_ Li8 HISTOIRE DU VICOMTE
An.iíjo. Septembre , un traître par lequel il fut dit, Que le Roipardonnerait a ses sujets de Bourdeaux ; que la Princessede Condé òc le Duc d’Enguien se retireraient â Montrond *que les Ducs de Bouillon òc de la Rochesoucault donneraientparole de ne plus porter les armes contre le Roi ; òc queSa Majesté entrerait dans Bourdeaux avec fa garde ordi-naire , òc renverrait ses troupes. Auíïì-tôt la Princesse deCondé òc le Prince son fils, les Ducs de Bouillon òc de laOctobre. Rochesoucault sortirent de Bourdeaux, surent à Bourg sa-luer leurs Majestés: ils se mirent à genoux en les abordant,Le leur demanderent pardon*, la Reine les reçut avec bonté,òc le Cardinal Mazarin leur donna à dîner. Les conférencesqu’ils eurent avec lui, pour le persuader d’élargir les Prin-ces òc de se joindre a eux , donnerent de la jalousie auxFrondeurs, òc furent ensuite cause de la délivrance desPrinces òc de l’éxil du Cardinal. Leurs Majestés monterentfur une Galere que les Bourdelois leur avoient envoyée, òcfirent leur entrée dans Bourdeaux, au bruit du canon òc aumilieu des acclamations publiques. Elles y séjournèrent dixjours, pendant lesquels on rétablit le premier Président òcles Officiers, qui n’ayant pas voulu adhérer à la rébel-lion des autres, étoient sortis de la ville. Le quinze, laCour partit pour retourner à Fontaine-bleau, où este arrivavers la fin du mois. Le Ministre enflé de l'heureuse conclu-sion de la guerre de Guyenne, ne ménagea plus les Fron-deurs , òc fit transférer les trois Princes du Château de Mar-couffi au Havre , d’où il pensoit qu'il serait plus difficile ases ennemis de les enlever.