steinheim & Hoechst fur le
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