i§4 EPISTRE I
Qu’aifément je ne pûíTe en quelque Ode insipide»io T’exalter aux despens Sc de Mars Sc d'Alcide ;
Te livrer le Bosphore, Sc d un vers incivilProposer au Sultan de Te eeder le Nil .
Mais pour Te bien louer , une raison severeMe dit qu’il faut sortir de la route vulgaire :
25 Qu âpres avoir joiié tant d’Auteurs difFerens,
Phébus meíme auroit peur, s’il entroit íur les rangs rQue par des vers tout neufs, avouez du Parnasse ,
II faut de mes degousts justifier laudace ;
Et, si ma Muse enfin n est égale à mon Roy,
20 Que je preste aux Cotins des armes contre moy„Est-ce là cet Auteur, l’effroy de la Pucelle ,
Qui devoit des bons vers nous tracer le modeste,
Ce Censeur , diront-ils, qui nous reformoit tous ?Quoi? ce Critique affreux n’enfçait pas plus que nous»2^ N’avons-nous pas cent fois, en faveur de la France,Comme lui, dans nos vers,pris MemphisSc Byz>ance ,Sur les bords de V Euphrate abbattu le Turban ,
Et coupé, pour rimer, les Cedres du Liban ìDe quel front aujourd’huy vient-il fur nos briíees »
3 o Se revestir encor de nos phrases usées l
REMARQUES.-
jet de ce trait satirique ?’ Dans un Remer-cîment qu il fit en à Louis XIV,
jl dit, en pariant de íes vers » Sí de íbn'génie :
Par eux de l Andramede ilJfut ouvrir lascène.
Çn y vit k SoleU instruire Melpméne ,
Et lui dire qttunjour Alexandre &
Seraient comme vaincus attaches aton char »
Vers 21.—- Ueffroi de la Pucelle* ]Poème de Chapelain.
Vers r8. Et coup. pur rimer , les ' JÍ