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Tome premier.
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DE TURENNE, LIVRE II. 15?_

Cependant le Vicomte se trouvoit dans un extrême em- An. 1647.barras : d’un côté il appréhendoit avec raison que les W ey- r( J i I ,:,r ? nd j amariens, en désertant, ne se livrassent à l’Empereur, ou au resteraveclesDuc de Bavière qui n’avoit fait la trêve que par force , 6c ^ur^es^auqui étoit toujours prêt a recommencer la guerre : il pré- mener -voyoit la ruine entiere des affaires de France en Allema-gne , si pendant son absence les Bavarois, après avoir dé-bauché la meilleure partie de ses troupes, se joignoient avecles Impériaux. D’un autre côté , la Cour lui avoir envoyédes ordres positifs de quitter l’Allemagne ; & il sentoit quela jonction de son armée avec celle de Flandre pouvoirmettre les François en état d’accabler les Espagnols. Il ba-lança les deux partis, Le crut enfin devoir suspendre sonvoyage j convaincu qu'il valoit mieux rester en Allemagne,ou la France couroit risque de tout perdre, que d’aller enFlandre , où il ne s’agissoit que d’augmenter ses conquêtes.

S’étant ainsi décidé, il manda á la Cour les raisons de faconduite ; ne retint auprès de lui que les trois mille hom-mes d’Infanterie ôc son Régiment de Cavalerie Allemandequ’il avoit amenés, & donna ordre aux quatre autresRégimens de Cavalerie Françoise de reprendre la route deFlandre, avec le reste de son armée qui étoit déja a Sa-verne.

Après leur départ, il demeura près d’un mois fur les n passe j ebords du Rhin, dans le dessein de tout employer pour re- ^ymlriensgagner des troupes qui a voient toujours été la terreur de &l’Empire , ôc de n’en venir á la force que lorsqu’il les bourg.