DE TURENNE, LIVRE II. i S7Le Vicomte de Turenne avoit mis tout en usage pourleur faire supporter ce retardement : il avoit distribué laCavalerie Allemande dans des quartiers abondans, & pro-curé à leurs Officiers principaux de nouveaux grades , desgouvernemens ou des pensons: il avoit obtenu fur toutpour Rofen la Charge de Lieutenant Général de la Cavale-rie ; mais l’oisiveté & l’aisance dont jouistoient les Allemansdans leurs quartiers, ne servirent qu'a faire naître des ré-flexions & des discours qui les affermirent dans leur muti-nerie. Le Vicomte après le dernier ordre ayant enfin marché,a peine eut traveríé le Rhin a Philisbourg , que les Alle-mans déclarèrent hautement qu’ils ne vouloient plus lesuivre, refusèrent de passer la montagne de Saverne, Lemenacèrent de retourner sur leurs pas r de toute la Ca-valerie Weymarienne il ne paíïà en effet que le Régimentde Turenne. Le lendemain les principaux Officiers de cetteCavalerie rebelle vinrent demander au Vicomte la paye desix mois qui étoit duë : il leur répondit qu'il lui étoit impos-sible de leur faire toucher de l’argent, avant qu’ils sussentarrivés en Flandre} mais que s’ils y marchèrent, il tireroicde la Cour toutes sortes d’affurances pour leur entier paye-ment. Cette réponse n’ayant pû réprimer l’esprit de sédi-tion qui s’étoit emparé d’eux-, il envoya Rofen , dont lafidélité ne lui étoit pas encore suspecte, pour les faire ren-trer dans leur devoir. Celui-ci augmenta le trouble,bien loinde 1 appaiser, demeura avec eux, fit dire au Vicomte queles Officiers Allemans le retenoient par force > agissant
An. 1647.
I.es troupesWeymarien-nes refusentde passer lesnionta^nesde Saverne &:se révolten.**