An. i 647.6. Juin.
Le Vicomtepoursuit lesWeymaricnsjusques auxbords du
Rhin.
ï 58 HISTOIRE DU VICOMTEdès ce moment en Général qui ne reconnoiíìoit plus de Su-périeur , il leur ordonna le jour suivant de marcher ; envoyaquérir des batteaux à Strasbourg ; menaça les habitans debrûler tous les villages voisins, s’ils lui refusaient ce secours,6c continua fa route vers le Rhin.
Le Vicomte le suivit auíïi-tôt avec trois mille hommesd’Infanterie , quatre Régimens François, & son Régimentde Cavalerie ; fit neuf lieues d’Allemagne en un jour , 6cjoignit les rebelles qui commençoient á passer le Rhin.Rosen interdit à sa vûë, ne sçachant quel parti prendre, 6cs’imaginant peut-être qu'il pourroit encore lui cacher soninfidélité ; yous njoyec ., lui dit-il, comme on rn emmene malgrémoi Aces paroles, auífi-bien qu’ala contenance de Rosen,Turenne reconnut qu’il le trahissoit, 6c crut devoir néan-moins dissimuler tout son ressentiment. Il étoit en droit dedonner sur les séditieux : leur conduite mçritoit une puni-tion éxemplaire; ses troupes avoient l’avantage du nombre,6c la confusion étoit si grande parmi eux, qu’il auroit pûles faire passer tous au fil de l’épée. Turenne, le pere dessoldats, ne put se résoudre à sacrifier la vie de tant de bra-ves gens, qui avoient si bien servi le Roi, 6c qui pouvoientencore lui être utiles. Ces sentimens de bonté le firent céderaux sollicitations de quelques-uns de leurs Officiers, qui vin-rent lui représenter qu'on rameneroit plus facilement lesmutins, si l’on se prêtoit à leur premiere fougue, en leurpermettant de repasser le fleuve : il. le leur permit, à con-dition qu’ils ne s’en çloigneroient pas.